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Nation apache du Nouveau-Mexique
Les Mimbreños sont le peuple des grands chefs apaches Mangas Coloradas et Victorio. Ils combattent aux côtés des Chiricahuas jusqu'à la reddition de Geronimo en 1886. Beaucoup d’entre eux seront déportés en Floride avec les Chiricahuas, puis ramenés en Oklahoma en 1894.
Les Mimbreños étaient des Apaches du sud. Le territoire qu’ils contrôlaient, centré sur la Sierra Mimbre, s’étendait au sud-ouest de l’actuel état du Nouveau Mexique, au nord de celui des Chiricahuas auxquels ils étaient très liés.
Depuis plusieurs années, les Américains exploitaient les mines de cuivre autour de la petite ville de Santa Rita del Cobre près de la frontière mexicaine. Bientôt, certains groupes trouvent plus lucrative la chasse aux scalps apaches que l’Etat de Sonora paie alors de vingt-cinq à cent pesos, selon qu’ils sont pris sur un enfant, une femme ou un homme.
En 1837, un trafiquant américain John Johnson, rencontre Juan José, un chef des Apaches-Chiricahuas, et l’invite, avec son clan des Mimbreños, à une grande fête à Santa Rita où des cadeaux doivent leur être distribués.
Les Apaches s’installent sur la place du village où de nombreux cadeaux sont disposés. Les femmes et les enfants vont et viennent au milieu des marchandises qui leur sont offertes. Ils ne voient pas qu’un canon est dissimulé sous des branchages. Johnson s’écarte un moment pour allumer la mèche du canon. La mitraille déchiquette les Indiens. Au même moment, des charges explosent au milieu des sacs de farine. A cet instant, des tireurs postés sur les toits abattent les survivants qui fuient, à peine revenus de leur stupeur. John Johnson abat Juan José. Quelques Indiens parviennent à échapper au massacre, dont le chef Mangas Coloradas qui sauvera son fils. Les hommes de Johnson achèvent les blessés, puis scalpent les quatre cents hommes, femmes et enfants qui gisent sur la place.
Mangas Coloradas, devenu chef du clan, isole Santa Rita du reste du monde. Avec les guerriers de Victorio, il attaque tous les convois qui ravitaillent la petite ville. Quand les habitants affamés tentent une sortie, ils sont impitoyablement massacrés. Seul, John Johnson parviendra à s’échapper. Les Mimbreños de Mangas Coloradas sont maintenant en guerre contre les Américains.
Les Apaches signent en 1847 un traité avec les Américains établis au Nouveau-Mexique et entretiennent avec eux des relations pacifiques, mais poursuivent cependant leurs attaques contre les Mexicains.
Les Mimbreños, avec Mangas Coloradas, sont à la bataille d’Apache Pass en juillet 1862 aux côtés des Chiricahuas de Cochise maintenant engagés dans la guerre depuis l’ "Incident Bascom" de février 1861.
En janvier 1863, alors qu’il se rend dans un fort de l’armée pour entamer des négociations de paix, Mangas Coloradas est assassiné.
Aux côtés des Chiricahuas, les Mimbreños poursuivent, pendant encore une dizaine d’années, la guerre contre les Mexicains et les Américains, éleveurs, fermiers et mineurs, qui envahissent leur territoire.
Ils sont associés, en 1872, aux négociations de paix que conduit Cochise avec le général Oliver O. Howard. Tandis que les Chiricahuas s’installent autour de Fort Bowie, les Mimbreños reçoivent la réserve d’Ojo Caliente (Warm Springs) au pied des Monts Mimbres.
Mais cette situation favorable n’allait pas durer. En 1876, avec les Chiricahuas, les Mimbreños sont concentrés sur la réserve de San Carlos où vivent déjà les Coyoteros, les Yavapais, les Aravaipas, les Pinals. Les conditions de vie sur San Carlos surpeuplée sont épouvantables. Victorio, qui a succédé à Mangas Coloradas comme chef de guerre des Mimbreños, mène entre 1877 et 1880, une longue guerre de résistance dans les Chiricahua Mountains. A plusieurs reprises, ils tentent de se réinstaller sur leur réserve d’Ojo Caliente. Traqué par les armées mexicaines et américaines, son petit groupe de guerriers accompagnés de leurs familles est anéanti en octobre 1880 près de Tres Castillos, dans le nord de l’Etat de Chihuahua.
Dans l’été 1881, Nana, alors âgé de soixante-dix ans, conduit un raid d’une quarantaine de guerriers survivants de la bande de Victorio contre des fermes et des ranchs, puis contre un train de munitions de l’armée. Parcourant plus de huit cents kilomètres à travers tout le Sud-Ouest, le petit groupe de Nana mène plusieurs combats victorieux contre les soldats lancés à ses trousses, tuant une centaine de Blancs et capturant des centaines des chevaux. Puis toujours poursuivis par l’armée, les Apaches passent au Mexique où il vont rejoindre les combattants de Geronimo, récemment échappés de la réserve de San Carlos avec Naiche et Chato.
Un certain nombre de Mimbreños est déporté en Floride avec les Chiricahuas en dans l’été 1886, au moment de la reddition de Geronimo. Partageant le sort de leurs frères chiricahuas, les Mimbreños reviendront en Arizona en 1894.