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Ahmadou Kourouma
Ahmadou Kourouma est un grand écrivain d'origine malinké, né en 1927 à Togobala, près de Boundiali, à la frontière entre la Côte d'Ivoire et la Guinée.
Il est originaire d'une famille d'ancienne chefferie. A l'âge de sept ans, il est confié à son oncle infirmier, qui assure alors son éducation, à Boundiali, en Côte d'Ivoire. Grâce au poste de son oncle, Ahmadou Kourouma a donc accès à l'école primaire et poursuit ses études à l'école supérieure de Bamako, dans l'ex-Soudan français. En raison de ses activités politique, il est exclu de l'établissement et est alors enrolé dans l'armée française des troupes coloniales comme " tirailleur sénégalais " en Indochine.
Il achève ses études d'actuaires à la faculté de droit de Lyon, et retourne en Côte d'Ivoire en 1963, pendant une grave crise politique.
Rapidement inquiété par le régime du président Félix Houphouët-Boigny, il se retrouve au chômage après avoir été arrêté, mis en prison, puis relâché ( en raison du manque de preuves ).
Kourouma a accompli une grande partie de sa carrière à l'étranger, pendant son exil en Algérie ( 1964-1969 ) puis au Cameroun ( 1974-1984 ) , et ensuite à Lomé, au Togo ( 1984-1994 ) .
En 1968, il publie son premier roman " Le soleil des indépendances ", qui porte un regard critique sur le gouvernement de l'après-décolonisation. Dès lors, il devient l'un des écrivains les plus connus du continent Africain.
En 1990, après vingt ans sans donner de nouvelles, Ahmadou Kourouma publie son second roman " Monnè, outrages et défis ", un retour sur le passé du siècle colonial, suivit d' " En attendant le vote des bêtes sauvages " en 1998, toujours dans ce même style, entre l'humour et la lucidité.
En 2000, il publie " Allah n'est pas obligé ", et son dernier roman " Quand on refuse on dit non " paraît en 2004, après sa mort.
En septembre 2002, la guerre civile éclate en Côte d'Ivoire, Ahmadou Kourouma milite contre l'ivoirité, et pour la paix dans son pays. Soupçonné de soutenir les rebelles du Nord, il subit les accusations des partisans du président Laurent Gbagbo.
Dans ses oeuvres, Kourouma se distingue par son language et son attachement à la langue et la culture malinké qui n’échappe pas au lecteur. Il s'appuie sur la tradition orale pour transmettre ses messages. Son style de narration s’apparente beaucoup à celui d’un conteur traditionnel africain.
Il meurt le 11 décembre 2003 à Lyon.