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Homme politique japonais 26 octobre 1825 – 20 juillet 1883
Iwakura Tomomi était un homme politique japonais très influent de la restauration Meiji. Modéré, il contribua largement à l’ouverture du pays. Il dirigea notamment la mission Iwakura, mission diplomatique japonaise destinée à observer le développement des pays occidentaux dans les domaines scientifique, économique et politique.
Iwakura Tomomi est né à Kyoto le 26 octobre 1825. Il est issu d’une famille noble de courtisans, les Horikawa. En 1836, comme cela se faisait très souvent au Japon, le jeune Tomomi est adopté par le seigneur Iwakura Tomoyasu, afin d’en faire son héritier. Il reçoit une éducation typique de cette première partie du XIXème siècle au Japon, au cœur de la Cour impériale.
En 1854, remarqué pour son intelligence, il est nommé jiju, Chambellan de l’empereur Komeï. Il entre alors en politique et devient peu à peu un homme influent à la Cour. Il passe pour un opposant à l’ouverture du pays voulu par le pouvoir shogunal. Malgré tout, il mesure les tensions entre le parti impérial et le parti shogunal. Il propose alors une alliance pour pacifier les relations. Son but est d’organiser un mariage entre le shogun de l’époque, Tokugawa Iemochi, et la princesse Kazunomiya, sœur de l’empereur.
Cette politique d’apaisement passa pour certains samouraïs proches de l’empereur comme une volonté de favoriser le pouvoir shogunal. Sa position à la Cour devint alors de plus en plus difficile, Iwakura décida de s’exiler.
Malgré son exil, Iwakura garda de solides contacts aussi bien à la Cour impériale que parmi certains seigneurs influents, notamment dans la province de Satsuma. De ces contacts il reprit l’initiative en tentant en 1866, de réunir bon nombre de seigneurs et ainsi créer un parti de grands nobles soutenant l’empereur. Mais cette tentative échoua précipitée par la mort de l’empereur Komeï. Une rumeur l’accusa d’avoir fait empoisonner l’empereur mais aucune preuve ne pu être réunie par ses détracteurs.
A la montée sur le trône du jeune Mutsuhito, Iwakura travailla à un retour politique du pouvoir impérial au détriment du shogun. Grâce à sa position de modéré et sentant se déliter le pouvoir shogunal, il contribua à décider le shogun Tokugawa Yoshinobu à déposer l’ensemble de ses titres et domaines et remettre son pouvoir au jeune empereur.
En 1868, Iwakura se voit confier le poste de ministre des affaires étrangères.
Désormais au cœur du pouvoir et proche de l’empereur, Iwakura joue de sa totale influence sur le gouvernement de restauration. Il est d’ailleurs à ce titre l’un des rédacteurs de la charte des cinq articles qui définissent, au début de l’ère Meiji, le « gouvernement éclairé ».
Rapidement, il considère que le Japon doit prendre l’initiative afin de mettre un terme aux traités inégaux imposés au pays du soleil levant par les occidentaux. Pour cela une seule manière selon lui, faire du Japon un pays moderne.
C’est dans cette optique qu’est mise sur pieds en 1871 la mission qui porte son nom. La mission Iwakura doit partir pendant deux ans aux Etats-Unis et en Europe, afin d’étudier avec soin tous les domaines dans lesquels le Japon est jugé en retard. Avec le titre d’ambassadeur, Iwakura va diriger 4 vice-ambassadeurs, 48 administrateurs et enseignants ainsi que 60 étudiants. A chaque passage dans un pays, une délégation restait sur place avec pour but d’approfondir les relevés effectués par les ambassadeurs. Certains des membres de ces délégations restèrent dans les pays visités et devinrent professeurs ou conseillers politiques. Ce fut le cas de Kaneko Kentaro qui resta aux Etats-Unis et devint conseiller de Theodore Roosevelt et de Nakae Chômin, qui lui resta en France pour y étudier le système judiciaire. Il continua sa carrière en tant que journaliste et écrivain.
Les résultats de cette mission furent mitigés. En réalité, le but politique de mettre un terme aux traités inégaux fut un échec, ce qui entraina des frictions entre le gouvernement japonais et les membres de la mission. En revanche, l’autre volet sera plus intéressant et engagea le Japon sur la voie d’une vraie politique réformiste et de développement industriel et scientifique.
A son retour au Japon, Iwakura revint au service de l’empereur et partagea largement tout ce qu’il avait observé en Occident. En 1873, l’empereur l’appela comme conseiller privé. Il continua à jouer un rôle important dans la conduite des affaires du gouvernement. A la fin de sa vie, il s’opposa fermement à la volonté d’anciens samouraïs comme Saïgo Takamori, de mener une guerre en Corée, plaidant pour une politique étrangère pacifique, une poursuite des réformes de fond et un assainissement des finances.
Histoire du Japon et des Japonais 1. Des origines à 1945 Edwin O. Reichauer, 1973, éd. Points.
Magazine l’Histoire, numéro spécial, le Japon, des samouraïs aux mangas, juillet-août 2008, n°333.