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Brève présentation d'objets musicaux antiques (4)
AVERTISSEMENT : Pour la bonne compréhension de ce texte, nous revoyons le lecteur à notre article sur les systèmes (http://www/larousse.com/encyclopedie/article/Les_systèmes_(systemata_ou_sustemata)11022852).
L'accroissement des capacités instrumentales et la composition de nouvelles mélodies firent que les systèmes devinrent insuffisants, la pratique musicale utilisant d'autres notes, plus aiguës et plus graves[1]. Pour pallier ce défaut, les théoriciens proposèrent des transpositions des systèmes dans l'aigu et dans le grave. Ces transpositions furent nommées des tons[2]. L'ordre dans lequel furent disposés les tons ainsi que leur quantité évoluent historiquement. D'après les Harmoniques de Ptolémée, dans ce qu'il considère comme étant des temps anciens, les tons étaient au nombre de trois et étaient distants les uns des autres d'un intervalle de ton. Cléonide[3] et Aristide Qunitilien[4] nous disent qu'Aristoxène de Tarente en dénombrait treize[5], séparés d'un demi-ton chacun, couvrant une étendue d'une octave[6] de l'hypodorien, le plus grave, à l'hypermixolydien ou hyperphrygien, le plus aigu :
1° Hypermixolydien ou hyperphrygien
2° Mixolydien aigu
3° Myxolydien
4° Lydien
5° Lydien grave
6° Phrygien
7° Phrygien grave
8° Dorien
9° Hypolydien
10° Hypolydien grave
11° Hypophrygien
12° Hypophrygien grave
13° Hypodorien
Les traités de l'Antiquité tardive tels ceux d'Alypius, d'Aristide Quintilien et de Cléonide rapportent un système de quinze tons toujours échelonnés de demi-ton en demi-ton, couvrant cette fois-ci une étendue d'une neuvième majeure. Ces tons seront nommés par Cassiodore[7] dans sa section consacrée à la musique[8] :
1° Hyperlydien
2° Hyperéolien
3° Hyperphrygien
4° Hyperionien
5° Mixolydien
6° Lydien
7° Éolien
8° Phrygien
9° Ionien
10° Dorien
11° Hypolydien
12° Hypoéolien
13° Hypophrygien
14° Hypoionien
15° Hypodorien
Ptolémée propose un système de tons différents, réduisant à sept le nombre de tons, annonçant la nécessité d'obtenir autant de tons que d'espèces d'octaves afin de disposer les sept espèces d'octaves dans le même ambitus que celui résultant de l'addition des tons[9]. Ces sept tons qui seront repris par Boèce sont disposés sur une échelle diatonique :
1° Mixolydien
½ ton
2° Lydien
ton
3° Phrygien
ton
4° Dorien
½ ton
5° Hypolydien
ton
6° Hypophrygien
ton
7° Hypodorien
Fabien Delouvé
Université Paris 8
NOTES
Nous renvoyons le lecteur à nos autres articles sur les objets musicaux antiques pour les références bibliographiques complètes.
[1] Les éléments présentés ici viennent de BOCCADORO, Brenno : Ethos e varietas, op. cit., pp. 243 - 248.
[2] Tonos, au pluriel, tonoi.
[3] Théoricien grec du IIème siècle de notre ère.
[4] I, 10, page 54 de la traduction de François Duysinx, op. cit..
[5] La section d'Aristoxène dénombrant les tons ne nous est pas parvenue (CHRISTENSEN, Thomas Street [éd.] : The Cambridge History of Western Music. Édité par Cambridge University Press, Cambridge, 2002, p. 125), justifiant cet appui sur Cléonide et Aristide Quintilien, théoriciens postérieurs.
[6] "Les tons, suivant Aristoxène, sont au nombre de treize ..." (CLÉONIDE : L'Introduction Harmonique de Cléonide et la division du canon d'Euclide le Géomètre. Nouvelle traduction française, avec commentaire perpétuel par Ch. Em. Ruelle. Édité par Firmin Didot, Paris, 1884, section 109).
[7] C. 480 - 575.
[8] Voir la traduction d'Yves Chartier en ligne de ce texte : http://www.musicologie.org/publirem/hmt/hmt_cassiodore.html
[9] BOCCADORO, Brenno : Ethos e varietas, op. cit., p. 245. Brenno Boccadoro a émis l'hypothèse selon laquelle Aristoxène aurait bien avant Ptolémée émis ce type de disposition des sept espèces d'octaves.