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Little Bob en concert à Paris

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Little Bob en concert à Paris
Publié le:20/10/2009

Grande figure française du rock, Little Bob donne un concert exceptionnel ce lundi 19 octobre, à la Boule Noire.


Little Bob
Little Bob
Little Bob en concert à la Boule Noire, lundi 19 octobre 2009.\nIMPORTANT : Connectez-vous dès mardi pour un compte-rendu du concert ! Larousse.fr/Accéder à l'encyclopédie puis dans recherche, tapez Little Bob en concert !
© Charles Dutôt
C’est à l’occasion de la sortie de son dernier album, Time to Blast, que Little Bob revient sur le devant de la scène pour une série de concerts initiée le 2 octobre à Lillers dans le Pas-de-Calais et qui fera escale à Paris, à la Boule Noire, le lundi 19 octobre, et au Havre, au Cabaret Electric, le 28 novembre. Après une série de dates en province, la tournée s’achèvera à la fin de l’année 2010.

Little Bob reste sans conteste LE chanteur rock français à avoir tout compris dans le domaine. Rockeur infatigable, il a connu à ses débuts toutes les galères, mais il a aussi toujours voulu écarter ses doutes pour repartir de plus belle avec un enthousiasme qu’il a su communiquer à ses musiciens, ainsi qu’aux divers publics qui ont jalonné son histoire.

 

LE HAVRE : LÀ Où TOUT A COMMENCÉ

 

Né au Havre le 10 mai 1945 de parents italiens, Little Bob, de son vrai nom Roberto Libero Piazza, décide un jour de fuir l’environnement ouvrier qui l’écrase et voit en la musique, ou plutôt au travers du rock’n’roll, une délivrance, une opportunité de changer de vie, de balayer ce quotidien ennuyeux (ouvrier métallurgiste au Havre) et de vivre enfin sa passion. La musique est une seconde nature chez cet amoureux de rock, de blues et de jazz, et c’est en 1971 que naît l’envie de monter sa propre formation avec Mimo Quertier à la batterie, Guy-Georges Gremy à la guitare et Dominique Lelan à la basse. Litte Bob, surnom qui lui est donné en rapport à sa petite taille mais aussi en hommage à Little Richard, sera bien évidemment le chanteur à la voix rauque de cette formation qui se produit en anglais, dans les bars et les salles des fêtes de la région havraise.

En 1975, un premier single voit le jour, Don’t Let Me Be Mise Understood, suivi en 1976 de leur premier album, High Time. Portés malgré eux par la déferlante punk, ils se retrouvent dans l’euphorie de l’époque où tout est permis. Très vite, le groupe décroche des contrats et se retrouve sur le devant de la scène, d’abord sur une tournée avec Ange, puis s’offre son premier concert dans le sacro saint temple du rock : le Marquee à Londres. Les groupes foisonnent et Little Bob Story côtoie les plus grands, Motörhead, les Stranglers, The Damned, Bijou, assurera la première partie des Clash, Dr Feelgood, etc …. Il s’accorde même le privilège d’avoir parmi ses spectateurs certains des membres des Clash, des Pistols, des Inmates, des Sham 69 et la très prochainement célèbre Chrissie Hynde des Pretenders.

Le gang original écume donc les scènes de France et de Grande-Bretagne pour jouer un rock dur et primaire qui réveille une France baba cool et se fait respecter dans une Angleterre pré-punk. La légende démarre là et les disques de cette époque restent toujours des classiques aujourd’hui.

Entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, la carrière du groupe est en ascension car Little Bob Story est avant tout un groupe de scène convaincant, si convaincant qu’il a frôlé de peu une carrière internationale en se faisant respecter tant des Britanniques que des Américains (la presse musicale le surnommera le Dr Feelgood français).

 

LA MATURITÉ

 

Avec la voix unique d’un Eric Burdon mâtiné d’un John Fogerty, portée par un rock-blues solide et énergique, Little Bob révolutionne le rock et après un second album, Livin’In The Fast Lane, en 1977, il s’offre sur son troisième album, Come See Me, un morceau composé par Bruce Springsteen, Seaside Bar Song.

Little Bob change fréquemment de musiciens et continue sa route, avec des albums de plus en plus produits, une fidélité au rock et un public plus nombreux malgré l’émergence de groupes rock français comme Téléphone, les Dogs, Taxi Girl ou Trust. Les concerts s’enchaînent tant dans les festivals que dans les salles, notamment au Bataclan en 1982 où Little Bob fait un concert qui marquera les mémoires. L’année 1984 est riche en évènements : sortie en février de l’album Too Young To Love Me enregistré à New York, retour de l’excellent Guy-Georges Gremy à la guitare, tournée dans tout l’Hexagone, dont les fabuleux concerts au Forum des Halles et à l’Eldorado. En 1986, Little Bob assure la première partie de Joe Cocker au Zénith à Paris et, fin 1987, sort l’album Ringolevio avec la participation du non moins légendaire Lemmy du groupe Motörhead.

Pendant plus de quinze ans passés à sillonner la France et l’Europe continentale, à traverser régulièrement la Manche, à faire des percées outre-Atlantique, tout cela quasiment au rythme moyen d’un concert tous les trois jours, on imagine aisément avec quel déchirement Little Bob dissout son groupe en 1989 pour entamer une carrière solo, accompagné d’un unique pianiste.

Mais l’esprit du rock ne tarit pas chez ce rockeur âgé alors de 46 ans et il décide de reformer un groupe en 1991 et repart à l’assaut du public.

En 1993, Little Bob enregistre Lost Territories, son disque le plus abouti en solo, d’où ressort le morceau-titre, magnifique hommage au peuple amérindien, jugé trop long pour une carrière en radio qu’il aurait pourtant méritée. Sur l’album et sur la tournée qui suivit, on remarque la présence d’Olivier Durand, futur compère d’Elliot Murphy, et de J. J. Holiday des Imperial Crowns, considéré à raison comme l’un des meilleurs guitaristes slide de sa génération. Bénéficiant de budgets moindres, mais musicalement aussi ambitieux, Blues Stories, en 1997, puis Libero, en 2002, sont venus augmenter la riche discographie de Little Bob qui, bon an, mal an, continue de tourner. Le très bon et double Live 2003 sorti en 2004 en est une preuve supplémentaire, ainsi que The Gift sorti en 2005 et un Live + DVD sorti en 2007 enregistré au Havre en compagnie de ses plus fidèles amis et fans venus rendre hommage à ce rockeur dont le parcours musical est exemplaire.

Restent de toutes ces périodes des morceaux indémodables, hymnes au Rock’n’Roll et à la vie : High Time, So Crazy, You make me Crazy, Nobody’s Born To Lose, Riot in Toulouse, Mad Dog, Light of my Town, Too Young To Love Me, Ringolevio, Just Like a Hobo, Libero, Gift of The Devil, Living in The Dockland

 

LE DERNIER ALBUM

 

Little Bob
Little Bob
Son dernier album : Time To Blast
© Charles Dutôt
Le Rock’n’Roll a toujours été une musique de révolte. Bob le sait et ressort les guitares des étuis, les paroles engagées, le gros son qui décoiffe, les arrangements impeccables et là, c’est l’heure d’un blues rock soul de forcené. Time to Blast est un disque né sous le signe du taureau, comme celui de la pochette qui mugit d’impatience. C’est aussi le signe de Bob et ça lui va bien : l’énergie, la puissance et la maîtrise. Cela commence fort avec The Phone Call, ce fameux coup de fil qui demande à Bob s’il a oublié ce pour quoi il était né. Non, il n’a jamais oublié sa mission de rocker, et il le prouve durant ces trente cinq minutes de concentré d’énergie ! Le rock n’a pas le temps d’être bavard, il est concis, précis, rentre-dedans mais aussi romantique, émouvant. Bob sait nous raconter des tranches de vie. Ses morceaux sont de vraies chansons, mais aussi de vraies histoires, comme ce Big Boy Walking à la recherche de sa « dancing doll », Ringolevio is far away ou la nouvelle loi des rues, Long was the road ou la détresse des immigrés africains qui doivent quitter leur terre natale… Il y a aussi les prises de conscience : Take It As It Comes, exhortation à continuer la lutte pour toujours croire à nos idéaux de respect et justice, malgré les obstacles ; The Scream Inside, le cri intérieur, solitaire au milieu d’une foule indifférente ; les crises sentimentales avec If You Gotta Go, sur l’amour qui peut partir sans jamais revenir, ou Shaman blues, tempo malgache sur le désir (écrit avec JC Vinson, un ami de Madagascar).

Pour finir, car on a beau être une légende, on sait tous ce que l’on doit aux autres, deux reprises : Guilt, un classique popularisé par Marianne Faithfull sur Broken English, pointe dans une ambiance noire la culpabilité, celle que chacun éprouve, à tout moment de sa vie. Et pour finir, Bob tel que l’on ne l’a jamais entendu : habité, pris aux racines du blues le plus pur, celui de Skip James, celui de I’d Rather be the Devil.

Little Bob
Little Bob
Son dernier album : Time To Blast
© Charles Dutôt
Time to Blast est un vrai retour aux sources. L’enregistrement a eu lieu au Havre, là où tout a commencé, au plus près de la vie de Bob. Le son dégaine une hargne volontairement retrouvée (les guitares sont là et bien là), mais aussi une richesse des arrangements (clavier classieux soul/blues) et le tout avec une bête de rythmique (contrebasse virtuose et batterie métronomique), celle d’un taureau lâché dans une arène ! Le taureau est lâché, la corrida peut commencer !

 

 

Compte-rendu du concert à Paris


19 octobre, La Boule Noire (Paris)

Après quelques quatre ans d’absence dans la capitale, c’est un Little Bob fort d’un dernier album impeccable qui bondit sur la scène de la Boule Noire avec la même énergie qu’un missile sol-air dans la gueule d’un Mig 21 à l’époque de la guerre du Vietnam. Après une première partie retraçant les grands moments du groupe des années 70 à nos jours ponctuée de commentaires plutôt drôles (Les années 80 n’ont pas laissé un bon souvenir pour la musique mais, nous, nous avons quand même enregistré quelques bons albums!), le groupe embarque le public dans une fantastique version de Venus Of Avenue D en hommage à Willie DeVille qui laissera plus d’un spectateur sur le carreau. Entre blues et rock, Little Bob ne tranche pas: il est aussi bon quelque soit le style. Après une remarque amusée sur le manque de pogo dans la place comparé à un récent concert dans l’Est du pays, le rocker havrais réactualise Riot In Toulouse en un brûlot anti-gouvernemental que n’aurait pas renié Trust ou les Sex Pistols à leur grande époque. Même si certains spectateurs ont pu être surpris par la virulence de Little Bob, la spontanéité et le naturel de l’intervention n’ont fait que souligner davantage la grandeur d’âme du personnage aux yeux de son public. Little Bob est un grand chanteur mais il sait aussi afficher ses opinions sans pour autant en faire des tonnes. Après une fin de concert où le rythme des titres commence à mettre grandement en danger la pompe cardiaque des spectateurs, l’harmonica de Mickey (ex-Stunners) se joint au quintet pour un rappel répétition qui se ponctue par un Lost Territories à l’unisson avec un public enfin au diapason du groupe. C’est avec des concerts comme celui-ci que n’importe quel sourd ou malentendant comprend très rapidement pourquoi Little Bob est ce qu’on appelle une légende du rock.

Géant Vert

 

FORMATION ACTUELLE

 

Little Bob : chant

Gilles Mallet : guitare

Bertrand Couloume : contrebasse

Nicolas Noël : piano et orgue

Nico Garotin : batterie

 

DATES DES CONCERTS 2009

 

Lillers : 2 octobre à l'Abattoir

Vitry-le-François : 3 octobre à l'Orange Bleue

Héricourt : 16 octobre au Catering Café Music

Paris : 19 octobre à la Boule Noire

Paris : 20 octobre, private show

Serignan : 25 octobre à la Cigalière

Clermont-Ferrand : 31 octobre à la Coopérative de Mai

Argenton-sur-Creuse : 6 novembre à l'Avant-Scène

Argenton-sur-Creuse : 7 novembre, concert privé

Saint-Malo : 19 novembre à l'Omnibus

Brest : 20 novembre à l'Espace Vauban

Chinon : 21 novembre au Café français

Le Havre : 28 novembre au Cabaret Electric

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