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Le Chadô

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Le Chadô
Publié le:28/08/2008

La voie du thé ou cérémonie du thé


 

La cérémonie du thé au Japon fait l’objet d’un rituel bien particulier. Appelé parfois sadô ou chanoyu, c’est un cérémonial inspiré de l’école bouddhiste japonaise, le zen.

 

Déjà connu depuis très longtemps en Chine, la consommation de thé commence à se développer au Japon à l’époque Kamakura (XIIème-XIVème siècle). D’abord utilisé comme excitant pour permettre aux moines de rester éveillés pendant la méditation, il trouve rapidement sa place dans le divertissement et la dégustation. On parle alors de tôcha, « combat de thé », où les adeptes de la dégustation se doivent de reconnaître le thé dit authentique. Ces « combats » deviennent de plus en plus raffinés, les participants s’efforcent toujours de reconnaître les meilleurs crus.

Peu à peu le rituel s’enrichit et gagne en élégance. Les nobles s’attachent à organiser ces rencontres avec de la belle vaisselle et un luxe prononcé.

 

Sen no Rikyû, Maître de thé du XVIème siècle, peinture de Hasegawa Tohaku
Sen no Rikyû, Maître de thé du XVIème siècle, peinture de Hasegawa Tohaku
Sen no Rikyû, Maître de thé du XVIème siècle
© Hasegawa Tohaku
 Au XIVème siècle, apparait le wabicha, le thé simple, c'est-à-dire le thé dégusté sans apparat par toutes les catégories de la population. Cette pratique insiste sur les dispositions intérieures des consommateurs. Au siècle suivant, une personnalité marquante, Sen no Rikyu, devient le Maître de thé des dirigeants du Japon Nobunaga Oda puis Toyotomi Hideyoshi. Il pratique un thé très simple mais très raffiné et fixe le rituel. Sa théorie est simple, chaque rencontre est un trésor qui ne pourra jamais se reproduire. Chaque rencontre nécessite donc un cérémonial précis.

 

La salle où est consommé le thé doit être très dépouillée avec une lumière naturelle tamisée, peu de décoration, une calligraphie, une composition florale. Ici, tout en se relaxant, on communie par la philosophie du geste ritualisé. On recherche l’harmonie intérieure et une liberté d’esprit. Les paroles sont rares, on apprécie le son de l’eau versée, l’odeur du thé et de l’encens. Même pour un invité, un minimum de connaissance est requise afin d’adopter la bonne attitude.

 

Différentes écoles se sont créées tout au long de l’Histoire de l’archipel,  multipliant les variantes et les ustensiles nécessaires à la pratique (louche en bambou, toile, bols à thé, fouet, boîte à thé…).

Le Chadô est considéré comme un art indissociable de la culture japonaise. Chaque famille dispose de pratiquants. Dans le Japon de l’époque Edo (1603-1868), toute fille de bonne famille se devait de pratiquer parfaitement cet art.

 

 

 

Aujourd’hui, même s’il est moins pratiqué par la jeune génération, cet « art de bienvenue » reste un passe-temps populaire et un moyen d’échapper au rythme stressant de la vie active japonaise.

 

Sources :

 

Yasushi Inoue, Le Maître du thé, éd. Stock, 1995.

Le Japon d’Edo. François et Mieko Macé, 2002, éd. Guides belles lettres des civilisations.

 

 

 

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