SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

Mangas Coloradas (vers 1790-1863)

Note moyenne : pour 6 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Mangas Coloradas (vers 1790-1863)
Publié le:14/05/2009

Chef Apache-Chiricahua


Mangas Coloradas est, avec Cochise et Geronimo, l’un des plus grands chefs apaches. Victime à plusieurs reprises de la traîtrise des Blancs, il se venge en menant contre eux une guerre implacable. Il meurt assassiné par des militaires qui l’avaient attiré dans un piège.


Dasoda-He, que les Blancs appellent Mangas Coloradas, est le chef de guerre des Mimbreños, un peuple étroitement associé aux Chiricahuas. D'une stature exceptionnelle, il devient l’un des chefs apaches les plus respectés. L’une de ses filles a épousé Cochise. Dès sa jeunesse, Mangas Coloradas acquiert une réputation de grand guerrier.

Santa Rita (avril 1837)

 

Depuis les années 1820, les Américains exploitaient les mines de cuivre autour de la petite ville de Santa Rita del Cobre près de la frontière mexicaine. Bientôt, certains groupes trouvent plus lucrative la chasse aux scalps apaches que l’Etat de Sonora paie alors de vingt-cinq à cent pesos, selon qu’ils sont pris sur un enfant, une femme ou un homme. En avril 1837, un trafiquant américain John Johnson, rencontre Juan José, un chef des Apaches-Chiricahuas, et l’invite, avec son clan des Mimbreños, à une grande fête à Santa Rita où des cadeaux doivent leur être distribués. Les Apaches s’installent sur la place du village où de nombreux cadeaux sont disposés. Plusieurs centaines de femmes et d'enfants vont et viennent au milieu des marchandises qui leur sont offertes. Ils ne voient pas qu’un canon est dissimulé sous des branchages. Johnson s’écarte un moment pour allumer la mèche du canon. La mitraille déchiquète les Indiens. Au même moment, des charges explosent au milieu des sacs de farine. A cet instant, des tireurs postés sur les toits abattent les survivants qui fuient, à peine revenus de leur stupeur. John Johnson abat Juan José. Quelques Indiens parviennent à échapper au massacre, dont le chef Mangas Coloradas qui sauvera son fils. Les hommes de Johnson achèvent les blessés, puis scalpent les quatre cents hommes, femmes et enfants qui gisent sur la place.

L'année suivante, Mangas Coloradas, devenu chef du clan, isole Santa Rita du reste du monde. Avec les guerriers de Victorio, il attaque tous les convois qui ravitaillent la petite ville. Quand les habitants affamés tentent une sortie, ils sont impitoyablement massacrés. Seul, John Johnson parviendra à s’échapper. Mangas Coloradas continue également à mener des raids de terreur contre les établissements mexicains de l’Etat de Chihuahua.


En 1847, Mangas Coloradas signe un accord de paix avec les Américains qui occupent désormais le territoire du Nouveau-Mexique. Les Apaches entretiennent de bons rapports avec les Américains.
En 1851, Mangas Coloradas vient seul parlementer avec des Américains qui exploitent les mines de cuivre de Pinos Altos, désireux de les voir quitter ses montagnes. Les mineurs se saisissent de lui et le fouettent, le laissant pour mort. Mangas Coloradas, qui a survécu, ne songe qu’à se venger. Il conduit de nombreuses attaques contre les colons américains, brûlant les fermes, massacrant les voyageurs.

Apache pass (15 juillet 1862)

 

Mangas Coloradas  et ses guerriers sont aux côtés de Cochise à la bataille d’Apache Pass livrée contre les troupes du général James H. Carleton qui, venues de Californie, menacent d'envahir Apacheria, en juillet 1862. Pendant une charge, Mangas Coloradas reçoit une balle en pleine poitrine. Cochise et quelques guerriers emmènent le grand chef dans la nuit, jusqu’à la petite ville mexicaine de Janos, à plus de deux cents kilomètres de là, où ils obligent un médecin à le soigner. Cochise menace : "S'il meurt, cette ville mourra !". Mangas Coloradas est soigné et revient parmi les siens.


A la fin de l’année, le général Joseph R. West adresse un message à Mangas Coloradas l’invitant à négocier, sous la protection d’un drapeau blanc, au camp de l’armée installé à Pinos Altos. Le 1er janvier 1863, Mangas Coloradas accepte de rencontrer le capitaine E.D. Shirland des "Californian Volunteers". Dès son arrivée, il est fait prisonnier et conduit à Fort Mc Lane.  Selon le témoignage d’un soldat et d’un civil, le général West suggère que « le prisonnier pourrait bien ne pas voir le jour se lever ». Dans la nuit, les soldats de faction qui ont compris le message, s’amusent à lui piquer les jambes avec leurs baïonnettes rougies au feu, puis commencent à mettre le feu à sa couverture. Le chef se lève brusquement pour protester. Il est aussitôt criblé de balles. Un soldat prend son scalp. Le cadavre est ensuite décapité. Un officier vend son crâne à un célèbre phrénologue de la côte est.
Dans son rapport, le général West écrit que Mangas Coloradas avait été abattu lors d’une tentative d’évasion, puis ajoute :

"J’ai longuement insisté sur cette affaire pour prouver que même avec un Indien assassin, dont la vie était à l’évidence condamnable aux yeux de toutes les lois humaines ou divines, la bonne foi des autorités militaires américaines n’a été compromise en aucune façon".