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Nord-Est

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Nord-Est
Publié le:22/07/2009

(Aire culturelle indienne du)


L’aire des cultures indiennes du Nord-Est s’étend le long de la côte atlantique, de l’embouchure du Saint Laurent à la Virginie, du Kentucky au sud de la province d’Ontario, englobant largement la région des Grands Lacs. C’est la culture de la forêt, des lacs et des rivières.

Les indiens des forêts

 

Les peuples indiens qui l’habitent sont essentiellement les Iroquois, occupant le sud du Lac Ontario, et les Algonquins, nom donné à de nombreuses tribus liées par des similitudes linguistiques.
Tous ces peuples étaient à la fois chasseurs, pêcheurs et agriculteurs.
Dans les vastes forêts, on pratiquait la chasse à l’ours et aux cervidés. La pêche, dans les nombreux lacs et les rivières, avait une grande importance. On y piègeait aussi le castor, la loutre.
Le climat rigoureux, mais aux étés chauds et aux automnes doux (le fameux « été indien ») permettait la culture du maïs, du haricot, des fèves, de diverses cucurbitacées, du tabac. Autour des villages, les hommes défrichaient par brûlage et dessouchage une portion de forêt. A l’aide de bâtons, les femmes plantaient les graines, associant judicieusement les diverses variétés. Un travail de surveillance et de désherbage était confié aux enfants et adolescents. Puis venait le temps des récoltes assumées pour l’essentiel par les femmes. Afin de préserver la fertilité des sols, les villages étaient abandonnés tous les dix à quinze ans pour être reconstruits plus loin.

Les wigwams et les longues maisons

 

Iroquois et Algonquins diffèraient quant à l’habitat. Les Algonquins construisaient des "wigwams", des huttes rondes faites de branchages recouverts de peaux, avec parfois un soubassement de pierre, ne pouvant abriter qu’un petit nombre de personnes. Les Iroquois, au contraire, avaient de vastes maisons collectives, appelées "longues maisons", une structure de bois recouverte de plaques d’écorce de bouleau où vivaient tous les membres d’un clan familial regroupé autour d’une aïeule, souvent trente ou quarante personnes. Les villages étaient fortifiés, entourés de solides palissades, souvent de fossés, témoignant de l’insécurité qui règnait dans la région.
La plupart des déplacements se faisaient par voie d’eau, sur des canoës recouverts d’écorce d’orme pour les Iroquois, de bouleau pour les Algonquins, à la proue relevée, capables d’affronter les eaux tumultueuses des torrents et assez légers pour être portés d’un des nombreux lacs à un autre.

 

Les guerres des blancs

 

Les Indiens du Nord-Est ont subi de plein fouet l’invasion des premiers colons venant du nord de l’Europe, français, hollandais et surtout anglais. Les tribus côtières, les premières touchées, ont décliné rapidement. Des nations nombreuses et puissantes ont été détruites parfois jusqu’à 90% par les maladies apportées par les Européens. Les guerres, les déportations ont fait le reste.
Les tribus du Nord-Est ont joué un rôle important dans l’histoire de l’Amérique du Nord aux XVIIème et XVIIIème siècles. Durant la guerre franco-anglaise, les Algonquins ont choisi l’alliance avec la France, tandis que les Iroquois s’alliaient aux Anglais. Durant la guerre d’indépendance américaine, les Iroquois sont restés fidèles aux Anglais, ce qui leur a valu une terrible répression de la part des jeunes Etats-Unis. Beaucoup d’Iroquois ont trouvé refuge au Canada.

Déportés en territoire indien

 

Les nations indiennes du Nord-Est ont été victimes de la politique de déportation des Indiens de l’Est instaurée à partir de 1830 par le président Andrew Jackson. Une partie de Iroquois Oneidas s’installe au Wisconsin, Senecas et Cayuga, avec les Hurons et les Ottawas sont déportés d’abord au Kansas, puis dans la partie nord du Territoire Indien.
On considère souvent comme une aire culturelle spécifique la région des Prairies. Il s’agit de ce que l’on appelle le Middle West, les actuels Etats du Wisconsin, du Minnesota, de l’Illinois, de l’Iowa, de l’Indiana. Les forêts y étaient plus clairsemées, faisant place à des prairies d’herbe grasse où abondait le gibier. Les Indiens des Prairies avaient à la fois des traits les rattachant à ceux du Nord-Est et à ceux des Plaines. Durant l’été, ils abandonnaient leurs villages construits le long des cours d’eau pour des expéditions de chasse au bison, vivant alors sous de légers abris de peaux ou de branchages. La pêche demeurait pour eux prépondérante et le canoë leur principal mode de déplacement.
Repoussés vers l’ouest par l’avancée des Blancs, beaucoup ont acquis, dès le début du XIXème siècle, le mode de vie nomade des tribus des Plaines.
Parmi les nombreuses tribus des Prairies, on peut citer les Miamis, Potawatomis, Sauks et Fox, Piankashawks, Peorias, Illinois, Iowas, Kickapoos, Missouris, Quapaws, Osages. Toutes ces tribus ont été déportées en Territoire Indien au milieu du XIXème siècle où leurs descendants vivent sur des territoires placés sous statut fédéral.