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Nation indienne de la côte de Colombie Britannique
Les Kwakiutls vivaient essentiellement de la pêche au saumon et aux mammifères marins. Ils étaient de remarquables sculpteurs sur bois
Les Bella-Bellas, les Bella-Coolas, les Nootkas et les Makahs étaient des nations apparentées et associées aux Kwakiults.
Les Kwakiutls étaient entièrement tournés vers la mer. Ils vivaient de la pêche et de la chasse aux mammifères marins qu’ils poursuivaient au large sur de grandes barques creusées dans le tronc d’un cèdre. Ils possédaient de vastes maisons familiales de forme rectangulaire faites de planches de cèdre et ornées de hauts mâts totémiques qui se dressaient au-dessus de la porte, représentant les armoiries de la famille. Les Kwakiutls, comme beaucoup de nations de la région, pratiquaient la déformation rituelle du crâne des enfants. Ils réalisaient de beaux masques de bois sculptés et peints qui représentaient les esprits de la mythologie kwakiult.
Les Kwakiults pratiquaient une cérémonie spéciale, celle de la société secrète des Hamatsa. Un de ses membres représentait l’Esprit Cannibal, assisté d’autres êtres tout aussi terrifiants. Agissant comme s’ils étaient possédés par un esprit démoniaque, l’Esprit Cannibal et ses assistants parcouraient le village dansant, chantant et hurlant, mordant quelques personnes au passage. Les personnes mordues recevaient ensuite des cadeaux de dédommagement. Il ne faut pas en conclure que les Kwakiults pratiquaient le cannibalisme. Bien au contraire, cette cérémonie semble destinée à en faire apparaître l’horreur et à le décourager.
La notion du pouvoir lié à la richesse était au centre de leur organisation sociale. Le potlach qui consistait pour une famille à distribuer une grande quantité de biens à de nombreux invités, était leur cérémonie sociale majeure.
Dès le XVIIIè siècle, les Kwakiutls et les nations qui leur sont associées entrent en contact commercial avec les Blancs, Russes et Anglais, qui explorent leurs côtes et y installent des pêcheries. Ce n’est qu’en 1843 qu’un établissement blanc permanent est installé sur leurs côtes, dans l’île de Vancouver.
Les maladies apportées par les Blancs, l’alcoolisme lié à la perte de la culture et au découragement, la christianisation, affectent profondément la société kwakiutl. Dans un effort d’éradication des coutumes indiennes, le potlach est interdit en 1884, sous peine de prison, par les autorités canadiennes. Dans les années 1920, de nombreux Kwakiutls sont condamnés pour délit de potlach. Le potlach était à nouveau toléré depuis 1951.
De nombreux mâts totémiques ont été brûlés par des missionnaires ; d’autres encore, abattus par les tempêtes, pourrissent sur le sol humide des forêts ; certains ornent des musées à travers le monde.
Dans les années 1950, Mungo Martin, un chef héréditaire kwakiutl et un sculpteur de renom, attire l’attention du public sur cette perte culturelle et fait revivre la sculpture des mâts totémiques dans les communautés indiennes du Nord-Ouest.
Environ trois mille Kwakiutls vivent sur une réserve de Colombie Britannique. La plupart dépendent toujours de la pêche au saumon.