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ou voie des bois parfumés.
Au même titre que la voie du thé ou que la voie des fleurs, la voie de l’encens constitue au Japon l’une des pratiques qui permet à chaque pratiquant de s’accomplir. Le Kôdô est souvent traduit en français par voie de l’encens. En réalité, il convient de parler de voie des bois parfumés.
Même si l’encens est connu depuis l’Antiquité, notamment dans le bassin méditerranéen, sa « forme japonaise » apparaît au VIème siècle. Importé vraisemblablement de Chine ou d’Inde par les moines bouddhistes, il est utilisé durant les cérémonies de purification et fait partie des rites offerts aux bouddhas et aux défunts. Il est considéré comme l’un des cadeaux les plus précieux.
Rapidement, l’utilisation de ces bois odoriférants se propage au-delà des monastères et entre à la cour impériale où la noblesse japonaise en fait un raffinement d’intérieur et l’utilise également pour embaumer les vêtements. Peu à peu, les guerriers, eux-mêmes bouddhistes, reprennent l’encens comme un outil de purification. Ils parfumaient leurs casques, leurs armures et leurs armes, afin de créer les conditions de la victoire et de l’invincibilité.
C’est aux XIV et XVème siècle que le commerce avec le reste du continent asiatique s’intensifie. La Chine en profite alors pour exporter au Japon ses bois aromatiques. Dans le même temps, l’encens entre dans les foyers des classes moyennes et devient synonyme de quiétude.
On assiste à de curieux concours appelés kôawase ou takimono awase dont le but est de reconnaître les différents bois. Toujours au XVème siècle, ce type de compétition devient de plus en plus raffiné et élitiste. Les jeux d’argent font place aux rencontres mondaines où les lettrés et les gens de culture vont relier cette pratique à d’autres pratiques artistiques et notamment à la culture littéraire.
Comme pour la cérémonie du thé, la place des ustensiles est presque aussi importante que le bois parfumé, on trouve la boîte où l’on met l’encens, le brûle-parfum, les baguettes. Et comme pour la voie du thé, on trouve plusieurs écoles. On en distingue deux principales : Oie-ryu, et Shino-ryu. Cependant, à la différence de la voie du thé, la voie de l’encens ne s’est pas autant démocratisée. En effet, les concours demandent la fourniture de bois parfois précieux, très couteux importés d’Asie du sud-est.
Aujourd’hui, la pratique moderne utilise l’encens comme emblème d’un art de vivre. Plus outil d’ambiance que rite purificateur, il sert à honorer l’arrivée d’un invité, aide à la recherche de la tranquillité, de la paix et favorise la réflexion.
Le Japon d’Edo. François et Mieko Macé, 2002, éd. Guides belles lettres des civilisations.
www.japonismus.com.