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Prosopographie des Mottet (XI-XXIe s.)

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Prosopographie des Mottet (XI-XXIe s.)
Publié le:02/01/2012

Provence, Ile-de-France, Indes


Les Mottet (XIe s.-XXIe s.)

Agathe de Rambaud adulte
Agathe de Rambaud adulte
Archives Guy de Rambaud-Rodolphe Gaillard de Saint-Germain
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
En parlant d’Agathe Mottet-de Rambaud , Georges Bordonove, le biographe de nos rois, m'écrivait : Tant de calomnies ont occulté la vérité sur cette femme qu'il importait de lui restituer sa vraie personnalité. Dans la biographie de son ancêtre, Pour l’amour du Dauphin, j'ai essayé de lui restituer sa vraie personnalité. Il est temps maintenant de rétablir la vérité sur ses origines. Comme elle a témoigné en faveur de Naundorff certains se permettent d'affirmer, jouant les experts, que les Mottet sont une vieille famille bourgeoise de Provence. Pourquoi écrivent-ils cela alors que sur Gallica ou Google-livres toutes les revues ou livres d’histoire et de généalogie disent qu'ils sont nobles ?

L’Etat de la Provence, par exemple, de Dominique Robert de Briançon, étudie cette famille et conclut que la famille de Mottet de la ville de Tarafcon, eft une des plus anciennes de cette Ville, & elle conferve encore les provifions de la Commanderie de Bourdeaux qui fut donnée le 18 de Novembre de l'an 1417 à Galiot Mottet, Chevalier de Rhodes. L’Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence nous dit que la famille Mottet de Tarascon est noble. Nous trouvons une autre étude dans Les Maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669) du baron du Roure sur la famille Mottet-Mouttet de Tarascon qui parle d’une provision de la commanderie de Bourdeaux en faveur de frère Galiot Mouttet, chevalier de Rhodes, du 28 novembre 1417.

Benoît Mottet de La Fontaine, baron, commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde.
Benoît Mottet de La Fontaine, baron, commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde.
Ancêtre de la branche de la Fontaine de la famille Mottet (Indes-Bretagne). Archives Guy de Rambaud.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
L'Armorial de la France, du vicomte Louis de Magny (Archives de la noblesse (Paris), 1874-1875, p.23) nous rappelle que Jean Mottet, varlet (= vassal) du duc d'Orléans, vivant en 1397, est dénommé dans des lettres de rémission (= acte de la chancellerie par lequel le roi octroie son pardon à la suite d'un crime ou d'un délit) qui lui sont accordées par le roi Charles V (1364-1380). Magny parle d'une ancienne famille originaire de la Provence, où elle a occupé un rang distingué parmi la noblesse, et d'où elle a passé en l'Ile-de-France. Elle a possédé les fiefs de Molières, de La Motte, de Ribécourt, de La Fontaine, etc., et plusieurs de ses membres ont été Barons fieffés de la célèbre abbaye de Saint-Corneille, en l'Ile-de-France. Jean Mottet, alias Motet, était Conseiller du roi René en 1430. Ses descendants se sont alliés aux maisons : de Grille, de Gras, de Guibert, de Pontevez, d'Aymini, de Raoulx, de Robin de Barbenlane, de La Motte, Coustant d'Yanville, de Champlieux, de Fécamp, de Solminihac, de Labrousse, de Rambaud, Russel, de Waren, etc., et ont formé deux branches principales ; l'aînée s'est éteinte en Provence. La cadette, fixée en l'Ile de France, a produit des conseillers secrétaires du roi, des officiers de tous grades, un Commissaire des colonies, des gardes du corps, etc.

Article à la une du Journal des débats politiques et littéraires.
Article à la une du Journal des débats politiques et littéraires.
© 1929/02/07 (Numéro 37)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k505772q.r=mottet+rib%C3%A9court.langFR
Nicolas Mottet de La Motte est Baron fieffé de Saint-Corneille et Officier de la vénerie du Roi pour l'Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Volume 26 et The peerage and baronetage of the British empire as at present existing: arranged and printed from the personal communications of the nobility ..., mais aussi l'Armorial général de la France de Louis-Pierre D'Hozier, les excellents Bulletin de la Société historique de Compiègne, sans oublier toutes les études sur la noblesse européennes aux Indes, ou A genealogical and heraldic dictionary of the peerage and baronetage of the British Empire, de Burke... mais il y aura toujours un faux noble, se disant spécialiste de la noblesse qui parlera de roturier et de domestique.

Il est vrai qu’une étude complète sur cette famille n’a jamais été tentée. Motetus, Mota, Motet, Mouttet Mota,, Motitus, Motus, Mutet et Mottet sont employés tour à tour pour désigner les membres d’une même famille, selon le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Elle est d’Arles, puis de Tarascon et qui a toujours le même blason. L’étude des modifications et constantes des blasons des Mottet de 1300 à 1800, et de la Provence à Versailles, démontrent aussi qu’il s’agit bien là d’une même famille et de ses différentes branches. Les trois étoiles au chef remplacent progressivement les trois losanges.

 

Un motet est une pièce latine en musique à l'honneur de Dieu ou des Saints. Cela vient du bas latin motetus et en Provence l'on dit Moutet, nous dit le Dictionnaire de la Provence et du Comté Venaissin, de Claude-François Achard.

 

 

LES MOTTET EN PROVENCE

Les chevaliers de Rhodes prennent Smyrne  (1344)
Les chevaliers de Rhodes prennent Smyrne (1344)
Alexandre-Charles Debacq (1804-1850)\nMusée des châteaux de Versailles et de Trianon
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Dominique Robert de Briançon, dans L'Etat de la Provence, établit un lien entre les Mottet de Provence et ceux du Dauphiné, les ancêtres des seigneurs Mottet de Séchilienne. Pour cet historien et généalogiste, Galiot Mottet est aussi de leur famille. Or, Louis Bassette, qui a étudié les Mottet de Séchilienne, et Guy Allard, en dressant la généalogie de cette famille, nous disent que le Commandeur de l’Ordre de Rhodes , pour Bourdeaux, Galiot Mottet, est parent des membres des deux branches de la famille Mottet, celle d’Arles-Tarascon et celle de Grenoble. En tous les cas, dans les trois Langues françaises, il faut huit quartiers de noblesse pour être chevalier de Rhodes . Et puis les commandeurs ne sont pas de simples chevaliers. Ils sont des supérieurs des maisons du continent et ne sont jamais des roturiers ou des anoblis de fraîche date. Galiot est commandeur de Bourdeaux, mais nous ne connaissons pas sa généalogie exacte. Dès cette époque cette famille porte : D'azur, à trois bandes d'argent au chef coufu de gueules chargé de trois lozanges auffî d'argent. Cimier, un Pan rouant, d'argent[1].

Jean de Mottet est chevalier de Malte en 1628 à Arles. Il porte : D'azur à trois bandes d'argent, au chef cousu de gueules, chargé de trois lozanges aussi d'argent, selon l’Histoire de l'Ordre des Chevaliers de Malte, de René de Vertot. Le chevallier de noble Jean de Mottet est le fils de Rostain, de l'année 1627. Dans un extraict de la bulle du grand maistre, on lit : Portant provision de la commanderie de Bourdeaux, en faveur de Jean de Mouttet, chevallier de l'ordre Saint Jean de Hierusalem, du 25 mars 1665. Cet autre Jean de Mottet est commandeur de Bourdeaux, comme son ancêtre Galiot de Mottet, mais aussi de Valence depuis 1655. Dans un bail à ferme du 20 mai 1669 apparaît un fondé de pouvoirs de Jean de Mottet, toujours commandeur du Temple de Bourdeaux. Selon le Bulletin de la Société des amis du vieil Arles, le 4 novembre 1680 Jean de Mottet est toujours commandeur de Valence et de Bourdeaux. Il est vrai que L’Etat de la Provence, de Dominique Robert de Briançon, nous dit que la famille de Mottet de la ville de Tarafcon, eft une des plus anciennes de cette Ville, & elle conferve encore les provifions de la Commanderie de Bourdeaux qui fut donnée le 18 de Novembre de l'an 1417 à Galiot Mottet, Chevalier de Rhodes.

 

Les Mottet à Arles

         

Abbaye de Montmajour, l'église Saint-Pierre (XIe siècle).
Abbaye de Montmajour, l'église Saint-Pierre (XIe siècle).
© de Rambaud Guy
de Rambaud Guy
 I. Halduin Motetus (début du XIe s.) signe une donation de Geoffroy, comte de Provence , à l'abbaye de Montmajour le cens des poissons qui lui revenaient des marais situés autour de l'abbaye, en février 1060, selon l'Histoire générale de Provence, de Papon, Jean-Pierre (Moutard (Paris), 1786). Le comte vit le plus souvent dans la région d'Arles. La chapelle Saint-Pierre renferme la pierre tombale du comte de Provence Geoffroy, mort en 1061 ou 1062. Qui est cet Halduin Motetus qui signe cette donation avec Stéphanie Comittissa, fille du comte qui a épousé le comte Guillaume II de Besalú, Bertrannus filius (= Bertrand II de Provence ), Josfredus Cornes, Ugo de Balcio (= Hugues des Baux), Ranaldus, Gantelmus de Opedat, Feraldus de Bual... Il est très certainement noble car il a un patronyme. C'est en effet au Xe siècle que le processus de création des noms de famille s'amorce. Ce phénomène, en partie lié à la croisade, se rencontre d'abord parmi les famille nobles, puis s'élargit à l'ensemble de la population à partir du XIIIe siècle.

 

 II. N Motetus (fin du XIe s.). Le nom de Motet se rencontre fréquemment à Arles depuis la fin du XIIe siècle. Un Motetus fut consul d'Arles en 1197 et 1203. Le même, ou un autre du même nom, exerça les mêmes fonctions en 1221. Motetus est chanoine d'Arles... Motet (= Jacobus de Mota) est l'auteur d'une chanson d'amour transcrite dans le manuscrit Giraud, selon l'Histoire littéraire de la France, Volume 32, d'Antoine Rivet de la Grange. Nous ne savons rien pour l'instant du fils d'Halduin Motetus. Il est peut-être le père de l'Arnulfus Motetus qui suit :

 

 III. Radulfus Motetus (début du XIIe s.) est plusieurs fois cité, vers 1118, dans un acte pour obtenir le pardon de la destruction de plusieurs maisons et de l'expulsion des moines des Salelles au temps du prieur Raimond de Montrodat. Guillaume de Moriès donne au Monastier-Chirac et au prieur Raimond de Blieux son corps, le ruisseau de la Planchette et les droits qu'il prétend avoir sur des hommes du monastère. Le prieur lui donne en retour 100 sous. A l'occasion de cet accord, quelque 80 personnes, dont les principaux aristocrates de la région, jurent de respecter les bornes plantées par le pape Urbain II lors de la dédicace de l'église du Monastier-Chirac. Ce document en latin est reproduit dans Les débuts d'un prieuré victorin en Gévaudan : Le Monastier-Chirac (XIe-XIIe siècles), Jérôme Belmon, Bibliothèque de l'école des chartes, 1994. Les Mottet sont-ils originaires du Gévaudan ? Un Motetus est cité dans Carta Leodegarii, Vapicensi episcopi. — Carta de Tresclevis, le 26 août 1129.

 

IV. N Mottetus (fin du XIIe s.). Il est consul d'Arles en 1196 et 1197, selon Mémoires historiques et critiques sur l'ancienne république d'Arles, par Louis Mathieu Anibert. Il est peut-être à la fois le père de Raymondus Motetus (ca 1150-après 1218) et de Pierre Mottet (ca 1150-1206). Pour des problèmes de succession latents du comté de Provence les seigneurs des Baux font donc valoir leurs droits. Ce conflit est aggravé par la situation politique d'Arles. A la mort du comte Raimond-Berenger, en 1131 le consulat est crée. Nous allons voir plusieurs Motetus-Motet consuls. Nous retrouverons des Motet signant des actes des seigneurs des Baux, ce qui montre qu'ils sont des soutiens de ces ambitieux grands seigneurs. Les Motetus sont à cette époque des magistrats[5].

Pierre Mottet (ca 1150-1206) est juge Majeur de l'Embrunais de 1202 à 1206. Le comte Guillaume VI de Forcalquier donne l’Embrunais à sa fille Béatrix qui épouse Guigues VI, fils de Beatrix et de Hugues III, duc de Bourgogne, Dauphin du Viennois, en juin 1202. Guy Allard nous dit que Pierre du Mottet estoit d’Embrun et l’un des convives de ce mariage princier, à Saint-Firmin-sur-le-Buech[1]. Il cite également Pierre Rambaud, dont le descendant Benoît de Rambaud (1750-1787) épousera  Agathe Mottet-de Rambaud (1764-1853)  en 1785 (voir à ce sujet : Provence Généalogie, n°134, 4e trimestre 2004, Provençaux illustres : Guy de Rambaud, Les Rambaud ou des bords de l'étang de Berre à Versailles. L’un des descendants de Pierre, André du Mottet va être lui-aussi Juge Majeur de l'Embrunais en 1343. Les premiers Mottet du nord de la Provence rattaché au Dauphiné porte : D’azur à trois bandes d'argent; au chef de gueules chargé de trois losanges aussi d'argent, selon le Nobiliaire de Provence, de René Borricand. Cette famille Mottet est originaire d’Embrun et a donné le jour à quelques personnages qui ont brillé dans la carrière des Armes depuis la fin du XIIIe siècle, écrit Joseph Roman[2], sans nous dire le nom de la femme de ce Mottet et le prénom de ses fils.

 

Les arènes d'Arles au moyen-âge sont fortifiées et habitées.
Les arènes d'Arles au moyen-âge sont fortifiées et habitées.
© J. Peytret
Gallica
 V. Raymondus Motetus (ca 1150-après 1218) est cité dans Epistolarum Innocenti III. Romani Pontificis libri undecim. accedunt gesta ... par III Innocent (1198-1216). Il est témoin d'une promesse d'Hugues des Baux de défendre les Marseillais en 1218, nous dit l'Histoire générale de Provence. T2, Papon, Jean-Pierre. Il est le père de :

Petrus Motetus (ca 1175-après 1233), qui est peut être le filleul de son oncle Pierre. Il donne cinq sous pour réparer un pont d'Avignon effondré en 1233, selon Inventarium bonorum communis Avinis de 1233, cité par Mémoires pour servir à l'histoire des propriétés territoriales dans le département de Vaucluse, et principalement dans la ville et le territoire d'Avignon, Agricol Joseph François Fortia d'Urban (marquis de)


VI. Arnulfus Motetus (ca 1170-après 1221) est consul d'Arles en octobre 1196, juin 1197, et 1206[3]. Est-ce le même qui est encore cité comme consul en 1221 ou un autre membre de la famille ? Tous ces personnages sont cités dans de nombreux actes avec la famille des seigneurs d'Aramon qui va s'allier aux Mottet. Il signe un acte, en 1206, qui figure dans le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, Volume 2, Benjamin Guérard et est repris par Cultura neolatina, Volume 66, (Università di Roma, Istituto di filologia romanza, Società tipografica modenese, 2006). À la fin du XIIIe siècle, Arles englobe de nouveaux quartiers dans une enceinte agrandie et compte une population d'environ 15.000 habitants. Il est le père de :

Motetus (ca 1200-après 1254), chanoine d'Arles en 1224[4], canonici Arelatense, cité le 18 janvier 1250, comme le montre la Gallia christiana novissima : Arles, de Joseph Hyacinthe Albanès, Ulysse Chevalier, Louis Fillet.


VII. Poncius Motetus (ca 1200-ap.1245) est cité comme consul d’Arles, en 1245, par les Mémoires historiques et critiques, sur l'ancienne république d'Arles[3][4]. Il est certainement magistrat d'Arles comme les autres membres de sa famille depuis le XIIe siècle[5].

 

Blason des Mottet (Dauphiné, Arles, Tarascon, Provence)
Blason des Mottet (Dauphiné, Arles, Tarascon, Provence)
© de Rambaud Guy
de Rambaud Guy
VIII. Jacme Motet, ou Mote, ou Mota ou bien encore Moter, d'Arles (1225-1295) Ce Jacques est un troubadour mentionné à la fin du Donatus Provinciales, dont l’auteur dit avoir composé son ouvrage  precibus Jacobi de Mota[6]. Jacme Mote d'Arles, connu par une seule pièce[7]. Dans celle-ci, écrite en 1291[8], Jacme Mote, s'adresse à Charles II d’Anjou (1254-1309), et lui rappelle les maux que le règne de son prédécesseur a causés à la Provence[9].

 

IX. Bertrand Ier Motetus (ca 1230-ca 1300)[4] est peut-être son fils. Il se marie avec une N d’Aramon, fille de damoiseau Pierre d'Aramon (ca 1250-1323) et de Saurine N, selon Anciennes familles de Provence, du baron du Roure. J'ai fait une Prosopographie de cette famille de Aramone. Bien des siècles plus tard, c’est à Aramon que l’une des Mottet, Agathe Mottet-de Rambaud (1764-1853), va choisir d’aller mourir. Bertrand Ier Motetus (ca 1230-ca 1300) et N d’Aramon ont au moins trois enfants.                                                                                                                                                                           

X. Bertrand II Mottet (1290-1348) a un frère nous dit l’Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 du Gard. Lui et ce frère, dit Motet d'Arles, sont témoins avec Raimond, de Bagnols, Rostaing Aoust, Bertrand de Montauroux, Raimond de Montfrin... selon Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 : Gard, Edouard Bondurand, 1894. Bertrand est consul d'Arles, selon l’Histoire littéraire de la France. Marie Mottet, sa sœur, a pour mari Artaud de La Lande, damoiseau d'Arles. Leur fille, Douce de La Lande (ca 13115-après 1347), fait une session le 9 août 1336, avec son père, de droits à Bertrand de Montolieu contre Jean et Guillaume d'Aramon, fils de feu Guillaume, damoiseau de Marguerittes, près de Nîmes. Elle se marie avec Bertrand de Porcelet (1301-1347), fils de Guillaume, chambellan de la reine Jeanne d'Anjou-Sicile (1326-1382), seigneur Seigneur de Senas, Lambesc, la Rairiège, qui teste dès le 1er février 1336. Il est inhumé dans le tombeau des Porcelet, dans l'église des frères Mineurs d’Arles, nous dit le baron du Roure. Leur fille, Catherine, épouse Louis de Lubières, de Tarascon.

 

Blason des Quiqueran
Blason des Quiqueran
Quinqueran de Beaujeu : Parti d'or et d'azur ; à l'émanche de deux pièces de l'un en l'autre, mouvante du bas de l'écu. (Languedoc), d'après le Dictionnaire héraldique\nCharles de Grandmaison — Paris, 1861
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
XI. Jean Mottet (ca 1325-1379), fils de feu Bertrand Mottet, d’Arles, se marie avec Douce Quiqueran (1338-1403), fille de Pierre II Quiqueran de Beaujeu et Gentiane N, le 15 janvier 1351, à Arles. La famille des seigneurs de Beaujeu, & de Ventabren du nom de Quiqueran eft une des plus confidérables de la ville d'Arles par fon ancienneté, par les emplois qu'elle a occupés, et par les alliances qu'elles a faites avec les meilleures familles de la Province, selon  L'Etat de la Provence, de Dominique Robert de Briançon, v.2. Cette famille est connue à Arles depuis le XIe siècle et va fournir 36 consuls à la ville. Douce Quiqueran est veuve en 1380, et se remarie avec Raimond de Gavarron (ca 1330-1393). Jean Mottet et Douce Quiqueran ont au moins cinq enfants :

 

 

  • Bérengère Mottet (1355-après 1402) est religieuse de l'abbaye Sainte-Marie de Mollégès, fondée par Sacristane des Porcellets, apparentée aux Mottet, en 1208. Du XIIIe au XVe siècle, cette abbaye bénédictine va acquérir une renommée importante dans toute la Provence. Les moniales sont souvent issues de familles nobles d'où le nom qui leur est conféré les Dames de Mollégès.

 

  • Nous ne savons rien sur leur frère, Bertrand Mottet, si ce n’est qu’il est cité dans le testament de sa mère, Douce de Quiqueran en 1402.

 

  • Raymond Mottet (1358-1425), fils de Bertrand et Douce Quiqueran est moine à l'abbaye de Montmajour.

 

  • Gravure représentant un chevalier de l’Ordre de Saint Jean de Jerusalem.
    Gravure représentant un chevalier de l’Ordre de Saint Jean de Jerusalem.
    © Guy de RAMBAUD
    Guy de RAMBAUD
    Les provisions de la Commanderie de Bourdeaux sont données, le 18 de novembre de l'an 1417, à Galiot Mottet, chevalier de Rhodes. L’état de la noblesse dans la Provence, d’Artefeuil, nous dit qu’il porte : Bandé d'argent et d'azur, au chef de gueules, chargé de trois losanges d'argent, Cimier : un Pan rouant, d'argent. Galiot Mottet (1354-1418) dépend alors des évêques de Die. Mais la commanderie de Bourdeaux appartient à l'ordre des Chevaliers Hospitaliers, de Saint Jean de Jérusalem, qui a reçu d'importants privilèges et de nombreuses donations et s'organise en huit régions, appelées langues, dont la Provence.  Le chevalier demande titres et contrats, comme on fait en France, pour les trois langues qui font dans royaume de France, favoir Provence, Auvergne & France. Les Statuts & l'ufage préfent exigent que le Préfenté juftifie que fes bifaïeuls paternels & maternels étoient Gentilshommes de nom & d'armes ; ce qui forme, comme nous le venons de dire, les huit quartiers de nobleffe, selon L'Histoire des chevaliers hospitaliers de Saint Jean de Jerusalem: appellés depuis chevaliers de Rhodes: & aujourd'hui chevaliers de Malte, de Vertot, René Aubert de Vertot (1772). Concrètement cela veut dire que tous les arrière-grands parents de Galiot et Jean II Mottet sont nobles. Le commandeur occupant un rang supérieur à celui d'officier dans cet ordre de chevalerie, seuls les cadets de haute noblesse, les ecclésiastiques agrégés à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les supérieurs des Mathurins et les religieux de la Mercy prennent le titre de commandeurs. Le commandeur est nommé par le Grand Prieur. Il doit donc avoir au moins trois ans dans l'Ordre, précise Au temps des chevaliers de Rhodes, de Claude Petiet (2000). Mais se sont généralement des frères anciens, gens de mérite et de probité.

 

 

XII. Jean II Mottet (ca 1352-ap. 1416) est écuyer de la montre d’Amé de Claveyson, en 1416. Il est dit père d’un autre Jean qui est le neveu de ce commandeur, selon les généalogistes et historiens provençaux et notamment l'Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, de Artefeuil et Louis Ventre, 1901. Les seigneurs de Claveyson font partie de l'entourage des Dauphins dès le XIVe. Il existe nous dit Magny, un varlet (= vassal) du duc d'Orléans, vivant en 1397, et est dénommé dans des lettres de rémission (= acte de la chancellerie par lequel le roi octroie son pardon à la suite d'un crime ou d'un délit) qui lui sont accordéées par le roi Charles V (1364-1380). Du fait des fiefs et de l'alliance du prince Louis avec une Visconti, il est fort possible qu'il s'agisse d'une autre famille Mottet et d'un autre Jean. Son fils, Jean II, lui par contre, s'installe à Tarascon et sa présence est clairement établie dans l'entourage du roi René. Mais Arles et Tarascon sont des villes voisines.


Les Mottet à Tarascon  (XVe s.)

René d'Anjou.
René d'Anjou.
L'un des deux portraits du diptyque offert aux Matheron (représentant René d'Anjou et sa seconde épouse Jeanne de Laval)
© Nicolas Froment vers 1475
musée du Louvre
XIII. Jean II Mottet de Molières (ca 1380-après 1442) est le neveu du Commandeur Galiot de Mottet. Il est conseiller du jeune René (1409-1480), roi de Jérusalem et de Sicile, duc d'Anjou, pair de France, duc de Bar, comte de Provence, de Forcalquier et de Piémont. La famille Mottet s'intalle à Tarascon. Nouis avons une confirmation de noblesse pour Guillaume, Rostand et Claude de Motetz, de Tarascon, dont le bisaïeul, Jean de Motetz, auroyt esté honnoré de l'estat de contrerolleur du domeyne de feu Renné, roy de Jérusalem, de Sesille et comte de Prouvence, exerçant laquelle qualité il auroyt vescu noblement, etc.  à Paris, 26 septembre 1581 (f° 738). Dans l'impossibilité de gouverner ses états, car il est prisonnier, ce roi confie l'administration à son épouse Isabelle de Lorraine. Celle-ci est obligée de se réfugier à Tarascon pour soustraire ses enfants aux atteintes de la peste qui ravage Aix. A sa libération, le roi s'arrête d'abord à Arles, où il goûte les témoignages d'affection de son peuple et vient ensuite à Tarascon en son château. Le roi consacre son temps à l'administration et au développement de l'Anjou, de la Lorraine et de la Provence. Il fait prospérer ainsi les villes d'Angers, Aix-en-Provence, Avignon et Tarascon. Il s'entoure de proches conseillers efficaces, tels que Fouquet d'Agoult son chambellan et Guillaume de Rémerville son secrétaire. Jean est seigneur de Molières, une terre à côté de Tarascon. Ce que confirme l’Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, qui nous dit que cette famille demeure à Tarascon au XVe siècle et jouit des privilèges accordés à la noblesse. La famille de Mottet de la ville de Tarascon va devenir l'une des plus anciennes de cette ville, & elle conserve encore les provisions de la commanderie de Bourdeaux qui est donnée le 18 de novembre de l'an 1417 à Galiot Mottet, chevalier de Rhodes. Jean II fait son testament l'an 1442, par lequel il inftitue fon héritier, Jacques Mottet fon fils Jacques. Nous avons effectivement le Testament de noble Jean de Mouttet, conseiller du roy René, par lequel il institue noble Jacques, son fils, du 16 mars 1442, signé Morteris, notaire, dixit Les Maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669).

 


XIV. Jacques Mottet de Molières (avant 1442-1518) 
est écuyer en 1484. En 1481, le roi Charles V d'Anjou meurt et la Provence devient française. Selon le baron du Roure, Jacques se marie à Marthe Garanton (ca 1465-après 1544). Pour l’instant, nous ne savons rien de cette famille, si ce n’est qu’un Aimeri Garanton est cité au quatorzième couplet du second chant de la Chanson d'Antioche, dixit l'Histoire de la premiere croisade, de Jean F. Peyre. Le Dictionnaire de la Provence et du Comté Venaissin, de Claude François Achard nous dit qu’une famille Garnier prend celui de Garenton en 1370.

 

  • Leur fille, Jeanne Mottet, née à Tarascon, se marie avec Pierre de Garnier de Julhans (ca 1450-après 1505), dont le grand-père était Premier Consul de Toulon, en 1469. Elzear, son oncle, entra dans l'Ordre des Frères Prêcheurs. II fut Prieur-Royal du Couvent de Saint-Maximin, et Confesseur ordinaire de René et de Charles D'anjou, comtes de Provence. Son frère, Honoré de Garnier, se retire à Malte, où il fait tige. Les Garnier portent : De gueules, à une tour carrée d'argent, posée sur un rocher mouvant de la pointe du mesme, ouverte et maçonnée de sable, sommé d'une tourelle couverte en dôme, d'argent. Pierre teste en 1505 chez maître Boissony, notaire de Toulon. Leur fils, Gaspard de Garnier, se marie avec Honorade de Valbelle, fille d'Honoré et d'Aylonne d'Artaquy, d’où une très nombreuse postérité, que donne La Chesnaye-Desbois. L'Histoire des chevaliers hospitaliers de S. Jean de Jérusalem ..., de l'abbé de Vertot nous donne une liste impressionnante des chevaliers de Malte membres de cette famille. Gaspard de Garnier teste le 26 novembre 1659.

 

  • Le frère de Jeanne Mottet, Mathurin Mottet (1490-1560) se marie avec noble Françoise Clérice, veuve de noble Jean de Cambis, fils du baron d'Alais. La maison de Cambis, connue depuis 1256 est originaire de Florence, où les plus anciens ont eu les premières dignités de l'Etal de Toscane, prieurs de la liberté, gonfalonniers, et autres. Ils ne se sont pas signalés seulement dans l'administration de la république, mais par leur valeur et leurs épées toujours au service de la France. Marc de Cambis est un des chefs de l'armée du roi XII à la conquête du Milanais... selon l'Armorial de la noblesse de Languedoc, Généralité de Montpellier, de Louis de La Roque. Françoise est la fille d’un auditeur de rote (du pape) à Avignon. Leur fille, Anne Mottet, épouse le vicomte Honoré de de Pontevès-Castelar vers 1535. Il est le fils Elzéar de Pontevès-Castelar et de Jeanne de Grimaldi de Beuil. Anne de Mottet et Honoré sont les parents de Marc Antoine de Pontevès-Castelar, marié le 6 avril 1592, à Aix-en-Provence, à Anne de Simiane-Lacoste, qui figure dans la Chronologie des officiers des cours souveraines de Provence, Volume 633 de Harvard Western European local history preservation microfilm project, Balthasar de Clapiers-Collongues, Société d'études provençales. Antoine de Pontevès-Castelar, Monseigneur Maître noble Antoine de Ponteves, Conseiller du Roy cn la Cour des Comptes Aydes et Finances de Provence, Conseiller à la Cour des comptes au chapitre de Saint-Sauveur d'Aix, est enseveli le 1er juin 1624 à Aix-en-Provence (Saint-Sauveur). Henri de Pontevès, seigneur de Giens, conseiller à la cour des comptes, aides et finances de Provence, se marie le 12 décembre 1624, à leur fille, sa cousine Anne de Pontevès-Castelar. Ils sont les tiges de la branche des Ponteves, comtes de Gien, dixit Volume 2 de Les Officiers généraux de la marine royale (1715-1774): origines, conditions, services..., de Michel Vergé-Franceschi (1990). L'une des branches des Ponteves est à l'origine de bandes armées surnommées les carcistes qui massacrent les protestants et les non-ligureus dans le sud-est de la France. Comme nous allons le voir les Mottet, du temps de la Révolution religieuse, sont à Mantes et à Paris apparentés à des familles qui servent les inrérêts des Guise.
  • Gilhem Mottet hérite le 9 juin 1561 de son frère Jean.

 

Blason des Grille ou Grillo (Gênes, Provence)
Blason des Grille ou Grillo (Gênes, Provence)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
XV. Jean Mottet le vieux (ca 1505-1588) apprend que le futur connétable Anne de Montmorency donne l’ordre au sieur de Saint Remy de faire une levée de 100 hommes,pour la deffanse du chasteau de Tarascon et autres places de ladite province, du 12 aoust 1536. La Commission du sieur de Saint Remy subroge Jean Mottet pour faire la susdite levée de 100 hommes, du 1er septembre 1536… Des lettres pattantes du roy François en faveur du sieur Bonifface de la Molle,pour faire une levée de mil hommes, avec la commission, au bas, du sr de la Molle, capitaine, sont données à Jean Mottet, pour en lever autant qu'il pourra, affin d'accomplir sa bande, des 28 juillet 1541 et 28 may 1542… nous dit Les Maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669). Noble Jean Mottet le vieux se marie avec demoiselle Anne de Grille (1528-1590). Le contrat du 20 aoust 1544 est signé Salomé, notaire des Baux. Elle est la fille de Christophe de Grille, capitaine de la ville de Tarascon en 1512 et 1535, Second consul d'Arles (1531), et d’Anne de Meyran. Elle hérite de 50 écus à la mort de son père, selon le contrat de mariage de Salomé aux Baux. Elle teste teste 10 mai 1582. Sa femme est la descendante de nombreuses familles génoises ou italiennes connues, comme la famille Doria et les Vento. Les Grille sont aussi apparentés à la plupart des familles nobles de Provence. Leur blason est : De gueules, à une bande d'argent, chargée d'un grillon de sable. Jean Mottet le vieux dans son testament de noble institue noble Guillaume, son fils, du 9 juillet 1587, signé Passemard, notaire. Concrètement cela veut dire qu’il privilégie l’aîné de ses fils au détriment de sa très nombreuse descendance. Jean Mottet le vieux (1505-1588) et Anne de Grille ont huit enfants, dont deux fils qui sont à l’origine de deux branches de la famille Mottet :

  • Guillone ;
  • Marthe ;
  • Françoise, qui le 16 septembre 1591 hérite de sa tante l'abbesse Madeleine de Grille ;
  • Collette et MargueriteDans une lettre le roi Henry écrit à l'abbesse de Tarascon, par laquelle luy marque de recevoir relligieuse Marguerite de Mottet, fille du sieur Mottet, gentilhomme, sans rien payer, attandu les services que son père luy a rendus. Selon "Monumens de l'église de Sainte-Marthe la Tarascon, département des Bouches-du-Rhone : avec un Essai sur l'Apostolat de Sainte Marthe et des autres Saints Tutélaires de Provence" : Le fondateur stipula que la moitié des religieuses de l'abbaye seraient toujours prises parmi les jeunes personnes de Tarascon, et qu'elles n'apporteroient point de dot au monastère. 'Une abbaye pour une abbesse et trente religieuses sous le titre de Sainte-Marie et Saint-Honorat, qu'il soumit à la jurisdiction majeure et personnelle de Lérins. La première abbesse de l'abbaye Saint-Honorat de Tarascon  est Béatrix d’Albe de Roquemartine, membre d’une illustre famille locale.
  • Claude le jeune Mottet (1560-1600) qui est à l’origine de la seule branche des Mottet d'Île-de-France, puis des Mottet de La Fontaine des Indes françaises et anglaises orientales. Nous vu cette confirmation de noblesse pour Guillaume, Rostand et Claude de Motetz, de Tarascon, dont le bisaïeul, Jean de Motetz,  auroyt esté honnoré de l'estat de contrerolleur du domeyne de feu Renné, roy de Jérusalem, de Sesille et comte de Prouvence, exerçant laquelle qualité il auroyt vescu noblement , etc. ; Paris, 26 septembre 1581 (AD 13-f° 738).  Il termine ses jours religieux de l'abbaye de Montmajour.
  • Guillaume Mottet (1545-1592) qui reste en Provence, dont la branche est éteinte à la fin du XVIIe siècle, qui suit.
  • Rostand Mottet meurt en 1581/1582.

 

La branche aînée des Mottet à Tarascon.

Blason des Gras Pléville
Blason des Gras Pléville
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
XVI. Guillaume Mottet (1545-1592), ou Guilhem de Mouttet, escuyer, fils de noble Jean et de ladite demoiselle de Grille, se marie avec demoiselle Pierrette de Gras, du 17 janvier 1573, signé Bret, notaire. Pierrette est fille de François de Gras. Cette famille, au sentiment de l'auteur de La critique du Nobiliaire de l'abbé Robert, est noble de race, et originaire d'Orange. Jean Gras, premier consul de cette ville en 1421, en est la tige. Cette charge ne pouvant être remplie que par des gentilshommes, conférait la noblesse à ceux qui ne l'avaient pas. Jean Gras fut choisi parmi les gentilshommes de la principauté d'Orange pour commander la noblesse que cet état envoya au secours de Marseille, assiégée par Alphonse, roi d'Aragon, en 1431. Cette famille a donné des chevaliers de Malte, des officiers généraux de terre et de mer. Armes : Tiercé en bande; au 1er d'or ; au 2e d'argent, à trois aiglettes essorantes de sable, becquées, membrées et couronnées d'or, la tête contournée; au 3e de gueules. Dans une sentence du lieutenant d'Arles, Guillaume de Mottet est qualiffié escuyer et gentilhomme servant de la Reyne mère et demande délivratoire, attandu sa noblesse, du 24 septembre 1580. Des lettres pattantes de la reyne, mère du roy, par lesquelles elle retient un de ses gentilshommes servants le sr Guillaume Mouttet, en considération de ses services, du 10 janvier 1580, signées Catherine et, plus bas, par la Reyne mère du roy , Chantereau, deuement scellées de son cachet, au dos desquelles est l'acte de serment preste par ledit sieur de Mottet, dudit jour 21 janvier audit an, avec un certifficat du sr de St Martin, maistre d'hostel ordinaire de la Reyne mère, comme le sieur de Mottet est un de ses gentilshommes servants, du 15 décembre 1581. Un autre certifficat du trézorier de la compagnie d'hommes d'armes du sieur comte de Carces , précise que Guillaume de Mottet est gendarme de sa dite compagnie et couché sur le rolle du roy et payé de son estât et solde, hors des monstres, du 2 mars 1582.

Catherine de Medecis, Saint Barthélémy, Louvre
Catherine de Medecis, Saint Barthélémy, Louvre
Édouard Debat-Ponsan, 1880
© Montmorency
Wikimedia Commons
Un autre document d’archive le concernant est un passeport du roy en faveur de capitaine Mottet, gentilhomme ordinaire servant de la Reyne mère, du dernier décembre 1582. Une lettre missive du roi Henri III au sieur de Mottet, au bas de laquelle est escript de sa main : assurés vous tousjours de mon amitié, je vous prie, du dernier juillet 1584. Il est cité aussi par des historiens locaux. En 1591, le Conseil délibère de faire une trêve avec les ennemis pour procéder aux semailles. La ville ne pouvant subvenir aux grandes dépenses : logement des gens de guerre, réparations aux fortifications, députe auprès du Roi les sieurs de Mottet et de La Grange pour obtenir des soulagements. Il est à cette époque Premier consul de Tarascon.

Un gentilhomme servant se dit des officiers qui servent par quartier à la table royale et toujours l'épée au côté. On peut donc penser que quand Guillaume n'est pas gendarme de la compagnie d'hommes d'armes du sieur comte de Carces, il vit dans l'entourage de la Reyne mère au Louvre et en Touraine. Donc si son frère puîné, Claude Mottet, vient de Provence s'établir à Paris, en 1586, c'est qu'il suit certainement son frère.

Le testament du 15 avril de l'année 1587 de Trophime de Lieutaud, de la ville de Tarascon, fait héritière Demoiselle de Lieutaud, sa sœur, & luy substitua Guillaume de Moutet son oncle, & à son décès ses enfans. Le 17 May de l'année 1605. l'heritiere grevée de rendre vendit quelques terres incultes et infertiles dans les marais d'Arles, en presence, et du consentement de Guillaume de Moutet substitué, lequel se départit, tant pour luy que pour les siens, de tous les droits de substitution & succession qu'il y pourrait prétendre.


Bataille des dunes (1658)
Bataille des dunes (1658)
© de Rambaud Guy
de Rambaud Guy
XVII. François de Mottet (1575-1660), escuyer, fils de noble Guilhem, se marie avec demoiselle Isabeau de Guibert (1600-1671), du 26 septembre 1611, signé Contaud. Isabeau de Guibert est l’une des filles de Pélegrin, chevalier, qui vint le premier s'établir à beaucaire, et se maria, le 24 avril 1588, avec demoiselle Françoise d'Albenas, fille de messire Pierre d'Albenas, seigneur de Gayant. Elle est la descendante d’une famille de Touraine établie à Tarascon, au début du XVe siècle. Nicolas, chevalier, né à Tours, l'an 1460, qui s'établit à Tarascon, en Provence, vers la fin du quinzième siècle, où il fut attiré par la proximité de cette ville à celle de Baux, dont il fut nommé gouverneur, puis nommé, en 1501, commissaire du Roi, en Provence, pour l'expulsion des Juifs de cette contrée. Il avait épousé en 1607, demoiselle Jeanne de Pontevès. Les Guibert portent : D’azur, au gui de chêne fleuri d'or, accompagné de 3 étoiles du mesme, 2 & 1. Il existe au moins deux autres documents qui parlent de ce François de Mottet : Une donation faicte par François de Mottet en faveur de noble Charles, son fils, du 29 octobre 1646 et un passeport et congé de M. le comte d'Harcourt. Il est en faveur dudit Mottet, enseigne d'une compagnie du capitaine Mottet, son cousin Olivier, au régiment Royal Roussillon , du 29 novembre 1659. Ce régiment appartient au cardinal Mazarin, qui l’a fait lever en Roussillon et Catalogne par commission du 25 mai 1657. A son origine il est fort de 3 000 hommes et porte le nom de Catalan-Mazarin. Il passe l’année 1657 à Perpignan, où il est formé, et en 1658 il est appelé à l’armée de Flandre. Il prend part aux opérations du siège de Gravelines (1658) et est ensuite mis en garnison à Audenarde, où il reste jusqu’à la remise de cette place aux Espagnols.

 

XVIII. Nicolas de Mottet (1612-après 1671)escuyer, fils de noble François, se marie avec demoiselle Marguerite de Mulet, du 16 aoust 1640, signé Saunier, notaire. Comme son frère Charles de Mottet, et ses cousins Mottet de Marseille et d’Aubagne, il est maintenu dans sa noblesse le 17 septembre 1671.

 

Les Mottet de Toulon et Marseille

Blason des Mottet de Marseille (XVIe, XVIIe)
Blason des Mottet de Marseille (XVIe, XVIIe)
"Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence", Artefeuil, Ernest Rozière, Louis Ventre
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Comme nous l'avons vu il existe une Branche des Mottet de Toulon et Marseille (voir Prosopographie des Mottet de Toulon et Marseille). Ils descendent de Jean, né à Toulon, lui-même fils d'un autre Jean, conseiller du roy René. Jean est petit-neveu du commandeur de l'ordre de Rhodes (= Malte) à Bourdeaux. Le premier blason en couleur que possède les Archives Municipales de Toulon date de 1494. Il est dessiné sur la couverture d'un registre de comptes trésoraires. Le dessin est très rudimentaire. Il est composé d'un écu orange à la croix d'azur. C'est une photo du livre de la trésorerie de Jean  Mottet (CC 135).

Nous avons aussi Nobles Antoine et Barnabe Mottet frères, marchands de Toulon, qui ont encore un serf en 1513.

Pierre, son fils, est trésorier de la Grosse tour de Toulon et syndic annuel de Toulon en 1513 et en 1518. Il se marie à Vento,  descendante de grands-parents Grimaldi, Doria et  Spinola 

L'attitude de noble Jehan de Mottet, cappitaine de ladicte tour de Thoulon est présentée différemment par les auteurs. Le fait que la ville de Toulon s'est rendue et qu'après avoir repoussé  plusieurs fois 5.000 Impériaux ce Mottet négocie à son tour sa reddition à connétable de Bourbon fait de lui un bouc-émissaire. Mais ses soldats ne sont plus pyés depuis des mois et bien isolés. Selon  l’Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, d’Artefeuil, Ernest Rozière et Louis Ventre, ils portent : D’azur à un château d’argent sommé de trois tours, ouvert du champ, maçonné de sable, posé sur une motte de sinople et surmonté de trois étoiles rangées d’or. A noter les trois étoiles surmontent toujours le blason. La tour symbolise certainement la grosse tour de Toulon, dont Jean est capitaine selon L'Etat de la Provence, de Dominique Robert de Briançon.

 

Les Mottet de Molières à Tarascon

Blason des Mottet (Dauphiné, Arles, Tarascon, Provence)
Blason des Mottet (Dauphiné, Arles, Tarascon, Provence)
© de Rambaud Guy
de Rambaud Guy
Jean Mottet, le jeune ou le puîné est l'auteur d'une branche (voir Prosopographie des Mottet de Molières à Tarascon), qui est éteinte au XVIIe s..

 

 









Blason Claude Mottet (1546-1600)
Blason Claude Mottet (1546-1600)
Cadet qui part s'installe à Paris en 1586\n
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Claude Mottet (ca 1555-après 1586), fils de Jean le vieux Mottet  et d'Anne de Grille, suit certainement son frère aîné Guillaume Mottet (1545-1592) à Paris. Son fils est archer de la ville de Paris, mais sa descendance se fixe un temps à Mantes, avec des alliances avec des membres de la noblesse parisienne ou de Compiègne. Voici le blason de Claude et une Prosopographie des Mottet à Mantes et à Paris.

 



 

 

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES :

1. Louis Bassette, Les du Mottet, seigneurs de Séchilienne, Bulletin de l’Académie delphinale, 1938 et 1939, p.38 et suivantes ou Dictionnaire historique, chronologique, géographique, généalogique, héraldique, juridique, politique et botanographique du Dauphiné, de Guy Allard, E. Allier, 1864, Vol. 2, p.606 et f° 335, Bibl. de Grenoble, U465.

2. Roman, Joseph (1840-1924), Sigillographie du diocèse d'Embrun, p. 81.

3.  Mémoires historiques et critiques, sur l'ancienne république d'Arles, Louis Mathieu Anibert, François Seguin, A. Raspal, François Seguin, 1781, p.255.

4. Archiv für Musikwissenschaft, Volumes 16 à 17, Periodicals in musicology: German periodicals, 1869-1943, Fürstliches Institut für Musikwissenschaftliche Forschung (Bückeburg, Germany), Franz Steiner, 1959.

5. La poésie lyrique des troubadours, Alfred Jeanroy, Slatkine, 1998.

6. Bibliothèque de l'Ecole des chartes, de Société de l'Ecole des chartes, Librairie Droz, 1840, t.1, p.161.

7. Les derniers troubadours de la Provence: d'après le chansonnier donné à la Bibliothèque impériale, de Paul Meyer, publié par Librairie A. Franck, 1871, p.431.

8. Bibliothèque de l'École des chartes, 1869, page 462.

9. Les derniers troubadours de la Provence: d'après le chansonnier donne à la ..., de Paul Meyer - 1871 - page 37.