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(1633-1716) Madame Fouquet.
Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil, seconde femme de Nicolas Fouquet, vit dans un premier temps comme une princesse et tient un salon littéraire. Elle est peinte et sculptée par de grands artistes. Deux petites pièces en vers de La Fontaine lui sont adressées. Elle aide son mari à devenir le principal serviteur du roi, et apparaît à ses contemporains comme une aristocrate fière et insolente. Après l’arrestation de Fouquet, une métamorphose se produit au niveau de son caractère. Marie-Madeleine montre un courage, une abnégation et un dévouement qui honorent sa mémoire, allant jusqu’à se faire emprisonner avec Fouquet. Elle parvient aussi à récupérer une faible partie des biens de sa famille et de son mari, agissant d’une part pour le bien-être de ses enfants qui sont devenus des proscrits, d’autre part pour donner de l’argent aux pauvres. Elle mourut à Paris en 1716, écrit Saint-Simon, dans une grande piété, dans une grande retraite et dans un exercice continuel de bonnes œuvres pendant toute sa vie [1]. Ses malheurs, sa vertu, sa charité inépuisable la font regarder comme une espèce de sainte, pour reprendre l’expression de Saint-Simon ou Madame de Sévigné. Marie-Madeleine est née en 1633 [2], à Paris certainement en l’hôtel de Castille, ancien hôtel de Montmorency, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs et morte le 12 décembre 1716 à Paris, à 83 ans, dans sa maison dite de l'Arcade, à côté de l’abbaye du Val-de-Grâce [3].
Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil, appartient à une famille de riches marchands anoblis. Elle est la descendante de Pierre Jeannin (1540-1622), ministre de Henri IV, juriste et écrivain français. Son père, François de Castille (1590-1652), dont elle est l’héritière unique, est conseiller au Parlement de Paris, reçu le 19 août 1624 Président aux Requêtes du Parlement de Paris et receveur du Clergé. Elle est la petite-nièce de Philippe de Castille, seigneur de Chenoise, grand maître des logis de la maison de Louis XIV.
Sa mère, Charlotte Garrault [4], est la fille de Claude II Garrault, seigneur de Belle-Assise, conseiller au même parlement, et de Charlotte Le Clerc. Marie-Madeleine est la petite-fille du côté de Claude Garrault et de Charlotte Moreau (fille de Raoul, seigneur de Grosbois, et du côté maternel de Pierre Leclervc du Vivier-en-France et d'Anne Fériet). Elle est donc la petite-nièce de Chrestienne Le Clerc du Vivier-en-France. Du côté des Garrault se trouve une parenté avec le duc Nicolas de Neufville de Villeroy, maréchal de France, qui assiste comme cousin maternel de l'épouse au mariage Fouquet de 1651 [5].
Son arrière-grand-mère maternelle, Marie Balue est la nièce du cardinal Jean Balue et de Geoffroy Cœur, fils de Jacques Cœur [6], lui aussi victime d'un roi ingrat. Sa grand-mère, Charlotte Le Clerc est par sa belle-mère, une Moreau, la nièce de Nicolas de Harlay sieur de Sancy, dont le grand-père Louis de Harlay, seigneur de Beaumont (17 janvier 1520), seigneur d'Invault (20 juin 1506), échevin de Paris (1498) s’est marié avec Germaine Cœur, baronne de Montglas, dame de Beaumont et de Césy, petite-fille de Jacques Cœur [7].
Saint Simon affirme que Mme Fouquet étoit sœur de Castille, père du père de Mme de Guise. Mais cela est faux. Le père de Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil est le cousin germain de ce Nicolas Jeannin de Castille et donc elle n’est qu’une très lointaine parente de Joseph de Lorraine (1679-1736), qui se dit prince de Guise.
En novembre 1650, Nicolas Fouquet peut franchir un pas important en achetant pour 450.000 livres la charge de procureur général du Parlement de Paris, avec la bénédiction de Mazarin comme de la régente [8]. Il entre ainsi dans l'élite de la robe. Fouquet en profite pour asseoir son statut social par son second mariage, le 5 février 1651 à Saint-Nicolas-des-Champs. Marie-Madeleine de Castille n'a que 17 ans, lui en a 36. Sa dot de100.000 livres est inférieure à celle de Marie Fourché, sa première femme, mais elle apporte en compensation un vaste cercle de relations. Son cousin, Nicolas Jeannin de Castille devient marquis de Montdejeu et Trésorier de l'épargne. Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil donne à Nicolas Fouquet [9] de splendides espérances d’héritage, une fortune d’environ 1.500.000 livres, et l’important fief de Belle-Assise [10]. Elle est l’unique héritière de sa mère [11]. Son frère unique est mort très jeune et ses deux sœurs sont carmélites. La mariée est selon ses contemporains une fière beauté brune aux traits purs et réguliers. Jean-Marie Pérouse de Montclos nous dit qu’elle va servir de modèle pour La beauté coupant les ailes de l'amour, de Charles Le Brun et une Charité, sculptée par Michel Anguier, sculptée pour orner le château de Saint-Mandé. Marie-Madeleine de Castille est représentée avec l’un de ses enfants dans les bras, un autre à ses pieds, deux autres à ses côtés [12]. Il existe aussi une Madeleine dans l’église Saint-Étienne de Maincy, qui est, selon les Archives de l'art français: recueil de documents inédits relatifs à l'histoire des arts en France, le vrai portrait de Madame Fouquet. Mais cette œuvre de Le Brun va disparaître en 1793.
Marie-Madeleine de Castille et Nicolas Fouquet vivent de 1651 à 1658 au n° 5 de la rue de Montmorency, dans l’hôtel de Castille. Elle lui a apporté en dot ce vaste ensemble situé paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, au coin des futures rues Michel-le-Comte, du Temple et de Montmorency. Cet hôtel particulier a appartenu jusqu'en 1624 à la famille des Montmorency. Il est détruit vers 1900.
Nicolas Fouquet est nommé Surintendant des Finances par Anne d'Autriche en 1653. Sa fortune personnelle ne s'élève encore, d'après sa propre estimation, qu’à 1.600.000 livres, y compris la valeur de sa charge de procureur général, sur laquelle il doit encore plus de 400.000 livres. C’est donc son emploi de surintendant de 1653 à 1661, qui lui rapporte, d'après son aveu, 3.150.000 livres, à peu près 400.000 livres par an. Il peut faire bâtir le magnifique château de Vaux-le-Vicomte (actuelle commune de Maincy) à partir de 1653. Le domaine de départ, acheté avant son accession à la surintendance, n’est constitué que de friches et d’un vieux château.
Après 1658, ils s’installent dans l'hôtel de Narbonne, puis dans celui d'Émery, jouxtant la demeure de Mazarin. Fouquet achète également une grande propriété à Saint-Mandé. Dans ses châteaux ou hôtels Marie-Madeleine Fouquet, spirituelle, cultivée et jolie tient le rang d'une vraie princesse, écrit Marcel Boulenger dans son Fouquet. L’appartement de Madame Fouquet à Vaux est entièrement composé de glaces et comprend une antichambre, une chambre et un cabinet. Ce cabinet est délicieusement tendu de soieries bleu pâle. Au plafond un ovale comporte une peinture représentant le ciel ; le blason de Madame Fouquet figure dans les angles. Marie-Madeleine de Castille tient un salon littéraire, où se rencontrent Georges de Brébeuf, l’abbé de Boisrobert, Paul Scarron, Jean Ogier de Gombauld, le président de Périgny, Samuel Isarn, Charles Faucon de Ris, Philippe Mazarin, le duc d'Orléans, Henriette de France, Henriette d'Angleterre, le roi Louis XIV. Les artistes, Le Nôtre, Levau, Torelli, Chapelain, Mme de La Suze, Mme Scarron, Le Brun, Corneille, Madeleine de Scudéry, Gilles Ménage, Paul Pellisson, La Fontaine, Madame de Sévigné, Corneille, Molière, Charles Perrault, Quinault, leur rendent visite. Le salon des Fouquet devient le centre du mouvement littéraire français à cette époque [13]. Comme le rappelle Claire Lesage, dans son Jean de La Fontaine, deux petites pièces en vers de La Fontaine ont été adressées à Madame Fouquet. Il la surnomme Sylvie. Elle est pour lui la personnification de la grâce et de la beauté…reine des coeurs… objet délicieux. Parmi tous ces portraits et ces louanges, seul l'abbé de Choisy, peut-être moins dépendant financièrement d’elle, la voit fière et insolente.
Madame Scarron se lie très intimement avec la surintendante, et devient toute puissante auprès d'elle peu de temps après son mariage. Les relations de Madame Scarron avec la famille Fouquet sont toujours pleines de convenance et de dignité. C'est à madame Fouquet que madame Scarron adresse ses lettres. Et le courrier où elle offre de se donner à Fouquet contre dix mille écus est très certainement un faux écrit par les ennemis de la toute nouvelle duchesse de Maintenon. D’ailleurs la future épouse du roi refuse poliment de devenir dame de compagnie de Marie-Madeleine de Castille et préfère rester auprès de son mari. L’amitié de Madame Fouquet et celle de Pélisson ne sont toutefois pas inutiles à Scarron pour lui attirer de nouveaux témoignages de générosité de la part du surintendant. Mais jamais Madame Scarron ne demande d’argent à son amie. Certes Scarron n’a pas de ces délicatesses. Il écrit : Elle a été à Saint- Mandé. Elle est fort satisfaite de la civilité de madame la surintendante... mais comme elle ne va que quand ses amis la mènent, faute de carrosse, elle ne peut lui faire sa cour autant qu'elle le souhaite.C’est dans les salons de Marie-Madeleine que se développe l’idée de l'État Incarnation de Dieu, dont elle va tant souffrir. Mais elle ne parle que très peu de politique, même si la future Madame de Maintenon écrit : J'irai à Vaux me promener dans ces allées, où l'on pense avec tant de raison, et où l'on badine avec tant de grâce.
Pour beaucoup de ses contemporains, il n’y a à la Cour que deux femmes avec lequel Louis XIVn’a pas regret de jouer et s’entretenir.L’une d’elle est Madame Fouquet. Marie-Madeleine s'intéresse à la poésie, aux beaux-arts, prend des leçons de dessin et de peinture auprès de Charles Le Brun et cela sied au monarque. Elle initie un concours scientifique, qu’elle préside et tire les conséquences de cette expérience. Ce choix est révélateur. Les femmes à cette époque s’intéressent déjà à la science.
Marie-Madeleine Fouquet est très généreuse. L’hôpital royal Saint-Louis est fondé à Palais, en 1659, à l'initiative de la marquise de Belle-Île-en-Mer.
Le 11 juillet 1661, Fouquet reçoit une nouvelle fois la Cour. Louis XIV n'ayant pu assister à la fête, une autre est donnée le 17 août pour l'inauguration du château de Vaux-le-Vicomte. Marie-Madeleine organise une grandiose et somptueuse fête et un dîner de 80 tables, 30 buffets et cinq services de faisans, cailles, ortolans, perdrix etc. avec de la vaisselle en or massif pour les hôtes d'honneur et en argent pour le reste de la cour. Molière et Lully font jouer Les Fâcheux, une comédie-ballet composée exprès pour la circonstance. Pour le dessert, François Vatel invente une surprise : de la crème chantilly.
Louis XIV est furieux de voir tant de splendeur alors que ses propres demeures sont vides. L'origine de tant d'argent lui paraît suspecte. L'offre de Fouquet de lui donner Vaux ne fait que l'irriter davantage. Selon l'abbé de Choisy, Louis XIV déclare à Anne d'Autriche : Ah, madame, est-ce que nous ne ferons pas rendre gorge à tous ces gens-là [14] ?
Alors que la Cour est à Nantes pour les États de Bretagne, le 5 septembre 1661, Louis XIV ordonne à d'Artagnan d'arrêter le surintendant pour de supposées malversations [16], mais sans plainte et sans information. Visiblement surpris, Fouquet offre de faire remettre Belle-Île au roi. Il parvient à faire prévenir ses proches, qui n'utilisent pas ce répit pour détruire des documents qui peuvent être compromettants [17]. Sa femme va faire remarquer dans un courrier au monarque qu’il se comporte en despote en rien fidèle aux traditions de ses aïeux, bafouant les lois du royaume. En effet, elle écrit que son comportement est nouveau et qui ne s'était point encore pratiqué dans votre royaume, on a pris et saisi tous les biens et effets du sieur Foucquet, encore qu'il fût prisonnier, et que par les ordonnances de votre royaume il soit nommément porté qu'on ne pourra saisir le corps et les biens... La monarchie absolue de droit divin se met en place. S'opposer au roi revient à s'opposer à la volonté divine, ce qui légitimise le bannissement spirituel (rejet de la communauté de fidèles) et temporel (mise au cachot). Fouquet va en être l’une des premières victimes, mais la vieille noblesse va voir son rôle diminué et les protestants connaître les galères, les dragonnades, l’exil et la proscription.
Pourtant auprès du despote, Fouquet et sa femme ont des amis. Hugues de Lionne demande au roi que Marie-Madeleine Fouquet ne soit pas séparée de son mari. Mais c’est en vain qu’elle demande à être emprisonnée avec son époux [18]. La marquise devenue paria est exilée à Limoges, alors que la justice n’a strictement rien à lui reprocher. Ses beaux-frères Louis et François sont confinés dans leurs diocèses. Un autre, Gilles, est déchu de sa charge de Premier écuyer de France, et même Basile doit s'exiler en Guyenne. Certains de ses amis les plus proches, comme Pellisson, sont emprisonnés, les autres assignés à résidence [19]. Ses enfants, dont un bébé de deux mois, lui sont pris et la reine-mère Anne d'Autriche doit intervenir pour qu’ils ne soient pas jetés à la rue. Ses biens sont saisis. Marie-Madeleine est par exemple dépouillée de ses meubles et de tous ses effets, et elle doit emprunter de l’argent pour survivre. Ami dévoué, Gourville fait demander la permission, qu'on lui accorde, de prêter 2.000 louis à la femme du surintendant, qui peut alors partir pour Limoges.
Dans un courrier au roi du 15 décembre 1663, elle lui rappelle qu’elle est une femme séparée de biens et qu’il n’en tient pas compte. Marie-Madeleine montre après cette disgrâce un courage et un dévouement qui honorent sa mémoire. Elle s'efforce, de concert avec la mère de Fouquet, d'exciter la pitié des juges et de désarmer la colère du roi. Devant les réclamations des créanciers du Surintendant - dont son épouse - la mise aux enchères de ses biens est ordonnée.
Fouquet est emprisonné à la Bastille, prison que connaîtront aussi par la suite ses petits-fils, le maréchal et le chevalier de Belle-Isle. Le monarque saisit une partie des biens de son prisonnier, et lui fait payer les frais et nourritures de ses gardes et des gens de guerre appartenant aux garnisons des prisons où on l’enferme, le tout sans aucune formalité de justice.
Marie-Madeleine séjourne à Saintes plus de six mois, éloignée de sa famille, séparée de ses enfants. Elle se plaint de ne pas recevoir les lettres de son mari. Marie-Madeleine de Castille, descendante de générations et générations de serviteurs de la couronne parle du sort de ses enfants à Louis XIV. Toutes les requêtes qu'elle a présentées pour leurs aliments ont été retenues, sans qu'il en ait été fait rapport ou du moins sans qu'on lui ait rendu aucune réponse ni donné satisfaction sur une demande si légitime, si raisonnable et si nécessaire, qui sont des inhumanités et des duretés bien éloignées sans doute du naturel royal et généreux de Votre Majesté. Elle ajouteadroitement qu’on a dissimulé la disposition des ordonnancesau roi pour ne pas attiser sa colère. Mais elle n’est pas dupe.
Nous apprenons dans une lettre du fils du Président à mortier de Dijon, du 24 mars 1662 que Madame Fouquet se jette aux pieds du roi, au sortir de son dîner. Elle peut le croiser grâce au chevalier de Machault, sans autre suite. Marie-Madeleine est toute baignée de pleurs. Elle lui dit seulement ces trois mots : Sire, sire, miséricorde ! Le roi ne lui en baille pas le loisir de commencer un plus grand discours, et la relevant, lui dit seulement deux ou trois mots si bas qu'on ne les peut entendre, et passe outre. La reine-mère, en parle au Roi et cherche à exciter sa compassion en parlant de Madame Fouquet, elle dit ces mots : La pauvre femme était si troublée qu'elle ne savait quasi que dire ; en vérité, elle fait pitié. A quoi le monarque absolu de droit divin ne répond pas le mot et change de discours.
Marie-Madeleine assiège aussi le roi de placets et de sollicitations pour obtenir plus sa clémence [20]. Avec sa belle-mère, elles se tiennent presque chaque jour à la porte de l'Arsenal, où siège la chambre de justice, et présentent des requêtes en faveur de l'accusé. Pendant des années, pour payer les dettes de son mari, Marie-Madeleine de Castille va devoir engager les biens qui lui viennent de sa famille [21].
Le 11 octobre 1662, le roi dit à Lamoignon de nommer d'Ormesson et de Saint-Hélène. Le premier président objecte que madame Fouquet les a récusés. Elle craint, répond le roi, l'intégrité connue de ces magistrats, c'est une raison de les nommer; que l'accusé propose ses moyens de récusation, la chambre en jugera. Et comme Lamoignon semble ne pas approuver, le roi réplique en ajoutant : Dites que c'est moi qui l'ai commandé que les réflexions du Roi étaient faites et sa volonté immuable.
Marie-Madeleine de Castille fait circuler les défenses de son mari sur l’affaire des octrois [22]. Les Défenses de Nicolas Fouquet paraissent en novembre 1662. Les premières presses sont saisies par le commissaire. Elle fait alors installer une imprimerie dans sa propriété de Montreuil-sous-Bois. C’est de là que partent désormais tous les brûlots contre Colbert et le gouvernement. Ce n’est qu’un début et les imprimeries clandestines se multiplient, malgré les arrestations [23]. Elle fait distribuer les imprimés de sa production à tous les commissaires, à l'exception du chancelier Voisin et de Pussort, toujours exceptés de toutes les distributions et sollicitations de l'accusé. Jamais accusé ne fut mieux servi que Fouquet ne l'est pendant le cours de son procès, et que jamais femme n'a mieux fait son devoir ni avec plus d'esprit, de conduite, d'adresse, de vigilance et de secret que n'a fuit madame Foucquet, pour adoucir les violents chagrins de son mari et le sortir assez heureusement d'une si dangereuse affaire.
Dans son courrier au roi du 15 décembre 1663, elle lui dit que le remboursement de son héritage, malgré son contrat de mariage, est interrompu par l'autorité de plusieurs arrêts intervenus, qui sont liés à tous les juges ordinaires, et renvoyés aux poursuites de la chambre... Les baux de quelques-uns des biens poursuivis à la chambre après deux ans, et enfin adjugés, ont été éludés par l'autorité seule d'un greffier...En ce qui concerne les défenseurs de son mari, elle ajoute : le but des ennemis du sieur Foucquet est de ruiner sa famille, et nommément la suppliante, ne pouvant souffrir qu'elle sollicite pour son mari contre leurs intentions, ils ont fait emprisonner deux fois ledit Girard et l'ont tenu la plus grande partie du temps à la Conciergerie, sans accusation, sans information, sans décret, et enfin ils ont tant fait qu'ils ont fait exiler ledit sieur Jeannart au même lieu de Limoges où la suppliante avait été si longtemps, et ils ont, par ce moyen, achevé de ruiner les affaires de la suppliante, qui demeure sans conseil, sans papiers, sans argent et sans connaissance de ses affaires.
Mais, sur le rapport de d'Ormesson, la chambre de justice alloue à madame Foucquet 30.000 livres, le 20 décembre 1663, à titre de provision alimentaire. L'abbé de Choisy, dans ses Mémoires pour servir à l'Histoire de Louis XIV, constate que : La décadence de son mari, fit bien changer ses manières : et il me souvient qu'étant venue à l'audience de M. Pontchartrain, contrôleur-général, elle se mit humblement dans la foule ; mais il alla à elle dès qu'il la vit, et la fit mettre dans son cabinet, à la barbe de plusieurs duchesses qui ne l'avoient pas regardée. Le 14 avril 1664, ses gardiens permettent à Fouquet de serrer sa femme et ses enfants dans ses bras, qu'il n'avait pas vus depuis trois ans. C’est la dernière étreinte avant 15 longues années sans qu’ils puissent même l’apercevoir. Madame Fouquet vient ce jour là au devant de son mari à Charenton, et d'Artagnan ne s'y oppose pas. Pourtant, peu de temps auparavant, le roi avait vu, sans s'arrêter, la femme et la fille de Fouquet agenouillées sur son passage. Les récents arrêts de la Chambre de justice n'étaient que trop faits pour jeter l'épouvante dans tous les cœurs !
Le 23 mai 1664, Madame Foucquet donne requête à la chambre pour avoir des meubles, on ne veut pas délibérer là-dessus, et le chancelier dit qu'il n'y avait qu'à donner ce qu'elle demande. Mais, l’on ne voit pas que des juges ordinaires ou un simple greffier s’acharner contre Fouquet et sa femme. C’est au tour d’un grand serviteur de l’État comme Chamillart. Il écrit à Colbert : Monsieur, j'ai cru vous devoir donner avis que madame Foucquet a refusé d'accepter les meubles dont j'ai offert de lui faire délivrance, conformément à l'arrêt qu'il vous a plu m'envoyer; son refus fondé sur ce que, dans le mémoire qui m'a été présenté de sa part, elle demandait des meubles pour se loger à Fontainebleau, à Moret et à Montigny; ce dernier lieu étant une maison écartée, je n'ai pas estimé devoir reconnaître une demeure de cette qualité, qui devait vraisemblablement être un rendez-vous pour des assemblées secrètes, et l'arrêt, de l'exécution duquel il a plu au Roi me charger, ne parle que de Moret.
Néanmoins presque toute l’administration royale s’en prend désormais à toute la famille de cet ancien ministre. De nouveau, Fouquet ne peut plus voir ses avocats quand il le veut, Madame Fouquet doit présenter une requête fin 1664 contre ces nouvelles restrictions. Cette demande est envoyée au Roi, qui laisse la Chambre décider la chose. Il est résolu qu’il verra ses conseils le lendemain de chaque signification, en présence de d'Artagnan. Le mois d'octobre et la première quinzaine de novembre 1664 sont employés à entendre la lecture du procès, à juger des requêtes présentées par le surintendant et Madame Fouquet. Tout cela est sans intérêt; cependant les conjectures du public vont toujours leur train.
Son cousin, Jeannin de Castille est l’une des principales victimes de la Chambre de justice qui lui infligea une amende de 8.000.000 livres. Celle-ci met un terme à une carrière facile et brillante, comme l’écrit D. Dessert. Fouquet reste en prison.
La vente du mobilier de Vaux et de la résidence de Saint-Mandé se déroule de 1665 à septembre 1666, après que Louis XIV ait fait prélever pour lui-même maints objets précieux, tapisseries, étoffes de brocart, tables de marbre, vases de vermeil... Des carreaux de dallage en marbre blanc et noir sont transportés au Louvre, des orangers en caisse et des milliers d'arbrisseaux à Versailles et aux Tuileries... Louis XIV met la main sur les plus belles pièces de leurs collections et va jusqu’à faire remplacer l’écureuil des Fouquet par des fleurs de lys sur les tapisseries. Mais Vaux est abandonné par les créanciers à Mme Fouquet, avec les seigneuries de Melun et de Belle-Île-en-Mer, contre le paiement sous 10 ans de 1.250.000 livres de dettes privilégiées.
Néanmoins les persécutions continuent. Il lui est interdit de retourner à Vaux. Louis XIV et surtout Louvois font détruire systématiquement les correspondances de Fouquet et de ses proches, même celle des enfants à leur père. D’ailleurs, en 1669 une nouvelle pourtant bien banale met les courtisans en émoi. Nicolas Fouquet a essayé de correspondre avec sa femme. Cinq complices sont pendus [24] et d’autres cadenassés dans de sombres cachots. La pauvre femme ne peut même pas procurer à son mari un paquet de jus de réglisse.
Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil, et ses cinq enfants sont quant à eux, exilés. C'est le 25 juillet 1671 qu'elle acquiert le château de Pomay à Lusigny, bien modeste demeure à côté de Vaux-le-Vicomte. Ils ont un pied à terre à Moulins. Elle héberge aussi sa belle-mère. Les filles de la Croix à Moulins bénéficient de sa générosité. Les registres paroissiaux de Lusigny nous informent de leurs activités ordinaires : baptêmes de cloches, parrainage d'enfants d'un laboureur (série E des A.D. de l'Allier). En 1683, Marie Madeleine, la troisième enfant du couple, épouse le chevalier Crussol d'Uzès dans la chapelle du château, devant une brillante assistance. Le château de Pomay, à Lusigny, à côté de Montluçon n’est en rien une petite maison, comme l’écrit Madame de Sévigné, mais C’est un petit château de la puissante famille de Bartillat [25], de style Louis XIII, qui se compose d'un corps central à rez-de-chaussée et premier étage, encadré de deux pavillons.
A cette époque, bien que séparée de biens avec Fouquet, Marie-Madeleine doit vendre la plupart de ses biens, dont ses fiefs de Montreuil-sous-Bois, d’Arcy et d’Orléans à Laurent Berthemet, maître des comptes le 12 novembre 1672, pour survivre.
En 1673, après dix années d'exil, Marie-Madeleine de Castille peut rentrer à Vaux. Le château a été pillé et dégradé. Avec son fils aîné, le comte de Vaux, elle reprend le domaine en main, le fait fructifier, règle en totalité les dettes de son mari, en vendant notamment des œuvres qu'il avait commandées. Madame Fouquet va encore devoir attendre six ans avant que le roi ne l'autorise à rendre visite à son mari [26].
Une transaction est conclue le 19 mars 1673. Elle est désintéressée de ses droits qui s’élèvent à 1.250.000 livres, mais elle récupère outre le château de Vaux-le-Vicomte, une centaine de milliers de livres, la maison de Saint-Mandé, Belle-Île-en-Mer, le manoir et la terre de La Guerche (à Saint-Brévin-les-Pins), le château de Largoët (à Elven), Trévérec, le château de Cantizac (à Séné), Bouy-le-Neuf, Lanvaux, Keroual, la terre de Coët-Canton, la forêt de Trédion, les domaines du Grand Auvers, des Moulins-Neufs (à Lézigné), de Maincy, la vicomté de Melun, des parts dans la société des toiles d’Amérique, l’exploitation des bois de Normandie, ses offices d’huissier au Parlement de Paris et d’huissier conseiller en Hôtel de Ville [27].
Marie-Madeleine vend la châtellenie de La Guerche, par contrat du 12 avril 1677, à René de Bruc, seigneur de Montplaisir en Pornic et gouverneur d'Arras. Celui-ci fait l'année suivante hommage de La Guerche au roi (Archives de Loire Inférieure, B1009).
C’est certainement l'intervention de Madame de Montespan qui rend possible la visite tant désirée de Madame Fouquet à son mari en mai 1679 [27].
Marie-Madeleine se fait enfermer avec lui dans la prison de Pignerol et y reste jusqu'à la mort de Nicolas Fouquet en mars 1680 [28]. Elle pousse donc l'abnégation jusqu'aux dernières limites. Elle partage sa dure captivité de son mari et lui ferme les yeux, à Pignerol. Il n’y a donc aucune confusion possible entre Fouquet et le masque de fer.
Nicolas Fouquet est inhumé en l'église du couvent des Dames de Sainte-Marie, grande rue Saint-Antoine, à Paris. Marie-Madeleine n’a que 37 ans et a renoncé aux privilèges que lui donnait sa naissance pour suivre le droit chemin que lui trace sa foi immense.
Marie-Madeleine de Castille survit à son mari trente-six ans. Elle lutte dans un premier temps pour sauver les restes de la fortune familiale. C’est une rude bataille, parsemée de luttes judiciaires et d’embûches chicanières [29]. Leurs biens sont saisis par le roi ou donnés sans son avis à des œuvres pieuses. Heureusement, Madame Fouquet est détentrice de sûretés et de privilèges du fait de ses conventions matrimoniales. Le roi finit par lui en laisser une partie. Elle doit vendre le château de Largoët à Michel de Trémeurec. La baronnie de Lanvaux et terre et le château de Cantizac sont vendus au roi, le 21 janvier 1681, par Marie-Madeleine de Castille.
En 1684, 4 ans après la mort de son mari, Mme Fouquet donne les seigneuries de Vaux et de Melun à son fils. La veuve de Nicolas conserve Belle-Île-en-Mer jusqu'à ce qu'en 1704 le roi lui achète. En 1705, le comte de Vaux meurt sans postérité et sa mère décide de vendre le château de Vaux-le-Vicomte, au maréchal Claude Louis Hector de Villars, duc et pair de France, 500.000 livres [31].
La généreuse Madame Fouquet invoque une promesse que Louis XIV lui avait faite en 1680 pour se dérober sans doute à ses importunités. La vieille dame veut rendre cette promesse plus solennelle par la publicité. Mais la Harangue de Mme Fouquet au roi ne peut être imprimée qu'à l'étranger, à Utrecht, chez Jean Ribius, et les exemplaires de ce petit livre, intitulé Formulaire des inscriptions et souscriptions des lettres dont le roi de France est traité par tous les potentats de l'Europe, et dont il les traite réciproquement, ont beaucoup de peine à s'introduire en France, quoique le sujet adulateur de l'ouvrage a été imaginé sans doute pour servir de recommandation à la harangue. Votre Majesté, dit Mme Fouquet dans cette requête, a bien voulu me faire l'honneur de me dire qu'elle était fâchée d'être obligée de faire ce quelle a fait. Madame Fouquet, tout en implorant la clémence royale, a la hardiesse de rappeler les iniquités du procès de son mari, particulièrement les papiers de l'accusé pris contre toutes les formes ordinaires, et beaucoup même soustraits. Elle ne demande point une absolution glorieuse, mais une abolition, l'exil au lieu de l'emprisonnement perpétuel... C’est son dernier combat pour la mémoire de son mari et mettre fin à la proscription qui écarte ses enfants de l’armée et l’administration.
Saint-Simon écrit : Elle mourut à Paris, en 1716, dans une grande piété, dans une grande retraite et dans un exercice continuel de bonnes œuvres pendant toute sa vie. La mère et la femme de Fouquet contrastent par leurs qualités simples et modestes avec le reste de la famille [32]. Elle est inhumée dans la chapelle Fouquet du couvent de la Visitation-Sainte-Marie, à Paris, avec son mari [33].
Nicolas Fouquet a cinq enfants de Marie-Madeleine de Castille. Leurs enfants ne seront pas admis à la cour de 1680 à la mort de Louis XIV :
*Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle, ou le chevalier de Belle-Isle, est mort le 19 juillet 1747 à la bataille d'Assietta, lieutenant général des armées du roi de France, diplomate à son service. Militaire ardent et de grande ambition, mais plein de sagesse et de raison dans sa vie privée, le chevalier de Belle-Isle, qui naît neuf ans après son frère est à ce point de vue l'opposé de son frère le maréchal. Aussi leurs amis les avaient-ils surnommés celui-ci Imagination et celui-là Bon-Sens.
*Charles-Louis-Auguste Fouquet de Belle-Isle (1684-1761), officier et diplomate français, duc de Belle-Isle, duc de Gisors et pair de France en 1748, chevalier des ordres du roi et de la Toison d'or, prince de l'Empire, ministre d'État (1756), secrétaire d'État à la Guerre (1758) et maréchal de France. Le maréchal à la mort de son frère reste seul avec son fils, le comte de Gisors. Ce jeune homme, l'orgueil et l'espoir des deux frères, semble destiné à porter au plus haut point la gloire de sa maison, lorsqu'il est tué, à vingt-sept ans, pendant qu'il s'efforce de rétablir la bataille de Krefeld (1758), perdue par l'incapacité de Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont. Avec Charles-Louis-Auguste s’éteint cette branche de la famille Fouquet.
1. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant de finances : de Adolphe Chéruel - Page 356.
2. Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, Firmin Didot fréres, fils et cie, 1858, p.330 et Lettres de Madame de Sévigné de sa famille et de ses amis, Marie de Rabutin-Chantal Sévigné, Paul Mesnard, Louis-Jean-Nicolas Monmerqué, Édouard Sommer, L. Hachette et cie, 1862, v.1, p.475 et La carrière de Molière: entre protecteurs et éditeurs, C. E. J. Caldicott, Rodopi, 1998, p.161.
3. Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, H. Champion, 1930, v.57-58 1930-1931, p.141 et L'innocence persécutée: dialogues, Marie-Françoise Baverel-Croissant, Institut Claude Longeon, Molière, Institut Claude Longeon Saint-Étienne, Jean de La Fontaine, Publications de l'université de Saint-Étienne, 2002, p.404.
4. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant de finances : de Adolphe Chéruel - p.355.
5. Généa. in PA. t.4 p.639, cité par de de Castille et Garrault
6. Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, Auguste Vallet de Viriville, Vve J. Renouard, 1865, v.3, p.273n.
7. Caumartin, de La Croix H.R., Moser/Anselme-VIII/798, Hommages rendus à la chambre de France et Arrêt du Conseil d'État sous le règne d'Henri IV, tome 2, n°8278 qui se réfère à E 6 a, f.406 recto et BN MS.fr 18167 f° 196 recto et Garrault
8. Jean-Christian Petitfils, Fouquet, Librairie Académique Perrin, 1999, p. 74-65.
9. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant de finances: d'après ses lettres et des pièces inédite [!], conservées à la Bibliothèque impériale, Adolphe Chéruel, Charpentier, 1862, v.1, p.356 et de Castille
10. Jean-Christian Petitfils, op. cit., p. 77.
11. Certificat d'ascendance 27.7.1685 Et/XIX/527 cité par [http://www.famillesparisiennes.org/public/ordinis/castille.pdf de Castille]
12. Parcours la fontainien d'Adonis au livre XII des Fables Biblio 17: d'Adonis au livre XII des Fables, Marie Odile Sweetser, Gunter Narr Verlag, 2004, p.38 et Vie des salons et activités littéraires, de Marguerite de Valois à Mme de Staël: actes du colloque international de Nancy (6-8 octobre 1999), Roger Marchal, Presses universitaires de Nancy, 2001, p.174.
13. Jean-Christian Petitfils, op. cit., p. 264 et 265.
14. Choisy, Mémoires, p. 94 et Jean-Christian Petitfils, op. cit., ou Vatel (film).
15. Œuvres de J. de La Fontaine, Jean de La Fontaine, Henri Régnier, Paul Mesnard, Hachette & cie, 1892, t. 8, p.377 et Œuvres: sources et postérité d'Esope à l'Oulipo, Jean de La Fontaine, André Versaille, Éditions Complexe, 1995, p.82.
16. Le récit de l'arrestation se trouve chez l'abbé de Choisy, qui lui-même tient ses renseignements de son ami Brienne. Georges Mongrédien, éditeur des Mémoires de l'abbé de Choisy, le juge le plus complet et le plus exact que nous possédions, Mémoires de l'abbé de Choisy, p. 380, note p. 1 à la p. 91.
17. Mémoires de l'abbé de Choisy, éd. du Mercure de France, 1966, p. 380, note 1 à la p. 91 et excellent article Wikipédia sur Nicolas Fouquet.
18. L'innocence persécutée: dialogues, Marie-Françoise Baverel-Croissant, Institut Claude Longeon, Molière, Institut Claude Longeon Saint-Étienne, Jean de La Fontaine, université de Saint-Étienne, 2002, p.404.
19. Mémoires de l'abbé de Choisy, éd. du Mercure de France, 1966, p. 380, note 1 à la p. 91 et excellent article Wikipédia sur Nicolas Fouquet.
20. Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, Firmin Didot frères, fils et cie, 1858, p.326.
21. Le surintendant Nicolas Foucquet: protecteur des lettres, des arts et des sciences, Urbain Victor Chatelain, Perrin et cie, 1905, p.348.
22. Jean-Christian Petitfils, excellent article Wikipédia sur Nicolas Fouquet., p.430.
23. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant de finances: d'après ses lettres et des pièces inédite [!], conservées à la Bibliothèque impériale, Adolphe Chéruel, Charpentier, 1862, v.1, p.356 et suivantes.
24. Jean-Christian Petitfils, op. cit., p.470 et excellent article Wikipédia sur Nicolas Fouquet
25. Châteaux, fiefs, mottes, maisons fortes et manoirs en Bourbonnais, René Germain, Éditions de Borée, 2004, p.89.
26. Vaux-le-Vicomte, château de (Encarta)
27. Jean-Christian Petitfils, op. cit., p.516.
28. Lettres de Madame de Sévigné de sa famille et de ses amis, Marie de Rabutin-Chantal Sévigné, Paul Mesnard, Louis-Jean-Nicolas Monmerqué, Édouard Sommer, L. Hachette et cie, 1862, v.1, p.233.
29. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant de finances: d'après ses lettres et des pièces inédite, conservées à la Bibliothèque impériale, Adolphe Chéruel, Charpentier, 1862, v.1, p.356 et suivantes.
30. Jean-Christian Petitfils, op. cit., p.515.
31. Vaux-le-Vicomte, château de (Encarta) [archive]
32. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, surintendant de finances: d'après ses lettres et des pièces inédite [!], conservées à la Bibliothèque impériale, Adolphe Chéruel, Charpentier, 1862, v.1, p.356 et suivantes.
33. Actuel temple du Marais, rue Saint-Antoine.
34. Notices généalogiques, de Henry de Woelmont, p.76.