SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

L'Eglise de Saint-Michel en thiérache, seconde partie

Note moyenne : pour 9 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
L'Eglise de Saint-Michel en thiérache, seconde partie
Publié le:26/05/2009

De 1789 à nos jours


 

La Révolution Française

 

_ 1788-1789: après un hiver rigoureux qui,  une fois de plus, amène la malnutrition et les épidémies, des révoltes éclatent dans les provinces. Sous LOUIS XVI la France est divisée en trois ordres:

  • le Clergé (l'église catholique), influent, très riche en terres et en revenus.

  • la noblesse qui possède ¼ des terres, a des privilèges honorifiques et fiscaux, sert le Roi dans ses armées mais en fait vit la plupart du temps oisive dans leur château ou à la ville.

  • le Tiers Etat composé des gens de la ville et des paysans dont la majorité à cette époque est « libre », propriétaire de ses biens mais subissent encore des obligations et des redevances ; les droits féodaux et seigneuriaux se payent en argent ou en nature comme le champart ( à la fin des récoltes les seigneurs prélèvent 1 ou 2 gerbes sur10), plus impopulaires encore sont la gabelle (taxe sur le sel) et la dîme (taxe sur les récoltes au profit du Clergé).

     

Le Roi est faible et ne soutient pas ses ministres qui lui proposent des réformes. En mai, il décide des états généraux, moyen pour lui de consulter les représentants des trois ordres. Les Français rédigent des cahiers de doléances dans tout le pays,dénonçant les abus de l'administration, les droits seigneuriaux, ils réclament le contrôle des impôts par leurs représentants, revendiquent le respect de des libertés et la fin de l'arbitraire.

Le 20 juin, les députés, réunis dans une salle qui sert au jeu de paume, prêtent serment et se proclament Assemblée Nationale. Des membres du clergé, pricipalement des curés, les rejoignent.

Le 14 juillet, le peuple parisien se soulève et prend la bastille symbole de l'arbitraire royal afin de récupérer les armes qui s'y trouvent. La prison où le roi enferme sans jugement ceux qui lui déplaisent, surtout des écrivains et quelques mauvais sujets, est presque vide.

Le roi n'est plus souverain absolu mais Roi des Français, il doit respecter la contitution (texte qui régit le fonctionnement des institutions en tenant comptede la volonté générale déléguée aux représentants du peuple).

Le 28 août, le texte de la Déclaration des Droits de l'Homme est adopté ; il traite de la liberté de circulation des individus, la liberté de pensée, de croyances et de religion. Les députés entreprennent la réforme du pays, les taxes impopulaires sont supprimées, l'égalité devant l'impôt est établi, de nouvelles taxes sont mises en place.

En octobre 1789, l'Assemblée interdit les voeux en religion.

Le 2 novembre, c'est la confiscation des biens du clergé, ils deviennent biens nationaux et seront mis en vente à partir de mai 1790.

En février 1790, l'ensemble des religieux est relevée de ses voeux.

 

Comment l'Abbaye de saint-Michel traverse-t-elle cette période?

 

Lorsque la Révolution commence les religieux y ont une vie privilégiée contraiement au peuple en grande difficulté à cause des mauvaises récoltes et de la flambée des prix.

Le 4 mai 1791Jean-Louis LALOUETTE, riche négociant en grains, membre de l'Assemblée départementale de l'Aisne depuis décembre 1789, achète l'abbaye et ses dépendances ; il fait don de l'église à la commune. En juillet il revend le reste des bâtiments, la ferme, le moulinet le réservoir à Jacques MILLIET un laboureur fortuné qui implante dans le monastère une verrerie en gobeleterie. Il autorise les moines qui le souhaite à rester ; des moines chassés de leurs couvents y trouvent refuge.

L'ensemble est préservé de la destruction et des pillards, seule marque visible de leur passage : les 2 statues qui encadrent la porte de l'église sont décapitées.

En 1795J.Milliet est élu maire de saint- Michel. Son train de vie suscite des jalousies, engendre des rumeurs l'accusant d'assassinats ; il est arrêté, incarcéré et se suicide quelques jours plus tard le 27 juin 1801. Pierre DESMASURES, le maître verrier est nommé tuteur des enfants Milliet (leur mère est morte peu après son époux). Il met en vente l'abbaye et ses dépendances fin 1801. Elle est acquise, fin 1802, par Pierre Beurré, Pierre Depré-Lamarlière, Louis Despré et Augustin Raux auquel ils cèdent leurs parts en1807.

Une filature de laine est installée dans l'ancien réfectoire ; le commerce est florissant, un nouveau bâtiment doit être construit. L'abbaye et son atelier sont de nouveau vendus en 1819 à une société qui va remplacer la laine par le coton. Malgré une revente en 1841, la fabrication se poursuit jusqu'en 1862 où l'arrivage du coton se faisant plus rare, conséquence de la guerre de Sécession aux Etats-Unis d'Amérique, la manufacture ferme en 1864.

 

César SAVART:

 

Ce saint-michellois né le 5 juin 1824, cinquième enfant d'une famille pauvre, commence à travailler à l'âge de 8 ans ; à 23 ans il rejoint son frère à Paris où il exerce divers métiers; Très croyant il fréquente l'église et fait la connaissance de personnes qui vont participer à son instruction et le conseiller. Il apprend la cordonnerie et rapidemant crée une fabrique de chaussures et une tannerie. En vingt ans sa fortune est faite. Il n'a pas oublié ses origines et fait travailler à domicile des gens de Saint-Michel près desquels il a envoyé des ouvriers qualifiés leur apprendre le métier.

En 1857 il crée une caisse d'économie et de prévoyance puis en 1858 il fonde la société de Cordonnerie, système mutualiste donnant aux ouvriers l'accés gratuit aux soins et aux médicaments, une allocation en cas d'arrêt de travail et des secours pour les veuves et les orphelins;

le 12 mars 1865 il rachète l'abbaye , installe une fabrique de chaussures.

En 1866 il crée (dans le monastère) et finance le fonctionnement d'un orphelinat de jeunes filles sous la resposabilité des soeurs de saint-Vincent de Paul. Il finance également la construction d'une école catholique dans laquelle les garçons ont accés à l'enseignement primaire et à une formation professionnelle ; cette école ouvre en 1900.

En 1895 il fait de l'orphelinat son légataire universel : il a perdu son fils unique en 1881 et son épouse en 1890.

Il décède le 27 avril 1907 dans le bâtiment d'habitation qui jouxte l'abbaye où il avait choisi de s'installer après la mort de son épouse.

 

L'église, classée monument historique depuis 1837, bénéficie en partie grâce aux dons de travaux de restautration. Elle ne souffre pas des guerres ; seules les cloches sont confisquées par l »armée allemande lors de la guerre 1914-1918 afin de récupérer le métal pour la fabication des armes.

Les grandes orgues sont classées en 1950; Un an après, la société des Amis de l'Eglise Abbatiale et des Grandes Orgues est crée mais mise en sommeil dès 1953. Toujours en 1951, la fabrique de chausse ferme après 86 ans d'activité. Le bâtiment inoccupé doit être démoli en 1970.

 

Nuit du 6 au 7 mai 1971: un encendie détruit les bâtiments abbatiaux, les combles de l'église ; les cloches sous l'effet de la chaleur fondent. L'intervention des pompiers et la solidité des voûtes font que les orgues sont sauvées ainsi que les vitraux. La plaie est grande dans le coeur des Saint-Michellois.

La commune assure les travaux de déblaiement et la pose d'une toiture provisoire.

En 1981Maurice BRUGNON ,maire, rachète l'abbaye et ses dépendance au nom de la ville

La Société des Amis de l'Eglise Abbatiale renaît.

En 1987, lors de travaux, des peintures murales du XIIème siècle sont découvertes dans le cloître ; elles représente des scènes de la vie de St Benoît. Des vestiges de l'entrée de la salle capitulaire sont également mises à jour.

L'association est toujours active, elle organise chaque année un festival de musique sacrée ancienne et baroque.

Les anciens bâtiment de la ferme accueillent le musée de la vie rurale.

 

Bibliographie:

-Encyclopédie Larousse

-Saint-Michel Mémoires, de Bernard Vasseur

-Lettre de M. à M.l'abbé sur les suppressions et abolitions décrétées par l'assemblée nationale etparticulièrement sur les dîmes ecclésiatiques-1789-BNF collection : les archives de la révolution.

-La révolution française et le régime féodal. A.Aulard 1919.

-Abbaye deSaint-Michel 1000 ans d'histoire.

-La révolution française expliquée à ma petite fille, de Michel Vovelle