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Little Crow (Guerre de)

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Little Crow (Guerre de)
Publié le:10/05/2009

(1862-1863)


Souvent appelée "Soulèvement du Minnesota", cette guerre très meurtrière est menée par les Santees contre l’armée américaine et les colons qui occupent leurs terres et les affament. Elle conduira à leur quasi-anéantissement et à leur dispersion.

un été de famine


Le traité conclu entre les Santees et le gouvernement américain en 1847, par lequel les Indiens abandonnaient la plus grande partie de leurs terres du Minnesota, prévoyait que les Indiens recevraient tous les ans de l’argent en paiement des terres qu’ils avaient perdues.
Au début des années 1860, la petite réserve santee établie le long de la rivière Minnesota est vide de gibier, largement déforestée, pressée de toutes parts par les empiétements des colons blancs. Les récoltes des Indiens ont été, deux années de suite, emportées par les crues de la rivière et l’argent de l’indemnité leur est absolument indispensable pour acheter les marchandises nécessaires à leur survie.
A ce moment, leur chef le plus écouté est Little Crow, un Mdewakanton, un homme pacifique, partisan d’une certaine adaptation au mode de vie des Blancs.
En juillet 1862, l’argent promis n’est pas arrivé. Des magasins bien approvisionnés ont été ouverts sur la réserve, mais les marchands refusent de faire crédit aux Indiens. Ils savent que l’argent n’arrivera jamais, car il a été dépensé dans la guerre que mène l’Union contre les Confédérés du Sud. L’un des marchands, Andrew Myrick, déclare : ", En ce qui me concerne, qu’ils mangent de l’herbe, ou leur propre merde s’ils ont faim". Humiliés, furieux, les Santees menacent de se servir eux-mêmes. L’agent de la réserve fait mettre des sentinelles armées pour garder les magasins.

terreur au Minnesota


En août, c’est la famine. Dans la nuit du 17, quatre garçons affamés qui cherchaient à manger près d’une ferme tuent cinq Blancs, dont deux femmes. Ils rentrent au camp et avouent aux chefs ce qu’ils ont fait. La majorité du conseil  conseille une attaque éclair contre les colons avant que l’armée n’intervienne. Little Crow déclare que les Blancs sont bien trop puissants pour qu’une révolte ait des chances de réussir, et il prédit une catastrophe. Mais il s’engage pourtant à combattre à leur tête. 
Le 18 août, les Indiens attaquent l’agence de la réserve et s’emparent de la nourriture contenue dans les magasins. Ils tuent vingt hommes blancs et capturent les femmes et les enfants. Pendant ce temps des attaques indiennes sont menées contre plusieurs établissements occupés en majorité par des colons allemands. Trois femmes allemandes sont violées. Près de quatre cents Blancs trouvent la morts durant les premiers jours de la rébellion indienne, dont un certain nombre de femmes et d’enfants. Les Indiens attaquent Fort Ridgely et l’assiègent entre le 20 et le 22 août, mais finalement sont repoussés par les canons de le garnison après avoir perdu une centaine d’hommes.
Les nations santees entrent en guerre les unes après les autres par solidarité avec les Mdewakantons. Les Indiens assiègent la ville de New Ulm. Mais les colons puissamment armés les repoussent. Les Indiens s’enfuient à l’arrivée des troupes du colonel Henry H. Sibley. Durant toute cette campagne, les Santees seront uniquement armés d’arcs et de flèches et de quelques vieux fusils.
Pendant ce temps, plusieurs dizaines de colons, dont des femmes, sont abattus par une bande de jeunes Santees, malgré les ordres de Little Crow qui a donné ordre d’épargner les civils. La terreur est à son comble parmi les colons qui fuient vers les forts. Le 5 septembre, les Indiens attaquent un camp de l’armée à Birch Coulee et le menacent sérieusement. Mais l’arrivée de renforts les oblige à lever le siège.
Il faut noter que, durant cette guerre, des Santees comme Mazomani, Cloudman, Akipa, et surtout le chef Gabriel Renville, pour la plupart convertis au christianisme, ont  protégé des Blancs, les aidant à échapper aux guerriers indiens ou négociant leur libération.
D’importantes forces armées affluent au Minnesota. La révolte indienne est maintenant brisée. Les nations santees abandonnent la lutte. La chasse aux Indiens s’organise, des milices se forment. Le gouverneur du Minnesota ordonne d’abattre tous les Santees rencontrés. Le colonel Sibley exige la reddition de  Little Crow et la  libération des centaines de femmes et d’enfants blancs que détiennent les Indiens. Little Crow craint un piège et refuse.

Wood lake (23 septembre 1862)

 

Le colonel Sibley qui a quitté Fort Ridgely le 22 septembre avec huit cents hommes, campe le long de la rivière Minnesota. Le lendemain, les soldats débusquent un petit groupe d’Indiens qui ouvrent le feu. Le colonel Sibley envoie deux cents cavaliers en reconnaissance. Les Sioux commandés par Little Crow les attaquent sur deux côtés, obligeant les soldats à refluer précipitamment. Les guerriers indiens entraînés par les chefs Big Eagle et Mankato chargent à plusieurs reprises les soldats assiégés.
Mais les canons mis en batterie font des ravages dans les rangs indiens. Sibley lance deux charges de cavalerie qui achèvent de les disperser. Les Sioux, qui emmènent avec eux cinquante blessés, doivent abandonner sur le terrain quinze de leurs guerriers morts qui seront scalpés par les soldats. Les militaires ont eu neuf morts et trente-cinq blessés. Cette victoire rapportera à Sibley ses galons de général.

Mankato, 26 décembre 1862


Les prisonniers blancs sont libérés. L’armée parcourt la vallée du Minnesota à la recherche des Santees en fuite. Deux mille Indiens sont capturés, dont six cents hommes qui sont enchaînés pour être jugés. Les prisonniers sont assaillis et rudement molestés par la foule des colons. Alors qu’ils sont conduits à pied vers Fort Snelling, les femmes et les enfants santees prisonniers sont pris à partie par la population blanche, des femmes lapidées, des enfants battus à mort. L’état du Minnesota a mis à prix les scalps indiens. Trois cent trois hommes sont condamnés à mort et vingt à la prison à vie, après une parodie de procès. Malgré une vive opposition des colons du Minnesota, le président Abraham Lincoln réduit à trente-huit les condamnations à mort. Le 26 décembre 1862, les trente-huit Santees sont pendus à Mankato, Minnesota. C’est la plus grande exécution de masse qui ait eu lieu aux Etats-Unis.
Little Crow, avec le chef Shakopee et les clans santees qui ont refusé de se rendre, s’enfuit au Canada.

Whitestone hill (3 septembre 1863)

 

La vengeance contre les Indiens n'est pas terminée. Le général Alfred Sully reçoit l’ordre de poursuivre et de détruire les Sioux du chef Inkpaduta en fuite à travers le territoire du Dakota. Il envoie le major House à la tête d’une troupe de trois cents hommes conduits par l’éclaireur métis La Framboise sur la piste des Sioux. Les soldats découvrent brusquement un immense camp de plus de trois mille  personnes. Il y a là plus de neuf cents guerriers. Comprenant qu’il n’a aucune chance de s’en tirer, House envoie La Framboise demander des renforts à Sully.
Les Indiens sont si sûrs de balayer ces soldats qu’ils se préparent sans hâte pour le combat. Mais les deux mille cavaliers de Sully surgissent sur les collines. Les Sioux tentent de lever le camp le plus rapidement possible. Les soldats chargent le grand village sur plusieurs côtés à la fois. La bataille fait rage dans le camp qui est maintenant encerclé. Les guerriers résistent aux assauts des Blancs jusqu’au soir. A la faveur de la nuit, le chef Inkpaduta réussit à briser l’encerclement et emmène avec lui plus de deux mille non-combattants. Les Santees trouvent refuge chez les Lakotas. 
Les Indiens abandonnent une centaine des leurs sur le terrain. Plus de cent cinquante femmes et enfants sont restés aux mains des Blancs. Pendant deux jours, les soldats s’acharnent à détruire le camp indien, les tonnes de nourriture et les chevaux.
A la nouvelle de cette victoire, le général John Pope décide de poursuivre les Sioux jusqu’à leur totale extermination. Le général Sully  fait construire les forts Pierre et Rice sur la piste vers l’Idaho. En juin 1864, Sully, à la tête de trois mille cinq cents hommes repart contre les Sioux.

Killdeer Mountain (28 juillet 1864)


Après la bataille de Whitestone Hill, en septembre 1863, le général John Pope ordonne au général Sully d’écraser définitivement les partisans du chef santee Inkpaduta. Sully fait construire Fort Pierre et Fort Rice afin de protéger la piste des pionniers vers l’Ouest. Il est chargé d’escorter un long convoi de colons en direction de  l’Idaho. Il dispose de près de trois mille cinq cents hommes, dont plus de deux mille cavaliers, et de nombreux canons.
Les Santees rescapés de la guerre de la guerre de Little Crow se sont réfugiés chez les Lakotas qui les ont aidés à passer l’hiver et à reconstituer leurs forces. Le village indien, installé au sud du confluent du Little Missouri et du Missouri, rassemble près de cinq mille personnes dont mille six cents guerriers.
L’armée de Sully prend position en vue de l’immense village. Les guerriers sioux se lancent à l’assaut, enveloppant les positions des soldats. Le jeune chef hunkpapa Sitting Bull est parmi eux. Les Indiens mènent plusieurs actions victorieuses, mais les canons font de terribles ravages dans les rangs des guerriers et des non-combattants. Les Sioux reculent pour attirer les soldats vers des bois et des ravins où ils pensent avoir l’avantage du terrain. Mais Sully fait pilonner la forêt. Sous un déluge de feu, les guerriers parviennent à décrocher et à évacuer les femmes et les enfants. Dans leur fuite, ils doivent abandonner une grande partie de leurs biens.
Les soldats s’appliquent à détruire systématiquement tout ce que les Indiens ont laissé derrière eux. Ils lacèrent les peaux des tipis, brisent les perches, percent les chaudrons et mettent le feu à la forêt pour anéantir les réserves de nourriture dissimulées dans des caches. Ils abattent des centaines de chevaux et même les chiens. Les Indiens ont reconnu la perte d’une trentaine des leurs,  tandis que les soldats ont déclaré avoir tué  plus d’une centaine de Sioux.
Sully continue à poursuivre les fuyards à travers la région désolée des Badlands jusqu’à la fin du mois d’août. En septembre, Inkpaduta et les rescapés de cette terrible fuite réussissent à se réfugier au Canada.

Cette terrible guerre laissait le peuple santee brisé et dispersé.