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Officier général américain
Philip Henry Sheridan est l'officier général qui organisa, avec une terrible efficacité, la destruction systématique des nations indiennes dans l'Ouest américain.
Philip H. Sheridan est né à Albany, dans l'Etat de New-York. Il entre à l’Académie militaire de West-Point en 1848. A cause de son comportement grossier et violent, il est suspendu pendant un an et n’obtiendra son diplôme qu’en 1853. Il participe aux côtés de son camarade de promotion George Crook à la guerre contre les Yakimas en 1855-1856.
Quand éclate la guerre de Sécession en 1861, son agressivité et sa bravoure au combat le propulsent aux plus hauts grades de l’armée. Il devient brigadier-général en 1864, après une audacieuse contre-offensive dans la vallée de la Shenandoah en Virginie.
Après la guerre, le général Ulysses S. Grant lui confie la reconstruction du Sud. Il mène sa tâche avec tant de brutalité et de mépris pour ses anciens ennemis que le président Andrew Johnson le révoque et l’affecte à la région militaire du Missouri. Il participe au Traité de Medicine Lodge de 1867 qui oblige les tribus des Plaines du sud à se retirer en Territoire Indien.
Contre les Indiens qui refusent de se soumettre, Sheridan a l’occasion de mettre en pratique ses théories sur la guerre totale dont l’efficacité a été démontrée pendant la Guerre de Sécession. Il ne s’agit pas seulement de combattre les guerriers, mais également de traquer les femmes et les enfants jusque dans leurs villages et de détruire systématiquement les abris, les réserves de nourriture et les troupeaux de chevaux des Indiens. Sheridan préconise de mener ces actions dévastatrices au cœur de l’hiver, au moment où les Indiens sont le plus vulnérable, et d’entreprendre la construction de forts qui quadrillent tout le pays.
Il confie au lieutenant-colonel George A. Custer, son meilleur officier pendant la guerre de Sécession et son ami personnel, le soin de poursuivre les Indiens. A partir de Camp Supply, nouvellement construit, Custer attaque et détruit le 27 novembre 1868 le camp du chef cheyenne Black Kettle qui campait sur la Washita River.
En janvier 1869, Sheridan est à Fort Cobb. Il reçoit une délégation de plusieurs chefs cheyennes et comanches venus faire leur reddition. L’un d’eux, Tosawi, pour montrer sa bonne volonté, dit en anglais : "Tosawi, bon Indien". Sheridan lui fait cette réponse : "Il n’y a pas de bons Indiens. Les seuls bons Indiens que j’aie jamais vus étaient morts". Avec le temps, cette réplique se transformera en une formule plus courte : " Un bon Indien est un Indien mort".
Sheridan devient commandant de la division militaire du Missouri qui s’étend du Mississippi aux Montagnes Rocheuses en remplacement du général William T. Sherman. Il est observateur militaire dans l’armée prussienne pendant la guerre franco-prussienne de 1870-71. De retour dans les Plaines, il organise les campagnes de destruction systématique des villages indiens menées par le colonel Ranald S. Mackenzie et le colonel Nelson A. Miles pendant la guerre de la Red River en 1874-75 qui entraînera la reddition des nations indiennes des Plaines du Sud.
En 1874, en violation du traité de Fort Laramie de 1868, il envoie George A. Custer en reconnaissance dans les Black Hills, le cœur de la nation Sioux. Le massif se révélera renfermer d’importantes quantités d’or. Sheridan refuse de retenir la vague de prospecteurs qui déferle sur de territoire des Sioux garanti par le traité. Alors qu’en 1875, le gouvernement américain met en place la vente forcée des Black Hills, Sheridan organise au début de 1876, la campagne du colonel John Gibbon et du général Alfred H. Terry, auquel il adjoint Custer. Cette campagne, épaulée par le général Crook, est destinée à frapper les Indiens vivant hors des réserves. Fidèle à sa tactique, Sheridan souhaite déclencher les opérations en hiver, mais le mauvais temps l’oblige à les différer jusqu’au printemps. Cette campagne, mal préparée, connaît de graves revers. Crook est repoussé le 17 juin sur la Rosebud River par les guerriers de Crazy Horse et Custer trouve la mort avec les hommes du 7ème régiment de cavalerie sur les rives de la Little Bighorn River, le 25 juin 1876.
Avec Sherman, Sheridan encourage les chasseurs blancs à poursuivre la destruction systématique des bisons, la principale ressource des Indiens des Plaines. Il dit : "En deux ans, les chasseurs blancs auront fait davantage pour régler l’épineuse question indienne que l’armée régulière dans son ensemble au cours des trente dernières années : ils ont détruit la source même du ravitaillement des Indiens. Aussi, pour assurer une paix durable, qu’ils continuent à tuer et écorcher les bisons jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Alors nos prairies s’empliront de vaches bien grasses et de joyeux cow-boys". En quelques années, les bisons ont complètement disparu des Plaines, obligeant les Indiens à s’installer sur les réserves. Sheridan obtient du Congrès que l’administration des réserves soit confiée à l’armée.
En 1883, Sheridan devient commandant en chef de l’armée des Etats-Unis et prend peu après sa retraite. Il écrit ses mémoires. En 1886, usant de son influence, il exige que son ami, le général Nelson A. Miles remplace le général Crook dans la guerre qu’il livre contre les partisans de Geronimo, accusant Crook de manque de fermeté et de complaisance vis à vis des Apaches.
Sheridan meurt le 5 août 1888 dans sa maison du Massachusetts, victime d’une crise cardiaque.