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Brève présentation d'objets musicaux antiques (1)
Trois genres[1] de structurations intervalliques sont décrits ou nommés dans les traités de musique : le diatonique[2], le chromatique[3] et l'enharmonique[4]. Ces genres qui « résultent du déplacement des sons mobiles[5] » s'appliquent aux tétracordes, structurations de quatre sons inclus dans une quarte. Toute mélodie s'inscrit dans un de ces trois genres.
Le diatonique procède du grave à l'aigu du tétracorde par un demi-ton et deux tons entiers. Le genre chromatique présente deux demi-tons dans la partie grave, puis un intervalle d'un semi-diton[6]. Dans le genre enharmonique, les deux notes internes d'un tétracorde sont à distance d'un intervalle d'un diesis[7] de la note la plus grave, laissant au centre du tétracorde un intervalle d'un diton[8]. Nous nous basons sur le schéma proposé par Martin Litchfield West dans la présentation des intervalles constitutifs de ces trois genres[9] :
Ces intervalles correspondent à une structuration intervallique de base ; les notes intérieures au tétracorde sont considérées comme mobiles et peuvent être disposées selon une autre structuration. Il en résulte que dans chaque genre, les combinaisons possibles sont au nombre de trois, chaque genre étant composé de trois intervalles :
½ ton – Ton – Ton
Ton – ½ ton – Ton
Ton – Ton – ½ ton
½ ton – ½ ton – semi-diton
½ ton – semi-diton – ½ ton
semi-diton – ½ ton – ½ ton
diesis – diesis – diton
diesis – diton – diesis
diton – diesis – diesis
Fabien Delouvé
Université Paris 8
NOTES
[1] Génè, sing. génos.
[2] Tò diátonon.
[3] Tò chromatikón.
[4] Tò enharmonikón.
[5] ARISTOXÈNE DE TARENTE : Éléments harmoniques d'Aristoxène, I, 2, 11, p. 7 de la traduction française de Charles-Emile Ruelle.
[6] Un ton et demi.
[7] Soit à peu près un quart de ton (Aristide Quintilien : La musique, I, 7).
[8] Somme de deux tons.
[9] WEST, Martin Litchfield : Ancient Greek Music. Clarendon Paperback, Oxford, 1992, p. 162.