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Thierry-Jean Marie-François de MARTEL de JANVILLE, Chirurgien

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Thierry-Jean Marie-François de MARTEL de JANVILLE, Chirurgien
Publié le:17/09/2008

\n (1875-Maxéville-Nancy- 13/06/1940-Paris)\n\n \n


             Fils de l’écrivain Gyp, la dernière de la glorieuse famille des Riqueti de Mirabeau, il n’est pas aimé par cette mère abusive, qui a une nette préférence pour son aîné Aymard. Thierry a des relations complexes avec sa mère, dont il a tellement peur qu’il cache à tous, vers 1906-1907, son premier mariage. Il révèle l’existence de sa famille 8 ans après son union en Angleterre avec une bretonne Yvette Saint-Martin : "Thierry nous a fait une surprise" écrit Gyp. Le jeune ménage vient s'installer non loin de chez celle-ci à Neuilly. La grand-mère se plaint beaucoup de l’absence de soins et d’éducation qu’ils apportent à leur fils Aymard.

Comme sa mère et sa grand-mère, et jusqu’à la fin de sa vie, Thierry est très actif dans les milieux d'extrême droite : il est un des membres les plus connus du « Faisceau », le premier parti fasciste non italien créé en 1925 par Georges Valois avant une disparition rapide, en moins de 3 ans.

 

Il débute par des études d’ingénieur puis fait une carrière médicale indépendante, hors du circuit des hôpitaux; se rendant chaque semaine à Londres pour perfectionner ses connaissances auprès de célèbres docteurs anglais plus au fait que les français des progrès réalisés outre-Atlantique. Durant la guerre de 14-18 il est amené à beaucoup s’intéresser à cette spécialité car il y a énormément de blessures à la tête durant les combats de tranchées. Sa conduite lui vaut de recevoir des mains du Général Nivelle Croix de Guerre 14-18 et Légion d' Honneur : "Son courage et son énergie remarquables....... recherche de blessés sous le feu ».

 

En septembre 1915 il pousse son fils Aymard à s'engager dans la cavalerie et plus spécifiquement dans les spahis chers à son frère aîné. Thierry est à ce moment envoyé dans le guêpier des Dardanelles où les troupes alliées sont taillées en pièces par les Turcs et les maladies. Il sert sur un navire hôpital dont il est rapatrié dans des conditions confuses suite à une opération de la jambe et à la malaria. Thierry est alors nommé chirurgien-chef de l'Hôpital Américain fondé en 1906. Il termine la « Grande Guerre » avec les décorations et une blessure mortelle car son seul enfant, Aymard, est tué sur le front ; jamais Thierry ne se pardonnera de l'avoir poussé à s'engager.

 

Thierry de MARTEL de JANVILLE devient ensuite le chirurgien préféré du célèbre neurologue de l’Hôpital de la Pitié, Joseph Babinsky. Il devient le premier neurochirurgien de France, fondateur de l'école de neurochirurgie avec son assistant le docteur Clovis Vincent qui lui succède à la Pitié en 1933. Il bénéficie d'une réputation internationale et de ce fait il voyage souvent à l'étranger fréquentant beaucoup de congrès de médecine.

 

A l'époque de sa séparation avec Yvette, en 1930, Thierry a une liaison avec Henriette Bellot, la demi soeur de Feydau, infirmière rencontrée durant les combats.

 

Au début de la nouvelle guerre, en 1939,Thierry a énormément de travail car il y beaucoup de blessures à la tête, particulièrement suite à des tentatives de suicide.

Devant l'arrivée des troupes allemandes, Thierry de Martel veut quitter Paris, "non par peur, dit-il, mais par dégoût viscéral de l'ennemi". Son ami, Mr Bullitt, l'ambassadeur des USA, tente de l'en dissuader, lui faisant remarquer que son rôle est de rester à la tête de l'Hôpital Américain dont on lui a confié la direction. Mais, plus que quiconque, il a la haine de l'envahisseur qui a autrefois tué son fils et le sentiment du déshonneur de la défaite. Martel quitte donc l'ambassadeur, ce 12 juin, déprimé mais en lui promettant de rester dans la capitale. Deux jours plus tard, pendant que les blindés allemands entrent dans Paris, le chirurgien se fait une piqûre de strychnine. Bullitt avait reçu ce billet : "Je vous ai promis de ne pas quitter Paris. Ne vous ai pas dit si j'y resterai mort ou vivant. ……. Adieu. Martel." On le trouve chez lui suicidé le 14.6.1940, le jour avant l'occupation allemande de Paris, un des 15 parisiens avec le maire de Clichy, ayant préféré cette solution à l'occupation. A coté de lui un exemplaire d'Hernani et un tube de phénobarbital.

Surprenant, durant sa campagne électorale triomphale de 2007, Nicolas Sarkozy l’a un instant exhumé de l’oubli pour le ranger dans sa brochette des grands exemples, au premier rang de nos glorieux ancêtres qui ont façonné la France. Cependant le créateur de la chirurgie du crane, le chirurgien internationalement connu, celui qui fut longtemps le directeur de l’Hôpital Américain de Neuilly y est totalement oublié. Il n’y subsiste rien à son nom ni une aile, ni une salle, ni un bloc, ni même une allée dans l’élégant parc fleuri pas même une plaque ne vient rafraichir la mémoire des passants.

Coïncidence, il repose au bout de la Plaine des Sablons, ce champ de manœuvre de l’ancien régime où Murat fut pour la première fois sous les ordres de Bonaparte en allant chercher les canons qui matèrent dans la mitraille et le sang la première révolte des parisiens contre les excès de la révolution. Les 300 morts ramassés sur les marches de l’église St Roch, le 5 octobre 1795, valurent d’ailleurs à Bonaparte le surnom de « Général Vendémiaire ». Thierry est dans ce cimetière mis en pllace suite à un échange de la mairie de Neuilly avec le même Joachim devenu Maréchal de France. Il y est à 2 pas de Pierre Drieu la Rochelle, l’ancien directeur de la publication fasciste « La Nouvelle Revue Française, NRF » qui s’est suicidé le 15 mars 1945 pour ne pas faire front au procès pour lequel, ancien « collabo », il est recherché.

On trouve ici où là une rue au nom du célèbre chirurgien; dans le XVI ème arrondissement de Paris il existe une impasse déserte pompeusement nommée Boulevard Thierry-de-Martel dans les buissons à l’abord de la Porte Maillot.

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