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Un crime contre l'humanité resté impuni
Katyn, également connu sous le nom de Massacre de la forêt de Katyn, est un épisode finalement mal connu de l'histoire du communisme. Face aux millions de morts de la révolution de 1917 et à ceux des Khmers rouges, en passant par les dizaines de millions de victimes du stalinisme, du maoïsme ou des régimes frères [1], que représentent ces quelques milliers de prisonniers de guerre polonais ? Rien ! Mais comme Oradour pour les millions de victimes du nazisme, Katyn est un symbole.
Staline signe un pacte avec les envoyés d'Hitler. Les deux systèmes totalitaires signent là un traité, qui prévoit entre autres le partage de l'est européen. Le dictateur communiste veut agrandir son empire en récupérant les territoires perdus par Lénine. Au nord, la Finlande et l'Estonie et la Lettonie. Au sud, la partie orientale de la Pologne et une partie de la Roumanie. Mais à la différence des Tsars, Staline a décidé d'éliminer totalement les élites polonaises de ces nations, à commencer par les officiers prisonniers de guerre, qui sont des notables ni russophiles, ni pro-communistes. Certains voient dans Katyn la volonté de se venger de la défaite infligée à l'Armée rouge par les militaires polonais lors de la guerre russo-soviétique. Les raisons du massacre sont nombreuses et il n'est en rien un cas unique.
Le 28 septembre 1939, un nouveau traité délimite de nouvelles frontières et va jusqu'à parler d'amitié entre le IIIe Reich et l'URSS [2]. Les soviétiques annexent grâce aux Hitlériens 200.000 kilomètres carrés et récupèrent sous leur joug 13 à 14 millions d'habitants, dont 6.500.000 sont des Polonais d'origine. Staline, qui a fait dissoudre le PC polonais en 1938 [3], ne nourrit alors aucun projet de restauration d'un État polonais. Alexandra Viatteau, universitaire spécialiste de cette période, après des recherches dans les différents centres d'archives va estimer ces déportations à 1.800.000 Polonais (PG, prisonniers politiques et civils) vers des goulags sibériens ou en Asie centrale. Entre 22.000 et 25.000 familles, par exemple, sont envoyées aussi au Kazakhstan [4]. 400.000 survivants seulement reviendront s'installer dans d'anciens territoires allemands (Prusse orientale, Poméranie, Silésie...) devenus Polonais après la guerre. 60.000 devront attendre la mort du dictateur.
L'administration des nouveaux territoires est confiée au NKVD, la police politique, qui dès les premiers jours d'occupation procède à l'arrestation des principaux dirigeants politiques et syndicaux, les plus susceptibles d'organiser un mouvement de résistance clandestin. Dans les camps de prisonniers de guerre, le NKVD reçoit l'ordre daté du 5 mars 1940 de Beria, l'ensemble du Politburo et Joseph Staline d'exécuter tous les officiers polonais [5] et des détenus. Le nombre de victimes est estimé à 22.000 [6] Les victimes sont assassinées dans la forêt de Katyn (Russie) à Kharkov (Ukraine) et à Mednoïe (Belarus). Selon Przewoznik, président de la commission polonaise d'enquête qui instruit les crimes nazis et communistes, les tombes découvertes à Bykovnia, dont le nombre n'a pas encore été déterminé, pourraient être celles de quelques 3.500 militaires et policiers polonais détenus par les soviétiques en Ukraine et disparus sans laisser de traces en 1940.
Les études sur des milliers de crânes montrent que les tueurs du NKVD sont des professionnels très rodés à ce genre d'exécution. La trajectoire des balles est identique [4]. Le 13 avril 1943, la radio nazie annonce la découverte de charniers dans la forêt de Katyn [7]. Aussitôt, la propagande nazie va exploiter ce crime. Les journalistes des pays neutres, les parents des victimes, les envoyés du cardinal Adam Sapieha, des officiers américains et britanniques prisonniers de guerre, la Croix-rouge polonaise sont amenés sur ce site macabre. C'est une récupération politique de l'horreur suscitée par ces massacres [6]. C'est la grande scène du nazi qui dénonce le barbare communiste [8]. Toutefois, Katyn reste un massacre, même si les nazis s'en sont servis dans leur propagande [9].
En ce qui concerne les soviétiques, il leur est très difficile d'expliquer qu'ils ont tué des dizaines de milliers de Polonais capturés avec l'aide des nazis en 1940 [4]. Le gouvernement polonais de Londres, présidé par le général Sikorski, reconnu jusqu'alors par Moscou, demande à la Croix-rouge internationale une enquête sérieuse à Katyn. Cela fâche le dictateur qui met fin aux relations diplomatiques entre Moscou et le gouvernement polonais en exil.
Pour les besoins de cohésion et d'alliance entre alliés, l'affaire est maintenue sous une chappe de plomb jusqu'en 1945 [10]. À Nuremberg, malgré beaucoup de talent dans l'art du mensonge et des complicités, les complices des bourreaux de Katyn n'arrivent pas à faire condamner les nazis pour cela [10]. Même le gouvernement pro-soviétique de Varsovie s'abstient de verser l'affaire au dossier des nombreux crimes de guerres envers la Pologne [10]. Mais dans des pays non occupés, comme la France ou même la très neutre Suisse, une partie de la gauche, communiste ou non, ne tolère pas que l'on ait de sérieux doutes sur l'identité des criminels [11].
Le 20 mars 1990, un hebdomadaire soviétique, les Nouvelles de Moscou, fait des révélations sur l'Affaire de Katyn. Il affirme que les 4.000 officiers polonais ont été victimes du NKVD. L'URSS reconnaît les faits le 12 avril 1990, dément ses propos le lendemain matin, puis les reconnaît définitivement le 13 au soir [12]. Une enquête du Procureur général de la Fédération de Russie confirme la responsabilité soviétique pendant les massacres.
Alexandra Viatteau remarque que Poutine reconnaît en février 2004, que Katyn est un crime stalinien. Et pourtant elle ne peut que constater qu'il fait aujourd’hui marche arrière, craignant qu’on le déclare crime contre l’humanité et donc imprescriptible [13]. Le gouvernement russe ne classe pas les officiers polonais comme victimes de la répression stalinienne, ce qui exclut une réhabilitation posthume.
Pierluigi Battista, dans un article : Pourquoi "Katyn" n’intéresse personne ? (Corriere della Sera) explique :
Molotov, le ministre soviétique des affaires étrangères, parle de la Pologne,ce bâtard né du traité de Versailles. Après la victoire hitléro-communiste, le même déclare : Il faut signaler le fait de la débâcle militaire de la Pologne et la désintégration de l'État polonais. Les milieux dirigeants de la Pologne s'étaient beaucoup targués de la solidité de leur état et de la puissance militaire de leur armée. Or il a suffi d'une attaque assez brève de l'armée allemande, puis de l'Armée rouge pour qu'il ne subsiste rien de ce fruit monstrueux du traité de Versailles, qui vivait de l'oppression des nationalités non polonaises [2].
Même s'il faut tenir compte des rapports conflictuels entre la Russie tsariste et les Polonais, la haine entre la Deuxième République de Pologne et l'URSS date de leurs naissances.
La guerre polono-soviétique commence en 1919, et est l'un des conflits les plus importants de l'entre deux-guerres. Pilsudski procède à une grands attaque sur l'Ukraine en 1920 et atteint Kiev en mai. A peine quelques semaines plus tard, une contre-offensive soviétique va jusqu'à Varsovie. De nombreux observateurs annoncent l'anéantissement de la Pologne et la bolchévisation de l'Europe, car l'Allemagne a un parti communiste très puissant. Pilsudski repousse néanmoins grâce aux alliés occidentaux les forces soviétiques qui doivent signer une paix de compromis à Riga au début de 1921.
La Pologne récupère des territoires de Belarus et d'Ukraine. A l'inverse, un million de Polonais deviennent citoyens soviétiques. Ils sont victimes de persécutions ethniques et religieuses. Ils subissent comme les autres soviétiques : la collectivisation forcée, la terreur d'État, les purges, les camps de travail et la famine... Les communistes soviétiques se rendent compte que les Polonais sont opposés à l'idéologie communiste, qu'ils considèrent comme hostile à l'identité polonaise. La politique de discrimination religieuse, d'expropriation, de réquisitions draconiennes et de terreur renforcent la résistance polonaise au régime soviétique. En conséquence, les autorités soviétiques emprisonnent tous ceux perçus comme un obstacle à leur politique. Dans un court laps de temps, les prisons dans des zones à minorité polonaise sont surpeuplées.
Comme l'explique George Sanford dans Katyn and the Soviet massacre of 1940: truth, justice and memory, les communistes propagent le bruit que les 65.000 prisonniers soviétiques sont morts dans les camps de Pilsudski. Or, 66.500 selon les documents d'archives regagnent l'URSS et 25.000 choisissent la liberté [5]. Que sont devenus ces 66.500 prisonniers ? Ils ont certainement connu le sort des prisonniers russes en 1945. La déportation et parfois la mort après avoir connu des années de martyr dans les camps hitlériens.
La Deuxième République de Pologne est un état relativement pauvre et qui compte trop de minorités ethniques. Dans les campagnes, la terre et les troupeaux appartiennent généralement à des Allemands, des membres de l'importante communauté juive ou des nobles russes et ukrainiens. Néanmoins, dans les villes, il existe une bourgeoisie polonaise catholique et patriote, des universités et des fonctionnaires.
Ces élites, comme pratiquement l'ensemble du peuple, sont hostiles à la fois au nazisme et au communisme. Le gouvernement mène une politique basée sur le principe de l'égale distance entre l'Allemagne et l'URSS. A partir des années trente, la Pologne et l'Union Soviétique ont des positions pratiquement opposées sur tous les problèmes mondiaux importants [2].
Litvinov dit à Grzybowski, ambassadeur polonais à Moscou, que durant la crise de Munich, il pas remarqué la neutralité de la Pologne. Ce prédécesseur de Molotov est juif et moins hostile. Il conseille aux Polonais de se méfier des nazis et de se rechercher un allié puissant. Grzybowski répond que la Pologne se tournerait vers l'URSS en cas d'invasion allemande [14]. Mais le gouvernement se tourne vers les alliés traditionnels des Polonais, la France et la Grande-Bretagne. Les Polonais ont peur que l'URSS annexe une partie de la Pologne et bolchévise le reste du pays.
Une ville comme Lwow (= Lviv) est peuplée principalement de Polonais. Elle compte beaucoup de beaux édifices, de commerces prospères et des élites. Il existe aussi une école de cadets. Ceux-ci sont issus de la bourgeoise et de la noblesse polonaise. La plupart sont soit tués en combattant les Allemands, soit vont finir assassinés par le NKVD dans la forêt de Katyn (Russie), à Kharkov (Ukraine), à Mednoïe (Belarus) et en d'autres lieux. L'Armée Rouge a connu elle aussi des purges et 7.000 officiers se sont retrouvés au goulag.
Pour justifier son invasion, les Soviétiques prétextent le besoin de protection des populations biélorusses et ukrainiennes, majoritaires dans les territoires polonais concernés. Pourtant, systématiquement, toutes les élites nationales sont massacrées par les Staliniens en Biélorussie, en Ukraine et dans les républiques du Caucase [5]. Ce thème des minorités opprimés est le même argument utilisé par les Allemands. La normalisation des rapports entre les deux systèmes totalitaires, après Munich, va faire de la Pologne leur objectif prioritaire [2].
Ce traité est signé à Moscou, dans la nuit du 22 au 23 août, par Joachim von Ribbentrop pour le gouvernement du Reich, et Viatcheslav Molotov pour le gouvernement de l'U.R.S.S. Il provoque la stupéfaction et l'indignation partout dans le monde libre. Même au Japon, le pacte germano-soviétique est considéré comme une violation de la parole donnée. Certes Hermann Rauschning, Président du Sénat de la ville libre de Dantzig, estimait, dès 1936, qu'Hitler n'avait pas véritablement d'idéologie, et pouvait donc s'allier à n'importe qui, selon les circonstances [15]. Walter Krivitsky, agent des services secrets soviétiques, qui avait fait défection en 1937, affirme que Staline admire Hitler pour son autorité, sa violence, même, et il avait désiré, dès 1934, se rapprocher de lui [16]. Alors qu'Hitler multiplie de plus en plus les actes insensés, Staline va continuer à prétendre qu'Hitler n'est pas un fou [17]. C'est en se référant à Krivitsky que Boris Souvarine fait paraître dans Le Figaro, le 7 mai 1939, le retentissant article intitulé : Une partie serrée se joue entre Hitler et Staline. Mais on est déjà au mois de mai... En août, les deux ennemis vont avoir signé le pacte [18].
Le pacte du 23 août comporte un protocole secret, composé de quatre articles, dont deux concernent la Pologne :
2- Dans le cas d'une modification politico-territoriale des territoires de l'État polonais, les sphères d'influence de l'Allemagne et de l'U.R.S.S. seront limitées approximativement par les rivières Narev, Vistule et San. La question de savoir si l'intérêt des deux parties est de considérer comme souhaitable le maintien d'un État polonais indépendant ainsi que la question de savoir quelles frontières aurait cet État ne
pourront être réglées définitivement qu'en fonction des développements politiques ultérieurs. Dans tous les cas, les deux gouvernements leur apporteront une solution par un arrangement à l'amiable [18].
4.- Ce protocole sera considéré par les deux parties comme strictement secret [19]
Les deux dictatures se proposent de régler, par voie de négociation bilatérale germano-soviétique, l'agression de la Pologne, le partage de son territoire et la suppression de l'État polonais. Ces protocoles sont suivis de plusieurs accords organisant la collaboration germano-soviétique. Ils sont beaucoup moins connus mais lourds de sens. C'est le cas de celui du 28 septembre 1939 qui met fin à toute notion de souveraineté nationale de la Pologne. C'est un traité qualifié à la fois de frontières, mais aussi d'amitié [2]. Molotov, le 29 septembre, signe ce traité. Selon Guy Durandin, universitaire, auteur d'un excellent travail sur ce traité : Il considérait l'état polonais comme désintégré, décidait que l'administration publique serait effectuée désormais, à l'ouest de la ligne de partage, par le gouvernement du Reich allemand, et à l'est par le gouvernement de l'U.R.S.S., sans interférence d'aucune autre puissance. Le traité était assorti de trois protocoles annexes, dont un confidentiel, et deux secrets. Le second de ces derniers concernait la manière de traiter les Polonais résistants, anti-staliniens aussi bien qu'antinazis.
Les parties prévoient même des consultations mutuelles à propos de toutes les actions répressives qui leur sembleraient utiles. Ces moyens font l'objet d'échanges constants entre la Gestapo et le NKVD, de l'hiver 1939 au 22 juin 1941.
Entre temps la Blitzkrieg (= guerre-éclair) allemande et le coup de couteau dans le dos de d'Armée Rouge, (pour reprendre l'expression de Kaczynski) vont anéantir l'armée polonaise.
Le 17 Septembre 1939, en violation du pacte polono-soviétique de non-agression, l'Armée rouge attaque la Pologne. Pour éviter les pertes, cette invasion a lieu après 15 jours d'héroïques combats de l'armée polonaise depuis l'attaque allemande du 1er septembre 1939.
La Grande-Bretagne et la France n'aidant déjà pas la Pologne en ne se battant pas, se gardent bien de déclarer la guerre à l'URSS. Les soviétiques annexent grâce aux Hitlériens 200.000 kilomètres carrés et récupèrent sous leur joug 13 à 14 millions d'habitants, dont 6.500.000 sont des Polonais d'origine.
L'avance rapide de l'Armée rouge casse le moral du peuple polonais et rencontre peu de résistance. Les troupes russes, un million d'hommes et 5.000 chars sont appuyées par de l'aviation [20]. Ils affrontent 20.000 KOP (= douaniers et garde-frontières) mal armés et rencontrent pendant leur avance environ 250.000 hommes qui sont en pleine débâcle, comme les Français un an plus tard. Certes, la garnison de Lwow (= Lviv) se bat contre les Allemands et les Russes, mais beaucoup d'unités choisissent de se rendre aux soviétiques. Pendant ce temps, la soldatesque nazie et soviétique fraternise et l'on voit sur cette photo un brigadier stalinien, héros de la bataille de Madrid, assister à un défilé à Brest-Litovsk avec Guderian [20].
Quelques civils juifs, dits éléments anti-sociaux, vont faire un choix stupide, rejoindre le futur Gouvernement Général. Et pourtant, si les soviétiques déportent des centaines de milliers de juifs en Russie, la plupart des commissaires politiques sont d'origines juives et ils vont leur sauver la vie. Un aphorisme juif de l'époque : Hitler tue le poisson, Staline vide le bocal, est faux en ce qui concerne cette importante minorité.
En ce qui concerne les Polonais catholiques, Il est loin d'en être de même [4]. Les mieux informés fuient la zone soviétique. Wladislaw Gomulka, ancien membre du PC polonais dissous par Staline en 1938 et futur dirigeant de la Pologne communiste, se méfie des soviétiques et passe dans la zone occupée par les nazis [4]. Certes à l'ouest aussi les Polonais sont aussi persécutés. Les grands domaines appartenant au clergé et à la noblesse sont confisqués au profit de familles allemandes qui s'y installent [21] . Beaucoup de nobles polonais ne peuvent tenter de s'y opposer. Ils sont morts ou prisonniers des soviétiques. Himmler va se vanter d'avoir réduit la noblesse à 4 % de ses effectifs d'avant-guerre. Il va avoir ce résultat au bout de cinq années d'efforts, certes récompensés (!!!), mais les soviétiques sont plus efficaces et surtout bien plus rapides.
Le général qui a défendu Lwow (Lviv) se rend comme beaucoup de Polonais. Son argument : ce sont des slaves comme nous ! est fréquent.
Les soldats polonais prisonniers (= POW ou PG) sont emprisonnés par les soviétiques, principalement dans des casernes et des monastères orthodoxes. Certains sont libérés, tandis que 125.000 sont livrés au NKVD. Le NKVD, à son tour, libère 40.000 soldats. Les libérés sont essentiellement des soldats ukrainiens ou biélorusses servant dans l'armée polonaise. 43.000 soldats polonais catholiques et juifs sont livrés aux Hitlériens. En novembre 1939, le NKVD interroge encore 40.000 PG polonais, dont 8.500 officiers et 6.500 policiers. Mais 250.000 hommes, simples soldats de l'armée polonaise, sont envoyés dans des camps ou des mines tout le long du cercle polaire, de la presqu'île de Kola au détroit de Bering. Les plus chanceux sont envoyés dans des mines de charbon destiné à l'Allemagne nazie [10].
Les PG sont déportés dans des camps, à partir d'octobre 1939. Une partie d'entre eux sont soumis à de longs interrogatoires par les agents du NKVD, dans la prison de Minsk. Dans le même temps leurs familles (à savoir les femmes, les enfants et personnes âgées) sont arrêtées et envoyées aux travaux forcés dans différentes parties de l'Union soviétique dont le nord de la Russie et la Sibérie [5]. Alexandra Viatteau, universitaire spécialiste de cette période, après des recherches dans les différents centres d'archives, va estimer ces déportations à 1.800.000 Polonais (PG, prisonniers politiques et civils) vers des goulags sibériens ou en Asie centrale. Entre 22.000 et 25.000 familles sont envoyées aussi au Kazakhstan [4]. 400.000 survivants seulement reviendront s'installer dans d'anciens territoires allemands (Prusse orientale, Poméranie, Silésie...) devenus Polonais après la guerre. 60.000 devront attendre la mort du dictateur.
On laisse les Polonais espérer qu'ils vont être libérés. Mais les interrogatoires doivent déterminer qui doit vivre et qui doit mourir. Selon les rapports du NKVD, si les prisonniers n'adoptent pas une attitude pro-soviétique, ils sont déclarés ennemis endurcis et sans concession du pouvoir soviétique, mais les autres restent des éléments socialement dangereux.
Le NKVD garde les prisonniers de guerre polonais en URSS de l'Ouest. Les camps sont à Jukhnovo, Yuzhe, Kozielsk, Kozelshchyna, Oranki, Ostachkov (Lac Seliger), Tyotkino, Starobielsk, Vologda et Griazovets.
Dès septembre 1939, Beria, qui est à la tête du NKVD, se charge du cas des prisonniers de guerre et des internés. C'est un personnage cruel et sadique que Staline présente à Roosevelt comme notre Himmler [24].
Face aux directives de désengorger les camps, Beria propose, dans un mémo strictement confidentiel adressé à Staline et daté du 5 mars 1940, l’extermination massive des prisonniers de guerre polonais. Sur quatre feuillets dactylographiés, il énumère les ennemis jurés du pouvoir soviétique, 25.700 nationalistes polonais et contre-révolutionnaires, détenus par le NKVD qui méritaient la peine capitale - par fusillade [10]. Cette proposition est signée et approuvée par Staline, Vyacheslav Molotov, Kliment Voroshilov et Anastase Mikoyan, Kalinine et Kaganovitch, tous membres du Politburo - l’organe suprême du parti communiste.
Selon plusieurs historiens, Staline veut éliminer ces Polonais qui représentent la possibilité pour la Pologne de se défendre face à une agression militaire. Ils prive cette nation de ces élites déjà très peu nombreuses. Les Soviétiques pensent ainsi supprimer la Pologne qu'ils voient comme un panskaia Pol' sha (= état aristocrate) et la menace qu'elle est censée représenter [25]. Dans le même temps, d'autres arrestations des familles d'officiers ont lieu. Même les enfants sont un danger futur et doivent être éliminés. Après avoir torturé leurs prisonniers, la Gestapo et le NKVD s'envoient des listes de parents [5]. Depuis longtemps les policiers communistes s'intéressent à la généalogie de leurs ennemis [23]. Des dizaines de milliers de familles de détenus sont encore envoyées dans des fermes collectives ou d'État en Asie centrale. Ils sont traités pire que des esclaves. La plupart des enfants et des personnes âgées meurent [4].
C’est en mars-avril 1940 qu’une commission spéciale examine, conformément à la décision du Politburo, le cas de tous les prisonniers polonais. Au fur et à mesure que les autorisations de liquidation arrivaient, témoigne Iouri Zoria, lieutenant-colonel du GRU (les renseignements militaires soviétiques), Soprounienko [directeur aux Affaires des prisonniers de guerre du NKVD] formait des groupes de 100-150 prisonniers qui étaient confiés, selon les ordres des directeurs des camps, aux commandants des régions du NKVD de Smolensk, de Kharkov et de Kalinine. Toute l’opération est dirigée par Merkoulov, l’un des adjoints de Beria. La planification du transport par voie ferrée est confiée au responsable de la direction supérieure des transports du NKVD, Milstein. L’organisation de la sécurité le long du trajet, quant à elle, incombe au commandant des soldats du train du NKVD, le général-major Charapov. L’expédition des Polonais hors des camps ressort de la responsabilité directe de Soprounienko et de son adjoint Khokhlov [25].
Au dernier moment, des prisonniers d'origines lettones et allemandes sont libérés à la demande de l'ambassadeur du IIIe Reich [4]. D'autres prisonniers ne vont pas être tués le 10 mai 1940 et les jours qui suivent, car l'offensive allemande contre le Benelux et la France surprend Staline et son entourage.
Les détenus des camps d'officiers meurent aussi de maladie et suicides, mais cela n'est pas assez rapide. Il faut de la place pour d'autres ennemis jurés du pouvoir soviétique.
On ne sait ce qui s'est passé le 3 avril 1940. Il n'y a pas de survivants, pas de témoins. Les membres du NKVD ne prennent pas de photos de leurs crimes. Les anciens membres de ces unités ne vont pas raconter leurs souvenirs. Ils ne vont pas être jugés. De nos jours, presque tous les anciens membres du NKVD sont encore des admirateurs de Staline, fiers de leurs crimes. Ou ils se taisent de peur d'être assassinés... Comme les anciens nazis, ils justifient leurs actes monstrueux par ceux du camp adverse [17].
La forêt de Katyn est située à 30 kilomètres de Smolensk en Russie. Il n'est bien entendu pas le seul site où le NKVD exécute des prisonniers.
On sait par un rapport de Chelepine, chef du KGB, à Khrouchtchev, datant de 1959 que 21.857 prisonniers de guerre et civils sont exécutés [10]. Le chiffre de Chelepine doit être considéré comme un minimum, car il mentionne 14.552 dossiers de PG, alors qu'au moins 15.131 prisonniers de guerre ont envoyés à la mort par le NKVD.
Qui sont les morts de Katyn ?
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Le NKVD exécute en tout 14 généraux polonais.
Des paysans, qui sont témoins de ces massacres, sont assassinés. Ils sont retrouvés trois ans après sans trace de balle, mais de la terre dans la bouche. Ils sont certainement morts enterrés vivants, l'une des autres méthodes du NKVD.
Le premier transport, effectué le 4 avril 1940, compte 390 personnes, et les bourreaux ont du mal à tuer tant de personnes pendant une nuit. Mais, les bourreaux de Katyn du fait d'une décision du Politburo touchent un mois de salaire rien que pour leur seule nuit de travail du 4 au 5 avril [4]. Cependant, les transports suivants ne dépassent pas 250 personnes. Les exécutions sont réalisées avec pistolets Walther PPK fabriqués en Allemagne et récupérés dans les arsenaux de la Lettonie qui vient d'être envahie pas l'URSS. Michael Parrish dans The lesser terror: Soviet state security, 1939-1953 et plusieurs historiens universitaires en arrivent à la conclusion que Vasili Mikhailovich Blokhin, chef des bourreaux pour le NKVD, tue lui même 6.000 victimes innocentes, au cours d'une période de 28 jours en avril 1940.
Les meurtres, contrairement aux images de la propagande nazie, ont lieu dans des cellules isolées en partie phoniquement avec du feutre. Les sons des meurtres sont également masqués par le bruit de machines. Puis les corps sont amenés par cinq ou six camions dans des forêts où ils sont jetés dans des fosses communes. Mais à Katyn, le scénario est celui des affiches, les Polonais, mains attachées derrière le dos sont amenés au bord des fosses et tués d'une balle dans la nuque.
Brasillach écrit : Partout, nous dit l'officier qui dirige les fouilles, on trouve des fosses. On pourrait creuser par hasard. Et d'après la superficie du bois, et la densité des tombes, nous pensons maintenant qu'il y a là de soixante mille à cent mille cadavres. Mais c'est faux, Katyn est un charnier. Il en existe d'autres ce mois-là. Quelque 3.000 à 4.000 détenus polonais de prisons ukrainiennes et celles des prisons du Belarus sont probablement enterrés à Bykivnia et à Kurapaty.
Sikorski, le 23 juin 1941, lendemain de l'agression hitlérienne contre la Russie, renoue le dialogue avec Moscou, en échange de la libération des survivants polonais des camps soviétiques. Staline en libère une petite partie. Mais 93.000 Polonais libérés vont mourir d'épuisement et de maladie durant l'année de leur libération [10]. Les Polonais ne cessent de questionner les autorités soviétiques. Staline, qui a un grand sens de l'humour, leur dit que les absents pourraient s'être enfuis, évadés par la Mandchourie [26].
Et pourtant les évadés de Mandchourie ne sont pas les seules victimes de Staline. De septembre 1940 au 22 juin 1941, de vrais évadés fuyant les persécutions du Gouvernement Général de Pologne sont arrêtés. Les plus chanceux sont condamnés au goulag. Le 10 juin 1941, 39.600 prisonniers civils sont massacrés dans la partie occidentale de la Biélorussie et de l'Ukraine [27]. Le massacre ne s'arrête pas là . Les soldats allemands découvrent le 22 juin d'autres charniers plus récents un peu partout. En se repliant, l'Armée Rouge liquide les fascistes supposés dans ces régions. De ce fait les proches des victimes les accueillent généralement en libérateurs [17]. Cinq ans d'occupation hitlérienne vont très vite les faire changer d'avis. Mais si les nazis sont des criminels, les crimes des communistes ne doivent pas être niés ou absous pour cela.
En août 1941, les troupes allemandes découvrent dans la forêt de Katyn un premier charnier constitué des restes de centaines d'officiers polonais. Signal fait un reportage-photos montrant l'exhumation des corps.
En 1942, les paysans autour de Katyn préviennent des cheminots polonais de l'existence d'un charnier dans la forêt. Ceux-ci déterrent quelques cadavres, examinent leurs papiers. Ils les enterrent dignement avec des croix en bouleau. Puis ils signalent leur découverte à la résistance polonaise, qui avertit le gouvernement polonais. Ces faits sont niés et l'entourage de Pisuldski refuse de croire que les fosses contiennent tant de morts [28].
L'ambassadeur des États-Unis à Moscou, l'amiral William H. Standley, conseille au Département d'État le 10 septembre 1942, de s'informer des officiers polonais portés disparus. Les fonctionnaires soviétiques s'opposent à l'intervention des États-Unis dans les différents russo-polonais et Molotov les soutient [30].
Le sort des prisonniers disparus est demeuré la grande inconnue jusqu'à avril 1943. Les Allemands à force d'interroger (et certainement torturer) les paysans des environs obtiennent des renseignements. La crainte des Soviets n'est pas passée. Parler à l'occupant c'est se condamner à mourir après des supplices asiatiques [17]. Néanmoins ils avouent qu'on a amené dans le bois, voici trois ans, des trains entiers de prisonniers. Et aussi des Russes... Le baron Rudolf Christoph von Gersdorff, anti-nazi allemand, découvre non pas les corps de quelques centaines d'hommes, mais de 4.243 prisonniers polonais dans la forêt de Katyn [31].
Joseph Goebbels voit dans cette découverte un formidable outil de propagande, le moyen d'enfoncer un pieu entre la Pologne libre, les Alliés occidentaux, et l'URSS. Le but est aussi de faire peur aux populations des pays alliés, aux collaborateurs et aux élites européennes qui en 1943, comme les travailleurs et les paysans, attendent l'arrivée de libérateurs. Pour atteindre ce but la radio allemande, ou sous contrôle allemand, vont s'occuper avec insistance du dénommé cas Katyn et des funèbres exhumations de la forêt de Katyn [32].
Mais l'orchestration de l'horreur de Katyn par la propagande de Goebbels provoque, elle aussi, des réactions. Les Européens sont au courant que des centaines de milliers de Serbes, de juifs, de Polonais, de résistants et de Russes sont morts du fait des nazis [33]. Et si ce crime de guerre les dégoûte, il ne va pas pour autant les amener à collaborer. Robert Brasillach se plaint de l'attitude de l'Église en dehors de la Pologne : ... Mais que nulle part à l'étranger et même pas au Vatican, on n'a entendu un cardinal ou un évêque élever la voix pour condamner ce massacre de catholiques. L'épiscopat français s'est tu, lui qui aime tant parler. Mgr Baudrillart ne se serait pas tu. Pie XI lui-même, qui condamna les massacres d'Espagne, ne se serait sans doute pas tu. L'Église manque d'hommes.
Bien entendu Robert Brasillach oublie de préciser que le Vatican est presque aussi muet sur les crimes commis par ses amis politiques.
Goebbels donne immédiatement l'ordre au délégué de la Croix Rouge polonaise d'aller enquêter. La croix-rouge internationale refuse d'y aller. Elle veut établir des liens avec l'URSS et pouvoir s'occuper des prisonniers de guerre allemands, italiens, croates... dont le sort est encore pire que celui des russes détenus dans le Reich. En 1943, par exemple, l'Armée Rouge vient de faire 90.000 prisonniers après la victoire de Stalingrad. Seul 5.000 d'entre eux vont revenir en Allemagne bien des années plus tard [22].
Les Allemands rassemblent, outre la Croix-rouge polonaise, douze experts en médecine légale de Belgique, Bulgarie, Danemark, Finlande, France, Italie, Croatie, Pays-Bas, Roumanie, Suède, Slovaquie, et Hongrie. Après la guerre, tous les experts, sauf pour un Bulgare et un Tchèque, 1943 vont réaffirmer leur verdict de culpabilité soviétique. Dès le départ, plusieurs éléments forgent leur conviction :
* les documents retrouvés sur les corps ne portent aucune date postérieure à avril 1940
* les jeunes pins plantés sur les fosses ont trois ans d’âge.
* certaines des victimes portent au crâne une blessure en X caractéristique des baïonnettes de l’Armée rouge.
Goebblels envoie aussi des journalistes qu'il dit neutres et des intellectuels polonais au niveau des fouilles. Leurs rapports décrivent un horrible massacre, avec un maximum de détails sur les corps en décomposition.
Des affiches montrant des officiers du NKVD avec les traits de juifs dans les caricatures antisémites, sont affichées partout en Europe. Pourtant, Vasili Mikhailovich Blokhin, le pire d'entre eux, a des traits de Russe orthodoxe. Beria et Merkulov font partie de la mafia géorgienne. Une autre affiche menace les Français de massacres du style de Katyn en cas de libération par les communistes. L'individu avec une faucille et un marteau a des traits d'Asiatique [34]. Et la propagande nazie répète sans cesse, il faut essayer d'imaginer ce que serait une invasion de l'Allemagne par des hordes de juifs et d'Asiatiques. Un film documentaire est réalisé : Im Wald von Katyn (= Dans la forêt de Katyn ) [34].
4.000 corps sont découverts, mais des milliers d'autres restent disparus. Des bruits circulent chez les Polonais que les disparus des autres camps ont été amenés sur des barges et noyés dans les eaux glacés de la Mer Blanche [9]
En ce qui concerne les soviétiques, il leur est très difficile d'expliquer qu'ils ont tué des dizaines de milliers de Polonais capturés avec l'aide des nazis en 1940 [4].
Le gouvernement polonais de Londres, présidé par le général Sikorski, reconnu jusqu'alors par Moscou, demande à la Croix-rouge internationale une enquête sérieuse. Cela fâche le dictateur qui met fin aux relations diplomatiques entre Moscou et le gouvernement polonais en exil. Le Comité International de la Croix-Rouge demande cette fois-ci la permission aux soviétiques de conduire une enquête neutre à Katyn, mais et leur demande est ignorée par Moscou [30].
Les Alliés occidentaux sont embarrassés par une atteinte à la coalition anti-nazie. et ils tentent d'y remédier. C'est la position intransigeante de Sikorski qui est dénoncée par la presse britannique [10]. Mais Winston Churchill se méfie que le général Sikorski soit remplacé par un Polonais encore plus ulcéré par ces massacres [10]. En privé, Churchill convient que cette atrocité est le fait des Soviétiques. Selon les notes prises par le comte Raczynski, Churchill a admis le 15 avril 1943 au cours d'une conversation avec le général Sikorski : Hélas, les révélations allemandes sont probablement vraies. Les bolcheviks peuvent être très cruels [27]. Toutefois, dans le même temps, le 24 avril 1943 Churchill assure les Soviétiques qu'il compte s'opposer fermement à toute enquête par la Croix-Rouge internationale.
D'ailleurs, l'avion du général Sikorski s'abîme en mer. Certains parlent d'attentat soviétique ou anglais, mais bien entendu une enquête conclut à un accident et les causes de la catastrophe ne sont pas élucidées [10]. Certains disent que Sikorski est la dernière victime de Katyn, mais il va y en avoir d'autres.
En 1943, informé par ses compatriotes polonais résidant en Grande-Bretagne du massacre dans la forêt de Katyn par l'Union soviétique, le comte polonais Geoffrey Potocki de Montalk publie le Katyn Manifesto, dans lequel il accuse l'Union soviétique. Il est arrêté, emprisonné, puis envoyé dans un camp de travail à la campagne dans le Northumberland. Ce manifeste est le seul ouvrage qui dénonce le crime de guerre de Katyn pendant 50 ans. Dans ses Mémoires, même Winston Churchill se tait. Churchill qui est pourtant indéniablement le plus grand homme politique du XXe siècle, celui qui incarne le mieux en 1940 la guerre contre la nazisme triomphant, qui plus tard va dénoncer le rideau de fer tombé sur l’Europe, a ici une heure de faiblesse, d’appeasement, cet apaisement voulu par un dictateur, même s'il n'est pas de ceux qu’il avait si brillamment combattu lors de Munich.
Le 22 mai 1945, un colonel d'infanterie américaine John H. Van Vliet, Jr., arrive à Washington. Il sort d'un camp de prisonniers. Il fait rapport au général Clayton Bissell, responsable du G-2 (= service secret de l'armée). Ce colonel Van Vliet et le capitaine Donald Stewart, prisonniers de guerre des Allemands, avaient étudié, à la demande de ces derniers, les fouilles organisées en mai 1943. Les deux officiers sont des personnes honnêtes, courageuses et en rien réceptives à l'idéologie nazie. Mais ils sont convaincus que les dirigeants polonais ont été assassinés par les Soviétiques [29].
A l'époque, l'URSS est encore un allié et son témoignage n'est vraiment pris en considération par le Congrès qu'en 1951.
L'Union soviétique, après avoir commis ce crime à Katyn, fait dire à la presse communiste clandestine en France, tout comme ailleurs, que c'est un crime allemand [35]. La vérité sur Katyn !
L'Armée rouge reprend Smolensk. Le NKVD commence alors une opération de manipulation de l'opinion. Le cimetière de la forêt de Katyn construit par la Croix-Rouge polonaise est détruit. Les Soviétiques nomment une nouvelle commission d’enquête, la Commission Bourdenko. Elle est composée uniquement de personnalités soviétiques. La Croix-rouge, les experts de pays neutres, les journalistes étrangers, cette fois-ci, ne sont pas invités.
Selon eux, les victimes ont été tuées en automne 1941, tout de suite après la chute de la région aux mains allemandes. Les résultats dits scientifiques sont communiqués à des revues soviétiques. On peut les trouver de nos jours dans l'ouvrage de Joachim Hoffmann : La guerre d'extermination de Staline, 1941-1945, Préparation, Exécution et Documentation.
Des membres de la commission de 1943, des savants se sont retrouvés en zone d’occupation russe. Ils affirmeront par la suite avoir été forcés à signer des conclusions contraires à leur conviction. L’un d’eux, le légiste bulgare Marko Markov, témoigne en ce sens à Nuremberg.
Du 28 décembre, 1945 au 4 janvier 1946, sept officiers de la Wehrmacht sont jugés par un tribunal militaire à Leningrad avec des observateurs américains, anglais et français. Les victimes sont K.H. Strueffling, H. Remlinger, E. Böhom, E. Sommerfeld, H. Jannike, E. Skotki et E. Geherer. Ils sont pendus car il faut des responsables pour le massacre de Katyn. Deux autres officiers E.P. Vogel et F. Wiese sont condamnés à 20 ans de travaux forcés, où ils sont certainement morts [36]. Seul un autre Allemand va survivre. Arno Diere, avoue avoir pris part à l'enfouissement des corps de 15 à 20.000 PG polonais à Katyn. En échange, il a la vie sauve et est condamné à 15 ans de travaux forcés. Ses aveux sont tellement peu crédibles que les Soviétiques renoncent à le présenter comme témoin à charge pendant le Procès de Nuremberg. Le 29 novembre 1954, il revient sur ses aveux et affirme avoir été forcé de raconter ces mensonges par les enquêteurs. Adrian Neculau écrit que les victimes ont comme juges les bourreaux de Katyn [7].
La revue PHDN écrit au sujet de Katyn au procès de Nuremberg : Le massacre de Katyn, perpétré par les Soviétiques fut incorporé dans l’acte d’accusation du procès de Nuremberg. Cette iniquité fut le résultat des pressions soviétiques. Non seulement ce fut contre l’avis des trois autres puissances présentes, mais ils pratiquèrent un véritable chantage pour parvenir à leurs fins. Qu’ils y soient parvenus demeure pour eux une réussite (qui s’avèrerait une victoire à la Pyrrhus), et pour le procès de Nuremberg, une tache indélébile [37]. Le point 3, C, 2 concerne, parmi d'autres crimes de guerre, le massacre de Katyn, dont le vainqueur soviétique charge le vaincu nazi [38].
En 1951 et 1952, dans le contexte de la Guerre froide, le Congres américain enquête sur le massacre de Katyn. Il recommande que les Soviétiques soient jugés devant la Cour internationale de justice [29].
Pendant la guerre froide, la complaisance d'une grande partie de la gauche à propos de Katyn et le silence de la droite semblent à certains observateurs comme une sorte de complicité avec la soviétisation de l'Europe dite de l'est [39]. Au Royaume-Uni, dans les années 1970, les plans d'un mémorial aux victimes, portant la date 1940 (plutôt que 1941) sont perçus comme trop provocateurs.
En URSS et dans les pays occupés par l'Armée Rouge, le sujet reste tabou. Dans le Rapport secret, Khrouchtchev dénonce la déportation des populations non russes, mais il ne revient pas sur la version désormais officielle du massacre de Katyn [40]. D'ailleurs Khrouchtchev l'affirme le massacre de Katyn fut l'œuvre des Allemands ... [41]. Ne voulant pas que Katyn devienne un lieu de recueillement, les Soviétiques construisent en 1969 des monuments commémoratifs énormes à Kathyn, un village biélorusse dont la population a été massacrée par les nazis. Comme les villages victimes des nazis sont très nombreux, le choix est certainement de provoquer la confusion avec Katyn, car les deux noms sont presque similaires.
En Pologne, le gouvernement communiste censure systématiquement toutes les sources susceptibles de fournir des informations sur le crime. Contrairement à la France, où l'on diffuse la propagande soviétique, Katyn est un sujet interdit dans l'après-guerre en Pologne. Parler de ce massacre c'est se condamner à se retrouver en prison et torturé. Katyn est effacé de l'histoire officielle de la Pologne, mais pas de la mémoire de tout un peuple.
Le syndicat polonais Solidarnosc émet une série de timbres en l'honneur de quelques-unes des victimes des communistes russes :
* Colonel> Jan Zaluska
* Colonel Andrzej Halacinski
* Colonel Stanislaw Widacki
* Général> Henryk Minkiewicz, socialiste
* Vice-amiral> Ksawery Czernicki
* Capitaine Bronislaw Rosinski
LA LISTE DES VICTIMES DE KATYN
Les enseignants et chercheurs universitaires polonais demandent que Katyn figure sur l'agenda de 1987 d'une commission mixte russo-polonaise qui doit enquêter sur les épisodes censurés de l'histoire russo-polonaise. Tous les historiens et presque tout le peuple polonais se mettent à demander la vérité sur Katyn. Les communistes au pouvoir vont perdre les élections à la Sjem (= parlement polonais) en juin 1989. Même des savants soviétiques révèlent que Joseph Staline a en effet ordonné le massacre. Le Politburo veut éviter la victoire du syndicat polonais Solidarnosc. Le 31 mars 1989, il avertit le KGB, les idéologues du parti, les comités... et les ministères qu'il faut trouver une nouvelle version pour l'affaire de Katyn [4]. Le 28 avril 1989, Mikhail Gorbachev en discute avec Wojciech Jaruzelski à Moscou [26]. Le 6 août 1989, il commence à parler de la culpabilité du NKVD à Katyn [26].
Tout cela ne suffit pas pas. Début septembre 1989, Tadeusz Mazowiecki, du syndicat polonais Solidarnosc, forme le premier gouvernement non communiste [4]. Les médias et les historiens contestent les méthodes de travail et les conclusions de la commission Bourdenko. Ils sont aidés par de nombreux savants russes et ukrainiens. Le gouvernement polonais demande plusieurs fois d'avoir accès aux archives [4].
Le 1er Octobre 1989, l'ancien conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski, l'ambassadeur américain Jack F. Matlock et une délégation de plusieurs centaines de Polonais, organisée par une association polonaise nommée Les familles des victimes de Katyn, visitent le mémorial de Katyn. Matlock, qui connaît les lieux remarque que deux écriteaux NKVD et 1940 couvrent les inscriptions Gestapo et 1940. Le soir même, une télévision soviétique signale ces changements sur le monument. Le 23 novembre 1990, Mikhail Gorbachev se dit prêt à coopérer à Tadeusz Mazowiecki, en visite à Moscou [4].
Des historiens soviétiques font des recherches dans les archives et constatent que beaucoup de noms de PG polonais détenus dans trois camps avant mai 1940 se retrouvent dans les listes de victimes, dont les papiers sont découverts à Katyn par les Allemands et les observateurs étrangers. Les historiens en arrivent à la conclusion que c'est le NKVD et surtout Beria et Merkulov qui sont les auteurs du massacre de la forêt de Katyn et d'autres massacres de prisonniers [4].
En 1990, Mikhail Gorbachev relance les recherches et admet que le NKVD a exécuté les Polonais à Katyn. Il confirmé qu'il existe deux autres lieux de sépulture similaires au site : Mednoïé et Karkhov.
Les Polonais et les Américains découvrent de nouvelles preuves en 1991 et 1992. Le président russe Boris Eltsine divulgue, le 14 octobre 1992, des documents secrets et en envoie une copie au nouveau président polonais Lech Walesa. Parmi les documents, la fameuse proposition, (dont je fournis une copie) de Beria à Staline d'exécuter 25.700 Polonais, signée par Staline et les membres du Politburo. Eltsine fournit aussi une note d'Aleksandre Chelepine du 3 mars 1959 adressée à Nikita Khrouchtchev. Elle contient des informations sur l'exécution de 21.857 Polonais et une demande de pouvoir détruire les dossiers personnels des victimes. Boris Eltsine visite le monument dédié aux victimes de Katyn à Varsovie en 1993. Un mémorial est inauguré grâce à lui à Katyn en l'an 2000, pour le 60e anniversaire du massacre [42].
Il existe aussi deux autres versions. La première dit que le massacre est une des actions combinées des nazis et des Soviétiques. Cela suppose que des membres de la Gestapo se soient joints au NKVD. Même en 1940, cela n'est pas plausible.
Une autre version nous dit que les Allemands savaient ce qui se passait à Katyn à l'avance.Ils parlent du protocole additionnel secret au traité d'amitié germano-soviétique qui stipule que : Les deux parties ne doivent tolérer dans leurs territoires aucune agitation polonaise, qui s'en prend aux nazis ou aux Soviétiques. Certes ils échangent des prisonniers, mais cette politique commune reste limitée. Les ennemis des nazis ne sont pas les ennemis des Soviétiques. Même si certaines victimes de Katyn sont juives, l'URSS n'a aucune loi antisémite. Les nazis fusillent des patriotes polonais qui sont généralement anticommunistes, mais les nazis ne sont pas devenus en 1940 communistes. Quelques journaux parlent d'une série de conférences entre le NKVD et la Gestapo, organisées dans la ville de Zakopane en 1939-1940. C'est vrai, mais il s'agit de l'échange de quelques juifs et communistes aux nazis contre des nationalistes ennemis de l'URSS, d'opérations combinées contre des groupes de résistants sur les zones frontières et surtout d'échanges de populations. Les nazis récupèrent leurs Volksdeutchen (= minorités plus ou moins d'origines germaniques) et expulse des Ukrainiens et des Biélorusses. Toutefois, il est bien certain qu'Hitler sait que les nazis massacrent les élites polonaises et s'en réjouit, mais de là à connaître le détail de ces opérations !
En 2000, pour le soixantième anniversaire de Katyn, Vladimir Poutine, nouveau maître de la Russie, semble poursuivre la politique de vérité de Gorbatchev [43].
Durant la visite de Kwasniewski à la Russie en septembre 2004, les autorités russes lui affirment qu'ils sont prêts à transférer toutes les archives sur le massacre de Katyn aux autorités polonaises, dès qu'elles seront accessibles..
Cependant, le Président Poutine est un ancien lieutenant-colonel du KGB, qui a succédé au NKVD. C'est aussi un grand patriote russe qui est fier de la victoire sur le nazisme, car il y voit le plus grand triomphe de l’Union Soviétique, au prix de sacrifices immenses. Cela l'amène à essayer de minimiser les crimes de Staline, dont le plus symbolique est Katyn. Vladimir Poutine a cependant refusé de poursuivre plus loin les enquêtes [44].
Fin 2004, la justice de Poutine classe le dossier de Katyn en crime de droit commun, donc déjà prescrit. Malgré ses déclarations antérieures, le Président Vladimir Poutine refuse de permettre aux enquêteurs polonais de faire des recherches à Moscou à la fin 2004.
En mars 2005, le sort d'environ 7.000 victimes des massacres des camps de prisonniers de guerre n'est toujours pas évoqué. 116 des 183 volumes de dossiers recueillis durant l'enquête russe, sont déclarés secrets d'État.
Des dirigeants polonais regrettent le mutisme du parlement européen en 2005 sur le drame de Katyn lors des commémorations de mai 1945 [39]. Les proches des victimes attendent que la Cour des droits de l'homme à Strasbourg se penche sur leur plainte déposée contre la Russie.
Poutine en Pologne déclare : Ensemble, nous devons nous souvenir des victimes de ce crime, mais il ne faut pas oublier le destin tragique des soldats russes prisonniers des Polonais pendant la guerre de 1920. Ce parallèle est une tentative de rejeter Katyn dans l’oubli.
Le 30 septembre 2008, le tribunal de la région militaire de Moscou conclut le massacre de 22.000 prisonniers de guerre polonais n'est ni un crime de guerre, ni un crime contre l’humanité. La réécriture de l'histoire est très en vogue en Russie de Poutine. ... On nie même Katyn et les protocoles secrets Molotov-Ribbentrop [45].
Le retour de la contestation de la vérité historique réapparaît surtout en Biélorussie, l’action est orchestrée par le journal Wo Slawu Rodiny, organe du ministère biélorusse de la défense, qui joue le rôle de ministère de la propagande. Après la prise de conscience mondiale des massacres orchestrés lors du conflit de la seconde guerre mondiale, les descendants ou admirateurs des bourreaux du NKVD nient les faits reconnus par l'URSS, puis par la Russie. Le journal s’attaque au film du réalisateur polonais Andrzej Wajda. Il le qualifie de propagande propre à défendre Joseph Goebbels. Alors que ce film est bien entendu très anti-nazi.
Certains anciens combattants soviétiques se laissent influencer par cette propagande. Donc Medvedev, l'associé du Poutine, vient de créer une commission d’historiens chargée de protéger cette légende et officiellement de combattre les tentatives de falsification de l'Histoire. Faut-il voir comme Jeune Afrique, derrière le masque de Staline le visage de Poutine ? [46]. L'auteur de cet article estime que c'est mal connaître la Russie actuelle.
Mais revendiquer tout le passé glorieux de la Russie tsariste et de l'URSS ne doit pas amener à une nouvelle forme de négationnisme. En tous les cas, nous allons voir dans les années qui viennent si ce crime contre l'humanité reste impuni. L’URSS n’a pas signé la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre en 1929, mais la Russie impériale a signé la Convention de la Haye en 1907, et le Kremlin a bien confirmé en 1941 que l’URSS considérait comme obligatoires pour soi les règles de la guerre exposées dans la quatrième Convention de la Haye du 18 octobre 1907 concernant les lois et coutumes de la guerre... L’URSS a donc commis sans le moindre doute un crime de guerre et contre l’humanité envers nos alliés polonais. D’autre part, la continuité légale que le Kremlin établie entre la Russie tsariste et l’Union soviétique vaut également pour la continuité sur le plan de la responsabilité légale entre l’URSS et la République de Russie actuelle.

Les vaincus, Andrzej Wajda les combat dès l'âge de 16 ans dans les rangs de l'AK (= armée de l'intérieur polonaise, Armia Krajowa). Mais après 1944, l'Allemagne va payer pour ses crimes. Par contre, le père du cinéaste, le capitaine Jakub Wajda, est assassiné dans une prison du NKVD de Kharkov et ce crime reste impuni.
Le film de Wajda relate cet événement, mais aussi et surtout le destin de femmes des victimes et de leurs filles. Certaines scènes du massacre de la forêt de Katyn sont reconstituées. Le cinéaste polonais dénonce l'attentat permanent contre l'Histoire et l'identité des peuples de l'Est européen.
En 2008, "Katyn" est nominé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Mais en France, et dans les pays où les nostalgiques de Staline ont encore une grande influence dans les médias, le film est projeté presque comme un film clandestin et est l'objet de rares critiques parfois étonnantes pour ceux qui comme l'auteur de cet article l'ont visionné et apprécié. Certes Emmanuel Hecht dans Les échos écrit : Tiré du roman, "Post mortem",d'Andrzej Mularczyk, Katyn est un film crépusculaire, filmé entre chien et loup. La mise en scène est classique, l'image, superbe, est signée Pawel Edelman - chef-opérateur du "Pianiste" de Polanski - et la musique du compositeur Krzysztof Penderecki,. Et bien entendu, il n'est pas le seul à admirer les qualités de ce film, mais, pour terminer, voici un article de très sérieux et très lu quotidien Le Monde :
ÉTRANGE CONFUSION
Comme l'explique Victor Zaslavsky dans un ouvrage sur "Le Massacre de Katyn", les Soviétiques ont effectivement programmé la mort des officiers polonais, qui incarnaient les "ennemis objectifs", une intelligentsia bourgeoise, un vivier potentiel de résistance, ainsi que la déportation en camps de leurs familles. Ces exécutions de masse sont conçues comme un "nettoyage de classe".
La seconde est l'étrange confusion entre Katyn et le génocide des juifs. Rien, aucune allusion, dans le film, sur la Shoah, mais une description des rafles, de la traque des familles d'officiers polonais, comme s'il s'agissait de la déportation des juifs en camps. Détail troublant : ces proies d'un massacre programmé sont viscéralement attachées à leur ours en peluche. Or le Musée Yad Vashem de Jérusalem a fait de l'ours un symbole de l'extermination des enfants juifs, du martyre d'un peuple.
Dans Katyn, sommée par les services allemands de dénoncer la responsabilité soviétique dans le massacre, la femme d'un général polonais est menacée d'être envoyée à Auschwitz... Tout, sans cesse, nous ramène aux juifs, sauf que le mot n'est jamais prononcé. Le juif n'existe pas. La victime de la seconde guerre mondiale, c'est le Polonais.
Pourquoi ce non-dit, cette confusion ? Andrzej Wajda aura traîné cette question toute sa carrière, puisque son premier film, Génération (1955) - évocation de la résistance contre les nazis -, occultait déjà cet enjeu capital de la guerre. Il est vrai que l'ambiguïté de la représentation des juifs dans le cinéma polonais dépasse sa personne.
Les victimes des bourreaux soviétiques avaient eux aussi des enfants qui avaient eux aussi des ours en peluche et étaient eux aussi traqués.Toutes les victimes des tyrannies en viennent à se ressembler.
1. Livre noir du Communisme: crimes, terreur, répression, Stéphane Courtois, Mark Kramer, Harvard University Press, 1999.
2. De l'accord de Munich au Pacte germano-soviétique du 23 août 1939, Collection "Recherches et documents/La Seconde Guerre mondiale", Roger Maria, Éditions L'Harmattan, 1995.
3. 1939, le pacte germano-soviétique, Volume 95 de Questions au XXe siècle, Yves Santamaria, Editions Complexe, 1998.
4. Katyn: a crime without punishment, Annals of communism, Anna M. Cienciala, Wojciech Materski, Yale University Press, 2007.
5. Sanford George, Katyn and the Soviet massacre of 1940: truth, justice and memory, Routledge, 2005>.
6. Poland, 1918-1945: an interpretive and documentary history of the Second Republic, Peter D. Stachura, Routledge, 2004.
7. La Vision Nazie de L’histoire, Christian Delage, L'AGE D'HOMME, 1983.
8. Commentaire, Numéros 89-92, Julliard, 2000
9. La vie quotidienne en Roumanie sous le communisme, Aujourd'hui l'Europe, Adrian Neculau, L'Harmattan, 2008.
10. Histoire de la Pologne communiste: autopsie d'une imposture, Collection "Hommes Et Sociétés", Pierre Bühler, KARTHALA Editions, 1997.
11. Popistes: histoire du Parti ouvrier et populaire vaudois, 1943-2001, Pierre Jeanneret, Éditions d'En bas, 2002.
12. Les Six mois qui ont ébranlé le monde, Canadian electronic library, Albert Legault, Centre québécois de relations internationales, PUQ, 1991.
13. Katyn, la vérité sur un crime de guerre, Alexandra Viatteau, André Versaille 2009.
14. 1939: l'alliance de la dernière chance : une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale>, Canadian electronic library, Michael Jabara Carley, Jean-Christophe Paccoud, PUM, 2001.
15. Hermann Rauschning, La révolution du nihilisme, Gallimard 1980.
16. Walter Krivitsky, J'étais un agent de Staline, Éditions Coopération 1940.
17. La guerre du siècle, Hitler-Staline, L'impitoyable combat des dictateurs, Laurence Rees, BBC TV.
18. Les protocoles “annexes” du pacte germano-soviétique. Un secret entretenu pendant cinquante ans, Guy Durandin.
19. Nazi-Soviet Relations 1939-1941, Department of State, Washington, DC,
20. Poland 1939: The Birth of Blitzkrieg, Volume 107 de Campaign, Steven J. Zaloga, Howard Gerrard, Osprey Publishing 2002
21. Gueule du loup, Collection Gens d'ici, Marian Zlotek, Éditions Cheminements, 2002.
22. Cartier Raymond, La seconde guerre mondiale, Larousse, Paris-Match 1965.
23. Fitzpatrick Sheila, Le Stalinisme au quotidien, Oxford University Press 1999, traduit par Flammarion 2002>.
24. Beria, mon père: au coeur du pouvoir stalinien, Sergo Beria, Françoise Thom, Traduit par Françoise Thom, Plon 1999.
25. Katyn : archives d’un massacre, Alexandra Viatteau, Chargée de cours à la Sorbonne, L’Histoire, n° 243, mai 2000.
26. Katyn: l'Armée polonaise assassinée : 1940-1943, Volume 21 de Mémoire du siècle, Alexandra Viatteau, Éditions Complexe, 1982.
27. Le crépuscule de Yacoub: roman, Écritures (Paris. 1995), Edgar Hatzfeld, L'Harmattan, 2009
28. Churchill and the Soviet Union, David Carlton, Manchester University Press, 2000.
29. REPRINTING OF HOUSE REPORT NO. 2505 82ND CONGRESS CONCERNING THE KATYN FOREST
MASSACRE.
30. Barbara Polak, 2005, Zbrodnia katynska Biuletyn institute> of National Remembrance>
31. Assembly of Captive European Nations, First Session, September 20, 1954-February 11, 1955, Organization, Resolutions, Reports, Debate; p. 118.
32. Vérités sur la guerre: 1943-45, XXe siècle Gisserot, Charles Rickard, J.-P. Gisserot, 1990.
33. Les historiens allemands relisent la Shoah, Questions à l'histoire, Dominique Vidal, Éditions Complexe, 2002.
34. The Third Reich: politics and propaganda, David Welch, 2, Routledge, 2002.
35. L'idée européenne dans la Résistance à travers la presse clandestine en ... - Page 162, Tadeusz Wyrwa - 1987
36. Gazette de Montréal, Canada 5 Novembre 1990, article de H. Thamyre, professeur d'allemand, de l'Université Concordia, Montréal.
37. PHDN, Katyn au procès de Nuremberg
38. Kentaro Awaya, Annette Wieviorka, Les procès de Nuremberg et de Tokyo - 1996, p. 145.
39. Les mots de 39-45, Pierre Laborie, Presses Univ. du Mirail, 2006
40. Communisme 88-89 - la Révolution Hongroise de 1956 Nouvelles Approches - Page 55
Collectif.
41. Le Contrat social, Volume 7 Page 163, Institut d'histoire sociale - 1963.
42. Géopolitique de la Pologne, Volume 7 de Géopolitique des états du monde, Christophe Dwernicki, Éditions Complexe 2000.
43. Commentaire, Numéros 89-92, Julliard, 2000.
44. Dictionnaire d'histoire politique du XXe siècle, Christian Hocq, Ellipses, 2005.
45. Histoire & liberté: les cahiers d'histoire sociale, Numéros 27-32, Bibliothèque d'histoire sociale
46. Jeune Afrique, Numéros 2441-2451, Groupe Jeune Afrique, 2007.
47. Le massacre de Katyn: crime et mensonge, Démocratie ou totalitarisme, Victor Zaslavsky, Christine Vodovar, Rocher, 2003.
48. Justice et démocratie: Actes du colloque organisé à Limoges les 21-22 novembre 2002, Entretiens d'Aguesseau, Simone Gaboriau, Hélène Pauliat, Presses Univ. Limoges, 2003.