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Mozart, Concerto n° 9 dit "Jeunehomme", K 271.

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Mozart, Concerto n° 9 dit "Jeunehomme", K 271.
Publié le:04/03/2010

Un intitulé qui éveille notre curiosité.


Et d’abord, qui est Jeunehomme ?

Oui, qui est ‘Jeunehomme’ en l’honneur duquel Mozart a écrit ce neuvième concerto lorsqu’il avait 21 ans (1777) ?

Pendant longtemps, de nombreux admirateurs ont cru que ‘Jeunehomme’ c’était Mozart lui-même. Mais en fait, la correspondance de Mozart à son père évoque qu’il le dédia à Mlle Victoire Jenamy, une pianiste qu’il rencontre à Paris, fille d’un grand ami de Mozart, Jean Georges Noverre, un célèbre maître de ballet. (Recherches historiques menées par Lorenz).

Maintenant que l’on sait que Jeunehomme est en fait une jeune femme, y a t’il là une clef qui permette de mieux comprendre la musique de ce concerto et de mieux la ressentir ?

 

Certains analystes disent que « c’est son plus beau concerto et au moins sa 1ère grande oeuvre. Notamment parce qu’adoptant d’abord les conventions de son temps, un arrangement subtil crée toutefois la surprise. C’est là, disent-ils, l’essence de Mozart »  (entendu à la Radio)

 « La tonalité de mi bémol majeur est signe d’élan et de confiance en soi. Il serait vain d’y chercher comme chez Chopin des confidences amoureuses. En toute innocence, Mozart cherche toujours à se plaire à lui-même : il est son premier public, perfectionniste et enthousiaste. » (Jacques Doucelin sur Internet).

 

Ecoute de l’œuvre :

Le site Youtube présente de nombreuses interprétations des trois mouvements de ce concerto, mais dans le désordre et par plusieurs interprètes différents. Pour s'y retrouver, lors de chaque mouvement, un interprète différent vous sera chaque fois proposé. Vous pourrez les retrouver en cliquant chaque fois dans le cadre ci-contre 'liens internet'.

Le premier mouvement : un dialogue tout en finesse.

C'est l'interprétation de Mitsuko Uschida qui vous est ici proposée.

L’orchestre joue d’emblée ce petit thème caractéristique qui ponctuera l’ensemble du mouvement.

Début du premier mouvement
Début du premier mouvement
© Paul Crickx
Paul Crickx

 

 

Ce mouvement comporte un dialogue on ne peut plus élégant du piano avec l’orchestre (Allegro, ‘vif et gai’ d’une durée de 10’23). L’orchestre se réserve une reprise fréquente du thème cité en début, et ce de façon enveloppante. Le piano répond par des séquence fines et mélodieuses. Mais la surprise évoquée dans le texte introductif semble se faire attendre. A la 8e minute 46 toutefois, le piano prend tout à coup un air plus solennel pour attirer l’attention sur un jeu plus fin encore que celui de la séquence précédente, plus doux et plus magique, mais les thèmes initiaux du mouvement reviennent très vite conclure celui-ci de façon courte.

 

Le deuxième mouvement : invitation à profiter du temps présent.

L'interprétation de Wilhelm Kempff vous est proposée dans le lien internet ci-contre.

 

Est-ce alors dans le deuxième mouvement (Andantino d'une durée de 10'57) que l’on peut entendre la surprise mentionnée plus haut ?

Pendant les 2 années qui ont précédé l’écriture de ce concerto, Mozart a certainement été marqué par les évènements qui ont donné naissance au romantisme européen: le suicide en Allemagne de Werther, à l’âge de 25 ans, héros romantique par excellence dont le roman par lettres – les souffrances du jeune Werther – est publié en 1774 par Goethe. La pièce de théâtre « Tempête et Passion » (Sturm und Drang) entraîne toute une jeunesse dans un mouvement romantique. Même Haydn qui a 24 ans de plus que Mozart en subit l’influence (ses nouveaux quatuors).

Mais revenons au deuxième mouvement. C’est un Andantino que l’orchestre entame dans le calme et dans la finesse comme une invitation à ralentir le rythme et à profiter du temps présent. C’est un chant méditatif dans lequel le piano prend assez vite le rôle principal et veut le garder. Si l’orchestre intervient encore, c’est en arrière plan pour mettre en valeur le jeu du piano. Le jeu d’une mélodie dépouillée, un jeu simple, sans virtuosité mais qui impose par son calme, par sa grâce et par sa sobriété. Peut-on dire que ce sont des qualités qui évoquent assez bien la féminité ? Quelques fragments très calmes risquent de décevoir certains par leur fadeur et leur manque de ressort. Ils gagnent pourtant à ce que nous nous mettions dans un état d’esprit apte à deviner leurs subtilités et à en apprécier leurs finesses.

 

Le troisième mouvement : un pas de danse, rondement mené.

L'interprétation de Wilhelm Kempff vous est proposée dans le cadre ci-contre 'liens internet'

Cette section (d’une durée de 8’42) nous entraîne d’abord en un rondo, preste et joyeux, dont voici les premières notes.

Début du troisième mouvement
Début du troisième mouvement
© Paul Crickx
Paul Crickx

L’orchestre dialogue de plus belle avec le pianiste… au mot à mot, du tac au tac, pourrait-on dire. Plusieurs solos au piano viennent entrelacer ce rondo d’interludes plus méditatifs - le menuet -, mais le mouvement retrouve chaque fois son allure vive, ce qui plaira sans doute davantage aux auditeurs épris de vivacité. Le menuet aurait été écrit en hommage au danseur Noverre, père de Melle Jenamy (d’après Alexandre Pham, sur Internet).

Un thème simple revient ensuite, comme un refrain et conclut l’œuvre de façon courte et inattendue.

 

« Ce concerto devait compter pour Mozart parce que 14 ans plus tard, il reprend le finale de cette œuvre lorsqu’il cherche un thème nocturne pour exprimer le trouble du désir chez Monostatos dans le 2e acte de ‘La Flûte enchantée’ » (Jacques Doucelin sur Internet)