Le Monastère Royal de Brou (seconde partie)
Publié le:22/12/2009
L'église et le couvent

Monastère Royal de BrouAu sud les bâtiments du couvent cachent l'église dont on aperçoit le toit de tuiles vernissées et le clocher.
© Catherine RAUX
Catherine RAUX
Le Monastère Royal de Brou est le chef d'oeuvre réalisé par la volonté de
Marguerite d'Autriche, fille de l'Empereur Maximilien 1er de Habzbourg et de Marie de Bourgogne, par amour pour son défunt mari
Philibertle Beau Duc de Savoie. (cf 1ère partie)
La construction débute en 1506 et s'achève en 1532. Marguerite ne verra jamais son oeuvre, elle meurt le 30 novembre 1530 aux Pays-Bas ; sa dépouille sera acheminée à Brou en 1532 pour qu'elle repose auprès de son mari et de sa belle-mère Marguerite de Bourbon.
L'entretien des bâtiments s'avère un gouffre financier et quand à la Révolution Française les ordres religieux sont supprimés, les Augustins sont contraints d'abandonner les lieux en mauvais état. Le bressant Thomas Riboud obtient de l' assemblée constituante que Brou soit classé aux monuments nationaux à conserver aux frais de l'état. Au fil des ans l'église sert alors de grenier à fourrage pour l'armée, le couvent devient prison, caserne, hospice.
En 1823 Brou est remis au clergé qui y installe un séminaire jusqu'en 1907. Après la guerre la ville de Bourg en Bresse rachète une partie du couvent et y installe un musée en 1922. L'église qui ne sert plus au culte est ouverte à la visite.
Description de l'ensemble:
L'EGLISE: construite entre 1513 et 1532 est un chef d'oeuvre du gothique flamboyant (72 mètres de long sur 30 de large et 21 de hauteur dans la nef et le choeur).
- La nef voûtée d'ogives, flanquée de chapelles est d'une extrême sobriété.

Monastère Royal de BrouLe jubé richement décoré assure la transition entre la nef et le choeur
© Catherine RAUX
Catherine RAUX
- Le Jubé est formé de trois arcades festonnées d'une guipure de pierre
- le choeur est vaste ; des scènes et des personnages de l'ancien testament (au sud) et du nouveau testament (au nord) ainsi que des miséricordes sont gravés dans les stalles disposées de part et d'autre du choeur.
- Le tombeau de Marguerite de Bourbon est creusé en enfeu dans le mur sud, il est encadré par des statuettes de saints et de saintes, le soubassement abrite des pleurants et des angelots.
- Le tombeau de Philibert le Beau occupe le milieu de choeur, il est à deux niveaux, la partie haute représentant le gisant, la partie basse le défunt dans son linceul. Philibert a les mains jointes orientées vers sa mère et la tête tournée vers sa femme. Des niches accueillent des sibylles tout autour du tombeau.
- Le tombeau de Marguerite d'Autriche, côté nord, est surmonté d'un monumental baldaquin très ouvragé où on peut lire sa devise "Fortune Infortune Fort Une" ainsi que les initiales Pet M que l'on retrouve dans de nombreux endroits (portail, vitraux...).
- Une chapelle est consacrée à Marguerite ; on peut y prendre place sur une banquette d'albâtre

Le Monastrère Royal de BrouVitrail de l'Assomption situé dans la chapelle de Marguerite d' Autriche
© Catherine RAUX
Catherine RAUX
blanc et de marbre noir pour admirer le monumental retable consacré aux "Sept Joies de la Vierge" et le vitrail de l'assomption. - Les vitraux du choeur ont été réalisés entre 1525et 1531. La verrière centrale représente les apparitions du Christ ressucité à Madeleine et à la Vierge. Les vitraux latéraux sont consacrés d'un côté à Philibert et aux blasons des maisons de Savoie et de Bourbon, de l'autre à Maguerite et aux armoiries de Habzbourg et de Bourgogne.
LE COUVENT:
- à l'entrée, le bâtiment des hôtes était destiné à loger marguerite et sa suite.
- le premier cloître est entouré de galerie voûtées d'ogives et à l'étage de galeries plafonnées. Il servait de transition entre le monde extérieur et la communauté religieuse et accueillait les hôtes de passage.
- le grand cloître, réservé aux moines, présente la même disposition de galeries.
- le bâtiment principal du couvent abritait la sacristie et 2 salles capitulaires ; l'escalier menait au couloir qui desservait une vingtaine de vaste cellules individuelles. Au r/ch à droite de l'escalier se trouvait le réfectoire. Toute cette partie est maintenant occupée par le musée.
- le troisième cloître était réservé aux communs, il desservait la cuisine, le chauffoir, les fours, la procure, une chambre pour les domestiques et une prison. Dans la cour pavée de galets il y a un puits couvert.
L'ensemble a fait l'objet d'une restauration importante , notamment la toiture de l'église entièrement en tuiles vernissées. Des travaux sont toujours en cours.