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Wounded Knee (1973)

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Wounded Knee (1973)
Publié le:14/05/2009

Dakota du Sud


Evénements connus sous le nom de "Occupation de Wounded Knee par l’American Indian Movement", du 27 février au 8 mai 1973.

terreur sur Pine ridge


Sur la réserve de Pine Ridge, à l’automne 1972, les élections au conseil tribal avaient porté au pouvoir Dick Wilson, un métis "progressiste" partisan de la modernité, bien considéré par le Bureau des Affaires Indiennes. Le nouveau président du conseil tribal s’était adjoint une milice puissamment armée, composée de métis vivant au voisinage de Pine Ridge Village, l’ancienne agence de la réserve.
Cette milice toute dévouée à Dick Wilson mène la vie dure à ses opposants, c’est-à-dire aux traditionalistes résidant dans les districts ruraux. Les miliciens parcourent la réserve en voiture, tirant sur les maisons. Des membres du conseil tribal réclament du Bureau des Affaires Indiennes la destitution de Wilson pour corruption et brutalités contre la population de la réserve. Ils ne sont pas entendus. Des traditionalistes demandent la protection de l’American Indian Movement qui n’attend que cela pour intervenir.

l'occupation de Wounded Knee

 

Le 27 février, des militants de l’A.I.M. et des sympathisants se retranchent dans le village de Wounded Knee. Ils s’emparent du trading-post tenu par des Blancs et retiennent une dizaine de personnes pendant quelques jours.
Deux à trois cents Indiens, pour la plupart Oglalas, résisteront pendant soixante-onze jours au blocus et aux assauts de la milice de Wilson, de la garde nationale et des sections anti-émeutes du F.B.I. munies de véhicules blindés et utilisant des hélicoptères. Les Indiens proclament la Nation Oglala Indépendante. Des hommes-médecines organisent des prières, des cérémonies qui donnent la vraie dimension du combat. Ce sont Franck Fools Crow, Leonard Crow Dog, Wallace Black Elk. Des gens viennent à Wounded Knee quand les barrages s’ouvrent. Des Indiens de toutes les tribus, quelques sympathisants blancs, se joignent aux défenseurs. A d’autres moments c’est le blocus total. De jeunes Oglalas parviennent à se glisser entre les lignes ennemies pour apporter aux assiégés des vivres, des médicaments, des munitions. Certains l’ont payé de leur vie.
Les Indiens auront deux morts : Buddy Lamont, Oglala, tué d’une balle dans la tête et Franck Clearwater, un Apache, qui sera enterré chez Leonard Crow Dog, sur sa terre de Rosebud. Les négociations se poursuivent sous un tipi, la pipe circulant entre les négociateurs. Russell Means et Leonard Crow Dog font le voyage à Washington. On leur promet la création d’une commission d’enquête qui examinera les revendications des Indiens. Les médias commencent à se lasser. La situation des assiégés est sans issue. Ils manquent de vivres et parfois d’eau. Ils se rendent le 8 mai. Les militants sont tous arrêtés et présentés aux tribunaux. La plupart seront relaxés. La commission promise ne sera jamais réunie.

une fierté retrouvée

 

L’occupation de Wounded Knee, le plus important conflit armé aux Etats-Unis depuis la fin des guerres indiennes, a été un choc pour l’opinion américaine et mondiale à qui elle a montré qu’il y avait encore des Indiens. Elle a beaucoup contribué à rendre aux Indiens leur fierté et la conscience de leur identité.