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Les vaccins

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Les vaccins
Publié le:05/11/2009


Le plan de vaccination contre la grippe A soulève beaucoup de questions. Qui doit-être vacciné en priorité ? Les vaccins sont-ils sans dangers, sans effets indésirables ? Pour bien comprendre tous les enjeux et les mécanismes de la vaccination, une piqûre de rappel s’impose…

Qu’est-ce qu’un vaccin ?

Un vaccin est une préparation d’origine microbienne introduite dans l’organisme afin de provoquer la formation d’anticorps (ou de cellules tueuses) contre le microbe en cause.

La présence de ces anticorps (ou de ces cellules) crée une immunisation spécifique contre l’infection ou la toxine due à l’agent infectant correspondant.

Historique

La première vaccination fut celle que réalisa le médecin anglais Edward Jenner en 1796, en inoculant la vaccine à un homme afin de le protéger de la variole. Deux cents ans plus tard, cette maladie est définitivement éradiquée de la surface du globe. La mise au point du vaccin contre la rage par Louis Pasteur en 1885 constitue également une étape-clé dans l’histoire de la vaccination.

Dans les pays développés, la vaccination a permis la disparition presque totale de maladies comme la diphtérie, la poliomyélite et le tétanos néonatal. Dans les pays en développement, le nombre d’enfants qu’elle sauve chaque année est estimé à environ 1 500 000.

Infection et système immunitaire

Un germe pénétrant naturellement chez un individu est responsable de deux effets. Le premier, presque immédiat, est l’infection, avec des signes particuliers caractéristiques de l’agent responsable et un signe commun, la fièvre. Le second effet est la mise en place d’une protection future contre ce germe pathogène, car celui-ci active le système immunitaire, qui produit des anticorps ou des lymphocytes spécialisés. Ceux-ci seront capables de neutraliser le même germe s’il pénètre de nouveau dans l’organisme ainsi protégé.

Cette protection n’est pas immédiate lors de la première pénétration du germe, d’où l’apparition de la maladie. En effet, le système immunitaire met environ 6 à 8 jours pour synthétiser les anticorps ou générer les cellules défensives en nombre suffisant. Ensuite, il garde le souvenir de la première intrusion du germe, souvenir inscrit définitivement dans une variété particulière de lymphocytes, les lymphocytes mémoire. Ceux-ci vont circuler très longtemps chez l’individu et réagir immédiatement et fortement lors d’une invasion ultérieure en neutralisant les germes dès leur entrée dans l’organisme. Cela explique, par exemple, pourquoi une personne n’est jamais atteinte deux fois par le virus de la rougeole ou par celui de la rubéole.

Comment les vaccins sont-ils fabriqués ?

Un vaccin est un germe microbien auquel on a fait perdre artificiellement son pouvoir pathogène pour n’en garder que le pouvoir immunisant : les vaccins ne provoquent pas de maladie, mais ils induisent la production de lymphocytes mémoire identiques à ceux qu’auraient générés le germe pathogène. Les vaccins sont obtenus par un traitement adapté, biologique, physique ou chimique, des germes pathogènes. Désormais, des vaccins entièrement synthétiques, substances uniquement composées des parties « vaccinantes » d’un germe, sont disponibles (hépatite B, coqueluche, infections à méningocoque, par exemple).

Un vaccin est un germe microbien auquel on a fait perdre artificiellement son pouvoir pathogène pour n’en garder que le pouvoir immunisant : les vaccins ne provoquent pas de maladie, mais ils induisent la production de lymphocytes mémoire identiques à ceux qu’auraient générés le germe pathogène. Les vaccins sont obtenus par un traitement adapté, biologique, physique ou chimique, des germes pathogènes. Désormais, des vaccins entièrement synthétiques, substances uniquement composées des parties « vaccinantes » d’un germe, sont disponibles (hépatite B, coqueluche, infections à méningocoque, par exemple).

Les vaccins sont préparés selon divers procédés et disponibles sous plusieurs formes.

Les germes tués, encore appelés germes inactivés ou inertes, produisent des vaccins immunisant par le pouvoir antigénique persistant des germes. L’emploi de ces vaccins nécessite des injections répétées et des rappels pour relancer l’immunité ; les vaccins protégeant contre le choléra, la fièvre typhoïde, la grippe, la coqueluche, la rage, l’hépatite virale B sont de ce type, ainsi que le vaccin antipoliomyélitique par voie parentérale de Salk.

Les vaccins vivants atténués entraînent une réaction immunitaire similaire à celle que produirait l’infection de l’organisme. Une seule injection est suffisante. Font partie de cette famille les vaccins protégeant contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (souvent associés en vaccin R.O.R.) ainsi que ceux contre la fièvre jaune et la poliomyélite.

Les anatoxines, obtenues par modification chimique et physique de la toxine responsable de la maladie, sont utilisées lorsque la toxine d’un germe est l’agent pathogène principal. L’immunité ne concerne que la toxine. Les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et le botulisme sont de ce type.

Prévention, mais aussi thérapeutique

Étant donné que l’immunisation active n’apparaît que plusieurs jours ou plusieurs semaines après l’administration du vaccin, la vaccination représente le plus souvent un moyen de prévention contre une infection donnée. Mais elle peut être aussi utilisée pour renforcer les défenses de l’organisme contre une infection déjà installée (vaccinothérapie). La sérovaccination associe la vaccination (protection à long terme) et la sérothérapie (action immédiate) ; ainsi prévient-on le tétanos chez les personnes non vaccinées susceptibles d’avoir contracté la maladie à l’occasion d’une blessure, même minime (piqûre de rosier, par exemple).

Mode d’administration

Selon le vaccin, l’inoculation peut être faite par voie sous-cutanée, intramusculaire, intradermique ou par voie orale (rotavirus). Des vaccins par spray nasal sont en cours d’essai ou sont déjà utilisés (pur les vaccinations grippales saisonnière et pandémique aux Etats-Unis).

On a recours aujourd’hui à deux types de vaccination : les vaccinations combinées, qui consistent à mélanger, au moment de l’emploi, les vaccins dans la même seringue et à les inoculer en un seul point de l’organisme ; les vaccinations simultanées, qui consistent à administrer les vaccins en différents points de l’organisme ou par des voies différentes.

Les vaccinations courantes

Les vaccinations concernent des maladies graves, fréquentes et évitables.

Chez l’enfant

 

Certaines vaccinations sont obligatoires, d’autres sont facultatives mais fortement conseillées. Chaque pays propose un calendrier vaccinal, en fonction des conditions épidémiologiques qui lui sont propres, contre la tuberculose (B.C.G.), contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (D.T.P.), mais aussi contre la coqueluche – maladie infectieuse particulièrement grave chez le jeune nourrisson –, contre la rougeole, les oreillons et, pour les filles, contre la rubéole (vaccin R.O.R.). Une autre vaccination, plus récente, permet de protéger les nourrissons contre les infections à Hæmophilus influenzæ de type b : méningite purulente, épiglottite, etc. Ce vaccin peut être associé au vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite (D.T.C.P) : on parle alors de vaccin pentavalent. Enfin, en vue d’un voyage dans un pays où sévissent encore des maladies à potentiel épidémique (choléra, fièvre jaune, par exemple), les vaccinations correspondantes doivent être pratiquées. Celle contre la fièvre jaune est, selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (O.M.S.), obligatoire.

Chez l’adulte

 

On distingue des vaccinations de plusieurs types : celles concernant des affections présentes dans toutes les parties du monde (tétanos, rubéole pour les femmes non immunisées, grippe pour les personnes âgées ou fragiles) ; celles qui sont obligatoires pour les personnes se rendant dans certains pays tropicaux ; celles, enfin, rendues nécessaires par une affection particulière ou en raison des risques inhérents à certaines professions (hépatite B ou diphtérie pour les personnels de santé, rage pour les travailleurs agricoles, les vétérinaires ou les gardes forestiers, hépatite A pour les employés des secteurs alimentaires, etc.).

La revaccination

En raison de l’immunité limitée conférée par certains vaccins, il est nécessaire de pratiquer une nouvelle vaccination (rappel) quelque temps après la première. Ainsi, pour la fièvre jaune, la vaccination est-elle recommandée tous les 10 ans. Si des modifications antigéniques apparaissent au cours du temps dans la structure des virus, la vaccination doit être renouvelée chaque année avec un nouveau vaccin (vaccination annuelle contre le virus de la grippe, qui se modifie fréquemment).

Les contre-indications

Les contre-indications absolues à l’administration d’un vaccin sont les affections malignes (cancer, maladie du sang), les affections viscérales chroniques et certains déficits immunitaires. Les vaccins bactériens inactivés (coqueluche) sont contre-indiqués en cas de forte réaction après une précédente injection.

Les contre-indications temporaires à l’administration d’un vaccin sont une fièvre et les suites immédiates d’interventions chirurgicales. Les maladies rénales, les insuffisances cardiaques ou respiratoires, les maladies dermatologiques, y compris l’eczéma, ne constituent pas des contre-indications, à condition que les vaccinations soient pratiquées en dehors d’une poussée de la maladie. En présence d’un terrain fortement allergique, la vaccination est possible selon un protocole bien défini comportant notamment une épreuve de tolérance au vaccin. Pendant la grossesse sont contre-indiqués les vaccins anticoquelucheux, antirougeoleux, anti­rubéolique, antirabique (sauf contamination certaine) et, sauf urgence, les vaccins antidiphtérique et antiamarile (contre la fièvre jaune). En revanche, il est possible de vacciner une femme enceinte contre la grippe et, à partir du 4e mois de grossesse contre la poliomyélite (par voie injectable) et le tétanos.

Effets indésirables : se vacciner présente-t-il un risque ?

L’administration de certains vaccins peut entraîner des réactions locales (douleurs, rougeurs, gonflements) relatives à la réaction immunitaire en cours, une fièvre et parfois des réactions allergiques (fièvre, urticaire).

Les effets indésirables sérieux, ou fatals, sont rarissimes mais le caractère obligatoire, ou fortement recommandé, de certains vaccins a conduit à des mouvements d’opposition à la vaccination. La crainte liée à l’inoculation de matériel viral se conçoit, cependant les autorités médicales évaluent très précisément le rapport bénéfices/risques de chaque produit. Certains vaccins sont ainsi abandonnés, comme la variole et le choléra (ces maladies ne se rencontrent plus en France) et d’autres sont maintenus : par exemple, le vaccin contre l’hépatite B, autrefois suspecté de provoquer des cas de scléroses en plaques, est toujours recommandé chez les nourrissons et les personnes à risque. En effet, les études menées de 1994 à 2003 n’ont montré aucune association entre la vaccination hépatite B et la sclérose en plaques. De même, on associe souvent le syndrome de Guillain-Barré (SGB) à la vaccination anti-grippale. Cette atteinte des nerfs, potentiellement grave, survient dans les deux tiers des cas après une infection virale ou bactérienne. Or, l’ensemble des études a montré que le risque de développer un SGB après une grippe est très nettement supérieur au risque qu’il survienne à la suite d’une vaccination. Le rapport bénéfices/risques est donc toujours en faveur de la vaccination.

Le vaccin contre la grippe A

Si, chaque année, la vaccination contre la grippe saisonnière est largement admise, notamment chez les plus de 65 ans pour lesquels elle est conseillée, le cas du nouveau virus grippal A(H1N1) soulève quelques questions.

Apparu au Mexique en mars 2009, ce virus s’est répandu en quelques mois sur toute la planète et la réponse des Autorités sanitaires face à cette nouvelle pandémie a été d’une ampleur inégalée. Un vaccin a été mis au point à l’automne 2009. Cependant, il est aujourd’hui avéré que la gravité de cette nouvelle grippe est, selon l’OMS, modérée. L’intérêt d’une vaccination de masse est donc discutable.

Qui est concerné ?

La première priorité a été la vaccination des personnels de santé, ceci afin d’assurer la continuité des soins. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a ensuite défini 5 niveaux de priorité, mais rappelle que toutes les personnes qui désirent être vaccinés devraient pouvoir le faire à partir de la mi-novembre (en effet, 94 millions de vaccins ont été commandés en France !).

Priorité 1 :

-          Femmes enceintes à partir du 2e trimestre.

-          Entourage des nourrissons de moins de 6 mois (parents, frères et sœurs, adulte en charge de la garde,…).

-          Nourrissons âgés de 6 à 23 mois avec facteur de risque.

Priorité 2 :

-          Sujets âgés de 2 à 64 ans avec facteur de risque.

Priorité 3 :

-          Nourrissons âgés de 6 à 23 mois sans facteur de risque.

-          Sujets âgés de 65 ans et plus avec facteur de risque.

Priorité 4 :

-          Sujets âgés de 2 à 18 ans sans facteur de risque.

Priorité 5 :

-          Sujets âgés de 19 ans et plus sans facteur de risque.

Ces recommandations peuvent évoluer en fonction des nouvelles données relatives à l’épidémie. Ainsi, au moment où les vaccins ont été commandés, le protocole reposait sur 2 doses espacées de 21 jours. Au final, une dose suffira peut-être…

Pour limiter les risques d’interférence entre le vaccin de la grippe saisonnière et celui de la grippe A, un intervalle minimal de 21 jours doit être également respecté entre les deux inoculations.  Pour les autres vaccins, aucun délai n’est nécessaire à la condition qu’ils ne soient pas administrés le même jour.

Adjuvant ou pas ?

Parmi les vaccins proposés à la mi-novembre, certains sont élaborés avec un adjuvant, une substance permettant d’élargir le spectre d’efficacité du vaccin, notamment envers les virus qui seraient modifiés, mais également de protéger les personnes vaccinées, ces produits contenant moins de principes actifs.

L’adjuvant utilisé dans ces nouveaux vaccins est à base de squalène, un extrait d’huile de foie de requin. Les risques d’effets secondaires liés à cette substance sont actuellement théoriques, mais par mesure de précaution, les vaccins sans adjuvants seront privilégiés chez les personnes au système immunitaire immature ou modifié (jeunes enfants, femmes enceintes, immunodéprimés).