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Pianiste de jazz canadien.
Pendant les soixante dernières années, Oscar Peterson a été l'un des plus grands artistes de jazz du Canada.
Pianiste fort accompli à la technique bien rodée et au talent artistique pénétrant, il a atteint une renommée internationale en tant que soliste, membre de groupes musicaux et accompagnateur. Surtout connu grâce à son travail au sein de trios qu'il a dirigés au fil des ans, il a également été l'accompagnateur de grands noms du jazz tels que Ella Fitzgerald, Stan Getz, Dizzy Gillespie et Billie Holiday et il s'est nettement démarqué en tant qu'artiste soliste.
Malgré qu'il ait subi un accident vasculaire cérébral en 1993, il a continué de donner des spectacles, à être très actif dans le domaine de l'enseignement du jazz et à être un fervent défenseur de l'égalité raciale.
Oscar Peterson est décédé d’une insuffisance rénale le 23 décembre 2007, à l’âge de 82 ans, à sa résidence de Mississauga, en Ontario. Sa maîtrise de la musique a été reconnue et soulignée par un nombre incroyable de prix, notamment plusieurs prix Juno, Grammy et Génie. Il a également été reçu Compagnon de l'Ordre du Canada (1984); il est récipiendaire de la médaille George Peabody (1987) et il est titulaire de nombreux autres titres honorifiques nationaux et internationaux.
Dès le début, Oscar Peterson se consacre au piano, pratiquant souvent 12 à 14 heures par jour. Élève studieux et doué d'un talent exceptionnel, son travail acharné donne bientôt des résultats, car il étudie avec de nombreux professeurs de musique accomplis. L'un de ces premiers professeurs a été sa sœur, Daisy. À l'âge de onze ans, il étudie avec Louis Hooper, un musicien canadien chevronné issu de l'école classique du jazz de Harlem des années 1920. À l'époque où il fréquente la Montreal High School, il étudie avec Paul de Marky, un pianiste de concert hongrois de la tradition de Franz Liszt. La maîtrise du clavier de plus en plus parfaite d'Oscar Peterson reflète ses antécédents classiques mais son avenir le destine au jazz.
Daniel Peterson espérait que son fils devienne un pianiste classique et n'était pas très chaud à l'idée que ce dernier s'intéresse davantage au jazz. Cependant, sa mère l'accepte mieux. Entre-temps, Daisy (qui a également été l'élève de Paul de Marky) travaille activement à promouvoir la carrière de son frère en tant que pianiste de jazz. Lorsqu'Oscar atteint l'âge de quatorze ans, elle le persuade de passer une audition pour participer au concours de pianiste amateur organisé à l'échelle nationale par le réseau anglais de la Société Radio-Canada. Ken Soble, le chef d'orchestre qui fait passer les auditions, est tellement impressionné par sa performance qu'il inscrit immédiatement Oscar Peterson au concours. Le jeune musicien remporte ce concours prestigieux et on lui remet le prix de 250 $. Son succès l'amène ensuite à participer à une émission radiophonique diffusée sur les ondes de CKAC à Montréal, intitulée Fifteen Minutes Piano Rambling.
Pendant les années 1940, Oscar Peterson joue aussi régulièrement pour le réseau anglais de la SRC, alors diffusé sur les ondes de la CBM (la station radiophonique montréalaise de langue anglaise) ainsi qu'à l'émission de l'heure au réseau national, The Happy Gang.
De 1943 à 1947, Oscar Peterson est le soliste vedette du Johnny Holmes Orchestra (qui, jusque là, n'était composé que de musiciens blancs), un orchestre de danse populaire à l'époque. En 1945, il enregistre ses premiers albums pour la maison de disque RCA Victor, après avoir établi des liens avec Hugh Joseph, le directeur de la division canadienne de cette entreprise.
Ses premiers albums, notamment The Sheik of Araby et I Got Rhythm, enregistrés en compagnie du bassiste Bert Brown et du batteur Frank Gariepy, remportèrent un franc succès, chacun se vendant à des milliers d'exemplaires. Il continue d'enregistrer pour la maison de disque RCA Victor pendant quatre ans et, au cours des dernières années, il joue en compagnie du batteur Clarence Jones et du bassiste Austin Ozzie Roberts. Le trio a également joué au cabaret Alberta Lounge entre 1947 et 1949, accompagné du guitariste Benny Johnson qui, à l'occasion, remplaçait Clarence Jones. Des rumeurs voulant qu'il y ait un nouveau musicien de jazz faisant sensation au nord de la frontière se répandent jusqu'aux États-Unis. Le saxophoniste Coleman Hawkins dit qu'il a même entendu parler de lui en 1945
Dizzie Gillespie déclare à son impresario Leonard Feather : « Il y a un pianiste ici qui est absolument génial. Tu n'as jamais rien entendu de pareil! Nous allons lui organiser un concert » Mais dans les années 1940, Leonard Feather n'était pas prêt à prendre un tel risque avec un artiste inconnu. Puis, en 1949, l'impresario Norman Granz vient au Canada pour voir en personne ce phénomène du jazz.
C'est alors que naît la plus importante et la plus longue relation professionnelle de la carrière d'Oscar Peterson. Un peu plus tard, au cours de la même année, Norman Granz, qui est devenu son gérant, le présente aux États-Unis en tant qu'invité surprise au sein de l'orchestre Jazz at the Philharmonic, réunissant les plus grands musiciens américains et qui doit donner un concert au Carnegie Hall, à New York. Cette brève apparition, alors qu'Oscar n'est âgé que de 24 ans, fait sensation et marque le début d'une longue carrière dans le domaine du jazz, carrière qui sera ponctuée de nombreuses distinctions honorifiques. Après cette performance au Carnegie Hall, Oscar Peterson et Norman Granz retournent à Montréal. Il faut « reprendre nos esprits, observer quelles sont vraiment les réactions et, à partir de cela, voir ce que nous ferons ensuite, explique Granz. Je ne veux pas que tu ailles aux États-Unis et que tu deviennes juste un autre pianiste qui joue dans les bars »
Bientôt, Oscar retourne aux États-Unis, à New York, pour y jouer du « Bop », en compagnie de Major Holley à la basse et de Charlie Smith à la batterie. Bien qu'il obtienne du succès, ce trio se sépare après seulement un an. Cependant, Oscar Peterson est dans une période faste. En 1950, il est pianiste résident au sein de l'orchestre Jazz at the Philharmonic et fait de nombreuses tournée avec cette troupe de musiciens jusqu'en décembre 1952. Oscar Peterson se bâtit rapidement de la réputation. Il enregistre son premier album pour la maison de disque de Norman Granz, Verve, en 1950, accompagné du bassiste Ray Brown qui devient rapidement un ami intime et un pilier du trio professionnel de Peterson pendant les quinze années qui ont suivi. Le troisième membre du trio a été à tour de rôle, le batteur Charlie Smith, les guitaristes Herb Ellis et Barney Kessel et enfin, le batteur Ed Thigpen. Le trio formé de Peterson, Brown et Ellis (1953-1959) est reconnu comme étant le meilleur trio qu'Oscar Peterson ait formé, regroupant les meilleurs pianiste, bassiste et guitariste jamais réunis.
Vers le milieu des années 1960, Ed Thigpen et Ray Brown quittent le groupe. Le nouveau trio de Peterson, formé de Sam Jones à la basse et de Louis Hayes à la batterie, part en tournée après seulement deux mois de répétitions. Ce trio remporte également un grand succès. Le batteur Bobby Durham, ancien membre de l'orchestre de Duke Ellington, remplace plus tard Louis Hayes. Ce trio est réputé être le plus étroitement lié qu'ait formé Oscar Peterson.
Au début des années 1970, Oscar Peterson joue temporairement en solo et remporte un succès fracassant lors de sa première apparition au Newport Jazz Festival en 1972. Il donne également des spectacles avec un trio formé de Joe Pass et de Niels-Henning Ørsted Pedersen. Au début des années 1990, le trio composé de Peterson, Brown et Ellis se réunit à nouveau pour une tournée et enregistre de nombreux albums dont Live at the Blue Note. C'est au cours d'un spectacle présenté au club Blue Note, à New York, en 1993, qu'Oscar Peterson a un accident cérébrovasculaire. Malgré cela, il termine le concert, mais il doit annuler ceux prévus lors d'une tournée qui devait le conduire en Europe l'été suivant.
Parmi les nombreux artistes avec qui Oscar Peterson a travaillé au cours de sa carrière figurent Roy Eldridge,Ella Fitzgerald, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Milt Jackson, Charlie Parker, Joe Pass, Niels-Henning Ørsted Pedersen, Sonny Stitt, Clark Terry, Ben Webster et Lester Young.
En janvier 1960, Oscar Peterson, Ray Brown, Ed Thigpen et le compositeur Phil Nimmons fondent la Advanced School of Contemporary Music (ASCM) à Toronto. Pendant les deux années au cours desquelles Oscar Peterson dirige l'école, plusieurs pianistes canadiens, notamment Brian Browne, Wray Downes et Bill King, ont été ses élèves.Cependant, l'horaire des spectacles que doit donner Oscar Peterson est trop chargé pour qu'il puisse continuer à enseigner pendant cette période 8.Sa participation à la création du Jazz Workshop au Centre des arts de Banff, en 1974, et son travail en tant que professeur de musique adjoint à l'Université York, au milieu des années 1980, comptent parmi ses activités les plus importantes dans le domaine de l'enseignement. Le 13 septembre 1991, il devient le huitième chancelier de l'Université York.
Source : Bibilothèque du canada