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Le coeur (Al-Qalb)

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Le coeur (Al-Qalb)
Publié le:09/01/2012

Le coeur dans le soufisme, présentation brève


 

Le cœur (Al-Qalb)

 

Dans l'Islam, le cœur est à la fois un organe physique et un organe spirituel. C'est ce deuxième sens que l'on va tenter d'expliquer en s'appuyant sur deux ouvrages : Les merveilles du cœur et le livre de la science d'Al-Ghazâlî.

 

Al-Ghazâlî (1058-1111) fait du cœur l'organe principal de l'homme, qu'il définit comme suit :

 

« Par « cœur » (qalb) nous n'entendons pas l'organe physique fait de chair et de sang, mais l'un des secrets de Dieu, inaccessible aux facultés sensorielles. C'est une réalité divine subtile que l'on appelle tantôt « esprit » (rûh), tantôt « âme apaisée » (an-nafs al-mutma'inna). (…) Tout ce que l'on peut en dire, c'est qu'il est un joyau précieux, une perle rare encore plus belle que les constellations célestes. » (Al-Ghazâlî, 2009, p.153-154)

 

Le cœur semble donc être une réalité spirituelle qui est en nous, mais que nous ne pouvons saisir par les sens et que nous ne pouvons saisir que par la pensée. Une autre faculté du cœur, donnée cette fois dans Les merveilles du cœur est que le cœur est « une réalité subtile » qui « n'est autre que la réalité essentielle de l'être humain : elle est ce qui en lui appréhende, connaît et sait ; et ce qui en lui exprime, réagit, se plaint et demande. » (Al-Ghazâlî, 2010, p.12)

 

En raison de cela, le cœur est une réalité qui est indissociable du cœur physique précise Al-Ghazâlî.

 

Sheikh Abdel Wahid Yayia (1886-1951) compare le cœur au soleil dans les termes suivants :  La connaissance du cœur est la perception directe de la lumière intelligible », la Lumière divine ou « Lumière rayonnant du « Soleil spirituel » qui est le véritable « Cœur du Monde » (Anonyme, 2009)

 

Ce qui permet à l'auteure de l'article cité ci-dessus de déduire que : 


"C’est donc l’intelligence pure au sens universel [intellect] qui est le « Cœur » ou encore le « centre de l’être » composé de deux aspects inséparables : l’intelligence et l’amour. Dans la nature, le soleil, par sa position centrale en ce qui nous concerne, ce feu qui rayonne lumière et chaleur –correspondant à l’intelligence et à l’amour- est ce qui le symbolise le mieux. On n’aura alors pas de mal à comprendre que la raison, par rapport à l’intelligence, n’est qu’une lumière réfléchie, une lumière sans chaleur, comme la lumière froide de la lune qui réfléchie la lumière du soleil (et ce n’est pas vainement que l’on applique le terme de « reflexion » à la pensée rationnelle); quant au sentiment par rapport à l’amour, il n’est qu’une chaleur sans lumière." (Id.)

 

Par là, il apparaît clairement que l'amour n'est qu'une infime partie du cœur. De même, l'image du "soleil" est empruntée à Plotin qui, dans les Ennéades  explique que : 


" Il (l'Un-Bien) est ce à quoi tout aspire. Il doit donc rester immobile et tout se tourne vers lui comme les points d'un cercle se tournent vers le centre d'où partent les rayons. Le soleil en est une image ; il est comme un centre pour la lumière qui se rattache à lui ; aussi est-elle partout avec lui. » (Plotin, cité par Danielle Montet dans Plotin, là-bas, ici, 1999, p.133)

 

On peut déduire que le cœur est comme le soleil : c'est l'organe spirituel autour duquel l'âme (nafs) tourne mais également la raison ('alq) et ce qui s'ensuit. 

 

Bibliographie : 

 

Al-Ghazâlî, (2010) Les merveilles du coeur, Beyrouth : Albouraq 

Al-Ghazâlî, (2009) Le livre de la science, Beyrouth : Albouraq

Collectif (1999) Plotin : ekei, entautha, Toulouse : Kairos et Presses Universitaires du Mitrail

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bonnel.germain bonnel.germain Voir sa fiche
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