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RONDEAU PARFAIT, ou RONDEAU REDOUBLÉ

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RONDEAU PARFAIT, ou RONDEAU REDOUBLÉ
Publié le:07/01/2009

[DE LA POËSIE: PETIT TRAITÉ DE PROSODIE]


 

 

RONDEAU PARFAIT:

 

 

Nom composé, masculin singulier, de RONDEL,RONDEAU (Ron-dèl, ron-do), issu de rond (latin rotendus...), par analogie à la ronde (tourner en rond, autour de quelqu'un, de quelque chose, et cette dernière fut-elle carrée ou de quelque autre forme...), et ce du fait que le premier mot de la première stance ou couplet, en donnant le refrain, terminait les suivantes, rimant ou non, comme un retour au point de départ... et parfait*, participe passé du verbe parfaire*, issant du latin percifere [achever, parachever... de per, augmenter... et facere, faire, avec, sous-entendu, jusqu'à l'achèvement complet, ou parfait: exemplaire, impeccable, irréprochable...], d'après les uns; de par et faire, selon Pierre Larousse...

 

Ne pas confondre avec les rondeaux, simples, qualifiés de, par l'adjectif parfait...

 

 

PROSODIE:

 

Originellement appelé RONDEAU REDOUBLÉ, sa forme fut aléatoire jusqu'à ce que Clément Marot (?) la fixe en lui donnant le nom "définitif" de RONDEAU "PARFAICT", et ce par un jeu de mots, quand il "parfit", en atteignant, enfin, au point final... un RONDEAU REDOUBLÉ commencé lors de l'une de ses incarcérations(fin du 1er quart du XVIème siècle). Il est à noter que l'adjectif parfaict qualifiait auparavant des rondeaux simples quand le premier vers, dans son entier, revenait en refrain à la fin des deux autres couplets, sans doute pour la mesure et la rime...

 

 

CITATIONS:

 

 

RONDEAU PARFAICT.

A ses Amys apres sa delivrance.

 

En liberté maintenant me pourmaine,

Mais en prison pourtant ie fuz cloué:

Voyla comment fortune me demaine.

C'est bien, & mal. Dieu soit du tout loué.

 

Les Envieux ont dit que, de Noué,

N'en sortiroys: que la Mort les emmaine.

Maulgré leurs denz le nœud est desnoué:

En liberté maintenant me pourmaine.

 

Pourtant, si i'ay fasché la Court Rommaine,

Entre meschans ne fuz oncq alloué:

Des bien famez i'ay hanté le dommaine,

Mais en prison pourtant ie fuz cloué.

 

Car aussi tost que fuz desadvoué

De celle la qui me fut tant humaine,

Bien tost après à sainct Pris fuz voué:

Voyla comment fortune me demaine.

 

J'eus à Paris prison fort inhumaine:

A Chartres fuz doulcement encloué:

Maintenant voys, ou mon plaisir me maine.

C'est bien, & mal. Dieu soit du tout loué.

 

Au fort, Amys, c'est à vous bien ioué,

Quand vostre main hors du parc me ramaine.

Escript, & faict d'ung cueur bien enioué,

Le premier iour de la verte sepmaine,

                     En liberté.

 

Clément MAROT [Cahors, 1496 - Turin, 1544]

 

[Voir ci-dessous mes commentaires, et controverse, à propos de ce RONDEAU "PARFAICT"... dans ENCYCLOPÉDIE.]

 

 

ORAISON DE NOSTRE DAME

en forme de Rondeau parfaict

 

Vierge enfantant oultre loy de nature,

Fille à ton fils & mere de ton pere,

D'Adam issuë en pure geniture,

Je te supply, garde moy d'impropere.

 

Pour reparer l'offense très amere,

Qu'Eve commist contre toute droicture,

Dieu se feist homme & adonc te feist mere,

Vierge enfantant oultre loy de nature.

 

Comme Soleil passe sans ouverture

Par la verriere, ainsi en ton repaire

Entra Jesus; lors fuz sans forfaicture

Fille à ton fils & mere de ton pere.

 

Depuis qu'Adam fust tempté de vipere,

Conceu ne fust sans peché creature,

Fors toy qui es, malgré tout vitupere*,

D'Adam issuë en pure geniture.

 

Ainsi je croy qu'en ta sainte closture

Tu as porté celuy qui tout supere,

Royne des Cieulx, vierge & mere très pure.

Je te supply, garde moy d'impropere*.

 

Preserve moy d'infernale misere,

Donne moy joye enfin que tousjours dure;

Et me maintiens en fortune prospere

Si vray comme es sans aulcune fracture,

                 Vierge enfantant.

 

 

RONDEAU PARFAICT DE LA CROIX

 

En ceste Croix attaché pieds & mains,

Vray doulx Jesus humblement de t'adore;

Quant par ta mort rendis vie aux humains,

Brisant enfer & nous ouvrant ta gloire.

 

Pour reparer peché diffamatoire

Commis jadis par nos peres Germains,

Tu fis à Dieu de ton corps offertoire

En ceste croix attaché pieds & mains.

 

Cloué, fiché sur ceste croix Remains,

Mort estendu: Las, quel repositoire!

Cecy pensant, en jettant soupirs mains,

Vray doulx Jesus humblement je t'adore.

 

Te suppliant qu'en ce val transitoire

Nous donnes paix ; car bien sommes certains,

Que tu en fis aux pecheurs inventoire,

Quant par ta mort rendis vie aux humains.

 

Patriarches, Prophetes, Peres saincts

Congnurent lors ta triumphant victoire

Car de pechez les rendis nets &  sains,

Brisant enfer & nous ouvrant ta gloire.

 

Si te supply qu'en ton divin pretoire

Nous vueille mettre à l'heure & jour derrains,

Aussi vrayment que je croy ceste histoire

Que tu prins mort pour nous povres Mondains,

                 En ceste croix.

 

Michel MAROT (?) [XVIème siècle]

 

 

Ces deux RONDEAUX PARFAICTS sont attribués, par Lenglet du Fresnoy, à Jehan dans l'édition qu'il fit imprimer en 1731, à La Haye (Hollande), des œuvres des trois Marot. Il est remarquable qu'il ait respecté l'orthographe respective de ces derniers, sachant que notre Langue, au fil du siècle qui couvre leurs trois existences, se corrigeait pour le moins rapidement(3). Celle de ces deux RONDEAUX "PARFAICTS" n'est déjà plus celle de Clément Marot; donc, à fortiori, celle du grand père de Michel Marot, Jehan. Ils ne peuvent donc être que de Michel, ou de l'un de ses contemporains, puisque, d'après l'auteur de cette phrase, "Avec le nom qu’il portait, il se crut apparemment obligé de composer aussi des vers ; mais heureusement il n’en fit qu’un petit nombre"... (L'auteur de ce "lynchage", de plus, malmène pour le moins la Langue française, et tout au long de son texte...) Il est à savoir, aussi, que tout un chacun, à cette époque, et au cours de la Renaissance, notamment, y compris les rois, correspondait en vers, de sa main, ou par les soins d'un secrétaire, d'un écrivain public...

 

(Voir, dans ENCYCOPÉDIE, une explicationà propos du RONDEAU "PARFAICT" de Clément MAROT...)

 

 

RONDEAU REDOUBLÉ

 

À M. LE DUC DE SAINT AIGNAN

Sur la guérison de sa fièvre quarte.

 

 

Sans dégaisner & sans monter Moreau

Mettez à fin périlleuse aventure:

Onc Chevalier ne fit exploit plus beau!

Contre vous-mesme en ferois la gageure.

 

Quoy de felonne & laide créature,

Fiévre qui sçait ouvrir l'huis du tombeau,

Sçavez en bref faire desconfiture

Sans dégaisner, & sans monter Moreau!

 

Vaincre, pour vous n'est pas un fait nouveau,

Ne gist beau Sire en ce point l'encloûeure.

Dès vostre Avril comme Hercule au berceau

Mettez à fin périlleuse aventure.

 

Mais qu'en combat où rien ne sert armure;

Où rien ne sert qu'on ait feé la peau,

Ayez dompté qui dompte la nature!

Onc Chevalier ne fit exploit plus beau!

 

Cy vous verrons encor faire Rondeau,

Fendre géants du chef à la ceinture,

Faire de vous plus d'un vivant tableau,

Contre vous-mesme en ferois la gageure.

 

Or de mes vœux si le destin a cure,

Point n'entrerez dans le fatal bateau

Qu'un siècle n'ait accompli sa mesure.
Point ne serez sans amours, sans pipeau,

                 Sans dégaisner.

 

[Antoinette de LIGIER de LA GARDE-DESHOULIÈRES (Paris, 1637 - 1694)]

 

 

 

RONDEAU PARFAICT

DE l'ADIEU AUX ILLUSIONS

 

Je respire en maudit, mais ne souffle en poëte:

Je n'ai, pour tout talent, que l'ombre d'un taudis.

Pour attirer Amour, je n'ai point de boëte,

Et Destin, sans remords, de mes pleurs se gaudit.

 

Quand je croise Beauté, des deux yeux j'applaudis;

Mais mon cœur interdit, ma morne silhouëte...

Font que la belle rit, et point ne s'ébaudit:

Je respire en maudit, mais ne souffle en poëte.

 

Que faire d'une vie indolente et fluëte?

À quoi bon croire Espoir, cet ignoble bandit

Qui détrousse mon cœur? Qu'Érato soit muëte:

Je n'ai, pour tout talent, que l'ombre d'un taudis.

 

Sur la Page des jours s'inscrivent mes sots dits:

Habillant Solitude au gré d'une bluëte,

Mes rêves sont, hélas! sans cesse contredits:

Pour attirer Amour, je n'ai point de boëte.

 

J'ulule, au désespoir, comme fait la chouëte,

Où traîne dans la Nuit mes soupirs inédits;

Je contraste à souhait la rieuse mouëte,

Et Destin, sans remords, de mes pleurs se gaudit.

 

Que sera l'Avenir, si tout m'est interdit?

Je ne veux supplier Amour, ni la coquête,

Même pour obtenir un coin de paradis.

La Mort sera, c'est sûr, mon unique conquête:

                 Je respire en maudit.

 

Tours,

Pieyrre de CLYTHÈRE

 

 

ENCYCLOPÉDIE:

 

Expliquer, naturellement, quelque chose... quand il est possible, à loisir, de tout compliquer... Il faut bien que certains savants, dans tous les genres, justifient de leur existence; et viennent nous assener des vérités, nous donner des éclaircissements sur un sujet qu'ils ont tout simplement embrouillé jusqu'à, parfois, la confusion la plus complète... Et voilà Clément Marot, fils indigne s'il en est un, qui s'approprie une invention de son père, Jehan(2), le RONDEAU PARFAICT... en omettant, oubliant... tout bonnement de nous dire le nom de son véritable concepteur, et quand il est, de surcroît, son géniteur!

 

Savent-ils, ces personnages, qui professent ainsi... que le poëte, à peine l'Extase, où passe comme l'impression d'avoir atteint au chef-d'œuvre, s'estompant, il se retrouve au bord d'un Précipice, qui l'appelle à tout jeter... Et c'est là que commence une étrange symphonie, où domine les ratures (Prose ou prosodie: il n'est que de voir un manuscrit d'Honoré de Balzac...): Il n'a de cesse de vouloir tout recommencer... Or, comme l'environnement, les sentiments, le ressenti... ne sont déjà plus les mêmes... comment voulez-vous décrypter un pareil tumulte, et encore faudrait-il qu'ils en aient quelque connaissance... Un scaphandre pour descendre, non dans les yeux de ma blonde, mais dans la tête d'un poëte?

 

Et ceci n'explique-t'il pas le ridicule du poëte tenu de déclamer, ne serait-ce que l'un de ses sonnets... qui s'embrouille de vouloir tout changer, refaire...

 

D'autre part, pour que le RONDEAU soit réellement "PARFAIT", ou pour pouvoir atteindre à la "parfaitude", il faudrait qu'il ne soit composé que de cinq quatrains, et que le vingtième vers, exacte reprise du quatrième, nous offre une chute "parfaite", et qu'elle ouvre le lecteur à se laisser aller, ou porter... par le penser de l'auteur et, si possible, le sien, au-delà, comme dans le SONNET*...

 

Cinq quatrains, comme autant de rondes, chiffre ô combien symbolique, dont la dernière nous ramènerait, et pour la seconde fois, au point de départ, nous offrant comme une renaissance dans la chute, retour à l'origine, pour un nouvel essor, tel celui de la Nature quand revient le Printemps...

 

À propos des nombreuses  "thèses", affirmations... concernant le RONDEAU "PARFAICT" de Clément MAROT, voici, tout simplement, mon opinion. Elle est heureusement contradictoire quant à celles des savants, savantasses et autres, en us:

 

Clément MAROT n'a pas eu, si ce n'est, peut-être, par un jeu de mots, ironique et plaisant, la prétention de qualifier son RONDEAU de PARFAICT. Il commença d'écrire, au fil du triste loisir offert par son séjour en prison (Paris, puis Chartres, où son enclouure fut plus douce...) un RONDEAU REDOUBLÉ qu'il "parfit" après sa libération, d'où la présence du participe passé du verbe parfaire, de remercîments qu'il alloue aux amis qui plaidèrent sa cause, dont le Roi, près du tribunal ecclésiastique... Parfaict prit donc la place de redoublé, faisant naître, par là,  légendes, polémiques...

 

Le mien RONDEAU "PARFAIT": JE RESPIRE EN MAUDIT (Voir dans les citations), pourrait être qualifié, par la forme! de "RONDEAU PLUS QUE PARFAIT", si tant est que l'on pourrait encore parfaire ce qui le serait déjà... et du simple fait que la première hémistiche du premier quatrain rime avec le deuxième vers de ce dernier, amenant, de là, la chute de la pièce, rimée...

 

Cette composition n'est autre que "naturelle", venue, et de la simple inspiration, marquée ô combien par celle de Clément Marot pour la forme et, sans doute, de l'air d'un temps présent...

 

Or c'est, principalement, outre la longueur syllabique (l'alexandrin, et son ronronnement, et même si la ponctuation y remédie un peu...), la tristesse du thème qui le veut, et l'exige: en engendrant la mélancolie... elle adoucit, logiquement, la chute... quand elle est forte, ou brutale, cinglante, cassante... chez Clément Marot: Écrit, et fait d'un cœur bien enjoué, / Le premier jour de la verte sepmaine, / En liberté! qui laisse entendre une certaine vengeance, jubilatoire, sur une certaine justice... qui l'a condamné d'avoir mangé le lard, donc gras, et, de plus, sur dénonciation de son ex chère et tendre! qui lui fut pourtant, naguère, tant humaine... Ce mangé gras ne fut autre qu'une révolte contre l'OBLIGATION faite, par l'Église, de faire maigre le jour du vendredi saint...

 

 

HISTOIRE ENCYCLOPÉDIQUE:

 

 

Antoine FURETIÈRE [1619 - 1688]:

 

– RONDEAU REDOUBLÉ, est une autre Poësie composée de six quadrains. Les vers du premier sont entièrement repetez à la fin des quatre quadrains suivants, & à la fin du dernier est repeté le premier mot du Rondeau. Il y en a aussi des exemples dans Marot. Les Espagnols appellent cette sorte de Poësie, des gloses.

 

 

Denis DIDEROT [1713 - 1784]:

 

RONDEAU REDOUBLÉ, (Poés. franç.) cette espèce de rondeau est composée d'une certaine quantité de strophes égales entr'elles, & qui dépendent du nombre de vers que contient la première strophe; ordinairement elle en contient quatre, & alors elle est suivie de cinq autres strophes, dont les quatre premières finissent chacune par un vers de la première strophe; & lorsque par ce moyen cette strophe est entièrement répétée, on en ajoute une dernière, au bout de laquelle se trouvent par forme de refrain, les deux ou trois premiers mots du premier vers de tout le poëme. Tel est le rondeau de Madame Deshoulieres à M. le duc de Saint-Aignan, sur la guérison de la fievre quarte. Dans ce rondeau, les quatre vers de la premiere strophe, vont terminer successivement les quatre strophes suivantes.

La premiere strophe étant entierement répétée, suit la cinquieme & derniere strophe finissant par le refrain: Sans dédaigner, qui commence le premier vers de tout le rondeau.

 

Dans le rondeau redoublé, si la premiere strophe avoit cinq vers, le rondeau auroit sept strophes, parce qu'il en faudroit cinq pour répéter la premiere. On conçoit aisément que cette espece de rondeau a beaucoup plus de difficulté que le rondeau ordinaire; mais il n'en a pas l'agrément. (D. J.)

 

Jean-François-Michel NOËL [1755 - 1841 (Dictionnaire étymologique... t. 2 - 1839)]:

 

Nous avons eu aussi des rondeaux redoublés composés de cinq quatrains, dont les quatre derniers se terminaient successivement par un vers du premier; mais nos poètes modernes ont abandonné l'un et l'autre, probablement parce que le naïf en fait le caractère, et que tout le monde aujourd'hui veut avoir de l'esprit.

 

Louis-Nicolas BESCHERELLE [1802 - 1884]:

 

RONDEAU REDOUBLÉ. Pièce de poésie de vingt vers, disposés par cinq quatrains, en sorte que les quatre vers du premier quatrain font l'un après l'autre le dernier vers des autres quatrains. Le cinquième de ces quatrains doit être suivi de la répétition du premier mot ou de l'hémistiche du premier vers de l'ouvrage.

 

Pierre LAROUSSE [1817 - 1875]:

 

¦Rondeau redoublé, Pièce de vingt vers en cinq stances de quatre vers, chacune des quatre dernières se terminant successivement par un des quatre vers de la première, et la dernière étant suivie de la répétition du premier ou des premiers mots de la pièce.

 

– Encycl. Littér. ... Le rondeau redoublé se compose se six quatrains sur deux rimes. Dans le second, le troisième, le quatrième et le cinquième quatrain, il faut enchâsser un vers complet du premier [J'aime bien cette expression d'enchâsser, comme pour le diamant dans une bague...]. Quant au sixième, il se termine par les premiers mots du vers qui commence la pièce.

 

 

NOTES:

 

(1) Blâmer...

 

(2) Jehan MAROT (Jehan Desmarets dit), né près de Caen (Mathieu), vers 1460, décède à Cahors en 1523. Sa famille n'ayant eu les moyens de le faire instruire, correctement, ce brillant autodidacte étudia, par lui-même, l'Histoire, la Mythologie et, surtout, il lit et relit les œuvres des poëtes des deux siècles qui le précèdent dont, notamment, Le Roman de la Rose, qui le marque profondément. Sa grande chance, amplement méritée, est de croiser, lors de jeux floraux qui le consacrent, le chemin d'une damoiselle d'atours d'Anne de Bretagne, Michelle de Saubonne, qui le présente incontinent à sa maîtresse... Et cette dernière de le prendre pour secrétaire... Quand elle devient Reine, en épousant Charles VIII, dernier Valois-direct, notre auteur en reçoit le titre long, mais charmant, d'Écrivain et Poëte de la très magnanime Royne de France, Anne de Bretagne...  Le roi est mort... La politique lui fait épouser, en secondes noces, son successeur, dont elle est aimée, et qu'elle aime depuis longtemps, Louis XII, premier et seul monarque de la branche des Valois-Orléans. Jehan Marot est tenu de passer, avec l'assentiment d'Anne, au service de leur maître et seigneur... qu'il suit, notamment, avec le titre complémentaire d'historiographe, dans les expéditions de Gênes et de Venise. À l'accession au trône de François Ier, Valois-Angoulême, il se voit confié le poste de Valet de chambre du Roi, qu'il cumule, jusqu'à sa mort, avec celle de secrétaire "à tout faire", y compris des vers galants, et autres, pour sa majesté...

 

BIBLIOGRAPHIE:

 

Le Recueil Jehan Marot, de Caen, poëte et escripvain de la très-magnanime royne Anne de Bretaigne, [Paris, 1532, chez la veufve Pierre Roffet, dit le faulcheur]

 

Œuvres complètes [Paris, 1723, in-octavo, chez Urbain-Antoine Coustelier]

 

Édition, en quatre volumes, par Lenglet du Fresnoy [1731, La Haye (Hollande)], comprenant les œuvres des trois Marot.

 

 

(3) Pour répondre à Laurent Ruquier, qui se mêle d'écrire, et tant soit-il pourvu d'un certain talent... qui voulut reprendre son compère issu, lui, du Figaro (Éric Zeimoun, dont je ne connais point le moindre texte...), notre Langue, jusqu'à la mi-siècle dernier, se corrigeait, et progressait... quand, aujourd'hui, sa chute est pour le moins vertigineuse et, principalement, du fait que tout le monde se mêle de tout, et principalement d'écrire, alors qu'il ne sait, ce monde, à l'exemple de nombre d'instituteurs, des journalistes... ne serait-ce que, correctement, conjuguer... Et dois-je citer la ministre de la Culture: UN (pour une) espèce de... Quant à nous, ON (pour nous) pense (sons) que... Ne serait-elle de l'école d'Élise Lucet, qui nous ressert Quant (met-elle un t ?) à nous,ON SE (pour nous nous) retrouve(vons) demain... quasiment chaque jour ouvrable de la semaine...

 

Comment, quand une personne ne maîtrise point sa Langue, peut-elle avoir l'arrogance d'écrire à d'autres fins que pour elle-même, sinon par inconscience, le but premier de cette action étant d'enseigner autrui...

 

Cependant... Si, seules les personnes maîtrisant, parfaitement, leur Langue, avait la possibilité de s'exprimer par le livre, celui-ci serait pour le moins une rareté... donc une banqueroute, certaine, et juste, pour les éditeurs à tous vents, qui n'ont généralement d'autre souci que le rendement (Qu'importe le bon grain...)...

 

Or, las, il ne suffit point de la posséder, la Langue, voire au plus haut point, pour s'exprimer pareillement: Combien d'instituteurs, d'autrefois j'entends, donnèrent ne serait-ce qu'un ersatz de Verlaine?

 

J'étais, au primaire, réputé fort en calcul; et nul, fors la rédaction, en français... de par, principalement, l'oubli des s, fautes consécutives du fait que j'avais la tête ailleurs, et malgré les liaisons, remarquables, de l'instituteur au fil de la dictée...

 

Cette absence intellectuelle, qui devint coutumière, et me fut ô combien salutaire, m'installa dans la rêverie, en berçant l'ennui, de regarder à travers les fenêtres de la classe, les feuilles qui poussent, jaunissent, tombent... dans la cour de "récréation"...

 

[Cette note va sans doute devenir un manifeste pour la sauvegarde de la Langue française...]

 

 

* Les noms suivis d'un astérisque sont traités, spécifiquement, dans l'un de mes articles; ou vont l'être...