SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

Lakota

Note moyenne : pour 4 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Lakota
Publié le:02/05/2009

Composante principale du peuple sioux


Les sioux de l'ouest

 

Le nom "Lakota » désigne le groupe des Sioux de l’Ouest, le plus important de la Nation Sioux. C’est le peuple des grands chefs indiens Sitting Bull, Red Cloud, Crazy Horse. Associés aux Cheyennes et aux Arapahos, les Lakotas ont, durant quarante ans, résisté farouchement et souvent victorieusement à l’invasion blanche.
Les Titonwans, ou Tetons ( se prononce "Titon" en anglais ) parlent le lakota. Le terme "lakota" signifie "les alliés", La langue lakota est caractérisée par l’utilisation du son "l" tandis que la langue dakota utilise le son "d" et la langue nakota le son "n".
Le nom "lakota" s’est imposé pour désigner ce groupe, le plus important de la Nation Sioux, tant par le nombre que par le dynamisme.
La nation lakota comprend sept clans : les Oglalas, les Hunkpapas, les Minnecoujous, les Sans-Arcs, les Brulés, les Two Kettles et les Blackfeet-Sioux.
Plus que toute autre nation d’Amérique du Nord, les Lakotas se sont faits connaître par les combats obstinés et souvent victorieux qu’ils ont mené contre l’invasion de leur pays par les Blancs. La plupart des chefs indiens connus du grand public tels Sitting Bull, Red Cloud, Crazy Horse sont des Lakotas. Les Lakotas sont aussi les Indiens qui ont laissé le plus de témoignages sur leur histoire, leur langue, leur culture et leur religion.

La culture du bison


Dès le milieu du XVIIè siècle, avant même de posséder les chevaux, des clans se séparent des "Sioux" vivant près des sources du Mississippi et s’éloignent vers l’ouest, se heurtant aux Mandans et aux Hidatsas installés le long du Missouri. Les Arikaras leur opposent une forte résistance, mais une épidémie de variole les anéantis presque, ouvrant la voie aux Lakotas qui franchissent le Missouri au début du XVIIIè siècle.
Ayant acquis des chevaux auprès des tribus du sud, ils abandonnent leurs villages sédentaires et l’agriculture. Ils ont une grande mobilité grâce au cheval, des habitations faciles à déplacer, les tipis. Leur économie est fondée sur la cueillette des plantes sauvages et la chasse au bison dont ils tirent tout ce qui est nécessaire à leur vie.

Paha sapa, les black hills

 

C’est vers 1760 que les Lakotas arrivent dans le pays qui va devenir le cœur de leur nation, les Black Hills. Ils en chassent les Crows et les Kiowas et mettent un terme à la progression vers l’est des Shoshones et des Utes.
La tradition orale lakota raconte une autre histoire. Elle affirme que le peuple lakota est né dans les Black Hills. Son ancêtre Tokahe (le Premier) serait sorti de Wind Cave, l’une des grottes des Black Hills et aurait découvert le monde créé par Wakan Tanka, le Grand Esprit. Des études récentes menées à "Sinte Gleska College" sur la réserve de Rosebud et fondées sur des observations astronomiques, pourraient donner raison à la tradition orale. Il se pourrait que les Lakotas aient déjà occupé les Black Hills il y a plus de trois mille ans.
Peu de temps après leur arrivée "historique" dans la région des Black Hills, les Lakotas font alliance avec les  Cheyennes et les Arapahos aux côtés desquels ils combattent tous les peuples de la région, Crows,  Assiniboines, Shoshones, Utes, Blackfeet, Pawnees selon les méthodes de combat des Indiens des Plaines : système des  "coups", attaques de petits groupes de guerriers très mobiles et surtout capture de chevaux.

l'incident grattan


 Les Lakotas signent avec le gouvernement américain le traité de Fort Laramie de 1851 qui autorise le passage des caravanes de pionniers à travers les Plaines en direction de la Californie et définit le territoire de chaque tribu. En 1854, près de Fort Laramie, l’incident dit de "la vache du Mormon" ou "incident Grattan",  puis, un an plus tard, le massacre d’Ash Hollow, marquent pour les Plaines du Nord le début des guerres indiennes qui vont durer près de quarante ans.

L'invasion du pays de powder river


Après le massacre des Cheyennes du Sud à Sand Creek en novembre 1864 sur le territoire du Colorado, des Lakotas venus en aide à leurs alliés du sud, participent en janvier 1865 à la prise de la petite ville de Julesburg sur la South Platte River. Dans l’été 1865, sur leurs territoires de chasse de la Powder River, les Lakotas harcèlent et repoussent l’expédition du général Patrick E. Connor.
La Piste Bozeman qui permet aux colons d’atteindre les mines d’or du Montana passe entre les Black Hills et les Bighorn Mountains, coupant en plein territoire lakota et cheyenne. Les Lakotas s’y opposent et tentent de négocier sa fermeture. Mais, sourde aux protestations indiennes, l’armée construit trois forts pour protéger la piste. La guerre est inévitable.

La guerre de red cloud


De l’été 1866 à l’automne 1868, les Lakotas et leurs alliés cheyennes et arapahos, mènent ce qui sera appelé la "Guerre de Red Cloud" contre l’armée et les colons.
Sous le commandement du chef des Oglalas, ils infligent à l’armée américaine une série de défaites dont celle de Fort Phil Kearny, le 21 décembre 1866, où le capitaine William J. Fetterman est tué avec une centaine de ses hommes. Les Indiens attaquent des convois d’immigrants et des forts, détruisent des voies ferrées et des lignes télégraphiques, brûlent des fermes et des ranchs.
La guerre victorieuse menée par les Indiens alliés oblige le gouvernement américain à négocier. Certains de se trouver en position de force, les chefs indiens signent le second traité de Fort Laramie en 1868. Un vaste territoire où ils peuvent vivre et chasser, est reconnu aux Lakotas et "à tous les Indiens qu’ils voudront y accueillir", en fait à leurs alliés cheyennes et arapahos. Une réserve, qui sera appelée "Grande Réserve Sioux", est dessinée sur la partie est du territoire, s’appuyant sur le Missouri et incluant les Black Hills. Ceux qui accepteront de vivre sur la réserve recevront des marchandises et pourront apprendre à se "civiliser", c’est-à-dire à cultiver la terre, élever du bétail et envoyer leurs enfants à l’école.

La guerre pour les black hillls


En 1874, de l’or est découvert dans les Black Hills et la ruée des chercheurs d’or commence. L’année suivante, le gouvernement tente en vain d’acheter les Black Hills aux Lakotas. En décembre 1875, le gouvernement ordonne aux Indiens vivant sur les territoires de chasse de se regrouper sur la réserve. Les Cheyennes et les Lakotas qui suivent Crazy Horse et Sitting Bull refusent de se soumettre.
Dès le printemps 1876, le général Philip Sheridan lance ses troupes contre les rebelles. Ce sera la "Guerre des Black Hills", ou la "Campagne contre les Sioux".
Le 17 juin 1876, le général George Crook est tenu en échec par les guerriers de Crazy Horse sur la Rosebud River. Le 25 juin 1876, c’est la bataille de Little Bighorn River où le lieutenant-colonel George A. Custer trouve la mort avec tous les hommes du 7ème régiment du cavalerie.
Les Indiens sont poursuivis sans relâche par l’armée. Le général William T. Sherman encourage le massacre des bisons afin d’affamer les Indiens. Au printemps 1877, Sitting Bull et les siens se réfugient au Canada. En mai, Crazy Horse fait sa reddition à Fort Robinson. Il est assassiné en septembre. Les Lakotas refusant obstinément d’abandonner les Black Hills, leurs collines sacrées, le gouvernement  décide alors de les annexer à l’automne 1877.

Le temps des réserves


En 1889, la "Grande Réserve Sioux", du moins ce qu’il en restait après la perte des Black Hills, est morcelée en six petites réserves, les réserves actuelles : Pine Ridge, Rosebud, Cheyenne River, Standing Rock, Crow Creek et Lower Brule.
Les Lakotas s’adaptent mal à la vie humiliante et misérable des réserves.

La danse des esprits


En 1890, apparaît la Danse des Esprits, une cérémonie qui promet aux Indiens le retour miraculeux de la vie ancienne. La plupart des Lakotas dansent, pleins d’espoir. La Danse des Esprits s’étend et l’armée investit la réserve de Pine Ridge, siège principal du mouvement. Les Danseurs des Esprits se cachent, en but aux attaques des milices et de certains éléments incontrôlés de l’armée. Le 29 décembre 1890, c’est le massacre de Wounded Knee Creek où trois cents Minnecoujous et Hunkpapas trouvent la mort sous les balles du 7ème de cavalerie, le régiment de Custer qui a été reconstitué.

"wild west show"


Les Lakotas s’efforcent de survivre. A partir de 1885, de nombreux Lakotas figurent dans le "Wild West Show", le spectacle de l’Ouest sauvage présenté dans les villes de l’Est des Etats-Unis et en Europe par Buffalo Bill. L’extrême misère qui règne sur les réserves lakotas pendant toute la fin du XIXè siècle pousse de nombreux Lakotas à s’y engager. En 1891, après l’échec du mouvement de la Danse des Esprits, des hommes ont été contraints de choisir entre le " Wild West Show" et la prison. Beaucoup en reviennent malades, brisés physiquement et moralement
C’est grâce à ce genre de spectacles, imités par de nombreuses autres troupes, que les Indiens des Plaines et tout particulièrement les Lakotas, toujours appelés "Sioux", sont devenus si populaires dans le monde. Ils ont fini par représenter tous les Indiens d’Amérique, au point que beaucoup de gens ont encore du mal à admettre que tous les Indiens ne vivaient pas dans des tipis et ne chassaient pas le bison à cheval.

assimilation


En 1917, alors qu’ils possèdent un beau troupeau de bovins et de chevaux, le Bureau des Affaires Indiennes oblige les Lakotas à vendre leurs bêtes et à cultiver du blé. Trois ans plus tard, les cours du blé s’effondrent.
En dépit des interdictions qui, depuis les années 1880, pèsent sur leurs cérémonies, leur vie sociale, leur liens familiaux, leur langue, de nombreux Lakotas sont restés attachés à leur culture et à leurs traditions.
Les Lakotas sont parmi les plus actifs dans le mouvement de renaissance indienne des années 1960-70. C’est chez eux que réapparaît, probablement en 1967, l’ancien rite de la Danse du Soleil dans son déroulement complet.

« American Indian Movement »


L’ "American Indian Movement", (A.I.M.) le Mouvement des Indiens d’Amérique fondé par des Chippewas trouve un soutien et une véritable inspiration auprès des Lakotas, en particulier des Oglalas.
De février à mai 1973, c’est "Wounded Knee II" l’occupation du village de Wounded Knee sur la réserve de Pine Ridge par l’A.I.M. et ses sympathisants, en majorité Lakotas.
Les cérémonies lakotas comme la Danse du Soleil se sont largement propagées parmi les Indiens des Etats-Unis, en particulier sous l’influence de l’A.I.M. La langue lakota, utilisée dans les cérémonies, est parmi les langues indiennes les plus utilisées. Elle fait maintenant office de langue cérémonielle pour de nombreuses tribus.
Les Lakotas,  sont parmi les Sioux, ceux qui ont été le plus directement liés physiquement et spirituellement aux Black Hills. Ils se sont toujours vigoureusement opposés à l’acceptation de l’indemnité accordée par les tribunaux pour la perte des collines. Ils luttent actuellement avec détermination pour qu’elles soient restituées à la Nation Sioux.
Les réserves lakotas connaissent un taux de chômage dépassant souvent 70%, un alcoolisme persistant, de graves dysfonctionnements sociaux. Pourtant, les Lakotas sont parmi les Indiens des Etats-Unis ceux qui affirment avec le plus de force leur souveraineté et leur volonté de restaurer leur culture et leurs valeurs traditionnelles.

Auteur de l'article
François HAMEAU François HAMEAU Voir sa fiche
Ajouter à mes favoris Envoyer un message
Plan de l'article