SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

Navajo

Note moyenne : pour 6 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Navajo
Publié le:14/05/2009

Nation indienne d'Arizona et du Nouveau-Mexique


un peuple des déserts

 

Le nom Navajo, vient d’un mot pueblo qui signifie "grands champs". Eux-mêmes s’appellent "Dineh", le Peuple. Ils sont issus, comme les Apaches, d’une migration d’Athapascans venant du nord-ouest du Canada à partir du XIè siècle.
Les Navajos vivent dans une région désertique et montagneuse, au nord-est de l’actuel état d’Arizona et au nord-ouest du Nouveau-Mexique. 
Anciennement chasseurs/cueilleurs et agriculteurs, ils possèdent depuis le XVIIIè siècle  des troupeaux de moutons, de chèvres et de chevaux acquis auprès des Espagnols et qui sont la propriétés des femmes. Ils pratiquent un peu d’agriculture, maïs, haricots, courges. Avec la laine de leurs moutons, les femmes navajos tissent de belles couvertures très colorées. Les hommes fabriquent de la poterie et des bijoux d’argent incrustés de turquoises. Leur habitation caractéristique est le hogan, une lourde construction de pierre.

vendus comme esclaves

 

A la fin du XVIIè siècle, les Navajos résistent aux Espagnols aux côtés des Pueblos. En 1821, le Mexique devient indépendant de l’Espagne. Les Mexicains attaquent les villages navajos et enlèvent les femmes et les enfants navajos pour les vendre comme esclaves dans les haciendas du sud. Les Navajos lancent des expéditions au Mexique pour délivrer leurs familles, ainsi que pour se procurer des chevaux et du bétail.

confrontés aux américains

 

En 1847, les Etats-Unis se sont emparés des territoires mexicains au nord du Rio Grande. L’armée américaine entreprend la construction de Fort Defiance, puis de Fort Wingate, en plein pays navajo. Cependant les relations entre Navajos et Américains demeurent relativement pacifiques.
En septembre 1861, une course de chevaux est organisée entre les Navajos et les soldats de Fort Wingate. Quelqu’un a coupé la bride du cheval du chef  Manuelito, et les soldats gagnent la course. Il rentrent en triomphe au fort et s’emparent des enjeux que les Navajos y avaient déposés. Furieux d’avoir été trompés, les Indiens veulent pénétrer dans le fort. Ils sont accueillis à coups de fusil. Comme les Indiens tentent de mettre le feu aux portes du fort, les soldats font une sortie, chargeant à la baïonnette les Navajos massés devant le fort, y compris les femmes et les enfants venus assister à la course. Puis le colonel fait tirer au canon sur les Indiens qui s’enfuient.

traqués par kit carson

 

Dans l’été 1863, le général James H. Carleton, qui traite les Navajos de "loups qui infestent les montagnes", réclame leur élimination. Il reçoit l’accord du haut commandement pour mener une opération de déplacement.
Carleton ordonne aux Navajos d’aller s’installer à Bosque Redondo, un petite réserve désertique à quatre cent cinquante kilomètres à l’est, où survivent dans des conditions difficiles les Apaches Mescaleros. Aucun Navajo n’ayant accepté de se soumettre, le général Carleton entreprend une campagne pour les y contraindre. Il demande à Kit Carson, le célèbre éclaireur, de guider l’armée en territoire navajo. Les Indiens se sont réfugiés dans les montagnes. Carleton fait détruire les villages navajos situés dans le canyon de Chelly. En janvier 1864, plusieurs centaines de Navajos affamés se rendent et prennent la route de Bosque Redondo. Beaucoup d’entre eux mourront en route.
Sous la conduite du chef Manuelito, des Navajos résistent toujours dans les montagnes, pratiquement sans nourriture, sans armes, réduits à se défendre avec des pierres. Les soldats, toujours conduits par Kit Carson abattent le bétail, rasent les hogans, détruisent les caches de nourriture, ravagent les cultures. Ils vont jusqu’à couper les arbres fruitiers, en particulier les magnifiques plantations de pêchers dont les Navajos étaient si fiers. Ils abattent tous les Navajos passant à leur portée, y compris femmes, enfants et vieillards. A bout de forces, les Indiens se rendent. Six mille Navajos sont acheminés, à pied, vers Bosque Redondo. Ils meurent par centaines de faim, de froid, d’épuisement et de maladie.

Bosque redondo


La petite réserve de Bosque Redondo, installée le long du Rio Pecos près de Fort Sumner, est totalement invivable. L’eau y est saumâtre, le sol rocheux et très difficilement cultivable. L’endroit est dépourvu d’arbres et les Indiens doivent faire des kilomètres pour trouver du bois. Ils n’ont aucun matériau de construction et vivent dans des trous creusés dans la terre et recouverts de bâches. Depuis deux ans, quelques centaines de Mescaleros ont tenté d’y développer une agriculture au prix d’énormes efforts. L’arrivée de ces milliers de Navajos les contraindra à quitter la réserve.
Le chef Manuelito résiste toujours avec une centaine de personnes, y compris des femmes et des enfants. Ils se rendent en septembre 1866, et se résignent à rejoindre les leurs au Bosque Redondo où la situation s’est aggravée. L’armée a distribué aux Indiens de la nourriture avariée et les morts se comptent par centaines.
Au printemps 1868, le général William T. Sherman se rend au Bosque Redondo. Il est scandalisé de ce qu’il découvre. Sur la promesse solennelle des Navajos de vivre pacifiquement, il leur déclare : "Mes enfants, j’ai décidé de vous ramener chez vous". Les Navajos rentrent chez eux dans l’été 1868, heureux, avec toute leur vie à reconstruire.
Par un accord conclu en juin 1868, les Etats-Unis reconnaissent aux Navajos une réserve d’un million deux cents mille hectares sur leurs terres ancestrales des Chuska Mountains. La réserve navajo sera agrandie à plusieurs reprises par décret gouvernemental, notamment en 1882, finissant par entourer les terres hopis, une situation qui entraînera un conflit territorial entre les deux nations.

La réserve navajo

 

Les Navajos possèdent actuellement la plus grande réserve des Etats-Unis qui s’étend principalement sur les états d’Arizona et du Nouveau-Mexique, dont la capitale est Window Rock. Beaucoup de Navajos vivent de leur troupeaux et de leur agriculture. Ils vendent leur artisanat : tissage, poterie, bijoux. Certains ont du s’adapter à la vie moderne et chercher des emplois salariés, souvent en dehors de la réserve.
Ils ont maintenu leurs cérémonies se déroulent dans la discrétion. Toute leur religion repose sur l’idée d’harmonie et de beauté. Leurs rites de guérison, en particulier leurs "peintures sur sable", cherchent à rétablir l’harmonie entre l’individu et la nature.
Les Navajos sont parmi les moins métissés des Indiens des Etats-Unis et ont remarquablement conservé leur langue. Pendant la Seconde Guerre Mondiale dans le Pacifique, on utilisait les services d’opérateurs navajos, les "windtalkers", qui s’exprimaient dans leur propre langue pour l’envoi de messages secrets, déconcertant l’état-major japonais.
Depuis les années 1940, les mines d’uranium ont été ouvertes chez eux et les Navajos ont eu beaucoup à en souffrir. Des milliers de tonnes de terres radioactives abandonnées après la fermeture des mines causent toujours de graves problème de santé à la population navajo. Aujourd’hui, les mines de charbon exploitées à ciel ouvert dans la région de Black Mesa provoquent d’énormes problèmes de pollution des terres, de l’air et de l’eau.

conflit avec les hopis

 

Un conflit territorial oppose, depuis 1974, les Navajos aux Hopis depuis que l’administration américaine, à la demande du conseil tribal hopi, a décidé de partager entre les deux nations la zone d’usage conjoint qui se trouve au centre de la grande réserve navajo. Cette décision a entraîné le déplacement forcé vers les villes de plusieurs centaines de familles navajos se trouvant sur des terres attribuées aux Hopis, avec des conséquences catastrophiques. Un petit groupe de traditionalistes navajos vivant de l’élevage de leurs troupeaux de moutons, de chèvres et de chevaux, résiste obstinément au déplacement, dans la région de Black Mesa, sur le site de Big Mountain. Ils sont soutenus dans leur combat par des traditionalistes lakotas qui viennent tous les ans tenir chez eux des Danses du Soleil.
Les Navajos, dont le nombre est estimé à environ cent soixante mille, constituent la plus importante nation indienne du continent nord-américain.