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Mescalero

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Mescalero
Publié le:31/05/2009

Nation apache du Nouveau-Mexique


Le nom "Mescalero" vient du mescal, une plante dont les graines jouaient un grand rôle dans leur alimentation. Les Mescaleros occupaient, au XIXè siècle, le sud-est de l’actuel Etat du Nouveau-Mexique. Sous la pression des Comanches, ils avaient du, au milieu du XVIIIè siècle, abandonner leurs positions au Texas. En contact avec les tribus des Plaines du Sud, ils chassaient occasionnellement le bison et utilisaient souvent des tipis de peau plutôt que le traditionnel wickiup apache.
Depuis le XVIIIè siècle, des bandes mescaleros s’attaquent aux haciendas et aux bourgades mexicaines, à la fois pour s’emparer de chevaux, de bestiaux et d’armes, et pour se venger de ce que les Blancs leurs font subir, la mise en esclavage de femmes et d’enfants apaches, les primes offertes pour les scalps d’Apaches.
Dès les années 1850, les Américains qui, depuis le traité de Guadalupe Hidalgo, occupent les terres au nord du Rio Grande, s’installent sur les terres apaches, des ennemis beaucoup plus déterminés et redoutables que les Mexicains. En 1853, le groupe de Mescaleros dit "Tierra Blanca" demande la protection de l’armée contre les exactions grandissantes des colons américains. L’armée fait la sourde oreille.

Les "tierra blanca"


Les hostilités commencent l’année suivante. En juin 1855, le gouverneur du territoire du Nouveau Mexique fait aux Tierra Blanca des offres de paix, espérant pouvoir leur faire attribuer une réserve. Mais le Congrès des Etats-Unis refuse. Les fermiers, éleveurs et spéculateurs fonciers, qui proclament leur intention de débarrasser tout le sud du Nouveau-Mexique de ses Indiens, commencent bientôt une campagne allant du vol de chevaux au meurtre délibéré pour provoquer les Tierra Blanca et les faire éliminer par l’armée.
En février 1858, des chefs demandent à rencontrer un fonctionnaire américain pour lui demander son aide. Mais à peine sont ils arrivés dans la petite ville de Dona Ana que des miliciens ouvrent le feu sur eux, tuant neuf Indiens. L’armée s’interpose, mais les miliciens récidivent un mois plus tard en massacrant dans leur village trente Mescaleros, hommes, femmes et enfants. Les meurtriers sont emprisonnés, mais devant les vives protestations des colons, rapidement libérés. Les Tierra Blanca, spoliés, assassinés, s’enfoncent dans la misère et le désespoir.
Pendant ce temps, les Mescaleros vivant plus à l’est, appelés "Davis Mountains" s’efforcent d’empêcher l’invasion de leurs terres en s’attaquant aux colons qui affluent sur la piste d’El Paso.

bosque redondo


En octobre 1862, le général James H. Carleton donne, en parlant des Mescaleros, les instructions suivantes : "Tous les hommes de cette tribu devront être tués où et quand vous les rencontrerez". Il est, naturellement,  scrupuleusement obéi. La chasse aux Mescaleros s’intensifie. Kit Carson, qui participe à ces opérations de pacification, s’indigne. Grâce à lui, quelques chefs mescaleros réussissent à approcher le général Carleton sans être abattus sur place. "Nous sommes à bout.... Nous n’avons plus de vivres, plus rien pour subsister. Tes soldats sont partout, ils occupent nos points d’eau....", déclarent les chefs en faisant leur reddition.
Une centaine de Mescaleros prend cependant la fuite, rejoignant d’autres bandes apaches, mais quatre cent d’entre eux prennent la direction de Bosque Redondo en mars 1863, une réserve ouverte pour eux sur le Rio Pecos.
Malgré l’aridité de la réserve, la présence de la malaria, les Apaches, au prix de durs efforts comprenant le creusement de canaux d’irrigation, réussissent à produire leurs premières récoltes à l’automne 1863. Mais l’arrivée de milliers de Navajos, eux-mêmes déportés en 1864, réduit à néant leurs efforts. Une première évasion de Mescaleros se produit en avril 1864, puis le reste de la tribu quitte définitivement Bosque Redondo une nuit de novembre 1865. Ils se dispersent, trouvant refuge chez d’autres Apaches et même chez leurs anciens ennemis comanches.

The Mescalero indian reservation

 

Un groupe important de Mescaleros réapparaît cependant en 1873, sollicitant l’attribution d’une réserve. En mai par un décret présidentiel, une grande réserve leur est attribuée, située dans les Sacramento Mountains au sud-est du territoire du Nouveau Mexique.
Au printemps 1879, le chef  Victorio, avec quelques centaines de Mimbrenos, accepte de s’installer avec les Mescaleros. Mais, incapables de supporter la vie humiliante d’une réserve, les Mimbrenos s’enfuient, accompagnés par environ cent cinquante Mescaleros.
En 1914, les Chiricahuas, installés à Fort Sill après leur déportation en Floride, sont libérés. Tandis qu’un certain nombre d’entre eux demeure en Oklahoma, ceux qui désirent regagner leurs terres du Sud-Est choisissent de s’installer sur la réserve mescalero. Leurs descendants y sont toujours.
Le manque d’eau rend la réserve mescalero peu propice à l’agriculture. L’élevage y réussit mieux.
Au début des années 1990, les Mescaleros se tournent vers le tourisme. Ils créent notamment un important centre de loisirs appelé "Inn of the Mountain Gods" (l’Auberge des Dieux de la Montagne) qui comprend un casino, un hôtel, un centre de conférence, un golf, etc.