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Traité des cinq roues

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Traité des cinq roues
Publié le:03/10/2008

ou Gorin no shô, de Miyamoto Musashi (1643).


 

Essai écrit par Miyamoto Musashi en 1643, deux ans avant sa mort. Cet ouvrage est un petit traité de stratégie qui peut également se lire comme un traité d’art de vivre dont Musashi fut un représentant dans le Japon du XVIIème siècle.

Le titre fait référence aux préceptes bouddhistes, la roue étant un symbole de prédication et le chiffre cinq renvoyant aux cinq éléments : Terre, Eau, Feu, Vent et Vide. Pour Musashi, tous ces éléments représentent la nature dans son ensemble.

 

Brève biographie de Miyamoto Musashi (1584-1645) :

 

Miyamoto Musashi par Utagawa Kuniyoshi estampe du XIXème siècle
Miyamoto Musashi par Utagawa Kuniyoshi estampe du XIXème siècle
Miyamoto Musashi, célébre rônin du XVIIème siècle.
© Utagawa Kuniyoshi
 Né en 1584, Miyamoto Musashi est issu d’une famille d’escrimeurs au service d’un seigneur. D’un caractère dur et obstiné, le jeune homme sait ce qu’il veut et consacre son temps au maniement du sabre. On dit que c’est à l’âge de 13 ans qu’il tua pour la première fois à l’occasion d’un duel.

A 17 ans, il participe à la bataille de Sekigahara dans le camp des ex partisans de Toyotomi Hideyoshi. Blessé et dans le camp des vaincus, il entame alors une vie d’errance dans le seul but de parfaire le maniement de son sabre. Il devient alors un rônin, un samouraï sans maître.

A partir de la cinquantaine, Musashi se met peu à peu au service de différents seigneurs. En 1640, il entre au service de Hosokawa Tadatoshi, comme maître d’armes. Ce dernier lui commande un ouvrage tactique, Musashi écrit alors « Trente cinq leçons de tactique ». A la mort de son seigneur, Musashi est très affecté et perd de sa superbe, il s’enfonce peu à peu dans la vieillesse. A la fin de sa vie, en 1643 contemplant son parcours et ses nombreux duels, il se retire dans une grotte où il écrit le « Traité des cinq roues ».

 

 

L’ouvrage :

 

Outre l’avant-propos, le « Traité des cinq roues » se compose de cinq parties ayant chacune pour titre l’un des cinq éléments précités (Terre, Eau, Feu, Vent et Vide). Ce livre est en réalité la transcription sur le papier de longues années de luttes contre des adversaires mais également contre lui-même. Car en fondant sa propre tactique, « l’école de Niten », il explique que peu à peu l’unification de la Voie s’est faite en lui.

 

            Terre

 

Dans ce chapitre, il compare la voie de la tactique à l’habileté d’un charpentier. Toutes les comparaisons sont faites, les outils, la technique, le savoir-faire, les rapports maître-disciple… Il y expose également le but de son « école des deux sabres », les qualités d’une arme…etc.

 

            Eau

 

Chapitre ambivalent, il est à la fois très concret pour le guerrier (comment tenir le sabre, mouvement des pieds…) mais aussi plus immatériel. Ici Musashi se tourne vers les qualités essentielles de l’esprit. C’est certainement dans cette partie que l’ouvrage prend une dimension plus large. Les principes exposés étant extensibles à la vie quotidienne et à l’art de vivre en général.

 

            Feu

 

Le feu évoque le combat, lutte ayant seulement deux issues possibles, la victoire ou la défaite. Dans cette partie le mot « initiative » est très présent, il renvoie à l’analyse que le guerrier doit faire du comportement de son adversaire, allant même jusqu’à « devenir votre adversaire ». Se mettre dans la peau de son adversaire, afin de mieux appréhender ses gestes. Dans cette partie, la dimension psychologique est importante. Musashi parle de « faire perdre à l’adversaire son équilibre mental ».

 

            Vent

 

Pour Musashi, on ne peut bien pratiquer si l’on ignore les voies des autres écoles. Ici il évoque les écoles selon la longueur des sabres, selon les techniques utilisées, les types de gardes, les mouvements des yeux…

 

            Vide

 

Dans ce dernier chapitre, Miyamoto Musashi expose de façon très succincte et parfois énigmatique, la tactique de son école, « l’école des deux sabres ». Il écrit que par « vide », il entend « l’anéantissement des choses et le domaine de l’inconnu ». Dans cette courte partie, il insiste sur l’esprit comme voie réelle. Il parle de justice, d’intelligence.

 

 

En conclusion :

 

Le « Traité des cinq roues » est une œuvre intéressante à plusieurs titres. En effet, tout d’abord parce que liée aux qualités mêmes de son auteur, samouraï quasi légendaire, resté invaincu toute sa vie. Ensuite, ses écrits apportent jusqu’à nos jours les fondamentaux qui ont guidés une vie faite de combats et de réflexions. Mais aussi parce que ce texte, bien qu’il paraisse très pratique lors d’une première lecture, renvoie en filigrane à « un art de vivre du bout du monde » perdu.

Enfin parce qu’il démontre que le guerrier se doit toujours d’accorder à sa pratique une dimension philosophique et spirituelle et que s’il se contente de la dimension guerrière pure, il se prive de la transcendance inhérente à sa qualité de samouraï.

 

 

Sources et conseil de lecture :

 

Traité des cinq roues, Miyamoto Musashi, éd. Albin Michel collection Spiritualités vivantes.