La 107e édition de Paris-Roubaix aura lieu dimanche 12 avril 2009.
L’« Enfer du Nord », la « Reine des Classiques » : les qualificatifs ne manquent pas pour définir cette course cycliste.
Épreuve très particulière en raison des 50 km de pavés qui jalonnent le parcours et le rendent particulièrement éprouvant lorsque la pluie et le vent s’en mêlent
Paris-Roubaix suit traditionnellement le Tour des Flandres dans le calendrier des grandes classiques de printemps et c’est parmi les protagonistes du « Ronde » qu’il faudra chercher les prétendants à la victoire sur le vélodrome dimanche, parmi lesquels figurent notamment Tom Boonen, déjà deux fois vainqueur à Roubaix, et Stijn Devolder, récent vainqueur en Flandres.
Les coureurs s’élanceront de Compiègne à 11 h pour un périple de 259 kilomètres qui les fera traverser Noyon, Ham, Saint-Quentin, Bohain-en-Vermandois, Troisvilles (début des secteurs pavés), Solesmes, Denain, trouée d'Arenberg, Orchies, Templeuve, Cysoing, avant d’arriver sur le vélodrome de Roubaix. L’arrivée est prévue, selon la moyenne, entre 17 h 10 et 17 h 50.
52 kilomètres de pavés sont au menu cette année, répartis sur 28 secteurs situés dans les 160 derniers kilomètres. À la différence du Tour des Flandres et de ses murs, pavés eux aussi, les côtes sont absentes de Paris-Roubaix et les passages pavés sont quasiment plats. Le premier secteur pavé sera franchi à Troisvilles, près de Caudry et du Cateau-Cambrésis, après 98 km de course (les pavés de la place du château de Compiègne, s’ils donnent un avant-goût aux coureurs de ce qui les attend, ne sont pas comptabilisés).
La difficulté vient de cette accumulation de passages pavés qui font ressembler la course à un combat de boxe d’homme à homme, voire à un long contre-la-montre, car le peloton ne peut pas rester compact sur les pavés, abordés en file indienne. La course se joue souvent à l’usure, surtout si le vent défavorable et la pluie s’invitent, multipliant les crevaisons et les chutes dans la boue et les fondrières. Dans cette course à élimination, l’adresse, l’épuisement, parfois la chance font souvent la sélection. Ces caractéristiques du parcours avantagent les grands gabarits, avec des coureurs qui dépassent souvent les 80 kg.
Dimanche, au départ de Compiègne, les coureurs regarderont d’abord d’où souffle le vent et se souviendront qu’ils devront passer le pavé du Calvaire à Bourghelles et qu’à Orchies les pavés du chemin des Prières ne sont pas très loin de ceux des Abattoirs. Pourtant, ce n’est pas à ces difficultés que Paris-Roubaix doit son qualificatif d’« Enfer du Nord », mais en raison des dégâts subis par la région pendant la Première Guerre mondiale et qui avaient particulièrement impressionnés les journalistes de l’époque.
La course a longtemps emprunté des grandes routes, qui étaient alors pavées pour la plupart. Les coureurs roulaient de plus en plus vite sur ces routes lissées par la circulation : le record de vitesse est toujours détenu par Peter Post, qui l’a emporté en filant à plus de 45 km/h de moyenne en 1964. Peu à peu, les grandes routes sont asphaltées, les pavés disparaissent et les organisateurs doivent dénicher des tronçons pavés qui ressemblent de plus en plus à des chemins de ferme boueux. Ces passages mal dégrossis, voies secondaires ou chemins vicinaux faits de pavés grossiers et disjoints, profitent à des spécialistes du cyclo-cross et les grands noms de la route ont tendance à fuir cette course qui devient dangereuse. Les organisateurs réagissent et mettent l’accent sur le caractère patrimonial de la course et des pavés du Nord. Ils s’entendent avec les communes concernées pour reconstruire des tronçons pavés cyclables, voire même d’en créer de nouveaux. Aujourd’hui, le nombre de kilomètres pavés est stable et la course n’est plus menacée de disparition.
L’un des passages les plus célèbres ainsi refait est celui de la trouée, ou tranchée, d’Arenberg, près de Valenciennes, un long boyau rectiligne de 2 400 m qui traverse la forêt de Raismes. Ce passage très difficile a entraîné plusieurs accidents (Johan Museeuw a faillit y perdre la vie en 1998 et Philippe Gaumont s’y est fracturé le fémur en 2001) avant d’être refait et amélioré. Il constitue aujourd’hui l’un des moments forts de la course, que les coureurs abordent à grande vitesse, acclamés par deux haies compactes de spectateurs : si Paris-Roubaix se gagne rarement dans Arenberg, beaucoup de prétendants à la victoire y laissent leurs illusions.
Jean Stablinski, champion du monde en 1962, a été à l’origine de l’introduction de la trouée d’Arenberg dans Paris-Roubaix, en 1968. Il avait la particularité d’avoir été le seul à avoir travaillé sous la trouée, en tant que mineur, et à avoir roulé dessus, comme champion cycliste. Une stèle a été inaugurée en l’honneur du populaire « Stab » à l’entrée de la Drève des Boules d'Hérin, le véritable nom de la trouée ou tranchée d'Arenberg, en 2008.
Le secteur de Bersée a été retapé et fait son retour sur le tracé de la course après deux ans d'absence. Le chantier, qui a consisté à repaver une portion longue de 600 mètres au total, a été pris en charge par la communauté de communes du Pays de Pévèle, où la course passe traditionnellement plus d'une heure. Cette communauté de communes entretient les secteurs pavés empruntés par la course depuis 2002. Il faut commencer par dépaver, puis creuser sur 60 cm afin de refaire les fondations, poser du remblai, puis du sable, et enfin les pavés. Toutes ces opérations sont évidemment manuelles, ce qui rend le travail très long. Le coût de la réfection s’est élevé à 230 000 euros. Comme l’indique le président de la communauté de communes du Pays de Pévèle, Luc Monet, qui est aussi maire de Templeuve, il s’agit de « la préservation d'un patrimoine. Nous sommes naturellement très attachés à Paris-Roubaix, et nous tenons précisément à ce qu'il continue de passer par le Pays de Pévèle. Alors il est naturel de mettre les moyens pour pouvoir l'accueillir. Nous sommes sur un endroit stratégique de la course, puisque la communauté s'étend jusqu'au secteur du Carrefour de l'Arbre : tout se passe là ! Bien sûr, nous vendons notre image le jour de Paris-Roubaix. Nous avons été les premiers, en 2001, à prendre conscience de la nécessité de défendre les pavés et d'en assurer la réfection. Les élus ont d'ailleurs très facilement donné leur accord. Ensuite, nous attendons aussi des retombées touristiques de cet investissement. On veille à ce que les pavés soient carrossables, autant que possible, pour les cyclistes et les cyclotouristes, car le reste de l'année, nous en accueillons des milliers.»
Une signalétique figure aux entrées des secteurs pavés. Ainsi, 24 bornes routières à l'ancienne (blanches, arrondies au sommet, avec un chapeau rouge) indiquent désormais au promeneur ou au sportif qu'il emprunte un des lieux sacrés du cyclisme. Chacune de ces bornes porte la mention « Pavés du Paris-Roubaix ». Elles indiquent également le nom de la commune, la longueur du secteur, ainsi que le nom du pavé.
Entre Beuvry-la-Forêt et Orchies, un tronçon de 700 m a été pavé spécialement pour la course en 2007. Ce chemin du Moulin n’était jusque-là qu’une desserte agricole en terre battue. Il s’agit d’une création, et non pas d’une restauration comme celles pratiquées en de nombreux endroits ces dernières années. Comme l’a indiqué Alain Bernard, président de l’Association de sauvegarde les Amis de Paris-Roubaix, « C’est la première fois dans le Nord, depuis la fin des années 1950, qu’une route pavée est construite de toutes pièces. »
Sur le chemin (mal) pavé du carrefour de l’Arbre, long de 2,1 km, se joue en général la course, entre Camphin-en-Pévèle et Gruson, dans la plaine de Cysoing, au sud-est de Lille. Plusieurs vainqueurs se sont échappés dans ces parages situés à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, notamment Hennie Kuiper en 1983 et Marc Madiot, en 1985 et en 1991. D’autres, en tête ici, se sont finalement inclinés, comme Jacques Anquetil en 1958, ralenti un peu plus loin par une crevaison. Si aucune échappée ne s’y dessine, la difficulté de ces pavés, classés en haut de l’échelle des notes et qui surgissent en fin de parcours, entame les dernières forces des coureurs et limite leur vélocité sur le vélodrome de Roubaix.
Le carrefour de l’Arbre est situé à l’endroit même où eut lieu la bataille de Bouvines, le dimanche 27 juillet 1214 : le roi de France Philippe-Auguste, soutenu par les milices communales, y vainquit une coalition menée par l’empereur germanique Otton IV de Brunswick et ses alliés, Jean sans Terre et le comte de Flandre. Parfois considérée comme l’un des moments de l’émergence de la nation française, cette bataille, narrée par les 21 vitraux de l’église de Bouvines, établit la supériorité de la royauté capétienne sur les grands vassaux.
À la fin du XIXe siècle, Roubaix doit sa prospérité à l'industrie textile. Deux filateurs, Théodore Vienne et Maurice Pérez, souhaitent mieux faire connaître leur ville. Ils font construire un vélodrome pour accueillir les vedettes du cyclisme sur piste, la discipline alors dominante de ce sport. Ils décident ensuite d'organiser une épreuve préparatoire à Bordeaux-Paris, le marathon de la route, qui aurait lieu un mois avant.
La première édition de Paris-Roubaix a lieu le 18 avril 1896. La course a été longtemps organisée systématiquement le jour de Pâques, d’où son autre appellation de « la Pascale ». Les assistances (entraîneurs à vélo qui aidaient les coureurs), autorisées les premières années, sont interdites à partir de 1910. Cette option va sortir Paris-Roubaix de l'ornière et la propulser devant Bordeaux-Paris pour la notoriété. En 1943, pour la première fois, la radio propose un reportage en direct de l'évènement. En 1960, Paris-Roubaix est la première course à être survolée par un hélicoptère de la télévision. C'est à partir de cette même année 1943 que la course est jugée sur le vélodrome de Roubaix. Aujourd'hui, Paris-Roubaix est la dernière grande course à s'achever sur un vélodrome.
La course sourit souvent aux rudes coursiers flandriens, habitués aux pavés et au vent, Museeuw, Van Petegem et Tom Boonen étant les plus récents d’entre eux. Pour soutenir les Flahutes, le drapeau des Flandres, un lion noir sur fond or, est partout présent sur la route de Paris-Roubaix.
Parmi les vainqueurs de Paris-Roubaix figurent essentiellement des coureurs belges (53 en 106 éditions), de Cyrille Van Hauwaert (1908) à Tom Boonen (2005 et 2008), en passant par Gaston Rebry (1931, 1934 et 1935), Rick Van Looy (1961, 1962 et 1965), Eddy Merckx (en 1968, année de l'introduction de la tranchée d’Arenberg, en 1970, où il gagne avec 5’ 21’’ d’avance sur de Vlaeminck, et 1973), Roger de Vlaeminck (1972, 1974, 1975 et 1977, le seul à l’avoir emporté quatre fois, notamment grâce à son habitude du cyclo-cross) et Johann Museeuw (1996, année du centenaire de la course, 2000 et 2002).
Les Italiens occupent la troisième place de ce palmarès avec 11 vainqueurs, notamment Francesco Moser à trois reprises consécutivement (1978, 1979 et 1980) et le styliste Fausto Coppi, vainqueur en 1950 et deuxième en 1952, du temps où les pavés étaient parfaitement cyclables. La victoire de Coppi en 1950 a fait l’admiration de tous et le deuxième, le Français Diot, aurait déclaré à l’arrivée : « J'ai gagné... Fausto était hors concours ! ». Viennent ensuite les Néerlandais, avec cinq vainqueurs parmi lesquels Jan Janssen, vainqueur en 1967 d’un sprint royal où il devance dans l'ordre Van Looy, Altig, Vandenberghe, Sels, Willy Planckaert, Poulidor, Merckx, De Cabooter et Motta, mais aussi Hennie Kuiper en 1983 et Servais Knaven en 2001), les Suisses (deux vainqueurs en 1923 et 2006), l’Irlandais Sean Kelly à deux reprises (1984 et 1986) et quatre coureurs allemand, luxembourgeois, suédois et australien.
Les Français se sont quant à eux imposés à 30 reprises.
Maurice Garin inaugure les victoires françaises, en 1897 et 1898. Il précède Albert Champion en 1899, Émile Bouhours en 1900, Lucien Lesna en 1901 et 1902, Hyppolite Aucouturier en 1903 et 1904, Louis Trousselier en 1905, Henri Cornet en 1906, Georges Passerieu en 1907, Octave Lapize, qui réalise le triplé en 1909, 1910 et 1911, Charles Crupeland en 1912 et 1914, Henri Pélissier en 1919 et 1921, André Leducq en 1928, Georges Speicher en 1936.
L'après-guerre sourit aux tricolores, avec Paul Maye, en 1945, André Mahé, en 1949, Jean Forestier, en 1955, et Louison Bobet (qui l’emporte au sprint en 1956 devant son coéquipier Fred De Bruyne et Rik Van Steenbergen, après avoir fini deuxième en 1951, septième en 1952, quatrième en 1954 et troisième en 1955).
Il faut ensuite attendre Bernard Hinault qui, en 1981, ceint de son maillot arc-en-ciel de champion du monde, se relève d’une chute due à un caniche noir à 12 km de l’arrivée pour devancer au sprint un quintette royal : Moser, auteur du triplé lors des trois précédentes éditions, De Vlaeminck, en quête de sa cinquième victoire, Kuiper, vainqueur du Tour des Flandres une semaine plus tôt, De Meyer, lauréat du Paris-Roubaix 1976 et l'excellent sprinter Van Calster.
Puis vient le tour de Marc Madiot, qui s’échappe deux fois, en 1985 et en 1991, au carrefour de l’Arbre, pour finir seul sur le vélodrome.
Le vétéran Gilbert Duclos-Lassalle, après avoir fini deuxième en 1980 derrière Francesco Moser et en 1983 derrière Kuiper, l’emporte enfin en 1992, à sa quatorzième participation, après être sorti en tête de la tranchée d'Arenberg et avoir attaqué à 47 kilomètres de l’arrivée, sur le pavé d'Ennevelin, à l'endroit même où Moser l'avait déposé avec Thurau et De Vlaeminck douze ans plus tôt. Douzième, le jeune Johan Museeuw s'en souviendra. Duclos fait le doublé en 1993, à 37 ans, en devançant de quelques centimètres l’Italien Ballerini.
Enfin, l’inattendu Frédéric Guesdon demeure le dernier vainqueur français, après avoir en 1997 devancé au sprint un très beau plateau composé de Planckaert, Johan Museeuw, Tchmil, Casarotto, Sörensen, Wauters et de son compatriote malheureux Frédéric Moncassin, rejoint à quelques encablures du vélodrome de Roubaix.
Jacques Anquetil, pourtant dans le groupe de tête en 1958, a crevé à 13 km de l’arrivée et n’a jamais pu gagner ensuite, non plus que Raymond Poulidor, pourtant bien placé en 1976, à 40 ans passés. Pour avoir achevé l'épreuve sur le vélo d'une spectatrice, emprunté à quelques kilomètres de l'arrivée, Roger Lapébie a été destitué de sa victoire dans l’édition de 1934.
1896 Fischer (Allemagne)
1897 Garin (France)
1898 Garin (France)
1899 Champion (France)
1900 Bouhours (France)
1901 Lesna (France)
1902 Lesna (France)
1903 Aucouturier (France)
1904 Aucouturier (France)
1905 Trousselier (France)
1906 Cornet (France)
1907 Passerieu (France)
1908 Van Hauwaert (Belgique)
1909 Lapize (France)
1910 Lapize (France)
1911 Lapize (France)
1912 Crupelandt (France)
1913 Faber (Luxembourg)
1914 Crupelandt (France)
1919 Henri Pelissier (France)
1920 Deman (Belgique)
1921 Henri Pélissier (France)
1922 Dejonghe (Belgique)
1923 Suter (Suisse)
1924 Van Hevel (Belgique)
1925 Sellier (Belgique)
1926 Delbecque (Belgique)
1927 Ronsse (Belgique)
1928 Leducq (France)
1929 Meunier (Belgique)
1930 Vervaecke (Belgique)
1931 Rebry (Belgique)
1932 Gijssels (Belgique)
1933 Sylvère Maes (Belgique)
1934 Rebry (Belgique)
1935 Rebry (Belgique)
1936 Speicher (France)
1937 Rossi (Italie)
1938 Storme (Belgique)
1939 Masson (Belgique)
1943 Kint (Belgique)
1944 De Simpelaere (Belgique)
1945 Maye (France)
1946 Claes (Belgique)
1947 Claes (Belgique)
1948 Van Steenbergen (Belgique)
1949 Mahé (France) et Serse Coppi (Italie)
1950 Fausto Coppi (Italie)
1951 Bevilacqua (Italie)
1952 Van Steenbergen (Belgique)
1953 Derijcke (Belgique)
1954 Impanis (Belgique)
1955 Forestier (France)
1956 Bobet (France)
1957 De Bruyne (Belgique)
1958 Van Daele (Belgique)
1959 Foré (Belgique)
1960 Cerami (Belgique)
1961 Van Looy (Belgique)
1962 Van Looy (Belgique)
1963 Daems (Belgique)
1964 Post (Pays-Bas)
1965 Van Looy (Belgique)
1966 Gimondi (Italie)
1967 Janssen (Pays-Bas)
1968 E. Merckx (Belgique)
1969 Godefroot (Belgique)
1970 E. Merckx (Belgique)
1971 Rosiers (Belgique)
1972 R. De Vlaeminck (Belgique)
1973 E. Merckx (Belgique)
1974 R. De Vlaeminck (Belgique)
1975 R. De Vlaeminck (Belgique)
1976 Demeyer (Belgique)
1977 R. De Vlaeminck (Belgique)
1978 Moser (Italie)
1979 Moser (Italie)
1980 Moser (Italie)
1981 Hinault (France)
1982 Raas (Pays-Bas)
1983 Kuiper (Pays-Bas)
1984 S. Kelly (Irlande)
1985 M. Madiot (France)
1986 S. Kelly (Irlande)
1987 Vanderaerden (Belgique)
1988 De Mol (Belgique)
1989 Wampers (Belgique)
1990 E. Planckaert (Belgique)
1991 M. Madiot (France)
1992 Duclos-Lassalle (France)
1993 Duclos-Lassalle (France)
1994 Tchmil (Russie)
1995 Ballerini (Italie)
1996 Museeuw (Belgique)
1997 Guesdon (France)
1998 Ballerini (Italie)
1999 Tafi (Italie)
2000 Museeuw (Belgique)
2001 Knaven (Pays-Bas)
2002 Museeuw (Belgique)
2003 Van Petegem (Belgique)
2004 Backstedt (Suède)
2005 Boonen (Belgique)
2006 Cancellara (Suisse)
2007 O'Grady (Australie)
2008 Boonen (Belgique)
2009 Boonen (Belgique)