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L'analogie Musique/Biologie

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L'analogie Musique/Biologie
Publié le:01/01/2010

Elaboration d'une pensée de l'Antiquité à la Renaissance


 

Proportions du corps humain
Proportions du corps humain
© Léonard de Vinci
L'homme de Vitruve
 


L'analogie entre la musique et la biologie fait partie du projet de la musica mathematica : il s'agit de mesurer finement les rapports existants entre les éléments qui cohabitent pacifiquement dans le cosmos. Les textes anciens étendent cette entreprise au corps  humain et à son fonctionnement, celui-ci étant régi par les mêmes principes.

 

LA PHYSIOLOGIE

 


Le rythme de la pulsation est l'un des éléments qui permet de dresser une analogie entre la musique et la biologie. Attaquant Pythéos[1], Vitruve[2] nous dit que la musique fait partie de la formation professionnelle des médecins, leur permettant de distinguer des rythmes dans le pouls[3]. Aulu-Gelle[4] rapporte des propos de Varron[5] sur les mouvements des artères qui obéissent à des rapports de quarte, mais sans donner plus de précisions[6]. Plus précis que Vitruve et Aulu-Gelle, Pline l'Ancien se réfère au médecin Hérophile[7], disant qu'il distinguait les pulsations du flux sanguin des différents âges par des rythmes musicaux :


 « La discorde survint ensuite entre ces écoles ; et elles furent toutes condamnées par Hérophile, qui distingue dans les battements du pouls, selon les différents âges, des rythmes musicaux[8]. »
 

Certainement rédigé à la même époque que Pline l'Ancien[9], un texte attribué au médecin Rufus d'Éphèse nous donne des indications précieuses quant aux évolutions des rythmes du pouls selon l'âge. En prenant pour modèle la prosodie, ce texte établit une norme, selon chaque génération, qui permet de mesurer un écart pathologique[10]. Le pouls du nouveau-né est basé sur un rythme pyrrhique à deux temps, les enfants et adolescents ont un pouls basé sur le trochée à trois temps, celui des adultes correspond à un spondée de quatre temps, et celui des hommes plus âgés correspond à un iambe de trois temps[11]. Cette analogie entre la biologie et la prosodie est une association entre la biologie et la poétique : le corps humain est une poétique musicale et le médecin un poète comme nous le dit Pline l'Ancien qui qualifie Hérophile de « poète de la médecine » :


 « Le pouls des artères est surtout sensible à la superficie des membres : indicateur de presque toutes les maladies, suivant les âges régulier, ou accéléré, ou retardé, d'après des rythmes certains et des lois numériques qu'a exposées Hérophile, poète de la médecine, art merveilleux, abandonné à cause de sa subtilité excessive : néanmoins l'observation de la fréquence ou de la lenteur du pouls règle la conduite de la santé[12]. »


Le Pseudo-Galien des Définitions médicales[13] est encore plus précis, et établit une autre relation avec la musique, disant que la diastole est assimilée avec la levée[14] et la systole avec la posée[15]. Toutefois, il semblerait que cette association entre le pouls et les rythmes de la prosodie ait ensuite disparu des traités de médecine pour n'être, comme le dit Jackie Pigeaud, qu'une « idée de lettrés[16] ». Toutefois, l'association du pouls à des rythmes musicaux sera toujours considérée au XVIIIème siècle comme en atteste la Nouvelle méthode facile et curieuse, pour connoitre le pouls par les notes de la musique de François Nicolas Marquet, traité publié une première fois en 1747, et réédité en 1769, attestant de son succès[17]. Ce texte propose pour la première fois une représentation du pouls par des valeurs rythmiques modernes, justifiant le succès de ce traité au siècle du retour de l'intérêt accordé aux œuvres de Galien[18].

Un autre témoignage est celui apporté par Censorinus – personnage quasiment inconnu par ailleurs – qui nous a laissé un De die natali liber[19], dont on suppose qu'il fut achevé en l'an 238[20]. Des points de ce texte font référence à l'analogie entre la musique et la physiologie du corps humain. Traitant de la grossesse et de la reproduction chez l'homme en affirmant s'appuyer sur une tradition pythagoricienne[21], il nous dit que le nombre de jours de la grossesse correspond à des rapports numériques de consonances musicales :

 

 « Or, ces nombres, qui, dans chaque gestation, amènent quelque changement, puisque c'est d'abord la semence qui se change en sang, puis le sang en chair, et enfin la chair en l'homme lui-même, ces nombres, dans leur corrélation, présentent le même rapport que ce qu'on appelle, en musique, consonances[22]. » 

 

Il donne au chapitre suivant une définition de la musique, dans laquelle il nous dit qu'elle est la science de bien moduler[23], et établit une comparaison entre la musique et le langage, en disant que tout comme les lettres de l'alphabet, les notes de musique ne peuvent être accolées les unes aux autres de manière aléatoire et désordonnée, sans quoi le résultat obtenu n'aurait aucun sens[24]. Après avoir traité au cours du dixième chapitre de l'impossibilité de diviser l'intervalle de ton en deux demi-tons égaux et de la légende de Pythagore découvrant les rapports numériques des consonances puis les appliquant à des cordes et des tibiae[25], le onzième chapitre prétend s'appuyer sur des écrits de Pythagore pour affirmer que la durée du début de la grossesse chez la femme ainsi que les différentes évolutions morphologiques du fœtus durant cette période sont temporellement proportionnées selon des rapports mathématiques qui correspondent à des consonances musicales[26]. Le douzième chapitre intitulé Les louanges et vertus de la musique[27] présente quelques anecdotes relatives à l'aspect curatif de la musique, permettant de justifier la présence d'une harmonie musicale au sein de l'être humain. Censorinus y traite des rapports existant entre la musique et l'âme humaine, nous dit que la musique possède des caractères divins et qu'elle détient de grandes aptitudes pour "mettre en mouvement" l'âme[28]. Selon lui, les âmes des hommes reconnaissent par le chant leur propre nature. Il donne ensuite plusieurs exemples de la présence de la musique dans la vie quotidienne des grands penseurs antiques comme Pythagore ou bien le médecin grec Asclépiade, contestateur de la doctrine d'Hippocrate, et en déduit que la musique est proche de l'être humain et ce, dès sa naissance : 


 « Voilà pourquoi Pythagore, afin que son âme demeurât toujours pénétrée de sa divinité, avait, dit-on, coutume de jouer de la cithare avant de s'abandonner au sommeil, et dès qu'il était réveillé. Voilà pourquoi aussi le médecin Asclépiade, quand il avait à calmer les esprits troublés des frénétiques, parvenait souvent à les rendre à leur état normal par l'emploi de la symphonie. Hérophile, de son côté, qui professait le même art, prétend que les pulsations des veines se font d'après les règles du rythme musical. Si donc il y a de l'harmonie dans les mouvements et du corps et de l'âme, il est hors de doute que la musique n'est point étrangère au fait de notre naissance[29]. »

 

L'ANATOMIE

 


La conceptualisation du corps humain comme étant anatomiquement constitué selon des rapports musicaux est formulée dans certains textes. Le traité d'architecture de Vitruve nous décrit des proportions très précises du corps humain :


 « La nature a en effet ordonné le corps humain selon les normes suivantes : le visage, depuis le menton jusqu'au sommet du front et à la racine des cheveux vaut le dixième de sa hauteur, de même que la main ouverte, depuis l'articulation du poignet jusqu'à l'extrémité du majeur : la tête, depuis le menton jusqu'au sommet du crâne, vaut un huitième ; du sommet de la poitrine mesuré à la base du cou jusqu'à la racine des cheveux on compte un sixième ; du milieu de la poitrine au sommet du crâne, un quart. Quant au visage, le tiers de sa hauteur se mesure de la base du menton à la base du nez ; le nez, de la base des narines jusqu'au milieu de la ligne des sourcils, en vaut autant ; de cette limite jusqu'à la racine des cheveux on définit le front qui constitue ainsi le troisième tiers. Le pied correspond à un sixième de la hauteur du corps, l'avant-bras à un quart, ainsi que la poitrine. Les autres membres ont également des proportions spécifiques, qui les rendent commensurables entre eux[30]...».


Vitruve nous dit que la hauteur de la tête correspond au huitième de la hauteur totale du corps, le visage correspond au sixième de cette même hauteur, et que du milieu de la poitrine au sommet du crâne y correspond un quart. Si l'on considère que le corps humain a une longueur de 24 unités – chiffre délibérément choisi par nous-mêmes pour des raisons de simplicité – la première longueur aura une valeur de 6 unités, la seconde de 4 et la dernière de 3. Si l'on applique ces trois nombres à la longueur totale du corps, on obtient alors les rapports numériques suivants : 3/2, 4/3 et 2/1, soit respectivement les rapports numériques correspondant aux intervalles musicaux de quinte, de quarte et d'octave.

 

L'association du corps humain et de la musique est ainsi plurielle puisqu'on la retrouve dans la physiologie par le pouls et dans l'anatomie par les proportions du corps telles qu'elles  pouvaient être considérées dans l'Antiquité et à la Renaissance[31]. Cette association permettra à Guy Lefèvre de la Boderie d'employer un lexique musical pour décrire certaines qualités de l'être humain et pour établir des relations analogiques entre les quatre humeurs et un tétracorde dans la préface du De triplici vita de Marsile Ficin :


 « Et paraventure qu'importunément ce Discours ne viendra en lumiere publique au Ciel de nostre France apres l'Harmonie du Monde : Car tout ainsi que pour bien accorder et harmoniser l'Ame, l'Anime, l'Esprit, et la Pensée (qui est nostre homme intérieur) avec le grand homme Archetype, ou Homme-Dieu nostre Sauveur et Redempteur JESUS CHRIST : il est de besoin que par bonnes mœurs, patience, humilité, esperance, et charité, et imitation de sa bonne vie et esquises vertus, telle Consonance et Harmonie se maintienne et conserve : aussi pour maintenir nostre corps ou homme exterieur qui se corrompt de jour en jour, et pour l'unir et harmoniser avecques le grand Monde, il est besoin de tenir en parfaits accords les quatre humeurs, pour dire ainsi, les quatre cordes et nerfs de l'humain Tetrachordre, pour conserver en bonne et deüe temperature, et ramener comme à l'unison la parfaite consonance et harmonie de la Santé[32]. »

 

Cette assimilation du corps à des notes[33] de musique est explicitée peu après dans cette même dédicace, où Guy Le Fèvre de la Boderie nous dit que ces cordes doivent être consonantes entre elles, produisant une harmonie : la santé ; l'inverse produisant une confusion d'humeurs, cette dissonance étant nommée la maladie :


 « Voylà les principales cordes de l'instrument humain, qui doyvent estre bien accordées entre elles, à fin que de toutes resulte une parfaite Consonance et Harmonie, qui est la Santé. Car tout ainsi qu'en vostre Luth ou Pandore, si les chordes et nerfs ne sont deüement accordées par ensemble, de sorte que les chanterelles respondent convenablement aux grosses, les secondes aux quartes, et toutes l'une à l'autre, il en provient une dissonance qui vous offense les oreilles delicates : En pareil aussi les susdites chordes de l'Humain Instrument, par deüe proportion et convenance ne se respondent entre elles, il s'ensuit une distemperie et confusion d'humeurs, qui est la vraye dissonance et discorde de la Santé, que nous appellons Maladie[34]. »


Marsile Ficin lui-même nous dit plus loin que le tempérament idéal provient d'un équilibre des quatre humeurs basé sur des rapports doubles, rapports de la consonance d'octave[35], rajoutant ici une analogie entre la physiologie et la musique.

 

Fabien Delouvé
Université Paris 8

 


NOTES

AVERTISSEMENT : Devant (ou pouvant) être lu à la suite de nos trois brefs articles sur la médecine antique, cet article fait référence dans ses notes à des textes déjà référencés dans nos trois écrits. Nous y renvoyons le lecteur pour les textes déjà cités et qui ne sont pas présentés ici dans leur intégralité.

 

[1] Architecte grec du quatrième siècle avant notre ère.


[2] Premier siècle avant notre ère.


[3] VITRUVE : De l'architecture. Livre I. Texte établi, traduit et commenté par Philippe Fleury, Maître de Conférences à l'Université de Caen. Ouvrage publié avec le concours du C.N.R.S. Paris, Les Belles Lettres, 1990, section 1-15, p. 12 : Pythéos semble donc s'être trompé sur ce point, car il n'a pas remarqué que chaque art pris séparément était composé de deux éléments : l'œuvre produite et sa théorie, mais que de ces deux éléments l'un est propre à ceux qui se sont formés dans un domaine particulier : c'est la production de l'œuvre, l'autre est commun à tous les savants : c'est la théorie ; pour les médecins et les musiciens par exemple c'est le rythme, celui du pouls et celui du mouvement des pieds ; mais s'il faut soigner une blessure ou tirer un malade du danger, ce n'est pas le musicien qui interviendra, mais ce sera la tâche du médecin ; de même sur un instrument, ce n'est pas le médecin mais le musicien qui jouera pour que les oreilles trouvent un doux plaisir aux mélodies (Igitur in hac re Pytheos errasse videtur, quod non animadvertit ex duabus rebus singulas artes esse compositas, ex opere et eius rationicatione, ex his autem unum proprium esse eorum, qui singulis rebus sunt exercitati, id est operis effectus, alterum commune cum omnibus doctis, id est rationem, uti medicis et musicis et de venarum rythmo et pedum motus ; at si vulnus mederi aut aegrum eripere de periculo oportuerit, non accedet musicus, sed id opus proprium erit medici ; item in organo non medicus sed musicus modulabitur, ut aures suavem cantionibus recipiant iucunditatem).


[4] C. 130.


[5] Érudit latin (116 av. J.-C. - 27 av. J.-C) dont l'œuvre immense est en grande partie perdue.


[6] AULU-GELLE : Les nuits attiques. Tome I – Livres I - IV. Texte établi et traduit par René Marache. Société d'éditions Les Belles Lettres, Paris, 1967, livre III, 10-13, p. 167 : Les veines dans le corps humain ou plutôt les artères, à ce qu'affirment les médecins musiciens, sont mues par le nombre sept, ce qu'ils appellent l'accord de quarte, qui a lieu par une juxtaposition des éléments du nombre quatre (Venas etiam in hominibus vel potius arterias medicos musicos dicere ait numero moveri septenario, quod ipsi appellant ten dia tessaron symphoniam, quae fit in collatione quaternarii numeri).


[7] Né en 331 ou 334 av. J.-C.. On attribue à Hérophile d'avoir été le premier à faire de l'anatomie une vraie science fondée sur l'expérience et non plus soumise aux spéculations philosophico-religieuses. Il fut sans doute le premier à à mettre en évidence la pulsation (PIGEAUD, Jackie : La maladie de l'âme. Étude sur la relation de l'âme et du corps dans la tradition médico-philosophique antique. Les Belles Lettres, collection Études Anciennes, Paris, 19892 [1981], p. 76), à mesurer le pouls, et peut être considéré comme son découvreur (PIGEAUD, Jackie : Folie et cures de la folie, op. cit., p. 156).


[8] PLINE L'ANCIEN : Histoire naturelle. Livre XXIX – Remèdes tirés des animaux. Texte établi, traduit et commenté par Alfred Ernout, Société d'édition Les Belles Lettres, Paris, 1962, section 5, p. 21 : ... dissederuntque hae scholae, et omnes eas damnavit Herophilus in musicos pedes venarum pulsu discripto per aetatum gradus.


[9] Au premier siècle.


[10] PIGEAUD, Jackie : Folie et cures de la folie, op. cit., p. 157.


[11] Œuvres de Rufus d'Éphèse, texte collationné sur les manuscrits, traduit pour la première fois en français, avec une introduction. Publication commencée par le Dr Ch. Daremberg, continuée et terminée par Ch. Émile Ruelle, bibliothécaire à la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Édité par l'Imprimerie Nationale, Baillière et Fils, Paris, 1879, Traité abrégé sur le pouls, pp. 220 - 232, pp. 224 - 225 pour l'extrait suivant : Le pouls des nouveau-nés est tout à fait petit ; on n'y distingue ni la diastole (remplissage par le sang des oreillettes du cœur) ni la systole (propulsion par les ventricules du cœur du sang dans l'aorte et l'artère pulmonaire). Hérophile dit que ce pouls est sans proportion définie ; or il appelle ainsi un pouls sans analogie avec un autre ; en effet, ce pouls n'a point de proportion avec un autre, ni celle d'un à deux, ni celle d'un à un et demi, ni aucune autre ; mais il est absolument petit ; il ne paraît pas plus grand qu'une piqûre d'aiguille ; c'est donc avec raison qu'Hérophile a le premier appelé ce pouls sans proportion. – Quand l'enfant croît en âge et que le corps prend du développement, le pouls grandit en raison de l'âge ; c'est-à-dire que, comparée à la systole, la diastole est alors plus étendue ; on peut, du reste, établir la proportion en se servant, comme moyen de démonstration, de la mesure métrique ; en effet le premier pouls qu'on puisse constater chez l'enfant nouveau-né prend le mètre d'un pied à syllabes brèves ; il est bref dans la diastole et dans la systole, aussi on lui reconnaît deux temps (U U pyrrhique) ; chez les individus plus âgés, le pouls a de l'analogie avec ce que les grammairiens appellent un trochée ( –  U) : il a trois temps : la diastole en a deux, et la systole un. – Dans le pouls des adultes, la diastole est égale à la systole ; on la compare à un spondée (– –), qui est le plus long des pieds de deux syllabes, et présente quatre temps. Hérophile appelle ce pouls composé de temps égaux. – Le pouls des hommes sur le déclin et de ceux qui approchentde la vieillesse a trois temps ; la systole est double de la diastole et dure plus longtemps (U – ïambe). – Telles sont, en résumé, les différences que présente le pouls aux divers âges dans l'état de santé ; je vais maintenant parler du pouls dans les fièvres.


[12] Histoire naturelle, livre XI, 88, 2 (219) : Arteriarum pulsus in cacumine maxime membrorum euidens, index fere morborum, in modulos certos legesque metricas per aetates — stabilis aut citatus aut taruds — discriptus ab Herophilo medicinae uate miranda arte ; nimiam propter suptilitatem desertus, obseruatione tamen crebri aut languidi ictus gubernacula uitae temperat (nous reprenons ici la traduction d'Émile Littré, en modifiant sa traduction de vates par "oracle" en "poète", suivant par là ce qu'en dit Jackie Pigeaud [Histoire naturelle de Pline. Avec la traduction en français de M. Émile Littré, de l'Institut (Académie des inscriptions et Belles-lettres), et de la Société d'histoire naturelle de Balle. Tome premier, édité par J.-J. Dubochet, Paris, 1848, p. 462 ; PIGEAUD, Jackie : Folie et cures de la folie, op. cit., p. 159]).


[13] PIGEAUD, Jackie : Folie et cures de la folie, op. cit., p. 157 ; Oroi Iatrikoi, pp. 346 - 462 du dix-neuvième volume de l'édition de Kühn, op. cit., p. 409 pour notre propos.


[14] Arsis.


[15] Thesis, p. 464 des Définitions médicales, op. cit.


[16] PIGEAUD, Jackie : Folie et cures de la folie, op. cit., p. 159.


[17] MARQUET, François Nicolas : Nouvelle méthode facile et curieuse, pour connoitre le pouls par les notes de la musique, par Feu M. F. N. Marquet. Seconde édition, augmentée de plusieurs observations et Réflexions critiques, & d'une Dissertation en forme de Thèse sur cette Méthode ; d'un Mémoire sur la manière de guérir la mélancholie par la Musique, et de l'Eloge historique de M. Marquet. Par M. Pierre-Joseph Buchoz. Docteur aggrégé au collège royal des Médecins de Nancy, Médecin botaniste & Membre de plusieurs Académies. Édité par Fr. Didot, Amsterdam, Paris, 1769.


[18] METZGER, Hélène : Les doctrines chimiques en France du début du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. Deux volumes. Édité par les Presses Universitaires de France, 1923 - 1924, volume 1, p. 183.


[19] Livre du jour natal.


[20] CENSORINUS : Livre de Censorinus sur le jour natal. Traduit pour la première fois en français par Monsieur Jacques Mangeart. Édité par Charles-Louis-Fleury Panckoucke, Paris, 1843, p. 6. Cette date est confirmée par Alain Galonnier in BOÈCE : Opuscula Sacra. Volume I – Capita dogmata (Traités II, III, IV). Texte latin de l'édition de Claudio Moreschini, introduction, traduction et commentaire par Alain Galonnier, préface de Jean Jolivet. Éditions Peeters, Louvain - Paris, 2007, note de bas de page n°68 de la page 300.


[21] Op. cit., chapitre IX, p. 37.


[22] Fin du chapitre IX, pp. 37 - 39 (le texte latin est proposé aux pages paires. Nous avons préféré conserver celui proposé par cette édition plutôt que de nous référer à celle couramment employée de 1867 pour des raisons de découpes particulières du texte suivies par le traducteur, Jacques Mangeart [De die natali liber. Édité par Fridericus Hultsch chez B. G. Teubner, Leipzig, 1867]) : ... eos vero numeros qui in unoquoque partu aliquid afferunt mutationis, tum autem semen in sanguinem, aut sanguis in carnem, aut caro in hominis figuram convertitur, inter se collatos rationem habere eam, quam voces habent, quae in musicasumphonoi vocantur. Nous avons modernisé le dernier mot orthographié "consonnance" au cours de l'ensemble de cette traduction.


[23] Ibid. : Igitur musica est scientia bene modulandi (ibid., p. 38).


Dans le Cratyle (405b - d), Platon attribue à Apollon l'harmonie en associant la musique et l'astronomie, classifiant ainsi la musique, non seulement parmi les arts, mais aussi parmi les sciences.
Les textes anciens considèrent que la musique est à la fois un art et une science. L'explication la plus claire sur ce sujet se trouve dans le traité de musique d'Aristide Quintilien (La musique. Traduction et commentaire de François Duysinx. Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège – Fascicule CCLXXVI. Librairie Droz, Genève, 1999, I, 4, p. 25) : La musique est donc une science, qui donne une connaissance sûre, infaillible : en effet, elle ne saurait admettre ni changement ni altération des données qu'elle fournit, soit comme propositions préliminaires, soit comme parachèvements. Certes, c'est à bon droit aussi que nous l'appellerons un art, car elle consiste en un ensemble formé de perceptions, perceptions exercées jusqu'à la plus grande précision, et elle n'est pas sans utilité pour la vie, comme l'ont reconnu les Anciens et comme le montrera le traité que nous livrons ici.
De cette opposition entre "art" (technè) et "science" (épistémè), Isidore de Séville nous dit que l'art serait une connaissance conjecturale tandis que la science aurait pour elle l'évidence, ne laissant pas la place au doute (CARON, Philippe : Des "Belles-Lettres" à la "Littérature" – Une archéologie des signes du savoir profane en langue française [1680-1760]. Éditions Peeters, Paris-Louvain, 1992, p. 76).


[24] Op. cit, pp. 38 - 39 : Mais il ne faut pas croire que tous les sons, arbitrairement combinés avec n'importe quels autres, produisent dans le chant des consonances agréables à l'oreille. De même que les lettres de notre alphabet, si on les assemble au hasard et sans aucun ordre, ne formeront presque jamais ni un mot, ni même une syllabe qu'on puisse prononcer ; de même, dans la musique, il n'y a que certains intervalles qui puissent produire des symphonies. Or, la symphonie est l'union de deux sons différents qui forment un concert (Sed non promiscue voces omnes cum aliis ut libet junctae, concordabiles in cantu reddunt effectus. Ut litterae nostrae, si inter se passim jungantur, et non congruenter, saepe nec verbis, nec syllabis copulandis concordabunt : sic in musica certa quaedam sunt intervalla, quae symphonias possint efficere. Est autem symphonia duarum vocum disparium inter se junctarum concentus).
Nous pouvons considérer que cette comparaison est similaire à celle établie par Aristote dans la Métaphysique entre les voyelles et les notes (cordes) incluses dans une octave (1093a).


[25] Chapitre X, pp. 39 - 43.


[26] Voir en particulier les pp. 44 - 45 : En effet, cette partie de la semence qui a donné lieu à la conception, n'est, pendant les six premiers jours, qu'un liquide laiteux, qui, pendant les huit jours suivants, passe à l'état de sang : ces huit jours, ajoutés aux six premiers, présentent la première consonance appelée diatessaron. Ensuite il s'écoule neuf jours pour la formation de la chair, ces neuf jours, comparés aux six premiers, sont dans le rapport de 2 à 3, et présentent la consonance diapente. Viennent ensuite douze jours nouveaux, pendant lesquels s'achève la formation du corps ; leur comparaison avec les six premiers jours établit le rapport de 1 à 2, et présente la troisième consonance appelée diapason (Nam, quod ex semine conceptum est, sex, ut ait, primis diebus humor est lacteus : deinde proximis octo, sanguineus : qui octo, quum ad primos sex accesserunt, faciunt primam symphoniam dia tessaron ; tertio gradu novem dies accedunt, jam carnem facientes : hi quum sex illis primis collati, sescuplam faciunt rationem, et secundam symphoniam dia pente. Tum deinceps sequentibus duodecim diebus, fit corpus jam formatum. Horum quoque ad eosdem sex collatio, tertiam dia pasôn reddit symphoniam, duplici ratione subjectam).


[27] De laudibus musicae, ejusque virtute (pp. 48 - 51).


[28] P. 48 : ... certe multum obtinet divinitatis, et animis permovendis plurimum valet.


[29] Pp. 50 - 51: Quam ob rem Pythagoras, ut animum sua semper divinitate imbueret, priusquam se somno daret, et quum esset expergitus, cithara, ut ferunt, cantare consueverat : et Asclepiades medicus, phreneticorum mentes morbo turbatas, saepe per symphonian suae naturae reddidit. Herophilus autem, artis ejusdem professor, venarum pulsus rhythmis musicis ait moveri. Itaque, si et in corporis et animi motu est harmonia, procul dubio a natalibus nostris musica non est aliena


[30] VITRUVE : De Architectura. Texte établi et traduit par Pierre Gros, Paris, Les Belles Lettres, 2003, III, 1, 2, p. 16 : Corpus enim hominis ita natura composuit uti os capitis a mento ad frontem summam et radices imas capilli esset decimae partis, item manus palma ab articulo ad extremum medium digitum tantundem, caput a mento summo pectore ad imas radices capillorum sextae, <a medio pectore>ad summum verticem quartae. ipsius autem oris altitudinis tertia est pars ab imo mento ad imas nares, nasus ab imis naribus ad finem medio superciliorum tantundem, ab ea fine ad imas radices capilli frons efficitur item tertiae partis. pes vero altitudinis corporis sextae, cubitus quartae, pectus item quartae. reliqua quoque membra suas habent commensus proportiones ...


[31] Notons que les proportions décrites par Vitruve ne sont pas partagées par tous, certains considéraient que le corps équivalait à sept fois et demie la tête, d'autres à huit (LE FLOCH-PRIGENT, Patrice : Les proportions du corps humain : art, normes sociales, normes anatomiques in CHAZAL, Gérard ; SALOMON, Christian [dir.] : François Dagognet, médecin et philosophe. Édité par l'Harmattan , Paris, 2006, pp. 241 - 254, p. 242).


[32] FICIN, Marsile : Les Trois Livres de la vie. Corpus des œuvres de philosophie en langue française. Traduction de Guy Le Fèvre de la Boderie (1582), texte revu par Thierry Gontier, éditions Fayard, 2000, p. 14.


[33] Cordae. Ce terme provient du grec chordè qui sert à désigner une corde d'un instrument de musique (voir par exemple dans l'Odyssée, chant 21, vers 406 - 407). Par extension, ce terme désigne une note de musique, identiquement à l'emploi qu'en fait Platon dans les Lois (II, 670d) mais qui l'emploie aussi en tant que "corde d'un instrument" dans le Philèbe (56a).


[34] P. 15 de l'op. cit..


[35] Ibid., I, 5, p. 34 : Où il y ait huit parties pour le sang, deux pour la cholere, et deux encor pour l'humeur noire ou melancholie.

 

 

 

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