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Louis Groult des Rivières

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Louis Groult des Rivières
Publié le:09/09/2011

Général-comte


Blason des Groult des Rivières.
Blason des Groult des Rivières.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD

Louis Groult des Rivières est né le 22 juin 1743, à Moon-sur-Elle, aux confins du Cotentin et du Calvados. Il est décédé le 3 novembre 1832, âgé de 89 ans, en sa maison de Montfort-l'Amaury.

Louis Groult des Rivières est le descendant de Josselin de Groot (ou Grotius) qui, en 1430, passe de Hollande à Saint-Malo, banni de son pays des suites d'une rébellion contre le comte de Charolais,  alors stathouder [1]. Cette maison compte de nombreuses branches en Bretagne et Normandie : de Volembert, de La Motte, de Beauvais, de La Corderie et les marquis de Saint-Paër [2].

Selon son dossier militaire, à  quatorze ans, du fait de sa très grande taille, de son physique et de ses origines, Louis est accepté le 1er avril 1758 comme Garde du corps de l'ancien roi de Pologne, Stanislas Leszczynski, devenu duc de Lorraine et de Bar. Le 4 août 1771, à 28 ans, il est lieutenant au régiment provincial de Mantes. Sept ans plus tard, en 1778, Groult étant devenu capitaine d’infanterie, il a le privilège d’être admis dans la Compagnie des Suisses de Monsieur le comte d’Artois.  En 1780, Louis Groult des Rivières se marie avec Françoise Mélanie de La Fare, fille unique de Philippe Charles de La Fare, marquis et maréchal de France. Groult des Rivières est veuf le 7 avril 1782. En janvier 1791, l'Annuaire de la noblesse nous dit qu'il est colonel d'infanterie, major des Suisses  de  la  garde ordinaire du corps de Mgr d'Artois, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis (depuis 1784),  veuf de dame  Françoise de La Fare [3]. C'est à cette époque qu'il achète le château de Morville au duc de Doudeauville. Un an plus tard, il se marie avec la fille de Jean Baptiste III Gaudelet d'Armenonville, dernier Trésorier de la Marine de Louis XVI. Les révolutionnaires nomment Louis Groult des Rivières général de brigade mais comme il est comte et ancien Capitaine-colonel en survivance de la Compagnie des Suisses de Monsieur le comte d’Artois, frère du roi qui a émigré, ils le réforment (= retraite) [4]. Comme il est parent avec plusieurs députés républicains, il n'est pas trop inquiété pendant la Terreur. Il a cinq filles et marie son frère au château de Morville, en 1798, avec une fille de général noble. Sous l'Empire il est conseiller général. Et au retour des Bourbons il est à nouveau Mestre de camp. A la fin de sa vie, il vit à Montfort-L'Amaury, où il marie ses filles avec des nobles (baron de Foucauld, Le Fer de La Motte, Le Pippre de Tinques), qui sont tous Gardes du corps du roi. Ses proches et lui invitent régulièrement à des fêtes la duchesse d'Angoulême, la duchesse de Berry, Madame de Tourzel et Agathe de Rambaud, belle-mère de la nièce de sa femme [5].

 

 

SA FAMILLE

Hugo Grotius, par Michiel Jansz van Mierevelt (1631)
Hugo Grotius, par Michiel Jansz van Mierevelt (1631)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Louis Groult des Rivières est le descendant de Josselin de Groot (ou Grotius). Moréri, dom Taillandier, historien de Bretagne, et plusieurs autres écrivains estimés pensent que cette famille a une origine commune avec la famille patricienne des Pays-Bas de Grotiusdont le nom en français est Grout,  et en hollandais Groot. C'est aussi l'avis du Nobiliaire universel de France: ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume.  Josselin, en 1430,  passe de Hollande à Saint-Malo, banni de son pays des suites d'une rébellion contre le comte de Charolais,  alors stathouder [1]. Les Groot sont une famille illustre depuis plus de quatre siècles nous dit Moreri Corneille de Groot, Hugo Grotius (= Hugues de Groot), Pierre de Groot sont de grands savants [6].

Selon L'histoire de Bretagne et de nombreux autres ouvrages, lorsque le roi François Ier, vient en Bretagne, en octobre 1518, il fait tenir en son nom, sur les fonts de baptême, par Galéas de Saint-Séverin, grand-écuyer de France, le fils de Jean Grout, l'un des principaux habitants de Saint-Malo. À cette occasion, le roi accorde plusieurs privilèges à la famille de Grout [7].

Cette maison se divise en de nombreuses branches en Bretagne et Normandie : les de Volembert, de La Motte, de Beauvais, de La Corderie et les marquis de Saint-Paër [2]. Ces diverses branches vont occuper des charges de gentilshommes ordinaires de la chambre de nos rois, et des offices de judicature, qui les ont consolidés dans leur noblesse. Cette famille s'est rendue recommandable par ses services militaires. Elle compte plusieurs officiers de marque de terre et de mer, décorés de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Elle a des maréchaux de camp et brigadiers des armées du roi, et un chef d'escadre, dans la personne du chevalier Grout de Saint-Georges. L'officier de marine Grout de la Motte est l'un des chefs de la conspiration de la Rouerie, guillotiné le 18 juin 1793 à Paris avec 17 autres, dont quatre jeunes filles de sa famille. 

Blason Bauquet
Blason Bauquet
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Les Groult quittent Saint-Malo avant le XVIe siècle. Leur blason contrairement à celui des Grout : Écartelé, aux 1 et 4 de sable, à trois têtes de léopard d'or ; aux 2 et 3 d'argent, à trois fusées de gueules [2] est plus simple : De sable, à trois têtes de léopard d'or.

* Richard Groult de La Chaussée (1595-1685) est avocat et sieur de Cenilly. Il se marie le 4 novembre 1639 avec Avoye de Saint Laurent (1619-1711), fille de Pierre. Dans les chartes du seigneur de la Pommeraye, paraît Mauger de Saint-Aubin, chevalier et un autre titre parle d'un Roger de Saint-Laurent [8]. La dame Perrette de Saint-Laurent qui se marie en 1529 avec Thomas Bauquet [9] est certainement la soeur ou une grand-mère d'Avoye. Les Groult avec elle deviennent coseigneurs de Moon et elle décède dans ce village. Or ce Thomas acquiert en 1521, conjointement avec son frère, de Thomas Hottot, le fief de Moon relevant du Roi. Thomas est aussi écuyer, seigneur-patron de Surville, seigneur d'Huberville.

Thomas et Perrette sont par les femmes, les ancêtres de Louis Groult des Rivières :

Jacques Groult de la Planche (1636-1706), épouse, à Moon-sur Elle le 3 mai 1668, Roberde Bauquet (1653-1707), fille de Jean Bauquet de Manny, écuyer, seigneur-patron de Moon, et de Marie de La Gonnivière. Cet écuyer, demeurant à Lison, dans la vicomté de Bayeux, est maintenu dans sa noblesse en 1668 par jugement rendu à Bayeux par Chamillart [10]. Un descendant de cette famille, Bon Charles Louis Bauquet, marquis de Campigny, est présenté au roi le 15 juillet 1777, par le maréchal de Duras, après avoir justifié devant Chérin que sa famille descend de Jean Bauquet de Surville, que le roi Charles VII envoya avec d'autres gentilshommes en 1387 au secours du roi de Castille. Il a le droit aux honneurs et est présent aux assemblées de la noblesse en 1789 [9].

Charles Antoine d'Arthenay, député du baillage de Saint-Lô (1747-1812)
Charles Antoine d'Arthenay, député du baillage de Saint-Lô (1747-1812)
© Romany Adèle, née de Romance
Archives Guy de Rambaud
* Jean Groult de La Cointerie (1671-1727) épouse, à Moon, le 26 juin 1706, Marie de La Forge (1674-17??), fille de Julien et de Françoise Castel, veuve de Joachim Le Laisant, sieur de la Croix. Les de La Forge ne sont pas une famille noble. Jean est sieur de la Cointerie, bourgeois de Bayeux, mais les Groult ne sont pas maintenus dans leur noblesse, même s'ils sieurs de La Cointerie, de La Duranderie, de La Planche, des Rivières ... selon la Société d'archéologie et d'histoire de la Manche [11].

* Denis Groult des Rivières (1713-1762), père de Louis, se marie le 9 février 1740 à Tribehou avec Demoiselle Catherine d'Arthenay (1719-1750), fille de Jean d'Arthenay, sieur de Rougemont, du Vivray et de Tribehou. L'oncle maternel de Louis, Louis Charles Gilles d'Arthenay (1716-1783) est conseiller, secrétaire du Roy, Maison Couronne de France auprès du Parlement de Toulouse. Il est le père de :

- Charles Antoine d'Arthenay (1747-1815), député de la noblesse du baillage de Saint-Lô

-  Guillaume Louis d'Arthenay (1750-1834), député au Corps législatif de l'an XIII à 1816, Lieutenant général du bailliage de Valognes avant la Révolution, puis président de l'assemblée de son canton, il est désigné, le 4e jour complémentaire de l'an XIII, par le Sénat conservateur, comme député du Calvados au Corps législatif. Le 26 avril, il est créé chevalier, et, le 23 mai 1810, baron de l'Empire. Son mandat législatif lui est renouvelé le 4 mai 1811. Il est vice-président de la Chambre des députés.

Ses deux députés sont donc des cousins germains de Louis. Mais il a de nombreux frères et soeurs et deux autres députés comme parents proches : 

CPA représentant la cathédrale de Bayeux au début du XIXe s.
CPA représentant la cathédrale de Bayeux au début du XIXe s.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Françoise Catherine Groult (1740-1833) mariée avec un des Landes, de Vire, famille anoblie en 1642 dont quelques membres font partie de la Maison du Roi. Famille qui porte : D'azur à trois chevrons d'or, citée dans les Recherches de Chamillart.

- N Groult, mort jeune dans les colonies.

- Marie Catherine Groult (1745-1828) mariée le 31 janvier 1770 à Bayeux avec Thomas Michel Philippe d'Elleville, maître en chirurgie. Il est le fils de Denis, Lieutenant-général de l'Amirauté, puis conseiller à la cour royale, qui acquiert le château Fouques à Sainte-Croix-sur-Mer en 1781 [12]. Ils sont les parents de Auguste-Charlemagne Philippe-Delleville (1770-183?), maire de Morlaix, proscrit après le 31 mai, réintégré après le 9 thermidor, député du Finistère.

Veuf en 1750, son père, Denis Groult des Rivières (1713-1762) se remarie le 25 juillet 1747, à Saint Vigor le Grand, avec Françoise Philippe-Delleville (1725-1792), fille de Guillaume Philippe, sieur d'Elleville, lieutenant de la colonelle de la milice bourgeoise de Bayeux [13]. Son beau-frère, Philippe de Delleville, lieutenant général de l' Amirauté puis conseiller à la cour royale, acquiert  le château Fouques à Sainte-Croix-sur-Mer en 1781. Il est le commandant de la milice en formation et correspond avec Flanklin au sujet de sept naufragés américains prisonnier des Américains. Il est le père de Jean-François Philippe-Delleville, député du Calvados.

Son père, Denis Groult des Rivières, et sa belle-mère, Françoise Philippe-Delleville, ont trois enfants :

- Michel-François Groult de La Planche, né à Bayeux (étudié à MARIAGE DE SON FILS À MORVILLE)

- N Groult décédée à Bayeux en 1831.

- Barnabé Jean Groult (175?-1823) marié à Geneviève Michèle Sigle (176?-1813), dont la fille Victoire Groult (1796-1876), née à Bayeux, se marie en 1823  au sieur Pierre-Jacques-Louis Beauchef de Servigny (1757-1833). La petite-fille de ce Groult se marie avec le petit-fils du général Cathelineau et fils de  Jacques-Joseph de Cathelineau. Ce dernier est anobli en 1816 avec le titre de comte pour la branche aînée, sergent de 1ère classe de la Garde Royale, il combat en 1815. Mais il est surtout connu comme général des troupes de la Duchesse de Berry, lors de la Vendée de 1832, assassiné au château de La Chaperonnière par les gendarmes de Louis-Philippe Ier.

 

GARDE DU CORPS DE STANISLAS LESCZYNSKI

CPA représentant Stanislas dans son carrosse entouré de ses gardes.
CPA représentant Stanislas dans son carrosse entouré de ses gardes.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Selon son dossier militaire, à  quatorze ans, du fait de sa très grande taille, de son physique et de ses origines, Louis Groult des Rivières est accepté le 1er avril 1758 comme Garde du corps de l'ancien roi de Pologne, Stanislas Leszczynski (1677-1766), devenu duc de Lorraine et de Bar. Comme l'écrit dans La noblesse française au XVIIIe siècle, François Bluche : dans les grandes familles… on débute en qualité de volontaire - à quatorze ou quinze ans – dans une compagnie d’élite de la maison du roi. Et c'est aussi un privilège dû à sa naissance de servir la Reine, la Dauphine, le duc d’Orléans... ou le beau-père de Louis XV.  Certes, une partie des gardes sont issus de la toute petite noblesse de Versailles, du Languedoc ou du Périgord, mais ils sont là car leurs pères ont servi le roi avec ce dévouement digne des Romains, dont parle Voltaire, dans son Précis du siècle de Louis XV.

Le jeune Normand fait partie d'un escadron comptant deux compagnies. En tout seulement 75 hommes, mais triés sur le volet contrairement aux figurants sur la reconstitution  historique de 1909, à droite de ce texte. Seul l'adolescent figurant à gauche de cette carte postale ancienne permet d'imaginer l'allure de Louis en 1758. L'uniforme de parade est jaune et noir. Celui de tous les jours est bleu avec des boutons d'argent [14]. Il existe un Contrôle de la compagnie des Gardes du corps de Stanislas, datant de 1761. Ce manuscrit, relié en maroquin grenat, contient non seulement le contrôle de la compagnie, mais huit aquarelles représentant scrupuleusement les uniformes des officiers, brigadiers et gardes du corps [15].

Louis ne fait pas partie des gardes  polonaises du roi Stanislas, duc de Lorraine et de Bar. Il reste Français. Le capitaine est le père du chevalier de Boufflers. Le commandant des Gardes de Stanislas est Nicolas François de Lambertye, qui à la mort de son duc devient lieutenant-général des armées au service de la France. 

Groult se met lui aussi au service de la France après 1766. Le 4 août 1771, à 28 ans, il est lieutenant au régiment provincial de Mantes. En 1771, les milices qui servent sur l'ensemble du territoire sont transformées en régiments provinciaux au nombre de 47, portant le nom d'autant de villes de France. Le premier bataillon de ce régiment est attaché au régiment du Roi [16].

 

LA COMPAGNIE DES SUISSES D'ARTOIS

Gravure représentant un Garde du comte d'Artois (futur Charles X)
Gravure représentant un Garde du comte d'Artois (futur Charles X)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD

Sept ans plus tard, en 1778, Groult étant devenu capitaine d’infanterie, il a le privilège d’être admis dans l'une des deux compagnie de gardes suisses de Monsieur le comte d’Artois, le futur Charles X. Trois officiers sur six doivent être Français. Ses gardes suisses sont 54 en 1780. C’est une unité d’infanterie [17].

Pour devenir simple garde du corps, il faut être officier, d'âge mur, avoir une taille de 5 pieds et 5 pouces minimum (1 pied vaut 33 cm et 1 pouce = 27, 07 mm, soit environ 178 cm minimum), être vigoureusement constitué, bien facé, et gentilhomme ou d’une famille vivant de son revenu ou tout au moins hors du commun et, bien sûr, appartenir à la religion catholique, apostolique et romaine. Presque tous les gardes du corps des compagnies que va bientôt commander des Rivières, depuis le simple deuxième classe, sont nobles. Il existe quelques faussaires, mais Jean Paul Bertaud constatera que les 9/10e des officiers français des régiments de ligne sont nobles avant 1789 [18]. L'historien parle de l’ensemble des régiments et pas uniquement de la Maison militaire du roi de France ou de celles de ses frères, qui sont encore plus difficiles d'accès. Dans la Maison militaire du roi de France, Louis XVI (1754-1793), en 1775, oblige par une ordonnance les officiers à apporter la preuve de 200 ans de noblesse pour obtenir la charge d'officier, et de justifier de quatre quartiers de noblesse pour être simple garde [19].  

L'uniforme est vert aux parements amarantes (= bordeaux velouté), comme le montre la gravure à droite. Par contre, le blanc que l'on voit sur cet uniforme des gardes d'Artois français est jaune et blanc pour les compagnies suisses [20]. Les officiers appartiennent obligatoirement à la grande noblesse. Le roi étant le capitaine des gardes du corps, Groult, capitaine dans son ancien régiment, redevient en 1778 un simple brigadier de la garde du comte d’Artois, qui en est le simple capitaine. Les grades dans ces compagnies sont complètement différents de ceux des régiments de ligne ou provinciaux.

Louis Groult des Rivières n'appartient pas à l'une des grandes familles nobles du royaume. Certes en 1780, il est  écuyer, mais il n'est à 27 ans que capitaine. S'il habite rue Saint Honoré c'est chez sa maîtresse, veuve d'un comte, brigadier des armées du roi et fille d'un maréchal de France.


SON PREMIER MARIAGE (LA FARE)

Philippe-Charles de La Fare
Philippe-Charles de La Fare
(1687-1752), maréchal de France, diplomate.
© Serrur Henry Auguste Calixte César
"Chapitre"

Françoise de La Fare (1716-1783) est la fille d’un maréchal de France, Philippe Charles de La Fare, et la nièce de l'évêque-duc de Laon, Etienne Joseph de La Fare, second Pair de France. Son reliquat de fortune, certes encore considérable, lui vient de son grand-père maternel Claude François Paparel, Conseiller du Roy, Trésorier de l'extraordinaire des guerres et Trésorier général de la gendarmerie et des chevau-légers. Le premier beau-père de Louis Groult des Rivières a dilapidé son immense fortune en faisant la fête avec son ami le Régent.

Françoise Mélanie est  veuve du comte Claude Louis Bouthillier de Chavigny (1719-1776), d’une  famille qui a fourni plusieurs ministres sous Louis XIII et sous Louis XIV, ainsi que des archevêques. Claude Louis Bouthillier est le petit-fils de la sœur de Bossuet, le cousin du futur Premier ministre Étienne-Charles de Loménie de Brienne et aussi celui de Jacques Nompar de Caumont. Il est colonel au régiment de Cambrésis en 1732, puis brigadier d'infanterie (= général de brigade), depuis le 15 mai 1740, selon Etat militaire de France pour l'année 1763 et les Almanach royaux de 1750, 1770, 1775, 1776. Il vend en 1775 son château de Pont, l'un des plus beaux châteaux d'Europe au prince Xavier de Saxe, oncle maternel de Louis XVI.

CPA du château de Champfleury, demeure des La Fare-Groult des Rivières.
CPA du château de Champfleury, demeure des La Fare-Groult des Rivières.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
René Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson nous dit que Philippe Charles de La Fare va dépenser 4 millions de livres durant sa vie. La marquise Françoise de La Fare hérite donc de sa mère 216.000 francs et une campagne appelée Le Champ fleury et ses terres, à Carrières sous Poissy. Elle a aussi un privilège sur le duché de Picquigny. Leur contrat de mariage [21] nous informe aussi qu'elle possède tous les meubles, dentelles, bijoux, armes, équipages de cheval (= harnais)...  et qu'elle entend bien les garder. Toutefois comme Louis Groult des Rivières semble avoir dilapidé l'héritage de son père, la marquise lui garantit une rente. Pendant très longtemps, les officiers des armées françaises vont devoir se marier avec des jeunes filles riches car la solde d'un capitaine ne permet pas de mener grand train et d'avoir des domestiques et des chevaux. 

Françoise Mélanie de La Fare meurt, le 7 avril 1782 [22], en son hôtel rue de Chabanois, selon le Journal de Paris [23]. Elle est inhumée en l’église de Carrières-sous-Poissy, le 9 avril 1782. Messire Louis Groult Des Rivières est  à cette époque  Chevalier, Lieutenant colonel, et Major des Suisses de la garde ordinaire de Monseigneur le Comte Dartois frère du Roi, nous précise le rapport de l'archiviste des archives départementales de Seine-et-Oise. Avec elle s'éteint la branche aînée des La Fare.

Louis Groult des Rivières hérite de ses biens. Il est fait chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1784 [24]En 1786, Louis Groult des Rivières est mestre de Camp. En 1789, Louis Groult des Rivières figure dans L’État militaire de Francepour l'année 1789, de Roussel de la Tour, comme aide-major en survivance de la Compagnie des Suisses de la Garde Ordinaire du corps de Monseigneur le Comte d'Artois, et dans son dossier militaire colonel surnuméraire avec le service.

Le 30 avril 1788, le petit château de Champfleury à Carrières-sous-Poissy et ses terres sont vendus pour 115.000 livres par le chevalier des Rivières à Dame Antoinette Charlotte Turgot de Saint-Clair (1743-1827), veuve du comte Gabriel de Boisgelin, brigadier des armées du roi [25].  

Portrait du Comte d'Artois (futur Charles X)
Portrait du Comte d'Artois (futur Charles X)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Nous sommes en 1789. Le 14 juillet, le comte d’Artois passe en revue les régiments de Bouillon et de Nassau à Versailles. Comme d’habitude, les soldats, pour la plupart étrangers et qui le considèrent comme un des leurs, l’acclament. Ce prince est un excellent cavalier, aime porter l’uniforme et les parades militaires. Cet admiration n’est en rien partagée par les Parisiens et une autre partie de l’armée qui très souvent le détestent. Le comte d’Artois ne veut pas le croire. Quand la Bastille est prise, le duc François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt lui dit :

- Monseigneur, votre tête est mise à prix, j’ai vu l’affiche de cette terrible proscription.

Le roi tient un conseil extraordinaire le lendemain du 14 juillet 1789, et il décide d’éloigner au plus vite son frère. A l’Assemblée le lendemain, une partie des députés crient :

- Vive le Roi… en dépit de vous Monseigneur et de vos opinions !

Le frère du roi doit fuir vers la Belgique avec un passeport de La Fayette. A Valenciennes, le comte d’Artois est reconnu par la garnison et le prince Esterhazy, commandant de la place, doit le faire escorter par deux cents cavaliers jusqu’à la frontière. Il existe désormais en France une hostilité grandissante entre les officiers et les dernières unités fidèles au roi et les soldats ou sous-officiers favorables à la Révolution, désireux de devenir les cadres d’une armée nouvelle. Très rapidement, les officiers favorables à l’Ancien Régime vont être éliminés, mis à la retraite dans le meilleur des cas. Les compagnies de gardes du corps du comte d’Artois sont supprimées officiellement le 25 juin 1791. Groult-Desrivières est fait général, mais il est réformé (= mis à retraite). La plupart de ses gardes ne vont pas émigrer. Ceux qui l’accompagnent en émigration sont plus ou moins régulièrement soldés, mais partagent la mauvaise fortune de leurs princes.  

Louis Groult des Rivières est présent à l'assemblée de la noblesse des bailliages de Montfort-L'Amaury et de Dreux, le 28 mars 1789 [26].  Louis Groult-Desrivières va tenter de survivre à la Révolution. Il achète un château et des terres, se remarie et a des enfants à une époque où beaucoup de nobles qui n'ont pas commandé les compagnies de gardes du corps du comte d’Artois sont assassinés ou meurent au combat.

 

LE CHÂTEAU DE MORVILLE (1790)

Charles Jean Baptiste Fleuriau, seigneur d'Armenonville, comte de Morville.
Charles Jean Baptiste Fleuriau, seigneur d'Armenonville, comte de Morville.
© Anonyme
Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Les 115.000 livres de la vente du petit château de Champfleury à Carrières-sous-Poissy, et l'héritage  de la marquise de La Fare vont servir à acheter le château de Morville à Hanches, dans le nord de la Beauce pour 354.225 livres.

Le 20 juillet 1724, Charles Jean Baptiste Fleuriau, comte de Morville (1686-1732), fils de Joseph Fleuriau, seigneur d'Armenonville (1661-1728), achète la terre de Morville à André Hébert de Champolon, écuyer, époux de Marie Anne de Chamborant de la Clavière et devient comte de Morville [27].

Charles Jean Baptiste Fleuriau use immédiatement de ses droits et fait détruire l'ancien château fortifié du Grand Loreau datant du début du XVIe siècle. Les matériaux de l'ancien édifice transportés à Morville servirent à la construction du premier château de Morville, dont Roger Vasseur, auteur de la Monographie de Hanches (2010), vient de retrouver une gravure.

Fleuriau est seigneur des Loreaux, de Hanches, de Houx, de Morville et d'autres lieux, depuis l'achat effectué en 1724. Il crée avec sa famille et ses amis la Société dramatique du château de Morville.

Jean Baptiste Fleuriau (1711-1742) marquis d'Armenonville et comte de Morville, colonel du régiment de dragons de Bunelles, bailli et gouverneur de Chartres à la mort de son grand-père, bailli d’épée de Bar-sur-Seine, brigadier d’infanterie, colonel des dragons n'a guère le temps de vivre dans son château. Il est tué au combat à Prague en Bohême le 14 avril 1742. [27]

Ambroise Polycarpe de La Rochefoucauld.
Ambroise Polycarpe de La Rochefoucauld.
Duc de Doudeauville, Grand d'Espagne, père de Sosthéne.
© Anonyme
Gravure ancienne
Jacquette Jeanne Thérèse Fleuriau (1712-1769), sa soeur, se marie le 27 juillet 1728 avec Alexandre Nicolas de la Rochefoucauld, marquis de Surgères, seigneur de Faverolles, lieutenant général (1709-1760). Comme Fleuriau n'a pas d'enfant, le château de Morville leur reviennent. Il est cité en mai 1740 lors de l’établissement du plan des bois de la terre des Loreaux appartenant à Madame la comtesse de Morville et à Monsieur le marquis d’Armenonville, arpenté par Oudard, arpenteur aux Maistrises des Eaux et Forest de Dreux et Châteauneuf-en-Thymerais. Lesquels bois se trouvent contenir,  scavoir le bois du Rocher…, la garenne du Rocher…, la garenne au Fresne… [27].

Jean-François de La Rochefoucauld (1735-1789), son fils, vicomte de La Rochefoucauld, 5ème marquis de Surgères, gouverneur de Chartres se marie à Anne de Chauvelin, fille du marquis de Grosbois, fondatrice de l'Hopîtal La Rochefoucauld à Paris. Il est, entre autres, comte de Morville, seigneur comte de Surgères, seigneur de Faverolles, de Houx, de Hanches, à ce titre, il représente l'Ordre de la Noblesse pour les États Généraux du 27 mars 1789 à Montfort-L'Amaury. Mais décédant le 24 mars 1789, il est remplacé sur procuration spéciale par Claude Louis de Saisseval, colonel de dragons.

Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld (1765–1841), son fils, est vicomte de La Rochefoucauld, 6ème marquis de Surgères, Ier duc de Doudeauville (1782, duc et pair de Doudeauville en 1817). Il va être ministre de la Maison du Roi (1824-1827). Ce philanthrope fonde l'Ecole Nationale d'Agriculture de Grignon. Il est marié avec Bénigne le Tellier de Louvois, petite-fille de Louvois. Ils sont les parents de Sosthène de La Rochefoucauld, proche d'Agathe de Rambaud, belle-mère de la nièce de sa femme [5]. Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld vend un an après la mort de son père le château de Morville, ainsi que les terres jointes à celles des Loreaux, à M. Groult, comte des Rivières [28].

L'ancien château de Morville à Hanches.
L'ancien château de Morville à Hanches.
Demeure des Fleuriau, des La Rochefoucauld, puis des Groult-Gaudelet d'Armenonville.
© Anonyme
Roger Vasseur auteur de la "monographie de Hanches" Lorisse le Livre d'Histoire 2010.
Le comte [29] Groult des Rivières achète : 

* Le château et le parc des Potagers et autres dépendances, le tout situé à Morville, commune de Hanches avec les avenues conduisant à ladite habitation.

* La ferme et métairie de Hanches la mairie consistent en différents bâtiments, pressoirs, cave et jardin, deux cent cinquante deux arpents ( cent vingt hectares et soixante dix ares) ou environ de terres labourables en plusieurs pièces, chantiers, réages ; dix arpents soit cinq hectares, dix ares et soixante dix centiares de prés aussi en plusieurs pièces en la prairie de Hanches, les pâtis, en champarts et fiefs de la Tourneuve, les dîmes et champarts de Hanches, partie des dîmes de Vinerville et Savonnières ; plus la remise appelée La Grange, celle du pavé appelée L’Épine Marie et enfin la remise du Rocher.

* La ferme et métairie des Grands et petits Loreaux consistant en différents bâtiments ; deux cent cinquante arpents ou environ (= cent vingt hectares soixante sept ares) de terres labourables en plusieurs pièces ; dix arpents trois quartiers (= cinq hectares et quarante neuf ares) en trois pièces ; les prés, herbages et pâtures de l’aunaie de Mondétour, la pêche des grands et petits canaux qui bordent le parc des Loreaux, une vigne tenant à ce parc, la remise dite du parc des Loreaux contenant environ un arpent soit cinquante et un are [27].

Le château de Morville en 1830
Le château de Morville en 1830
© Plan cadastral.
Roger Vasseur, "la monographie de Hanches" Lorisse le Livre d'Histoire
La terre, ferme, métairie du bois des Fourches situés à dix lieues, commune de Hanches consistent en divers bâtiments, cour et jardin, cent trente arpents ou soixante dix hectares trente neuf ares dix centiares de terres labourables en plusieurs pièces, quatre setiers de prés ou un hectare et soixante trois ares en plusieurs pièces en la prairie de Hanches ; deux arpents et demi soit un hectare et vingt huit ares de prés en la prairie de Maingournois, une garenne dite du bois des fourches, une remise appelée les fourneaux et trois setiers ou un hectare vingt deux ares et demi de prés en la prairie du Paty de Hanches.

* Un lot de terres labourables et prés faisant le restant de l’ancienne ferme du Rocher.

* Une maison et un jardin situés à Savonnières et quelques pièces de terres, de prés, le tout alors loués au sieur Tabouret.

* Des terres composant l’ancienne ferme de la Vallade et autres louées à plusieurs.

* Une maison avec un jardin sis au Patis, commune de Hanches.

* Des droits champarts et dîmes sur divers biens

CPA Moulin sur les bords de la Drouette à Hanches.
CPA Moulin sur les bords de la Drouette à Hanches.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
* Onze cent deux livres de rentes foncières, dus savoir par les moulins de Hanches pour trois cent soixante dix livres ; par Bosselet pour soixante six livres par le même pour vingt livres ; par le moulin de Vinerville pour cent soixante dix livres ; par sieur Raveneau pour cent trente deux livres ; pour le moulin de Savonnières pour cent cinquante livres, par la veuve Chédeville pour treize F., par Etienne Treboy pour quarante cinq livres ; par les héritiers Barbarelle pour quinze livres ; par Pierre Bougard pour quatre livres dix sous ; par les héritiers Hochereau pour même somme ; par Pierre Gaudin pour une livre dix sous ; par les héritiers du Sieur Bernard pour trois livres ; par Charles Guyard six livres ; par Jean François Veilleux soixante livres ; par François Porcher pour cinq livres ; par Jean Foucher pour cinq livres ; par Germain et Gilles Plé pour huit livres ; par Jean Guiard pour six livres ; par Pierre Tatepoire pour dix livres [27].

* Cent vingt une livres de cens, rentes en argent dus par différents particuliers.

* Diverses redevances en grains et volailles.

* Des droits de lots et ventes sur divers autres biens.

* De seize arpents et trois perches (= huit hectares dix sept ares douze centiares) de prés en plusieurs pièces sise en face du château de Morville.

* Des cens, cent trente et un arpents et neuf perches (= soixante six hectares quatre vingt ares de bois) divisés en six pièces à savoir Le Haut Gland, le Bas Gland, La Garenne du Frêne, le bois de La Bourdonnais, les jeunes taillis de la Garenne du Frêne, et le bois des Loreaux. Laquelle vente a eu lieu à la charge par M. des Rivières de payer et d’acquitter les charges annuelles qui suivent, à savoir trois cent soixante et onze livres dues au curé de Hanches que comme chapelain de Morville, deux cent quatre livres dues au vicaire de la même paroisse pour acquit de fondations portées par le titre ; vingt cinq livres au maître d’école de la dite paroisse, quarante deux livres à la fabrique de Hanches pour rente et fondation de salut ; quinze livres à la charité des morts à Epernon ; treize livres au Duché d’Epernon et trois cent livres aux héritiers Faron. Et en moyennant la somme de trois cent cinquante quatre mille deux cent vingt cinq livres payables à diverses époques avec les intérêts à cinq pour cent à compter du jour de la vente [27].


SON DEUXIÈME MARIAGE (GAUDELET)

"Interrogatoire d'un noble" lors des massacres de septembre
"Interrogatoire d'un noble" lors des massacres de septembre
Gravure extraite de l'Histoire de la Révolution, du Consulat et de l'Empire de Thiers\n
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Général des Suisses, Groult devient pour les révolutionnaires les plus extrémistes un danger. Agé de 48 ans, il est réformé de l’armée royale le 1er mars 1791, après 32 ans de service. Louis se retire en son château de Morville, avec une pension annuelle et viagère de 2.156 francs. Et puis, avec un grand courage, voire une grande inconscience, à une époque où peu de nobles se marient ou ont des enfants ou bien encore achètent des châteaux et des terres, le général se remarie en janvier 1791 avec Thérèse Françoise, fille de Jean Baptiste III Gaudelet d'Armenonville, Trésorier de la Marine de Louis XVI [30] et seigneur d'Armenonville. Il devient propriétaire d'une terre d'une valeur de 250.000 francs qui appartenait également aux Fleuriau [31] et à Thérèse Françoise du Vergier. Son beau-père est conseiller secrétaire du Roy maison Couronne française et des finances [32], banquier de la Marine et fermier général à Brest [33], ancien Vénérable [34]. Mais en janvier 1791, les fonctionnaires du roi deviennent suspects d'hostilité à la Révolution et la franc-maçonnerie, si elle n'a pas encore cessé ses activités, voit ses membres choisir les deux camps antagonistes qui se forment.

La Révolution avançant, et engendrant les massacres de septembre ou une Terreur, qui est une forme de terrorisme étatique, Louis Groult bien que n’ayant pas émigré, et son château de Morville, deviennent la cible pour tous les extrémistes de la contrée. Fin 1793, il est dénoncé. Les élus locaux doivent faire une description de lui pour les autorités révolutionnaires : 5 pieds 7 pouces et demi, cheveux blancs, yeux bleus, visages ovales, yeux et bouches bien faites. Il bénéficie, semble-t-il, de la protection du maire, car celui-ci écrit que sa fille aînée est née dans une maison dans l’étendue de la commune, le 17 février 1794 et ne parle pas de château, ce qui peut le signaler aux partisans de la Terreur. Pendant celle-ci, Louis Groult-Desrivières doit se réfugier à Convent, un hameau perdu de Hanches, avec sa belle-mère therese françois Duverger, épouse du citoyen Gaudelet, agée de 46 ans résidant dans cette commune. L’église de Hanches est pillée et devient un Temple de la Raison. Un individu vivant au fin fond des bois, et s’appelant d’ailleurs Desbois, devient adjoint au maire. Il agresse verbalement Louis devant l’autel de cette église, transformée à l’occasion en taverne :

A votre santé Desrivières !

- Buvez, buvez, Desbois ! doit se contenter de répliquer Louis [27].

Le temps n’est pas venu de pouvoir répondre et faire respecter ses titres par ce type d’énergumène qui agit ainsi sachant très bien qu’il bénéficie de la protection des partisans des Montagnards du village, et des autorités locales, sans parler des tribunaux très expéditifs mis en place par Robespierre. L’idée de la guillotine calme même les plus audacieux. 

Mais, presque un an après Thermidor (27 juillet 1794) les persécutions contre les nobles ne cessent pas. Le 1er Germinal de l’an II, le maire de Hanches et trois citoyens doivent témoigner qu’il n’a pas émigré et qu’il paie ses impôts.   

Bonaparte, Napoléon, va remettre de l'ordre dans la maison France.

 

MARIAGE DE SON FRÈRE À MORVILLE

Blason des Sabrevois (Beauce, Québec)
Blason des Sabrevois (Beauce, Québec)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Les parents de la femme de Louis ne sont pas les seuls à vivre au château de Morville, à Hanches. Son demi-frère, Michel François Groult de La Planche (1752-ca 1825) et sa fiancée, Anne de Sabrevois (1763-1828) sont cités plusieurs fois dans les registres d'état-civil de la famille. Il est parrain le 28 septembre 1790 de la fille d'un tisserand à Hanches. Il est capitaine au régiment provincial d'artillerie de Strasbourg, où vivent les Sabrevois. Il est dit domicilié chez son demi-frère à Hanches le 4 janvier 1793, bourgeois âgé de 41 ans en 1793 et est témoin de la naissance du fils d'un vigneron. Un an plus tard, il est parrain de la fille aînée de Louis Groult des Rivières et ancien capitaine d'infanterie. Quand les temps deviennent plus calmes, ils se marient le 7 février 1798 (= 19 Pluviôse an VI) au château.

La généalogie des Sabrevois n'a jamais été vraiment étudiée. Cette famille est très ancienne : Anne de Sabrevois se marie en 1230 avec Rogier de Reviers, chevalier [35]. Jean de Sabrevois tient un fief à Bécherel, près Saint-Rémi-L’Honoré, vers 1329, est vassal de Jean Mignon (~1345) et cité en 1323 pour un don à l’abbaye de Neauphle-Le-Vieux). Leur blason est D’argent à une fasce de gueules accolé de six roses de même.

Si elle est cousine de Claude-Pierre, marquis de Sabrevois et du Directeur en Chef du Corps Royal de l’Artillerie & du Génie au Département Général d’Alsace, duché et comté de Bourgogne, et du comte de Salvert époux d'haute et puissante demoiselle Charlotte-Henriette de Sabrevois, ses origines sont moins illustres. Elle est la fille du général Jacques-Henri de Sabrevois d'Oyenville et d'Anne Catherine de La Hette d'Artaguette. Son père est lieutenant général 13 mai 1758 [36]. Puis il est colonel du corps royal d’artillerie le 4 juillet 1774 et maréchal de Camp le 27 octobre 1792. Il figure sur le Catalogue des gentilshommes de l'Orléanais, Blaisois, Beauce et Vendômois qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux assemblées de la noblesse, pour l'élection des députés aux Etats-généraux de 1789 [37]. De  Sabrevois est dit dans ces assemblées colonel d'artillerie, directeur dudit corps au gouvernement  de la Haute-Bretagne, chevalier de Saint-Louis, seigneur d'une partie de la paroisse d'Orlu [38]. 

Il sert la République. Nous trouvons, à ce sujet, dans un registre contenant des copies de la correspondance et des notices de 1792 à l'an V de la république française, que, par sa dépêche datée de Tirlemont le 31 janvier, le général Sabrevois fait connaître que l'organisation des assemblées primaires, tant pour les municipalités que pour les administralions provisoires, n'ayant pu avoir lieu, par suite d'un refus de tous les citoyens, convoqués conformément aux décrets de la convention nationale de la république française, dans les quatre sections de la ville de Tirlemont, il maintient dans leurs fonctions les citoyens municipaux chargés des logements militaires, jusqu'à ce qu'il soit pourvu à leur emploi.

Néanmoins il est suspect comme Bellemont. Ce colonel d'artillerie à l'armée du Nord a le tort d'être ami de d'Hangest et de Sabrevois. Il est connu pour avoir été un des opposants à ce que le parc d'artillerie  rentre en France, au camp de Maulde, lors de la désertion de Dumouriez; il disait qu'il ne connaissait que les ordres de ce traître et qu'il les exécuterait il était d'ailleurs bien connu pour n'être pas patriote [39].


CONSEILLER GÉNÉRAL SOUS L'EMPIRE

CPA d'Hanches
CPA d'Hanches
A droite le "nouveau" château de Morville.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Le comte Louis Groult des Rivières est nommé le 1er prairial an VIII (1800) au Conseil Général d’Eure et Loir, avec pour date d’installation le 1er thermidor de l’an VIII (1800). Louis Groult est cité à sa présentation, comme propriétaire, avec pour domicile politique et résidence à Hanches, né le 22 juin  1743, marié 5 enfants, fortune évaluée en revenu à 15.000 francs, ancien maréchal de camps, et il est dit exerçant sa fonction depuis la 1ère organisation [27][40].

Louis Groult des Rivières fait cadeau de la grosse cloche à l’église d'Hanches, dont le fondeur est un certain Pique fils. Cette cloche nommée Thérèse par Louis Groult des Rivières, ancien maréchal de camp, membre du conseil général du département d’Eure et Loir, et présidents des marguillers et par Madame Thérèse Françoise Duverger, veuve de Monsieur Jean Baptiste Gaudelet a été bénite le 11 septembre 1806 par Monsieur Jean Pierre Billaud, curé de cette commune, Jean Hochereau, Michel Fortin, marguilliers.

Louis, non seulement n'a pas émigré avec le frère du roi et ne semble pas avoir comploté contre l'usurpateur, cette attitude  va nuire à sa carrière. Toutefois le choix de ses gendres et de ses proches à Montfort-l'Amaury vont leur permettre d'être à nouveau proche de la famille royale.

 

MESTRE DE CAMP SOUS LA RESTAURATION

Gravure ancienne : Major-général des compagnies des gardes.
Gravure ancienne : Major-général des compagnies des gardes.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
A son retour en France, Louis XVIII rétablit la Maison militaire du roi de France et par une ordonnance le 25 juillet 1814, il recrée les compagnies de gardes du corps du comte d’Artois, son frère. Au palais des Tuileries, Monsieur dispose uniquement de 376 hommes. Il choisit comme capitaines les comtes d’Escars et de Puységur. Le premier a été capitaine de ses gardes dès le 2 janvier 1791 à Turin, et a été son compagnon d’infortune pendant presque 25 ans. Louis Groult des Rivières est à nouveau maréchal des camps et armées du roi, selon l'Indicateur de la cour de France: années 1818, 1819, 1821, 1822, 1824, 1825, 1826 et l'Almanach de la cour, de la ville et des départements pour l'année 1930. Il est considéré comme étant en activité jusqu’à la Révolution de juillet, malgré son âge avancé. Mais il ne commande ni compagnie, ni état-major. D'ailleurs, il vit à Montfort-l'Amaury l'hiver, au château de Morville l'été et dans les différentes demeures et ses proches. Ils reçoivent  Agathe de Rambaud, belle-mère de sa nièce, Louise-Elisabeth de Croÿ de Tourzel.  Thérèse de France (1778-1851) et Caroline de Bourbon (1798-1870)]. A Montfort-l'Amaury, ils organisent de nombreuses fêtes où revit un peu l'ambiance qui régnait à Versailles avant 1789 [41].

Morville est un vaste château composé d'un principal corps de bâtiments élevé de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée et de deux ailes qui ont chacune 34 à 35 mètres (110 pieds) de long sur 8 mètres (24 pieds) de large, avec cour d'honneur fermée d'une grille de fer, et entourée de fossés. Il est très solidement construit en pierre de taille, et couvert en ardoise. Ce château se distribue en salon de compagnie parqueté, salle à manger pavée en dalles de marbre, chapelle, salle de bains, billard, onze appartements de maître complets, parquetés et boisés, autres chambres tant à feu que froide, gardes-meubles, deux cuisines, vestibule ; vastes greniers ; deux caves ; puits près les cuisines ; tous les appartements sont bien éclairés et très sains [27].

Tous les documents officiels le concernant lui donnent le titre de comte  [42]. Il est l'ami du duc Auguste Louis Philippe Emmanuel de Croÿ, de Philippe Louis Marc Antoine de Noailles, du maréchal de France Pierre Riel de Beurnonville, du lieutenant-colonel de Capdeville, du colonel de Lossefse, du colonel Marquis de Breuilpont (adjudant-major général des gardes de Monsieur), de l'abbé François-Xavier-Marc-Antoine de Montesquiou-Fézensac, Pair de France, et de Monseigneur l'archevêque de Paris Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord. Son frère est chevalier de Saint Louis le 3 septembre 1814  et officier dans la 1ère compagnie de la Maison du Roy, la compagnie d'Havré.

Tombe du général-comte Louis Groult des Rivières à Montfort-l'Amaury.
Tombe du général-comte Louis Groult des Rivières à Montfort-l'Amaury.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
L’épouse du comte des Rivières teste comme suit, le 8 février 1824 au profit de son époux et vice et versa [27] : Je soussignée, Renée Denise Jeanne Thérèse Gaudelet Groult des Rivières demeurant au château de Morville commune de Hanches lègue à Monsieur Louis Groult des Rivières son époux ce que la loi me permet de lui donner, c’est à dire ¼ en pleine propriété et ¼ en usufruit de tous les biens immeubles et meubles qui dépendent de ma succession. Je le dispense de fournir critère pour une raison de quart dont il n’aura que l’usufruit. Je révoque tous les testaments antérieurs à celui-ci … 

Louis Groult des Rivières quitte officiellement l’armée en 1824. Mais il reste conseiller municipal de Hanches jusqu’en 1830. Sur les actes, le maire note invariablement : Louis Groult comte des Rivières, ancien maréchal de camp, chevalier de l’ordre Royal militaire de St-Louis propriétaire de la terre de Morville.

Le général-comte Louis Groult des Rivières meurt le 3 novembre 1832, âgé de 89 ans, en sa maison de Montfort-l'Amaury. Les témoins à son décès sont ses gendres, le baron de Foucauld et Frédéric Le Pippre [30], père de Septime Le Pippre.

Louis laisse un château et des terres d'une valeur estimée à plus de 500.000 francs et des rentes à ses nombreux descendants.

 

SA DESCENDANCE

Françoise Gaudelet d'Armenonville-de Rambaud, puis d'Allonville.
Françoise Gaudelet d'Armenonville-de Rambaud, puis d'Allonville.
© Candide Blaize
Archives Rodolphe Gaillard de Saint Germain
Sa seconde épouse Thérèse Renée Denise Jeanne Gaudelet d'Armenonville est née le 8 octobre 1769 à Hennebont. Son parrain est Claude Denis Dodun, directeur général des fermes du Roy à Lorient, administrateur de la Compagnie des Indes vers 1750. Le marquis Claude Denis Dodun est sieur de Neuvy. Sa marraine est demoiselle Jeanne Renée Guérin. Thérèse a 22 ans le jour de son mariage et son mari 49.  Elle est riche et noble. Son frère est chevalier de Malte. Il rachète la manufacture des tabacs de Morlaix pour 250 000 F, somme considérable à l’époque et la modernise. A Paris, il est banquier et Napoléon parle des deux millions de sa faillite avec Cambaceres.

Nous n'avons pas de portrait de Thérèse, mais nous avons un portrait de sa nièce Françoise Thérèse Gaudelet d'Armenonville, une très belle femme selon ses contemporains. Veuve d'Auguste de Rambaud, fils d'Agathe de Rambaud, mère d'Ernest de Rambaud, polytechnicien et d'Ernestine de Rambaud, ancêtre des Gaillard de Saint Germain. Elle se remarie avec le comte d'Allonville, un Saint-Cyrien, officier des Gardes du roi, proche de la famille Groult-Le Pippre.

Louis et Thérèse ont cinq enfants :

*  Jeanne Thérèse Louise Groult des Rivières, née le 4 janvier 1793 à Hanches et décédée le 8 avril 1803 (= 19 germinal an XI) au château de Morville.  Elle est témoin au mariage de l'enfant d'un journalier en 1796, à l'âge de deux ans.

Gravure : Uniforme du régiment d’artillerie légère de la Garde Royale en 1824.
Gravure : Uniforme du régiment d’artillerie légère de la Garde Royale en 1824.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
* Thérèse Françoise Groult des Rivières, née le 17 février 1794 au château de Morville et décédée le 19 juillet 1827 au château de Morville.  Thérèse se marie avec le  baron Jean Hemery de Foucauld, fils du baron Jean de Foucauld de Malembert et d’Anne Lamoureux de Chaumont, le 15 avril 1817, à Hanches. Jean est  né le  9 octobre 1783 à Lubersac dans la Corrèze, qui est mort le 23 décembre 1861 à Versailles.  Les Foucauld de Malembert portent :  D'or au lion morné de gueules. Cette famille est du Périgord  et d’extraction chevaleresque. Elle a eu le droit aux Honneurs de la cour. Le membre de la famille le plus connu va être est le père Charles de Foucauld [43]. Aymard de Foucauld est moins connu, malgré ses exploits. Chef d'escadron depuis le 30 janvier 1811, Jean Hemery  a l’honneur de recevoir un brevet de  capitaine en premier au régiment d'artillerie de la Garde royale le 20 septembre 1815. Il est fait chevalier de la légion d'honneur, puis chevalier de Saint Louis le 25 avril 1821. Jean est à cette époque capitaine en premier au régiment à pied de la garde royale depuis le 20 septembre 1815 (dans l’artillerie) [44]. Le baron de Foucauld va combattre en Espagne les opposants libéraux insurgés contre Ferdinand VI, en juillet 1822. Le succès de cette première intervention militaire française depuis Waterloo consolider la nouvelle monarchie. Jean Hemery est fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Ferdinand d’Espagne. Le 19 juillet 1827, au décès de sa femme, Thérèse Françoise Groult des Rivières, il n'est pas là. On écrit néanmoins en face de la porte de l'église de Hanches [27] : 

A la mémoire

de dame Françoise

Thérèse des Rivières

Baronne de Foucault

née 17 février 1794

décédée 18 juillet 1827

elle fut bonne mère

vertueuse et tendre épouse

son mari et enfans

et toute la famille

qui la chérissaient

et la regretterons toujours

passant priez pour elle 

Foucauld est à cette époque-là chef d’escadron au quartier Régiment d'artillerie à cheval en garnison à Metz, où il demeure rue du Sous Moreau. Sur l’Almanach royal de 1830 nous le retrouvons  chef d’escadron, commandant l’artillerie de la place d’Aire (Ardennes). Il devient l’un des aides de camp du Gouverneur de l'Algérie, le maréchal de Bourmont (Louis Auguste Victor de Ghaisnes, comte de Bourmont), de juin 1830 à septembre 1830. Il est officier attaché à l’état major, sous-directeur du parc [45].  Le 3 juillet 1833, nous remarquons sur l’acte d’état civil lors de son second mariage qu’il est ancien officier supérieur d'artillerie. Comme il a 39 ans, il vient certainement de démissionner du fait de l'arrivée au pouvoir de Louis Philippe. Il se marie avec la fille d’un chevalier de Saint Louis, comme lui, baron héréditaire par lettres patentes du 12 juillet 1830, chef d'escadron d'état major et ancien agent de l'émigration contre Napoléon. Son beau-père, le colonel Jean Antoine de Trannoy (1767-1847) a été directeur de la grande ferme de Rambouillet jusqu'en 1830. Cette famille de l’Artois et de la Belgique porte :  D'azur, à la croix d'or, chargée d'une branche de lys au naturel, et cantonnée au 1 & 2e cantons d'une épée d'argent, montée d'or, aux 3 & 4e d'une gerbe aussi d'or.  Jean Hemery de Foucauld est domicilié à cette époque à Montfort. Il  est parrain de son neveu Le Pippre le 13 février 1833 et l’ami des Le Pippre.  

** Thérèse Françoise Groult des Rivières a deux enfants qui meurent jeunes. Raymond Louis Amélie, comte de Foucauld, né le 8 avril 1825 à Hanches, chef d'escadron,  est décédé le 20 juillet 1863 en mer en revenant d’une campagne au Tonkin.

*  Céleste Groult des Rivières, née au château, le 8 février 1796, est la marraine de son neveu Foucauld en 1820. Elle est propriétaire à Montfort l'Amaury le 13 décembre 1832 et vit chez sa mère. Elle meurt le 19 mars 1868, dans la même ville, célibataire sans enfant, selon la Revue nobiliaire, héraldique et biographique.

Gravure : Colonel d'infanterie de la Garde royale.
Gravure : Colonel d'infanterie de la Garde royale.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
*  Louise Céleste Clémentine Groult des Rivières, née le 17 fructidor an VI (= 21 avril 1798) au château et décède le 2 avril 1847 à Saint-Servan. Elle épouse le 14 juin  1830 à Hanches, Henri Le Fer de La Motte, né le 27 septembre 1788 à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine), capitaine au 3e régiment de la garde royale infanterie, demeurant Paris, rue Grenelle n° 14, au Gros Caillou. La famille Le Fer est très anciennement connue à Saint­ Malo et en Bretagne. D'après la tradition, elle serait originaire du Blésois, d'où Jean et Michel Le Fer, frères, seraient venus s'établir à Saint-Malo, en 1488, bien que l'on trouve le nom porté dans la ville dès 1462.  Le vicomte de La Messelière lui a consacré une de ses Filiations bretonnes et Saint Allais en a donné une généalogie sommaire dans le t. 2 de son Nobiliaire universel. Jacques et Michel Le Fer, chanoines do Saint-Malo, furent députés aux États royalistes de Rennes en 1690. Henri est d'origine espagnole par sa grand-mère maternelle. Cette famille a fourni des officiers de mérite, dont plusieurs tués à l'ennemi, des chevaliers de Saint Louis, selon l'Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe. Henri Le Fer de La Motte est plus tard chef d'escadron d'artillerie [47]. Il vit à Saint-Servan. Quand sa femme décède, il est très affecté et se retrouve avec six très jeunes enfants. Sa nièce, Pepa, soeur d'Irma Le Fer de La Motte, en religion soeur François-Xavier, la femme apôtre, se charge de l'éducation de ces cousins germains. Mais Henri décède d'une crise cardiaque. Son frère se charge de l'éducation de ses six neveux encore vivants [48], dont :

** Isabelle Groult des Rivières, née en 1836, se marie avec le comte Ernest de Longueau de Saint-Michel.  Ils sont rentiers  nous dit le Bulletin de la Société des agriculteurs de France et habitent au château de Saint-Michel et rue d'Anjou à Versailles [49]. Ernest est veuf de Louise Dulieu, selon  l'Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe. 

Monseigneur Eugène Le Fer de La Motte.
Monseigneur Eugène Le Fer de La Motte.
Archives Guy de Rambaud
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
** Henry Jean Meriadec Groult des Rivières (1832-1906) est lieutenant au 7e régiment d'artillerie stationné à Strasbourg, lors de  son mariage, en 1860, qui est signalé dans l'Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe,Borel d'Hauterive [48]. Il est premier capitaine de ce régiment d'artillerie en 1873 [49]. Chef d'escadron d'artillerie, directeur des forts de Brest et de l'arrondissement, il est chevalier de la légion d'Honneur. The Gentleman's magazine nous dit qu'il se marie à Paris avec Julia Lea Wilson of Norwood, fille d'un écuyer du Surrey. Ils sont très catholiques et les parents entre autres de :

*** Eugène-Louis-Marie Le Fer de La Motte (1867-1936), est évêque de Nantes. Théologien, juriste, il se bat pour les libertés ecclésiastiques. Il fait construire des écoles et développe l'enseignement secondaire catholique. Nous le voyons sur la photo à droite le 27 août 1933 présider la cérémonie de la pose de la première pierre du groupe scolaire de Sainte Thérèse. Si  la liberté de culte lui semble menacée, il organise une manifestation regroupant 80.000 chrétiens. Lors de la condamnation de l'Action Française, il a de gros problèmes avec sa hiérarchie [50].

*** Henri Marie Armand Le Fer de la Motte (1861-1918) qui est missionnaire en Alaska. Ce qui étonne les américains, c'est qu'il est le petit-fils d'un général des Gardes de Charles X [51]. 

Gravure : Deux Gardes à pied du Corps du roi en 1822
Gravure : Deux Gardes à pied du Corps du roi en 1822
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
* Augustine Elisabeth Groult des Rivières, née le 30 ventôse an X (= 20 mars 1802), à Hanches. Les témoins à sa naissance sont  Auguste-Charlemagne Philippe-Delleville et Louise Françoise de Crousillac (de Chambourcy près Saint Germain, Seine et Oise) représentant Élisabeth Dubernad, épouse du citoyen François Gaudelet, oncle de l’enfant. Elle épouse le 28 août 1820 à Hanches, Frédéric François Le Pippre de Tincques, né le 5 frimaire an V (25 novembre 1796), à Méré, canton de Montfort-L'Amaury, capitaine aux Gardes à pied du corps du roi Louis XVIII, fils de Louis Nicolas Marie, chevalier de Saint-Louis, et de Marie Ursule Simone Le Charron, de Montfort-L'Amaury. Frédéric François a sa permission de mariage, accordée par Monsieur le duc de Mortemart, pair de France, capitaine colonel des Gardes à pied du Corps du Roy. Selon La Chesnaye-Desbois : C'est une ancienne famille des Pays-Bas autrichiens, noble de toute antiquité, disent un extrait authentique d'un ancien livre concernant les chroniques de Flandres, collationné & légalisé le 28 Mars 1615 par les Magistrats de Lille, & une sentence scellée & légalisée, rendue en la gouvernance de la même ville le 27 Août 1611. en faveur d'Antoine & Pierre le Pippre. Une branche de cette ancienne famille s'établit en Artois. Le premier du nom de Pippre dont il soit fait mention, est Gilles Le Pippre, chevalier en l'an 1379, iI fut du nombre des nobles chevaliers qui entrèrent dans ia ville d'Oudenarde & la défendirent contre les Gantois, alors révoltés contre Louis de Malleleur comte & seigneur... Frédéric François est propriétaire du château de Meuvaines et lui et sa famille séjournent  régulièrement dans la région de Caen. Il est  l'un des tous premiers maires (Chapitre XVI) dans la nouvelle administration de Hanches du 18 août 1825 au 7 août 1830. Il quitte ensuite Hanches pour Montfort-L'Amaury, où nous le retrouvons propriétaire le 13 décembre 1832. Le Pippre habite à Egremont. Madame de Tourzel, son amie, séjourne régulièrement dans sa propriété. Il est témoin au décès de son amie Marguerite Françoise Toquiny de Villarceaux,  en 1854, parente du comte d'Allonville, second mari de la cousine germaine de sa femme, Françoise Gaudelet d'Armenoville, veuve de Rambaud. De son mariage, il a notamment :

Gravure ancienne de Septime Le Pippre (1833-1871)
Gravure ancienne de Septime Le Pippre (1833-1871)
Peintre, petit-fils du général-comte Louis Groult des Rivières et de Thérèse Gaudelet d'Armenonville.
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Guy de RAMBAUD
** Septime Émeric Marie Le Pippre (né le 13 février 1833 Montfort-l'Amaury - 2 janvier 1871 bataille du Mans) est un peintre, aquarelliste et militaire.

Septime Le Pippre veut devenir officier comme presque tous les membres de sa famille avant lui. Il échoue néanmoins à l'examen de Saint-Cyr et sa famille ne veut pas qu'il s'engage dans l'armée. Il vit donc en partie chez ses parents dans la région de Bayeux, tout d’abord à Ver-sur-Meret puis à Villiers-le-Sec. Élève de Thomas Couture et de Charles Édouard Armand-Dumaresq, à Paris, il expose des gravures aux salons de 1859 à 1866. Alfred Nettement écrit : M. Septime Le Pippre, dont nous connaissions déjà une Scène de zouaves pleine de mouvement, a envoyé à l'Exposition une toile d'un tout autre genre, Le portrait de la fiancée (1854)... Ce talent grandit. Septime Le Pippre a un bel avenir .

Septime Le Pippre donne des gravures à différents magazines illustrés, tels Le Magazine illustré, La Vie parisienne, Le Centaure, L'Autographe ou Le Monde illustré. Septime Le Pippre envoie des vues de monuments à la revue Le Magasin pittoresque :

Le château de Creuilly,

Argouges-sur-Aure,

Le prieuré de Haute-Bruyère.

Ce laborieux artiste fait des portraits ou de la peinture décorative dans les châteaux. Il est surtout l'auteur de pittoresques scènes de la vie rurale, d’évocations historiques, de sujets militaires ou d’illustrations de la vie des classes moyennes, son amusant et nostalgique travail nous donne une synthèse de la vie rurale sous le Second Empire. 

Septime Le Pippre est l'ami de Paul Lacroix et de beaucoup d'artistes. Par rapport à la période du Second Empire, le musée de Bayeux a une importante collection de dessins, gouaches, et peintures de Septime Le Pippre.

Septime Le Pippre traite abondamment des scènes de la vie militaire, uniformes, chouans, batailles d'Algérie ou de Crimée qui vont précéder de bien réelles scènes de combats.

Septime Le Pippre s’engage en 1869 comme capitaine dans le 15e bataillon de la Garde nationale mobile du Calvados. La guerre éclate le 19 juillet 1870. Il se bat du côté de Dreux avec ses mobiles. Le sous-préfet du Calvados raconte au sujet de ce jeune peintre : Dans un des nombreux combats dont les environs de Dreux furent le théâtre, un garde mobile était tombé, la jambe brisée par une balle. Sous le feu de l'ennemi, le capitaine Le Pippre, suivi de deux de ses hommes, n'hésita pas à aller chercher le blessé. Fatigué par la guerre, malade, il choisit de repartir combattre aux portes du Mans.

Septime Le Pippre est mortellement blessé le 2 janvier 1871, pendant la bataille du Mans (1871). Il meurt dans d'atroces souffrances et puis sa dépouille est ramenée à Villers-le-Sec, où a lieu une grande cérémonie. Ses actes de bravoure, sa bonté pour ses hommes et sa mort glorieuse sont cités par plusieurs journaux et même dans les livres. La mort de Septime Le Pippre, tué à l'ennemi en 1871, à la bataille du Mans (1871), nous fait penser à celle de Henri Regnault, frappé au combat de Buzenval... . Septime Le Pippre est emporté en pleine renommée. On le considérait déjà comme un maître. Ce fut une sorte de deuil national.... Il est sculpté sur deux monuments aux morts, ceux de Caen et Bayeux.

** Aymar Céleste Joseph Le Pippre, né le 1er juin  1827 au château de Morville et décédé le 6 septembre 1904 à Montfort l'Amaury. Ce colonel Le Pippre est l'auteur du Guide pour la préparation des transports de troupes par les chemins de fer en temps de guerre, publié à Paris, chez C. Tanera, en 1872. Il se marie à Thérèse Erina Delpla, petite-fille de Justin Delpla. Ce richissime négociant, bien que néophyte de la traite, devient armateur négrier avant la Révolution. Pendant la Révolution il s'enrichit considérablement et est armateur corsaire à Bordeaux. Il a deux navires corsaires en 1798 :  Diable à Quatre (capitaine Lugeol François et  Ariège (Henry Pierre Joseph). Il achète le château de Latour-Camblanes et ses vignes, en 1800, pour 300.000 francs. Elle est veuve du comte Eugène Mac Carthy (1790-1870), d'une famille noble d'extraction chevaleresque, lords de Carbery. Il est négociant, viticulteur (château de Latour-Camblanes), cousin-germain et ami du maréchal Bugeaud, duc d'Isly (1844). Quand sa première femme décède, Le Pippre se remarie avec sa belle-fille, Caroline Catherine Mac Carthy, veuve du général Eugène Daumas (1803-1871).

 

NOTES ET RÉFÉRENCES 

 

1. Annales de Bretagne, Volume 48, Université de Rennes, Facultés des Lettres et Sciences Humaines, Universities of Rennes et Nantes, 1941, p. 218.

2. Dictionnaire universel de la noblesse de France, Jean Baptiste P. Jullien de Courcelles, au bureau général de la noblesse de France, 1820.

3. f° 112 V°.  Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe,  1912, (A70, VOL 68).

4. Jacques Lacour, Archives départementales 78, p.133 et Société d'archéologie de Rambouillet, 1879, p.241.

5. Guy de Rambaud, Pour l’amour du Dauphin, Anovi, 2005, ISBN : 2-91418-02-5.

6. Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie ... , Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud.' .

7. Nobiliaire universel de France: ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Volume 4, Saint-Allais (Nicolas Viton, M. de), Ange Jacques Marie Poisson de La Chabeaussière, Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Lespines (abbé de), de Saint-Pons, Ducas, Johann Lanz, Librairie Bachelin-Deflorenne, 1815.

8. Annales civiles, militaires et généalogiques du Pays d'Avranches ou de toute la Basse-Normandie, Jean-Jacques Desroches, A. Hardel, 1856.

9. Gustave-Louis Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, Paris 1983  Éd. Vendôme.

10. Nobiliaire de Normandie, Volume 1, Gabriel O'Gilvy,  William Allan et Cie., 1864, p.112.

11. Mélanges, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche, Société, 1992, p.189.

12. Histoire du Bessin des origines à la Révolution, Edmond de Laheudrie, p. 195.

13. Armorial général de France (édit de novembre 1696) Généralité de Caen, Gustave Amable Prévost, p. 37.

14. Louis XV's Army: Cavalry & dragoons, Volume 296 de Osprey military / Men-at-arms series, Volume 1 de Louis XV's Army, Eugène Lelièpvre, René Chartrand, Eugène Lelièpvre, Osprey Publishing, 1996, p. 11.

15. Bulletin mensuel de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, Musée lorrain (Nancy), Société d'archéologie lorraine (Nancy), 1921, p.126.

16. Journal des Sciences et des Beaux Arts, ..., Volume 3,  Jean Louis Castilhon, Jacques Lacombe, Lacombe, 1778, p.209.

17. Journal des sciences militaires, R. Chapelot, p.289 et Maison de monsieur le comte D'artois, Volume 13, http://books.google.fr/books?&#&q=&. 83 et http://books.google.fr/books?& Volume 12.

18. Bertaud Jean Paul, Daniel Reichel, Jacques Bertrand, Atlas de la Révolution Française, Editions de l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

19. Babeau Albert, La vie militaire sous l’Ancien Régime, Firmin-Didot, 1889.

20. Uniformes n° 119, octobre 1988, Les gardes des reines-régentes, des princes du sang et des grands officiers de la couronne, Emmanuel Bourassin.

21. Guide des archives des Yvelines et de l'ancien département de Seine-et-Oise: Séries anciennes (séries A à H), Volume 1, Archives des Yvelines, Annick Bezaud, Arnaud Ramière de Fortanier, Archives départementales des Yvelines et de l'ancien département de Seine-et-Oise, 2002.

22. REVUE HISTORIQUE NOBILIAIRE ET BIOGRAPHIQUE 1873.

23. Journal de Paris, Volume 1, Quillau, 1782.

24. Histoire de L'ordre royal et militaire de Saint-Louis ... jusqu'en 1830,  terminée par T. Anne Par Alexandre Mazas, Théodore Anne, p. 409 n.4.

25. Arch. dép.des Yvelines, cote  50 J1, Historique du château de Champfleury . 

26. Société d'archéologie de Rambouillet, 1903, p.197.

27. Vasseur Roger,  Monographie de Hanches, Lorisse le Livre d'Histoire 2010

28. Société d'archéologie de Rambouillet, 1879, p.241 et Archives du diocèse de Chartres - p. 278, Charles Métais - 1909 . 

29. Nobiliaire du Comté de Montfort : familles, alliances et liens féodaux, p.33.

30. Nobiliaire et armorial du comté de Montfort-l’Amaury et Société d'archéologie de Rambouillet, Mémoires et.. 1879, p.367.

31. Société d'archéologie de Rambouillet,  Mémoires et... 1879, p.367.

32. Favre-Lejeune, Christine, Les secrétaires du roi de la Grande Chancellerie de France, dictionnaire biographique et généalogique (1672-1789), introduction de [[François Furet]] et Guy Chaussinand-Nogaret. Paris : SEDOPOLS, 2 v. Collection Noblesses d'hier et d'aujourd'hui

33. http://www.google.fr/books?&-PA25&++brest&

34. Le Bihan A., Francs-maçons parisiens du Grand Orient de France, Paris, 1966, Membres des Chapitres des VV. MM. Picard et Fordrain - p. 503 et suivantes.

35. La CHENAYE-DESBOIS, Dictionnaire généalogique..., 3e éd. Paris, 1863-1876, v. 18, p.23.

36. Gazette de France, Volume 3, Théophraste Renaudot, 1768, p.221.

37. Catalogue des gentilshommes de l'Orléanais, Blaisois, Beauce et Vendômois qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux assemblées de la noblesse, pour l'élection des députés aux Etats-généraux de 1789. T. 2 / publié, d'après les procès-verbaux officiels, par MM. Louis de La Roque et Edouard de Barthélemy, Dentu (Paris) 1864, p.43.

38. Catalogue des gentilshommes de l'Isle de France, Soissonnais, Valois, Vermandois : qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux assemblées de la noblesse pour l'élection des députés aux États généraux de 1789 / publié d'après les procès-verbaux officiels, par MM. Louis de La Roque et Édouard de Barthélemy, E. Dentu (Paris), 1865.

39. Lettres de 1793 : première série / Arthur Chuquet,... , Chuquet, Arthur (1853-1925), H. Champion (Paris)  1911,  p .261.

40. Hanches, AD. 2MP16, Conseil Général (An VIII-1833).

41. Montfort-l'Amaury, de l'an mil à nos jours, Marie Huguette Hadrot, Somogy, éditions d'art, Paris, 2002.

42. Guide des archives d'Eure-et-Loir,  Jacques Lacour, Archives départementales d'Eure-et-Loir, p. 133.

43. Selon Jougla de Morénas p. 43 et le colonel Arnaud, ils sont de la famille du vicomte Charles de Foucauld, explorateur et religieux français (1858-1916). Ancien Saint-Cyrien et combattant en Algérie (1881), ce fils d'une famille périgourdine explore l’Atlas et fait une œuvre scientifique très importante (1883-1884). Il étudie ensuite les oasis du sud de l'Algérie, et devient trappiste (1890). Il vit comme un miséreux en Terre sainte, puis, après son ordination sacerdotale (1901), dans le Sud-Algérien, et à Tamanrasset, dans le Hoggar. Les Touareg  le vénèrent comme un marabout. Il est assassiné pendant la Grande Guerre.

44. Annuaires de l'état militaire de France 1821.1822.

45. La conquête d'Alger ou Relation de la campagne d'Afrique : comprenant les motifs de la guerre, les détails des préparatifs de l'expédition et des événements qui ont précédé le débarquement, la composition de l'armée de terre et de l'armée navale, les noms des officiers supérieurs, et un précis des opérations militaires / d'après les documents officiels et particuliers, recueillis et mis en ordre par A. M. Perrot, éd. de Paris : H. Langlois fils, 1830.

46. Bulletin et mémoires ..., Volume 109, 2004.

47. The Life and Letters of Sister St. Francis Xavier, One Of Her Sisters, BiblioBazaar, LLC, 2009

48. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Borel d'Hauterive, Bureau de la publication 1861, vol. 18, p.252.

49. Tout-Paris, Volume 24, A. La Fare, 1913.

 

Annuaire de l'Armée française... sur les documents publiés par le Ministère de la guerre. 1873-1905. 1873.

50. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Volume 3, Jean Marie Mayeur, Yves Marie Hilaire, Michel Lagrée, Editions Beauchesne, 1990.

 

51. Pierre d’Hérouville, Vingt-cinq ans chez les Peaux-Rouges. Vie du P. de la Motte, Tournai (Belgique), Casterman, 1924. 149 p. Troisième édition revue et corrigée et Paths to the Northwest A Jesuit History of the Oregon Province,  Wilfred P. Schoenberg.