



pour 57 votes
Provence, Ile-de-France, Indes
Les Mottet (XIe s.-XXIe s.)
En parlant d’Agathe Mottet-de Rambaud , Georges Bordonove, le biographe de nos rois, m'écrivait : Tant de calomnies ont occulté la vérité sur cette femme qu'il importait de lui restituer sa vraie personnalité. Dans la biographie de son ancêtre, Pour l’amour du Dauphin, j'ai essayé de lui restituer sa vraie personnalité. Il est temps maintenant de rétablir la vérité sur ses origines. Comme elle a témoigné en faveur de Naundorff certains se permettent d'affirmer, jouant les experts, que les Mottet sont une vieille famille bourgeoise de Provence. Pourquoi écrivent-ils cela alors que sur Gallica ou Google-livres toutes les revues ou livres d’histoire et de généalogie disent qu'ils sont nobles ?L’Etat de la Provence, par exemple, de Dominique Robert de Briançon, étudie cette famille et conclut que la famille de Mottet de la ville de Tarafcon, eft une des plus anciennes de cette Ville, & elle conferve encore les provifions de la Commanderie de Bourdeaux qui fut donnée le 18 de Novembre de l'an 1417 à Galiot Mottet, Chevalier de Rhodes. L’Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence nous dit que la famille Mottet de Tarascon est noble. Nous trouvons une autre étude dans Les Maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669) du baron du Roure sur la famille Mottet-Mouttet de Tarascon qui parle d’une provision de la commanderie de Bourdeaux en faveur de frère Galiot Mouttet, chevalier de Rhodes, du 28 novembre 1417.
L'Armorial de la France, du vicomte Louis de Magny (Archives de la noblesse (Paris), 1874-1875, p.23) nous rappelle que Jean Mottet, varlet (= vassal) du duc d'Orléans, vivant en 1397, est dénommé dans des lettres de rémission (= acte de la chancellerie par lequel le roi octroie son pardon à la suite d'un crime ou d'un délit) qui lui sont accordées par le roi Charles V (1364-1380). Magny parle d'une ancienne famille originaire de la Provence, où elle a occupé un rang distingué parmi la noblesse, et d'où elle a passé en l'Ile-de-France. Elle a possédé les fiefs de Molières, de La Motte, de Ribécourt, de La Fontaine, etc., et plusieurs de ses membres ont été Barons fieffés de la célèbre abbaye de Saint-Corneille, en l'Ile-de-France. Jean Mottet, alias Motet, était Conseiller du roi René en 1430. Ses descendants se sont alliés aux maisons : de Grille, de Gras, de Guibert, de Pontevez, d'Aymini, de Raoulx, de Robin de Barbenlane, de La Motte, Coustant d'Yanville, de Champlieux, de Fécamp, de Solminihac, de Labrousse, de Rambaud, Russel, de Waren, etc., et ont formé deux branches principales ; l'aînée s'est éteinte en Provence. La cadette, fixée en l'Ile de France, a produit des conseillers secrétaires du roi, des officiers de tous grades, un Commissaire des colonies, des gardes du corps, etc.
Nicolas Mottet de La Motte est Baron fieffé de Saint-Corneille et Officier de la vénerie du Roi pour l'Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Volume 26 et The peerage and baronetage of the British empire as at present existing: arranged and printed from the personal communications of the nobility ..., mais aussi l'Armorial général de la France de Louis-Pierre D'Hozier, les excellents Bulletin de la Société historique de Compiègne, sans oublier toutes les études sur la noblesse européennes aux Indes, ou A genealogical and heraldic dictionary of the peerage and baronetage of the British Empire, de Burke... mais il y aura toujours un faux noble, se disant spécialiste de la noblesse qui parlera de roturier et de domestique.
Il est vrai qu’une étude complète sur cette famille n’a jamais été tentée. Motetus, Mota, Motet, Mouttet Mota,, Motitus, Motus, Mutet et Mottet sont employés tour à tour pour désigner les membres d’une même famille, selon le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Elle est d’Arles, puis de Tarascon et qui a toujours le même blason. L’étude des modifications et constantes des blasons des Mottet de 1300 à 1800, et de la Provence à Versailles, démontrent aussi qu’il s’agit bien là d’une même famille et de ses différentes branches. Les trois étoiles au chef remplacent progressivement les trois losanges.
Un motet est une pièce latine en musique à l'honneur de Dieu ou des Saints. Cela vient du bas latin motetus et en Provence l'on dit Moutet, nous dit le Dictionnaire de la Provence et du Comté Venaissin, de Claude-François Achard.
Jean de Mottet est chevalier de Malte en 1628 à Arles. Il porte : D'azur à trois bandes d'argent, au chef cousu de gueules, chargé de trois lozanges aussi d'argent, selon l’Histoire de l'Ordre des Chevaliers de Malte, de René de Vertot. Le chevallier de noble Jean de Mottet est le fils de Rostain, de l'année 1627. Dans un extraict de la bulle du grand maistre, on lit : Portant provision de la commanderie de Bourdeaux, en faveur de Jean de Mouttet, chevallier de l'ordre Saint Jean de Hierusalem, du 25 mars 1665. Cet autre Jean de Mottet est commandeur de Bourdeaux, comme son ancêtre Galiot de Mottet, mais aussi de Valence depuis 1655. Dans un bail à ferme du 20 mai 1669 apparaît un fondé de pouvoirs de Jean de Mottet, toujours commandeur du Temple de Bourdeaux. Selon le Bulletin de la Société des amis du vieil Arles, le 4 novembre 1680 Jean de Mottet est toujours commandeur de Valence et de Bourdeaux. Il est vrai que L’Etat de la Provence, de Dominique Robert de Briançon, nous dit que la famille de Mottet de la ville de Tarafcon, eft une des plus anciennes de cette Ville, & elle conferve encore les provifions de la Commanderie de Bourdeaux qui fut donnée le 18 de Novembre de l'an 1417 à Galiot Mottet, Chevalier de Rhodes.
I. Halduin Motetus (début du XIe s.) signe une donation de Geoffroy, comte de Provence , à l'abbaye de Montmajour le cens des poissons qui lui revenaient des marais situés autour de l'abbaye, en février 1060, selon l'Histoire générale de Provence, de Papon, Jean-Pierre (Moutard (Paris), 1786). Le comte vit le plus souvent dans la région d'Arles. La chapelle Saint-Pierre renferme la pierre tombale du comte de Provence Geoffroy, mort en 1061 ou 1062. Qui est cet Halduin Motetus qui signe cette donation avec Stéphanie Comittissa, fille du comte qui a épousé le comte Guillaume II de Besalú, Bertrannus filius (= Bertrand II de Provence ), Josfredus Cornes, Ugo de Balcio (= Hugues des Baux), Ranaldus, Gantelmus de Opedat, Feraldus de Bual... Il est très certainement noble car il a un patronyme. C'est en effet au Xe siècle que le processus de création des noms de famille s'amorce. Ce phénomène, en partie lié à la croisade, se rencontre d'abord parmi les famille nobles, puis s'élargit à l'ensemble de la population à partir du XIIIe siècle.
II. N Motetus (fin du XIe s.). Le nom de Motet se rencontre fréquemment à Arles depuis la fin du XIIe siècle. Un Motetus fut consul d'Arles en 1197 et 1203. Le même, ou un autre du même nom, exerça les mêmes fonctions en 1221. Motetus est chanoine d'Arles... Motet (= Jacobus de Mota) est l'auteur d'une chanson d'amour transcrite dans le manuscrit Giraud, selon l'Histoire littéraire de la France, Volume 32, d'Antoine Rivet de la Grange. Nous ne savons rien pour l'instant du fils d'Halduin Motetus. Il est peut-être le père de l'Arnulfus Motetus qui suit :
III. Radulfus Motetus (début du XIIe s.) est plusieurs fois cité, vers 1118, dans un acte pour obtenir le pardon de la destruction de plusieurs maisons et de l'expulsion des moines des Salelles au temps du prieur Raimond de Montrodat. Guillaume de Moriès donne au Monastier-Chirac et au prieur Raimond de Blieux son corps, le ruisseau de la Planchette et les droits qu'il prétend avoir sur des hommes du monastère. Le prieur lui donne en retour 100 sous. A l'occasion de cet accord, quelque 80 personnes, dont les principaux aristocrates de la région, jurent de respecter les bornes plantées par le pape Urbain II lors de la dédicace de l'église du Monastier-Chirac. Ce document en latin est reproduit dans Les débuts d'un prieuré victorin en Gévaudan : Le Monastier-Chirac (XIe-XIIe siècles), Jérôme Belmon, Bibliothèque de l'école des chartes, 1994. Les Mottet sont-ils originaires du Gévaudan ? Un Motetus est cité dans Carta Leodegarii, Vapicensi episcopi. — Carta de Tresclevis, le 26 août 1129.
IV. N Mottetus (fin du XIIe s.). Il est consul d'Arles en 1196 et 1197, selon Mémoires historiques et critiques sur l'ancienne république d'Arles, par Louis Mathieu Anibert. Il est peut-être à la fois le père de Raymondus Motetus (ca 1150-après 1218) et de Pierre Mottet (ca 1150-1206). Pour des problèmes de succession latents du comté de Provence les seigneurs des Baux font donc valoir leurs droits. Ce conflit est aggravé par la situation politique d'Arles. A la mort du comte Raimond-Berenger, en 1131 le consulat est crée. Nous allons voir plusieurs Motetus-Motet consuls. Nous retrouverons des Motet signant des actes des seigneurs des Baux, ce qui montre qu'ils sont des soutiens de ces ambitieux grands seigneurs. Les Motetus sont à cette époque des magistrats[5].
Pierre Mottet (ca 1150-1206) est juge Majeur de l'Embrunais de 1202 à 1206. Le comte Guillaume VI de Forcalquier donne l’Embrunais à sa fille Béatrix qui épouse Guigues VI, fils de Beatrix et de Hugues III, duc de Bourgogne, Dauphin du Viennois, en juin 1202. Guy Allard nous dit que Pierre du Mottet estoit d’Embrun et l’un des convives de ce mariage princier, à Saint-Firmin-sur-le-Buech[1]. Il cite également Pierre Rambaud, dont le descendant Benoît de Rambaud (1750-1787) épousera Agathe Mottet-de Rambaud (1764-1853) en 1785 (voir à ce sujet : Provence Généalogie, n°134, 4e trimestre 2004, Provençaux illustres : Guy de Rambaud, Les Rambaud ou des bords de l'étang de Berre à Versailles. L’un des descendants de Pierre, André du Mottet va être lui-aussi Juge Majeur de l'Embrunais en 1343. Les premiers Mottet du nord de la Provence rattaché au Dauphiné porte : D’azur à trois bandes d'argent; au chef de gueules chargé de trois losanges aussi d'argent, selon le Nobiliaire de Provence, de René Borricand. Cette famille Mottet est originaire d’Embrun et a donné le jour à quelques personnages qui ont brillé dans la carrière des Armes depuis la fin du XIIIe siècle, écrit Joseph Roman[2], sans nous dire le nom de la femme de ce Mottet et le prénom de ses fils.
V. Raymondus Motetus (ca 1150-après 1218) est cité dans Epistolarum Innocenti III. Romani Pontificis libri undecim. accedunt gesta ... par III Innocent (1198-1216). Il est témoin d'une promesse d'Hugues des Baux de défendre les Marseillais en 1218, nous dit l'Histoire générale de Provence. T2, Papon, Jean-Pierre. Il est le père de :
Petrus Motetus (ca 1175-après 1233), qui est peut être le filleul de son oncle Pierre. Il donne cinq sous pour réparer un pont d'Avignon effondré en 1233, selon Inventarium bonorum communis Avinis de 1233, cité par Mémoires pour servir à l'histoire des propriétés territoriales dans le département de Vaucluse, et principalement dans la ville et le territoire d'Avignon, Agricol Joseph François Fortia d'Urban (marquis de)
VI. Arnulfus Motetus (ca 1170-après 1221) est consul d'Arles en octobre 1196, juin 1197, et 1206[3]. Est-ce le même qui est encore cité comme consul en 1221 ou un autre membre de la famille ? Tous ces personnages sont cités dans de nombreux actes avec la famille des seigneurs d'Aramon qui va s'allier aux Mottet. Il signe un acte, en 1206, qui figure dans le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, Volume 2, Benjamin Guérard et est repris par Cultura neolatina, Volume 66, (Università di Roma, Istituto di filologia romanza, Società tipografica modenese, 2006). À la fin du XIIIe siècle, Arles englobe de nouveaux quartiers dans une enceinte agrandie et compte une population d'environ 15.000 habitants. Il est le père de :
Motetus (ca 1200-après 1254), chanoine d'Arles en 1224[4], canonici Arelatense, cité le 18 janvier 1250, comme le montre la Gallia christiana novissima : Arles, de Joseph Hyacinthe Albanès, Ulysse Chevalier, Louis Fillet.
VII. Poncius Motetus (ca 1200-ap.1245) est cité comme consul d’Arles, en 1245, par les Mémoires historiques et critiques, sur l'ancienne république d'Arles[3][4]. Il est certainement magistrat d'Arles comme les autres membres de sa famille depuis le XIIe siècle[5].
VIII. Jacme Motet, ou Mote, ou Mota ou bien encore Moter, d'Arles (1225-1295) . Ce Jacques est un troubadour mentionné à la fin du Donatus Provinciales, dont l’auteur dit avoir composé son ouvrage precibus Jacobi de Mota[6]. Jacme Mote d'Arles, connu par une seule pièce[7]. Dans celle-ci, écrite en 1291[8], Jacme Mote, s'adresse à Charles II d’Anjou (1254-1309), et lui rappelle les maux que le règne de son prédécesseur a causés à la Provence[9].
IX. Bertrand Ier Motetus (ca 1230-ca 1300)[4] est peut-être son fils. Il se marie avec une N d’Aramon, fille de damoiseau Pierre d'Aramon (ca 1250-1323) et de Saurine N, selon Anciennes familles de Provence, du baron du Roure. J'ai fait une Prosopographie de cette famille de Aramone. Bien des siècles plus tard, c’est à Aramon que l’une des Mottet, Agathe Mottet-de Rambaud (1764-1853), va choisir d’aller mourir. Bertrand Ier Motetus (ca 1230-ca 1300) et N d’Aramon ont au moins trois enfants.
X. Bertrand II Mottet (1290-1348) a un frère nous dit l’Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 du Gard. Lui et ce frère, dit Motet d'Arles, sont témoins avec Raimond, de Bagnols, Rostaing Aoust, Bertrand de Montauroux, Raimond de Montfrin... selon Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 : Gard, Edouard Bondurand, 1894. Bertrand est consul d'Arles, selon l’Histoire littéraire de la France. Marie Mottet, sa sœur, a pour mari Artaud de La Lande, damoiseau d'Arles. Leur fille, Douce de La Lande (ca 13115-après 1347), fait une session le 9 août 1336, avec son père, de droits à Bertrand de Montolieu contre Jean et Guillaume d'Aramon, fils de feu Guillaume, damoiseau de Marguerittes, près de Nîmes. Elle se marie avec Bertrand de Porcelet (1301-1347), fils de Guillaume, chambellan de la reine Jeanne d'Anjou-Sicile (1326-1382), seigneur Seigneur de Senas, Lambesc, la Rairiège, qui teste dès le 1er février 1336. Il est inhumé dans le tombeau des Porcelet, dans l'église des frères Mineurs d’Arles, nous dit le baron du Roure. Leur fille, Catherine, épouse Louis de Lubières, de Tarascon.
XI. Jean Mottet (ca 1325-1379), fils de feu Bertrand Mottet, d’Arles, se marie avec Douce Quiqueran (1338-1403), fille de Pierre II Quiqueran de Beaujeu et Gentiane N, le 15 janvier 1351, à Arles. La famille des seigneurs de Beaujeu, & de Ventabren du nom de Quiqueran eft une des plus confidérables de la ville d'Arles par fon ancienneté, par les emplois qu'elle a occupés, et par les alliances qu'elles a faites avec les meilleures familles de la Province, selon L'Etat de la Provence, de Dominique Robert de Briançon, v.2. Cette famille est connue à Arles depuis le XIe siècle et va fournir 36 consuls à la ville. Douce Quiqueran est veuve en 1380, et se remarie avec Raimond de Gavarron (ca 1330-1393). Jean Mottet et Douce Quiqueran ont au moins cinq enfants :
XII. Jean II Mottet (ca 1352-ap. 1416) est écuyer de la montre d’Amé de Claveyson, en 1416. Il est dit père d’un autre Jean qui est le neveu de ce commandeur, selon les généalogistes et historiens provençaux et notamment l'Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, de Artefeuil et Louis Ventre, 1901. Les seigneurs de Claveyson font partie de l'entourage des Dauphins dès le XIVe. Il existe nous dit Magny, un varlet (= vassal) du duc d'Orléans, vivant en 1397, et est dénommé dans des lettres de rémission (= acte de la chancellerie par lequel le roi octroie son pardon à la suite d'un crime ou d'un délit) qui lui sont accordéées par le roi Charles V (1364-1380). Du fait des fiefs et de l'alliance du prince Louis avec une Visconti, il est fort possible qu'il s'agisse d'une autre famille Mottet et d'un autre Jean. Son fils, Jean II, lui par contre, s'installe à Tarascon et sa présence est clairement établie dans l'entourage du roi René. Mais Arles et Tarascon sont des villes voisines.
XIII. Jean II Mottet de Molières (ca 1380-après 1442) est le neveu du Commandeur Galiot de Mottet. Il est conseiller du jeune René (1409-1480), roi de Jérusalem et de Sicile, duc d'Anjou, pair de France, duc de Bar, comte de Provence, de Forcalquier et de Piémont. La famille Mottet s'intalle à Tarascon. Nouis avons une confirmation de noblesse pour Guillaume, Rostand et Claude de Motetz, de Tarascon, dont le bisaïeul, Jean de Motetz, auroyt esté honnoré de l'estat de contrerolleur du domeyne de feu Renné, roy de Jérusalem, de Sesille et comte de Prouvence, exerçant laquelle qualité il auroyt vescu noblement, etc. à Paris, 26 septembre 1581 (f° 738). Dans l'impossibilité de gouverner ses états, car il est prisonnier, ce roi confie l'administration à son épouse Isabelle de Lorraine. Celle-ci est obligée de se réfugier à Tarascon pour soustraire ses enfants aux atteintes de la peste qui ravage Aix. A sa libération, le roi s'arrête d'abord à Arles, où il goûte les témoignages d'affection de son peuple et vient ensuite à Tarascon en son château. Le roi consacre son temps à l'administration et au développement de l'Anjou, de la Lorraine et de la Provence. Il fait prospérer ainsi les villes d'Angers, Aix-en-Provence, Avignon et Tarascon. Il s'entoure de proches conseillers efficaces, tels que Fouquet d'Agoult son chambellan et Guillaume de Rémerville son secrétaire. Jean est seigneur de Molières, une terre à côté de Tarascon. Ce que confirme l’Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, qui nous dit que cette famille demeure à Tarascon au XVe siècle et jouit des privilèges accordés à la noblesse. La famille de Mottet de la ville de Tarascon va devenir l'une des plus anciennes de cette ville, & elle conserve encore les provisions de la commanderie de Bourdeaux qui est donnée le 18 de novembre de l'an 1417 à Galiot Mottet, chevalier de Rhodes. Jean II fait son testament l'an 1442, par lequel il inftitue fon héritier, Jacques Mottet fon fils Jacques. Nous avons effectivement le Testament de noble Jean de Mouttet, conseiller du roy René, par lequel il institue noble Jacques, son fils, du 16 mars 1442, signé Morteris, notaire, dixit Les Maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669).
XIV. Jacques Mottet de Molières (avant 1442-1518) est écuyer en 1484. En 1481, le roi Charles V d'Anjou meurt et la Provence devient française. Selon le baron du Roure, Jacques se marie à Marthe Garanton (ca 1465-après 1544). Pour l’instant, nous ne savons rien de cette famille, si ce n’est qu’un Aimeri Garanton est cité au quatorzième couplet du second chant de la Chanson d'Antioche, dixit l'Histoire de la premiere croisade, de Jean F. Peyre. Le Dictionnaire de la Provence et du Comté Venaissin, de Claude François Achard nous dit qu’une famille Garnier prend celui de Garenton en 1370.
XV. Jean Mottet le vieux (ca 1505-1588) apprend que le futur connétable Anne de Montmorency donne l’ordre au sieur de Saint Remy de faire une levée de 100 hommes,pour la deffanse du chasteau de Tarascon et autres places de ladite province, du 12 aoust 1536. La Commission du sieur de Saint Remy subroge Jean Mottet pour faire la susdite levée de 100 hommes, du 1er septembre 1536… Des lettres pattantes du roy François en faveur du sieur Bonifface de la Molle,pour faire une levée de mil hommes, avec la commission, au bas, du sr de la Molle, capitaine, sont données à Jean Mottet, pour en lever autant qu'il pourra, affin d'accomplir sa bande, des 28 juillet 1541 et 28 may 1542… nous dit Les Maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669). Noble Jean Mottet le vieux se marie avec demoiselle Anne de Grille (1528-1590). Le contrat du 20 aoust 1544 est signé Salomé, notaire des Baux. Elle est la fille de Christophe de Grille, capitaine de la ville de Tarascon en 1512 et 1535, Second consul d'Arles (1531), et d’Anne de Meyran. Elle hérite de 50 écus à la mort de son père, selon le contrat de mariage de Salomé aux Baux. Elle teste teste 10 mai 1582. Sa femme est la descendante de nombreuses familles génoises ou italiennes connues, comme la famille Doria et les Vento. Les Grille sont aussi apparentés à la plupart des familles nobles de Provence. Leur blason est : De gueules, à une bande d'argent, chargée d'un grillon de sable. Jean Mottet le vieux dans son testament de noble institue noble Guillaume, son fils, du 9 juillet 1587, signé Passemard, notaire. Concrètement cela veut dire qu’il privilégie l’aîné de ses fils au détriment de sa très nombreuse descendance. Jean Mottet le vieux (1505-1588) et Anne de Grille ont huit enfants, dont deux fils qui sont à l’origine de deux branches de la famille Mottet :
XVI. Guillaume Mottet (1545-1592), ou Guilhem de Mouttet, escuyer, fils de noble Jean et de ladite demoiselle de Grille, se marie avec demoiselle Pierrette de Gras, du 17 janvier 1573, signé Bret, notaire. Pierrette est fille de François de Gras. Cette famille, au sentiment de l'auteur de La critique du Nobiliaire de l'abbé Robert, est noble de race, et originaire d'Orange. Jean Gras, premier consul de cette ville en 1421, en est la tige. Cette charge ne pouvant être remplie que par des gentilshommes, conférait la noblesse à ceux qui ne l'avaient pas. Jean Gras fut choisi parmi les gentilshommes de la principauté d'Orange pour commander la noblesse que cet état envoya au secours de Marseille, assiégée par Alphonse, roi d'Aragon, en 1431. Cette famille a donné des chevaliers de Malte, des officiers généraux de terre et de mer. Armes : Tiercé en bande; au 1er d'or ; au 2e d'argent, à trois aiglettes essorantes de sable, becquées, membrées et couronnées d'or, la tête contournée; au 3e de gueules. Dans une sentence du lieutenant d'Arles, Guillaume de Mottet est qualiffié escuyer et gentilhomme servant de la Reyne mère et demande délivratoire, attandu sa noblesse, du 24 septembre 1580. Des lettres pattantes de la reyne, mère du roy, par lesquelles elle retient un de ses gentilshommes servants le sr Guillaume Mouttet, en considération de ses services, du 10 janvier 1580, signées Catherine et, plus bas, par la Reyne mère du roy , Chantereau, deuement scellées de son cachet, au dos desquelles est l'acte de serment preste par ledit sieur de Mottet, dudit jour 21 janvier audit an, avec un certifficat du sr de St Martin, maistre d'hostel ordinaire de la Reyne mère, comme le sieur de Mottet est un de ses gentilshommes servants, du 15 décembre 1581. Un autre certifficat du trézorier de la compagnie d'hommes d'armes du sieur comte de Carces , précise que Guillaume de Mottet est gendarme de sa dite compagnie et couché sur le rolle du roy et payé de son estât et solde, hors des monstres, du 2 mars 1582.
Un autre document d’archive le concernant est un passeport du roy en faveur de capitaine Mottet, gentilhomme ordinaire servant de la Reyne mère, du dernier décembre 1582. Une lettre missive du roi Henri III au sieur de Mottet, au bas de laquelle est escript de sa main : assurés vous tousjours de mon amitié, je vous prie, du dernier juillet 1584. Il est cité aussi par des historiens locaux. En 1591, le Conseil délibère de faire une trêve avec les ennemis pour procéder aux semailles. La ville ne pouvant subvenir aux grandes dépenses : logement des gens de guerre, réparations aux fortifications, députe auprès du Roi les sieurs de Mottet et de La Grange pour obtenir des soulagements. Il est à cette époque Premier consul de Tarascon.Un gentilhomme servant se dit des officiers qui servent par quartier à la table royale et toujours l'épée au côté. On peut donc penser que quand Guillaume n'est pas gendarme de la compagnie d'hommes d'armes du sieur comte de Carces, il vit dans l'entourage de la Reyne mère au Louvre et en Touraine. Donc si son frère puîné, Claude Mottet, vient de Provence s'établir à Paris, en 1586, c'est qu'il suit certainement son frère.
Le testament du 15 avril de l'année 1587 de Trophime de Lieutaud, de la ville de Tarascon, fait héritière Demoiselle de Lieutaud, sa sœur, & luy substitua Guillaume de Moutet son oncle, & à son décès ses enfans. Le 17 May de l'année 1605. l'heritiere grevée de rendre vendit quelques terres incultes et infertiles dans les marais d'Arles, en presence, et du consentement de Guillaume de Moutet substitué, lequel se départit, tant pour luy que pour les siens, de tous les droits de substitution & succession qu'il y pourrait prétendre.
XVII. François de Mottet (1575-1660), escuyer, fils de noble Guilhem, se marie avec demoiselle Isabeau de Guibert (1600-1671), du 26 septembre 1611, signé Contaud. Isabeau de Guibert est l’une des filles de Pélegrin, chevalier, qui vint le premier s'établir à beaucaire, et se maria, le 24 avril 1588, avec demoiselle Françoise d'Albenas, fille de messire Pierre d'Albenas, seigneur de Gayant. Elle est la descendante d’une famille de Touraine établie à Tarascon, au début du XVe siècle. Nicolas, chevalier, né à Tours, l'an 1460, qui s'établit à Tarascon, en Provence, vers la fin du quinzième siècle, où il fut attiré par la proximité de cette ville à celle de Baux, dont il fut nommé gouverneur, puis nommé, en 1501, commissaire du Roi, en Provence, pour l'expulsion des Juifs de cette contrée. Il avait épousé en 1607, demoiselle Jeanne de Pontevès. Les Guibert portent : D’azur, au gui de chêne fleuri d'or, accompagné de 3 étoiles du mesme, 2 & 1. Il existe au moins deux autres documents qui parlent de ce François de Mottet : Une donation faicte par François de Mottet en faveur de noble Charles, son fils, du 29 octobre 1646 et un passeport et congé de M. le comte d'Harcourt. Il est en faveur dudit Mottet, enseigne d'une compagnie du capitaine Mottet, son cousin Olivier, au régiment Royal Roussillon , du 29 novembre 1659. Ce régiment appartient au cardinal Mazarin, qui l’a fait lever en Roussillon et Catalogne par commission du 25 mai 1657. A son origine il est fort de 3 000 hommes et porte le nom de Catalan-Mazarin. Il passe l’année 1657 à Perpignan, où il est formé, et en 1658 il est appelé à l’armée de Flandre. Il prend part aux opérations du siège de Gravelines (1658) et est ensuite mis en garnison à Audenarde, où il reste jusqu’à la remise de cette place aux Espagnols.
XVIII. Nicolas de Mottet (1612-après 1671), escuyer, fils de noble François, se marie avec demoiselle Marguerite de Mulet, du 16 aoust 1640, signé Saunier, notaire. Comme son frère Charles de Mottet, et ses cousins Mottet de Marseille et d’Aubagne, il est maintenu dans sa noblesse le 17 septembre 1671.
Nous avons aussi Nobles Antoine et Barnabe Mottet frères, marchands de Toulon, qui ont encore un serf en 1513.
Pierre, son fils, est trésorier de la Grosse tour de Toulon et syndic annuel de Toulon en 1513 et en 1518. Il se marie à Vento, descendante de grands-parents Grimaldi, Doria et Spinola
L'attitude de noble Jehan de Mottet, cappitaine de ladicte tour de Thoulon est présentée différemment par les auteurs. Le fait que la ville de Toulon s'est rendue et qu'après avoir repoussé plusieurs fois 5.000 Impériaux ce Mottet négocie à son tour sa reddition à connétable de Bourbon fait de lui un bouc-émissaire. Mais ses soldats ne sont plus pyés depuis des mois et bien isolés. Selon l’Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, d’Artefeuil, Ernest Rozière et Louis Ventre, ils portent : D’azur à un château d’argent sommé de trois tours, ouvert du champ, maçonné de sable, posé sur une motte de sinople et surmonté de trois étoiles rangées d’or. A noter les trois étoiles surmontent toujours le blason. La tour symbolise certainement la grosse tour de Toulon, dont Jean est capitaine selon L'Etat de la Provence, de Dominique Robert de Briançon.
1. Louis Bassette, Les du Mottet, seigneurs de Séchilienne, Bulletin de l’Académie delphinale, 1938 et 1939, p.38 et suivantes ou Dictionnaire historique, chronologique, géographique, généalogique, héraldique, juridique, politique et botanographique du Dauphiné, de Guy Allard, E. Allier, 1864, Vol. 2, p.606 et f° 335, Bibl. de Grenoble, U465.
2. Roman, Joseph (1840-1924), Sigillographie du diocèse d'Embrun, p. 81.
3. Mémoires historiques et critiques, sur l'ancienne république d'Arles, Louis Mathieu Anibert, François Seguin, A. Raspal, François Seguin, 1781, p.255.
4. Archiv für Musikwissenschaft, Volumes 16 à 17, Periodicals in musicology: German periodicals, 1869-1943, Fürstliches Institut für Musikwissenschaftliche Forschung (Bückeburg, Germany), Franz Steiner, 1959.
5. La poésie lyrique des troubadours, Alfred Jeanroy, Slatkine, 1998.
6. Bibliothèque de l'Ecole des chartes, de Société de l'Ecole des chartes, Librairie Droz, 1840, t.1, p.161.
7. Les derniers troubadours de la Provence: d'après le chansonnier donné à la Bibliothèque impériale, de Paul Meyer, publié par Librairie A. Franck, 1871, p.431.
8. Bibliothèque de l'École des chartes, 1869, page 462.
9. Les derniers troubadours de la Provence: d'après le chansonnier donne à la ..., de Paul Meyer - 1871 - page 37.