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Shoshone

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Shoshone
Publié le:09/05/2009

Nation indienne du Nevada, de l'Utah et de l'Idaho


Les Shoshones (prononcer "Shoshoni") parlent une langue proche de celle des Comanches, des Utes et des Paiutes. Ils sont généralement appelés "Serpents" par les autres nations.

Un peuple des plaines de l'ouest


Les groupes de l’Est et du Nord étaient séparés de celui de l’Ouest par la vallée de la Snake River
Jusqu’au XVIIè siècle, les Shoshones du Nord et de l’Est occupent l’ouest du Wyoming et du Montana, ainsi que le nord de l’Utah. Avant d’avoir des chevaux, ils mènent déjà la vie des peuples des Plaines de l’Ouest, traquant à pied le bison et le gros gibier.
 Ayant acquis le cheval à la fin du XVIIè siècle, les Shoshones de l’Est et du Nord s’installent complètement dans les Plaines, chassant le bison et l’antilope à cheval et vivant sous des tipis. Ils sont en guerre permanente avec les Crows et les Blackfeet, leurs redoutables voisins du nord. Puis, s’étant déplacés plus à l’est dans la région des Black Hills au milieu du XVIIIè siècle, ils entrent en conflit avec les Lakotas et les Cheyennes qui les refoulent vers l’Ouest.

Sacajawea


C’est à ce moment qu’ils rencontrent les Blancs, des trappeurs et des marchands avec lesquels ils ont de bonnes relations. Une femme shoshone, Sacajawea, l’épouse du trappeur Toussaint Charbonneau, guide l’expédition de Lewis et Clark en 1805-1806, assurant aux explorateurs l’aide de son peuple, les Lehmis, des Shoshones du Nord établis sur le Haut-Missouri. En 1826, le chef lehmi Yellow Hand se range aux côtés des trappeurs blancs qui combattent les Blackfeet.
Washakie, l’un des chefs les plus influents des Shoshones de l’Est, autorise les Blancs à ouvrir la Piste de l’Oregon à travers les territoires shoshones du Wyoming et de l’Idaho. Les guerriers shoshones offrent aux  immigrants leur protection contre les attaques des autres Indiens. Ils favorisent l’installation des Mormons en Utah à partir de 1847.
En 1868, Washakie autorise l’"Union Pacific Railway" à traverser les terres shoshones. Mais la découverte de l’or en Californie provoque une invasion du territoire des Shoshone de l’Est qui sera bientôt réduit à la seule réserve de Wind River, au Wyoming, sur laquelle Washakie et ses partisanes doivent se retirer. Washakie, ainsi que les Shoshones Lehmis vivant au nord, fidèles à leur amitiés pour les Blancs, refuseront de soutenir le combat de leurs frères de l’Ouest, quand ceux-ci devront défendre leurs territoire du Nevada et de l’Utah contre les mineurs et les colons.

éclaireurs pour l'armée


Des éclaireurs shoshones conduits par Washakie y ont pris une part active aux côtés des soldats aux combats qui les opposaient aux Lakotas, aux Cheyennes et aux Arapahos, notamment à la bataille de la Rosebud, le 16 juin 1876. En 1878, les guerres ont pris fin. C’est alors que le Bureau des Affaires Indiennes demande aux Shoshones de Wind River d’accueillir chez eux les Arapahos du Nord, leurs ennemis, afin de leur éviter la déportation en Territoire Indien. Le chef  Washakie y consent, malgré l’opposition de certains des siens.
Shoshones et Arapahos occupent toujours la réserve de Wind River. Bien que vivant séparément, les deux nations ont maintenu de bonnes relations. Tandis que les Shoshones sont agriculteurs, les Arapahos, qui occupent la partie est de la réserve, s’adonnent plutôt à l’élevage.

Les Shoshones de l’Ouest


Les Shoshones de l’Ouest ont connu une toute autre histoire. Ils vivaient au nord du Nevada, à l’ouest de l’Idaho et de l’Utah, au coeur du Grand Bassin. Ils étaient cueilleurs et chasseurs de petit gibier, habitant de légers abris de branchages de construction facile qui leur permettent de déplacer aisément leurs villages afin d’exploiter au mieux les rares ressources végétales et animales de leur territoire.
En 1859, des gisements d’argent sont découverts sur le territoire des Paiutes et des Shoshones de l’Ouest. Conduit par le chef Bear Hunter, les Shoshones harcèlent les colons qui envahissent leurs terres, s’attaquant aux campements des mineurs, aux lignes du télégraphe, aux convois d’immigrants transitant vers la Californie sur la Piste de l’Oregon. Ils sont rejoints dans la lutte par les Shoshones du Nord du chef Pocatello. Deux mille Shoshones et Bannocks attaquent un convoi d’une dizaine de chariots à Massacre Rock sur la Snake River, faisant de nombreux morts parmi les immigrants.

Le massacre de bear river (29 janvier 1863)


Durant l’année 1862, les Shoshones et les Bannocks des chefs Bear Hunter et Pasheco ont attaqué les caravanes de pionniers qui, de plus en plus nombreuses, empruntent la piste de l’Oregon. Ils ont pillé à plusieurs reprises les colonies mormones au nord du Grand Lac Salé de l’Utah.
Au début de 1863, le colonel Patrick E. Connor qui commande le 3ème régiment  de Volontaires de Californie, fait mouvement à travers la Sierra Nevada et conduit ses trois cents hommes en Utah.
Le 29 janvier, par un froid glacial, il décide de donner l’assaut au camp d’hiver du chef bannock Bear Hunter solidement retranché dans un ravin de la Bear River. Les soldats chargent dans une neige épaisse, mais sont rapidement repoussés par des tireurs indiens embusqués.
Connor divise alors ses troupes et attaque de trois côtés à la fois. Les Indiens se trouvent bientôt acculés au fond du ravin, sans possibilité de fuite. Après plusieurs heures d’une résistance désespérée, les défenses indiennes sont submergées et le combat tourne au massacre. On dénombre, selon l’armée, deux cent vingt-quatre cadavres indiens, dont beaucoup de femmes et d’enfants. Des témoignages affirment que, par endroits, les morts indiens s’entassaient sur deux mètres de haut. Les soldats comptent dans leurs rangs vingt et un morts et quarante-deux blessés. Aux dires de l’armée, plus d’une centaine de femmes et d’enfants indiens ont été fait prisonniers. Les témoignages des rescapés shoshones font cependant état de beaucoup plus de morts et de bien moins de rescapés.
Le chef Bear Hunter a été pris vivant. Les soldats le frappent, puis s’amusent à le torturer. Ils finissent par le tuer en lui enfonçant dans les oreilles une baïonnette rougie au feu.
La victoire de Bear River rapportera à Connor ses galons de général. Les journaux, enthousiastes, firent du général Connor "le défenseur de la Frontière".

Le traité de ruby valley


En juin 1863, les Shoshones de l’Ouest concluent avec les Américains le traité de Ruby Valley qui  leur reconnaît un vaste territoire au centre du Nevada, sans lui donner cependant le statut de réserve, et à travers lequel les Shoshones doivent permettre le passage des caravanes de pionniers.
Les terres reconnues aux Shoshones par le traité de Ruby Valley sont bientôt envahies par les colons qui s’y installent, et les Shoshones doivent rejoindre en 1872  la réserve de Fort Hall, au sud-est de l’Idaho où vivent déjà les Bannocks. La partie sud de leur territoire est mise sous l’autorité du ministère de la guerre pour servir de terrain de manoeuvres militaires et deviendra cent ans plus tard une base de lancement de missiles.
Les Lehmis, ceux du nord qui avaient pourtant reçu en 1875 du président Ulysses S. Grant l’assurance de demeurer sur leurs terres, sont contraints à leur tour de s’installer sur la réserve de Fort Hall qui sera réduite à plusieurs reprises dans les dernières années du XIXè siècle.

Aujourd'hui


Des Shoshones de l’Ouest occupent actuellement avec les Paiutes la réserve de Duck Valley, à la limite de l’Idaho et du Nevada. D’autres ont été installés sur petites réserves dispersées sur leur ancien territoire du Nevada.
En 1974, le Bureau de Gestion des Terres (Bureau of Land Management) menace d’intenter un procès à la famille Dann, des Shoshones de l’Ouest. Les Dann possèdent un ranch dans Crescent Valley, dans le centre du Nevada, sur le territoire reconnu aux Shoshones par le traité de Ruby Valley de 1863. Le BLM reproche aux Shoshones d’utiliser des terres fédérales sans permis de pâturage, considérant que le traité de 1863 est caduc et que les terres shoshones ont été "rendues au domaine public". Les Shoshones apprennent à ce moment qu’ils ont été indemnisés pour leurs terres du Nevada pour une somme de vingt-six millions de dollars, une somme dont ils ne veulent pas, n’ayant jamais eu l’intention de vendre leur territoire ancestral.
Depuis cette vente forcée, l’administration essaie par tous les moyens de réduire les troupeaux du ranch Dann. Un mouvement international de soutien à la famille Dann s’est constitué au début des années 1980 et des manifestations ont eu lieu sur le site d’essai des missiles nucléaires MX au sud du territoire shoshone du Nevada.
A l’extrême ouest du site d’essai nucléaire se trouve le Mont Yucca. C’est sous cette montagne, située à seulement cent vingt kilomètres de Las Vegas, qu’ils est prévu d’enterrer soixante dix mille tonnes de déchets nucléaires hautement radioactifs accumulés depuis 1945 par l’industrie nucléaire militaire et, depuis 1957, par le nucléaire civil. Selon les responsables du projet, le site donne toute garantie de sécurité, si toutefois on excepte le fait qu’il est situé dans une région de forte activité sismique. Les Shoshones affirment qu’un monstrueux serpent vit sous la montagne et qu’il bouge toujours.

Les Shoshones-Bannocks s’efforcent, depuis les années 1990, d’obtenir la construction d’un monument qui commémorerait la bataille de Bear River en 1863 et en relaterait les véritables circonstances. Près du site de la bataille, une stèle avait été érigée en 1927 par "les Filles des Pionniers de l’Utah" à la mémoire des pionniers victimes des Indiens, donnant l’impression que les Indiens avaient été les agresseurs.