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Red Cloud (vers 1822-1909)

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Red Cloud (vers 1822-1909)
Publié le:31/07/2009

Chef des Sioux-Oglalas


un grand chef

 

Red Cloud est un Lakota-Oglala. Son nom

Red Cloud
Red Cloud
Chef des Sioux-Oglala
© Charles M. Bell
National Museum of the American Indian
lakota est "Mahpiya Luta".
Il appartient au clan des "Bad Faces". Dès l’adolescence, Red Cloud se révèle comme un guerrier d’une bravoure, d’une audace et d’un courage exceptionnels. Il n’est pas issu d’une lignée de chefs et ne devra son ascension qu’à lui-même.
En 1841, alors que deux chefs, Bull Bear et Smoke, se disputent la prépondérance à la tête de la tribu oglala, un drame éclate quand les partisans de Bull Bear rendent visite au camp de Smoke. De l’alcool est distribué aux hommes qui, bientôt, en viennent aux mains. Dans la confusion, un tout jeune guerrier du camp de Smoke abat le chef Bull Bear d’un coup de feu. C’est Red Cloud. On n’a jamais su s’il s’agit d’un assassinat délibéré ou d’un égarement provoqué par l’alcool. Ce drame, qui provoque une guerre civile de plusieurs mois au sein de la Nation Oglala, ne sera jamais oublié par les descendants des partisans de Bull Bear. Cela explique certainement que Red Cloud ait été, et est toujours, vivement critiqué par certains Oglalas.

Terreur sur le Wyoming (1865)


Quand la nouvelle du massacre de Sand Creek, en novembre 1864, se répand parmi les Indiens des Plaines du Nord, Red Cloud, qui est déjà un chef important, rassemble autour de lui des milliers de guerriers lakotas, cheyennes et arapahos, afin de venir en aide à ses alliés cheyennes du sud. Début janvier 1865, les Indiens pillent la petite bourgade de Julesburg, au nord du Kansas et ravagent les établissements des colons établis le long de la Platte River, désorganisant les communications jusqu’à Denver, au Colorado. Dans l'été, les Lakotas décident d’attaquer le poste qui défend le pont où la piste de l’Oregon traverse la North Platte River. Le 25 juillet, les Indiens tentent de faire sortir les soldats du fort, mais l'attaque échoue. Le lendemain, à moins d'un kilomètre de Platte Bridge, plusieurs centaines de Lakotas et de Cheyennes menés par Red Cloud attaquent un convoi de cinq chariots qui devait ravitailler le poste. Les soldats assiégés résistent jusqu’au bout, mais ils sont submergés. Tous sont tués. Le mois suivant, lorsque les deux mille soldats du général Patrick E. Connor tentent d'envahir la vallée de la Powder River au Wyoming, le cœur du pays lakota, les guerriers sioux cheyennes et arapahos conduits par Red Cloud les harcèlent et les mettent en déroute.

La guerre de Red cloud (1866-1868)

 

En juin 1866, les envoyés du gouvernement entament des négociations afin de demander aux Indiens le droit de traverser le pays de Powder River par la Piste Bozeman pour permettre aux émigrants d’atteindre les mines d’or du Territoire du Montana. Red Cloud s’y oppose farouchement. Au même moment, le colonel Henry B. Carrington arrive à la tête de forces importantes et d'une longue file de chariots remplis de matériel destiné à la construction de forts militaires. Red Cloud s'insurge : " Le Père-de-Tous nous envoie des présents et nous demande qu'une nouvelle route traverse le pays. Or, le grand chef blanc vient avec ses soldats pour nous voler le terrain qui doit servir de passage, avant même que les Indiens aient dit oui ou non !". Red Cloud quitte le conseil et se prépare à chasser les Blancs des terres lakotas. En juillet, les soldats ont commencé la construction de Fort Phil Kearny sur les bords de la Little Piney Creek. Red Cloud, rappelant les promesses des Blancs depuis dix ans, s'adresse ainsi aux siens : " Ecoutez tous, Lakotas ! Quand le Père Vénérable de Washington nous a envoyé son chef-soldat (le général Harney) pour nous demander un passage à travers nos territoires de chasse, une route pour le fer des montagnes et la mer de l'ouest, on nous a dit qu'ils souhaitaient seulement passer à travers nos terres, non pour pour s'y arrêter, mais pour aller chercher l'or dans l'ouest lointain. Nos vieux chefs pensaient faire témoignage d'amitié et de bonne volonté et permirent que ce dangereux serpent se glissât parmi nous ... Avant même que les cendres du conseil se fussent refroidies, le Père Vénérable a fait construire ses forts chez nous. Nous avons entendu le son de la hache du soldat blanc près de Little Piney. Sa présence ici est une insulte aux esprits de nos ancêtres. Allons-nous les laisser cultiver le maïs sur leurs tombes sacrées ? Lakotas, je suis pour la guerre !" Red Cloud rassemble plusieurs milliers de guerriers sioux ainsi que des Cheyennes et des Arapahos. De grands guerriers hunkpapas comme Gall et Rain-in-the-Face le rejoignent même dans son combat. C’est la première fois dans l’histoire des Plaines que tant de guerriers sont sous le commandement d’un seul chef. Le mois suivant, les soldats de Carrington ont construit un nouveau fort plus au nord sur la piste. Le 21 décembre 1866, les Indiens organisent une grande embuscade contre Fort Phil Kearny. Feignant l'attaque d'une corvée de bois, Ils parviennent à faire sortir une centaine de soldats conduits par le capitaine William J. Fetterman. Crazy Horse et quelques guerriers entraînent les soldats hors de vue du fort. Le long de Peno Creek, mille cinq cents guerriers Sioux, Cheyennes et Arapahos se jettent sur le détachement. Tous les soldats sont tués et scalpés. Ce combat restera célèbre parmi les Lakotas comme la bataille des "Cent dans la main". Pendant tout l'hiver, les guerriers de Red Cloud assiègent les forts le long de la Powder River, isolant complètement les soldats. Le 2 août 1867, les guerriers de Red Cloud décident de porter un nouveau coup aux soldats de Fort Phil Kearny. Red Cloud qui ne doute pas de pouvoir facilement balayer les soldats a rassemblé six cents guerriers lakotas et cheyennes. Les femmes et les enfants viennent même assister au spectacle depuis une colline. Mais l’attaque échoue. Les Indiens ne sont pas parvenus à tromper les soldats. Les hommes du major James W. Powell, qui assurent la protection d'un groupe de bûcherons, s'abritent derrière des chariots bachés disposés en cercle. Red Cloud décide alors une attaque massive contre les chariots. Les charges des Indiens sont terribles. Mais elles se brisent sous le tir précis des défenseurs. Finalement, les guerriers décrochent impressionnés par tant de résistance. L’échec du combat de Wagon Box n’empêchera pas la victoire totale des Indiens.

Le traité de fort Laramie (1868)


Quand les envoyés de Washington réunissent un grand conseil à Fort Laramie pour conclure un traité de paix, Red Cloud refuse de signer, exigeant la fermeture de la piste Bozeman et la destruction des forts. A la fin de l’été, les Blancs ont évacué le pays de Powder River, les forts sont détruits, incendiés par les Indiens. En novembre 1868, Red Cloud accepte  de signer le Traité de Fort Laramie. C'est la seule fois où les nations indiennes signent en vainqueur un traité avec le gouvernement américain. Le traité, très avantageux pour les Indiens, reconnaît aux Lakotas et leurs alliés un vaste territoire où ils peuvent vivre et chasser. Le centre de ce territoire devient la Grande Réserve Sioux, au centre de laquelle se trouvent les Black Hills, la terre sacrée des Lakotas. Red Cloud, avec une partie des Oglalas, s’installe près de Fort Laramie, au sud de la réserve.

La paix pour son peuple

 

En juin 1870, à l’instigation du général Ely S. Parker, Red Cloud se rend à Washington où il rencontre le président Grant. Il parle devant le Congrès. En visitant les villes des Blancs, Red Cloud comprend que toute lutte armée est inutile. Il se tiendra à l’écart de la guerre menée par les chefs Sitting Bull et Crazy Horse.
Après la défaite du lieutenant-colonel George A. Custer sur les bords de la Little Bighorn River, le 25 juin 1876, les Américains cherchent à se venger des Indiens. Ils s’en prennent aux tribus des réserves. Les Lakotas de l’agence de Red Cloud voient leurs armes confisquées et leurs chevaux donnés aux éclaireurs pawnees. Les attributions de vivres sont réduites. Red Cloud, qui a refusé d’envoyer des éclaireur oglalas contre les rebelles, est accusé de les encourager secrètement, surtout quand on apprend qu’il avait confié sa carabine et sa coiffure de guerre à son fils Jack qui avait participé à la bataille de Little Bighorn. Jugé peu fiable par les autorités américaines, Red Cloud se voit retirer sa position de grand chef qui est donnée au Brûlé Spotted Tail. Le 27 avril 1877, à la demande du général George Crook, Red Cloud va trouver Crazy Horse pour lui demander de se rendre. Crazy Horse fait sa reddition le 6 mai à Fort Robinson. Mais l’attitude intransigeante de Crazy Horse qui refuse les conditions de Crook, fait craindre à Red Cloud une  nouvelle diminution de son influence auprès des autorités militaires. A Fort Robinson, l'antagonisme latent entre les Indiens de la réserve soutenus par Red Cloud et les autres, partisans de Crazy Horse, augmente encore. Crook fait arrêter Crazy Horse le 5 septembre 1877. C'est au cours de son arrestation que le jeune chef oglala est frappé mortellement par la baïonnette d'un soldat.
En novembre 1877, le gouvernement décide la déportation des Oglalas vers le Missouri. Les femmes sont autorisées à prendre des chariots pour transporter leurs bagages et leurs enfants, mais tous les hommes, y compris Red Cloud, font toute la route à pied. Red Cloud proteste en vain contre cette déportation. L’année suivante, les Oglalas sont déplacés à nouveau et installés à l’agence de Pine Ridge où ils sont toujours.

 

Le défenseur du peuple

 

Red Cloud n’est pas ennemi d’une certaine adaptation à la culture des Blancs. En 1879, il accepte l’installation à Pine Ridge d’une mission et d’une école catholique. Cette école porte maintenant son nom. Quand en 1889, débute la Danse des Esprits, Red Cloud refuse de s’y opposer. Après le massacre de Wounded Knee, le 29 décembre 1890, il accompagne au Stronghold les derniers résistants lakotas, puis, à la mi-janvier, il les incite à se rendre afin de préserver la vie des femmes et des enfants. Désabusé, il dit : "Ils nous ont fait beaucoup de promesses, tellement que je ne puis m'en souvenir, mais ils n'en n'ont jamais tenu aucune ; en revanche, ils ont dit qu'ils prendraient nos terres, et ils les ont prises."


Jusqu’à sa mort à Pine Ridge, le 10 décembre 1909, il aura su garder sa dignité, le respect des siens et défendre au mieux les intérêts de son peuple dans des circonstances particulièrement difficiles.