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(Aire culturelle indienne du)
La région appelée le "Nord-Ouest" s’étend sur une large bande côtière de l’Oregon au sud de l’Alaska. Cette région septentrionale jouit d’un climat relativement doux grâce à un courant chaud venu de la mer du Japon. Les précipitations y sont très abondantes, permettant à de splendides forêts de cèdre rouge, notamment, de se développer.
Les nations indiennes qui habitaient cette région étaient : Chinook, Makah, Quinault, Quileute (côtes de l’Oregon et de l’Etat de Washington), Nootka (Ile de Vancouver), Kwakiutl, Tsimshian, Bella Coola (côtes de la Colombie Britannique), Haïda (Iles de la Reine Charlotte), Tlingit (nord de la Colombie Britannique et sud de l’Alaska).
La pêche, la chasse et la cueillette fournissaient à ces peuples des ressources abondantes qui rendaient l’agriculture inutile. Ils pêchaient le saumon dans les nombreux torrents qui descendaient des Rocheuses vers l’océan. Ils construisaient des plateformes surplombant les torrents d’où ils harponnaient le poisson. Sur leurs grands canoës creusés dans le tronc d’un cèdre et montés par vingt rameurs, ils ne craignaient d’affronter l’océan, chassant les mammifères marins, phoques, morses, orques et même baleines, en ce qui concerne les Haïdas et les Makahs. Les côtes regorgeaient de coquillages comestibles et les forêts humides et denses offraient de nombreuses variétés de baies à la cueillette des femmes. A l’automne, les hommes chassaient le cerf, le daim, l’ours et la chèvre de montagne.
Hommes et femmes portaient des fourrures en hiver, mais aussi des vêtements de fibres végétales finement tressées ou d’écorce battue. Au combat, les guerriers avaient des armures et des casques de bois. Ils fabriquaient une très belle vannerie, des paniers au tressage assez serré pour contenir de l’eau. Ils étaient passés maîtres dans l’art de la sculpture sur bois et celui du dessin, de splendides graphismes où dominaient le noir, le blanc et le rouge, utilisant en particulier les formes stylisées de l’œil, du corbeau, de l’ours, du saumon, de l’orque. Ces superbes dessins ornaient leurs canoës et les couvertures appelées "kiktikat" qu’ils tissaient avec des poils de chien.
Ces peuples, vivant pourtant dans l’aisance, se faisaient fréquemment la guerre, non pour acquérir des terres ou pour imposer leur loi, mais pour faire des prisonniers qui, mis en esclavage, accroissaient le prestige de leur propriétaire.
Les Indiens du Nord-Ouest habitaient de vastes maisons rectangulaires, pouvant atteindre vingt mètres sur trente, où pouvaient cohabiter plusieurs familles. Les murs étaient faits de planches de cèdre posées verticalement, ainsi que le toit à deux pentes. L’intérieur des murs était tapissé de nattes végétales pour une meilleure isolation. Une plateforme courrait le long des murs, servant au couchage et au rangement. Des feux brûlaient au centre de la maison. La porte s’ouvrant vers l’ouest était surmontée d’un "mât totémique", une haute sculpture de bois représentant des êtres mythiques liés à l’histoire de la famille. Des mâts totémiques étaient aussi érigés dans les forêts par des chamanes, en des lieux particuliers.
La société indienne du Nord-Ouest était fortement hiérarchisée, gouvernée par quelques familles riches. Mais cette richesse imposait une lourde obligation, celle de la redistribution. C’est la cérémonie du "potlatch". A l’occasion d’un mariage, d’un deuil, de la construction d’une nouvelle maison, de la nomination d’un chef, une famille organisait une fête de plusieurs jours durant laquelle elle devait nourrir et souvent héberger des centaines de personnes, puis procéder à une large distribution de cadeaux, pouvant inclure des esclaves. Plus le potlatch était magnifique, plus grand était le prestige des donateurs. Naturellement, une émulation s’instaurait entre les organisateurs de potlatchs. On dit que certains allaient jusqu’à détruire leurs biens aux yeux de tous pour monter qu’ils étaient si riches que cela ne comptait pas pour eux. A cette occasion, quelques esclaves pouvaient y laisser la vie.
Sur les côtes de l’Etat de Washington, autour du Puget Sound, de nombreuses tribus vivent dans de très petites réserves, quelques hectares en bordure d’océan. La plupart s’adonnent à la pisciculture. Seuls les Quinault ont une réserve assez étendue. Depuis le début des années 2000, certains sont menacés par la montée du niveau de la mer.
Lors de la signature du traité de Point Eliott de 1855 qui avait contraint les tribus de la région à se retirer dans des réserves, certains droits de pêche hors réserve leur avaient été reconnus. En 1964, pour revendiquer ces droits, ils avaient tenu des "fish in" sur leurs principaux lieux de pêche traditionnelle, appuyés par des militants écologistes. Cela avait été l’une des premières manifestations du "renouveau indien" des années 1960, marquant le désir d’un retour, dans la mesure du possible, à une vie plus traditionnelle.
Tous les ans, des centaines d'embarcations traditionnelles, dont la fabrication est maintenant en plein essor, se rassemblent le long des côtes pacifiques canadiennes et américaines, rendant visite aux nombreux peuples qui habitent ces rivages, témoignant de leur unité culturelle retrouvée.
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