Le rallye-raid arpente l'Argentine et le Chili
Le 1er janvier dernier, les 373 équipages inscrits (138 voitures, 185 motos et quads, 50 camions) se sont élancé de Buenos Aires, en Argentine, pour un périple de deux semaines en Amérique du Sud. L’arrivée du rallye-raid Dakar (le nom officiel du Paris-Dakar) est prévue à Buenos Aires le samedi 16 janvier prochain, après 9 030 km, dont 4 810 km de spéciales, la traversée de la cordillère des Andes et une incursion au Chili.
En 2008, l’assassinat de quatre touristes français en Mauritanie et les menaces de prises d’otage liées à une branche mauritanienne d’al-Qaida (al-Qaida au Maghreb islamique) avait conduit l’organisateur, Amaury Sport Organisation (ASO), à annuler l’épreuve et à abandonner toute idée d’une nouvelle compétition sur le continent africain. C’est donc un nouveau continent qu'avait parcouru le Dakar l'an dernier.
L’organisateur a décidé de conserver le même nom et de reprendre les mêmes ingrédients, un cocktail de difficultés liées à la longueur des étapes et à la difficulté des pistes.
Les concurrents vont trouver du sable et des cailloux, des pistes et des traversées de gués profonds. Ils vont affronter les différences de températures entre les portions situées au niveau de la mer, au moment de l’été austral, et les températures plus rudes de l’Altiplano, ces hautes plaines à plus de 4 000 m d'altitude.
Après le départ de Buenos Aires, le parcours traverse la Pampa et arrive à Córdoba : les concurrents devront prendre garde aux cactus géants avant d'atteindre La Rioja et Fiambala. De là, ils fileront plein ouest pour traverser la cordillère des Andes et entrer au Chili. Après Copiapó, au bord de l’océan Pacifique, les équipages mettront le cap au nord pour affronter l’Atacama, l’un des déserts les plus absolus du globe. Dunes, cailloux et brouillards matinaux seront au rendez-vous durant sept jours. Encore plus au nord, vers Irique, les concurrents devront se frayer un passage entre de gros blocs de sels en traversant les salars. Ils repartiront en sens inverse, vers le sud, pour rejoindre La Serena, puis faire étape à Santiago du Chili. Le retour en Argentine nécessite de retraverser la cordillère des Andes. Après Santa Rosa, les rescapés rejoindront enfin Buenos Aires.
Malgré le retrait de l'écurie Mitsubishi, symptôme des difficultés actuelles des sports mécaniques, la confrontation en auto est relevée avec l'opposition entre les BMW, animées par le triple vainqueur auto Stéphane Peterhansel, par Nani Roma et par Chicherit, et les Volkswagen, conduites par le Sud-Africain De Villiers, l'Espagnol Carlos Sainz, le Qatarien Nasser Al-Attiyah et Miller. Luc Alphand, quant à lui, n'est pas encore rétabli de son grave accident de moto l'été dernier.
En moto, la lutte est serrée entre les 450 cm3 de David Frétigné (Yamaha) et les 690 cm3 bridées de Cyril Despres et de Marc Coma.
Le Paris-Dakar avait connu par le passé divers parcours en Afrique, qui l’avait conduit au Caire et même dans une traversée de la totalité du continent, jusqu’au Cap, en Afrique du Sud. Sa réputation s’est établie sur un parcours très exigeant, qui soumettait les hommes et le matériel à rude épreuve, avec une traversée du Sahara et du Sahel.
Le Paris-Dakar avait beaucoup évolué au fil du temps et des éditions, passant de l’aventure individuelle de quelques amateurs épris d’exotisme à une entreprise commerciale dominée par la caravane des professionnels du rallye-raid, rappelant l’évolution qu’a connue le Tour de France cycliste. De grands constructeurs automobiles, Porsche, Peugeot, Citroën, Mitsubishi, sont venus tester leur matériel dans les dunes, conduit par les meilleurs pilotes du monde, comme le Belge Jacky Ickx ou le Finlandais Ari Vatanen. Le Dakar a constitué également un banc d’essai grandeur nature pour toutes sortes de prototypes adaptés à la conduite sur sable, avec plus ou moins de réussite.
Depuis 1993, le Dakar est la propriété d’Amaury Sport Organisation (ASO), une filiale du groupe Amaury, éditeur par ailleurs du quotidien sportif l’Équipe, du journal le Parisien, de l’hebdomadaire France Football et du mensuel Vélo Magazine.
L’épreuve a connu son lot de vicissitudes. Le parcours a dû être révisé à plusieurs reprises et réduit comme une peau de chagrin à mesure de l’évolution géopolitique des pays traversés. Les sites les plus emblématiques des premières éditions étaient devenus inaccessibles, soit en raison de la guerre civile en Algérie, qui excluait l’étape de l’oasis de Djanet et la traversée du Hoggar, soit de la violence au Niger, le Ténéré, l'Aïr et Agadez devenant interdits. Après une baisse du nombre d’inscrits, des tentatives de relance ont été faites, en faisant traverser la totalité du Sahara, d’ouest en est, jusqu’au Caire, en faisant étape en Libye, chez le colonel Kadhafi, en 1990, et même en ralliant Le Cap, en Afrique du Sud, après la fin de l’apartheid, en 1992.
Le Dakar a vu l’émergence de quelques grands sportifs, tels les Français Stéphane Peterhansel, six fois vainqueur en moto et trois fois dans la catégorie auto, et Cyril Neveu, cinq fois vainqueur en moto. Des pilotes confirmés y ont été couronnés, comme le pilote finlandais de rallyes Ari Vatanen, quatre fois vainqueur en voiture. D’autres pilotes ont tenu à y participer, comme l’Espagnol Carlos Sainz, double champion du monde des rallyes, le Belge Jacky Ickx, six fois vainqueur des Vingt-Quatre Heures du Mans et vainqueur du Paris-Dakar en 1983, le pilote italien de formule 1 Clay Regazzoni, les Français Henri Pescarolo, quatre fois vainqueur des Vingt-Quatre Heures du Mans, Jean-Pierre Jabouille et Jacques Lafitte, tous deux pilotes de formule 1. Un moment délaissée par les grands noms du pilotage dans les années 1990, l’épreuve a renoué dans les années 2000 avec la présence de plusieurs écuries d'usine (Mitsubishi, Volkswagen, Nissan, BMW et Ford-Schlesser).
Le Paris-Dakar a permis à plusieurs anciens sportifs de découvrir une autre discipline que la leur. Parmi eux figurent un cycliste, Jacques Anquetil, une nageuse, Christine Caron, un footballeur, Raymond Kopa, une championne olympique de judo, Marie-Claire Restoux, une skieuse, Carole Montillet. Plusieurs sportifs en activité s’y sont diversifiés : les navigateurs Loïck Peyron et Laurent Bourgnon, le rameur Gérard d’Aboville, qui a participé à moto, les joueurs de rugby Christian Califano, également à moto, et Philippe Bernat-Salles. Le meilleur exemple de reconversion est celui du champion olympique Luc Alphand : passé avec succès des pistes de ski aux dunes de sable, il est sorti vainqueur du Paris-Dakar en 2007 dans la catégorie auto.
Le Paris-Dakar a aussi attiré diverses personnalités à la recherche d’exotisme et de sensations fortes. Plusieurs représentants du monde des arts et du spectacle s’y sont essayés, dont des chanteurs : Michel Sardou en 1984, associé au pilote Jean-Pierre Jabouille, Gérard Lenorman en 1990, Johnny Hallyday en 2002. Le comédien Claude Brasseur l’a emporté en 1983, comme copilote de l’équipage auto emmené par Jacky Ickx. Le spationaute Jean-Loup Chrétien était présent en 1984, et plusieurs membres de la famille princière de Monaco, la princesse Caroline et le prince Albert, en 1985.
Le Paris-Dakar, version africaine, avait été aussi très décrié et avait fait l’objet de controverses : de nombreux opposants s’étaient élevés contre ce défilé ostentatoire de matériel ultra-moderne dans des pays et au milieu de populations qui figurent parmi les plus pauvres du monde. Les critiques avaient redoublé à l’annonce des nombreux accidents mortels qui ont endeuillé les différentes éditions et frappé des concurrents – 32 –, des journalistes – 7 –, mais aussi de nombreux habitants (17, dont 9 enfants) des différents pays traversés. Thierry Sabine, le créateur et l’organisateur de l’épreuve, devait lui-même trouver la mort dans un accident d’hélicoptère lors de l’édition de 1986, aux côtés notamment du chanteur Daniel Balavoine, dans le Ténéré, au milieu du Sahara.
1979 : Paris - Alger - Dakar
1980 : Paris - Alger - Dakar
1981 : Paris - Alger - Dakar
1982 : Paris - Alger - Dakar
1983 : Paris - Alger - Dakar
1984 : Paris - Alger - Dakar
1985 : Paris - Alger - Dakar
1986 : Paris - Alger - Dakar
1987 : Paris - Alger - Dakar
1988 : Paris - Alger - Dakar
1989 : Paris - Tunis - Dakar
1990 : Paris - Tripoli - Dakar
1991 : Paris - Tripoli - Dakar
1992 : Paris - Syrte – Le Cap
1993 : Paris - Tanger - Dakar
1994 : Paris - Dakar - Paris
1995 : Grenade - Dakar
1996 : Grenade - Dakar
1997 : Dakar - Dakar
1998 : Paris - Grenade - Dakar
1999 : Grenade - Dakar
2000 : Dakar – Le Caire
2001 : Paris - Dakar
2002 : Arras - Madrid - Dakar
2003 : Marseille - Charm el-Cheikh
2004 : Clermont-Ferrand - Dakar
2005 : Barcelone - Dakar
2006 : Lisbonne - Dakar
2007 : Lisbonne - Dakar
2008 : épreuve annulée
2009 : Buenos Aires - Buenos Aires
2010 : Buenos Aires - Buenos Aires
1979 Genestier (pilote), Terbiaut (copilote), France, Range Rover
1980 Kottulinsky (pilote), Suède, Luffelman (copilote), Allemagne, Volkswagen
1981 Metge (pilote), Giroux (copilote), France, Range Rover
1982 Marreau (pilote), Marreau (copilote), France, Renault
1983 Ickx (pilote), Belgique, Brasseur (copilote), France, Mercedes
1984 Metge (pilote), Lemoyne (copilote), France, Porsche
1985 Zaniroli (pilote), Da Silva (copilote), France, Mitsubishi
1986 Metge (pilote), Lemoyne (copilote), France, Porsche
1987 Vatanen (pilote), Finlande, Giroux (copilote), France, Peugeot
1988 Kankkunen (pilote), Piironen (copilote), Finlande, Peugeot
1989 Vatanen (pilote), Berglund (copilote), Finlande, Peugeot
1990 Vatanen (pilote), Berglund (copilote), Finlande, Peugeot
1991 Vatanen (pilote), Berglund (copilote), Finlande, Citroën
1992 Auriol (pilote), Monnet (copilote), France, Mitsubishi
1993 Saby (pilote), Serieys (copilote), France, Mitsubishi
1994 Lartigue (pilote), Périn (copilote), France, Citroën
1995 Lartigue (pilote), Périn (copilote), France, Citroën
1996 Lartigue (pilote), Périn (copilote), France, Citroën
1997 Shinozuka (pilote), Japon, Magne (copilote), France, Mitsubishi
1998 Fontenay (pilote), Picard (copilote), France, Mitsubishi
1999 Schlesser (pilote), Monnet (copilote), France, Schlesser
2000 Schlesser (pilote), Magne (copilote), France, Schlesser
2001 Kleinschmidt (pilote), Schulz (copilote), Allemagne, Mitsubishi
2002 Masuoka (pilote), Japon, Maimon (copilote), France, Mitsubishi
2003 Masuoka (pilote), Japon, Schulz (copilote), Allemagne, Mitsubishi
2004 Peterhansel (pilote), Cottret (copilote), France, Mitsubishi
2005 Peterhansel (pilote), Cottret (copilote), France, Mitsubishi
2006 Alphand (pilote), Picard (copilote), France, Mitsubishi
2007 Peterhansel (pilote), Cottret (copilote), France, Mitsubishi
2009 De Villiers (pilote), Afrique du Sud, Von Zitzewitz (copilote), Allemagne, Volkswagen
1979 Neveu, France, Yamaha
1980 Neveu, France, Yamaha
1981 Auriol, France, BMW
1982 Neveu, France, Honda
1983 Auriol, France, BMW
1984 Rahier, Belgique, BMW
1986 Neveu, France, Honda
1987 Neveu, France, Honda
1988 Orioli, Italie, Honda
1989 Lalay, France, Honda
1990 Orioli, Italie, Cagiva
1991 Peterhansel, France, Yamaha
1992 Peterhansel, France, Yamaha
1993 Peterhansel, France, Yamaha
1994 Orioli, Italie, Cagiva
1995 Peterhansel, France, Yamaha
1996 Orioli, Italie, Yamaha
1997 Peterhansel, France, Yamaha
1998 Peterhansel, France, Yamaha
1999 Sainct, France, BMW
2000 Sainct, France, BMW
2000 Meoni, Italie, KTM
2001 Meoni, Italie, KTM
2002 Meoni, Italie, KTM
2003 Sainct, France, KTM
2004 Roma, Espagne, KTM
2005 Despres, France, KTM
2006 Coma, France, KTM
2007 Despres, France, KTM
2009 Koma, France, KTM
1979 Pas de course
1980 Ataquat, Boukrif, Kaoula, France, Sonacome
1981 Villette, Gabrielle, Voillerau, France, Alm/Acmat
1982 Groine, De Saulieu, Malferiol, France, Mercedes
1983 Groine, De Saulieu, Malferiol, France, Mercedes
1984 Lalleu, Durce, France, Mercedes
1985 Capito, Capito, Italie, Mercedes
1986 Vismara, Minelli, Italie, Mercedes
1987 De Rooy, Geusens, Van, Pays-Bas, Daf
1988 Loprais, Stachura, Ingmuck, Tchécoslovaquie, Tatra
1989 Pas de course
1990 Villa, Delfino, Vinante, Italie, Perlini
1991 Houssat, De Saulieu, Bottaro, France, Perlini
1992 Perlini, Albieio, Vinante, Italie, Perlini
1993 Perlini, Albieio, Vinante, Italie, Perlini
1994 Loprais, Kalina, Stachura, Tchécoslovaquie, Tatra
1995 Loprais, Kalina, Stachura, Tchécoslovaquie, Tatra
1996 Moskovskikh, Kouzmine, Russie, Kamaz
1997 Reif, Deinhofer, Autriche, Hino
1998 Loprais, Kalina, Cermak, Tchécoslovaquie, Tatra
1999 Loprais, Kalina, Stachura, Tchécoslovaquie, Tatra
2000 Chagine, Iakoubov, Savostine, Russie, Kamaz
2001 Loprais, Kalina, Russie, Kamaz
2002 Chagine, Mardeev, Savostine, Russie, Kamaz
2003 Chagine, Iakoubov, Savostine, Russie, Kamaz
2004 Chagine, Iakoubov, Savostine, Russie, Kamaz
2005 Kabirov, Belyaev, Mokeev, Russie, Kamaz
2006 Chagine, Iakoubov, Savostine, Russie, Kamaz
2007 Stacey, Gotlib, DerKinderen, Pays-Bas, Man
2009 Kabirov, Belyaev, Mokeev, Russie, Kamaz