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Loi de déplacement des Indiens
Loi adoptée en mai 1830 par le Congrès des Etats-Unis à l’instigation du président Andrew Jackson prévoyant le déplacement de tous les Indiens vivant encore à l’est du Mississippi vers les terres de l’Ouest.
Dès son élection à la présidence des Etats-Unis en 1828, Andrew Jackson présente au Congrès un projet de loi prévoyant la déportation vers l’Ouest des Indiens vivant encore à l’est du Mississippi. Cela avait été l’un des thèmes majeurs de sa campagne électorale qui avait certainement assuré sa popularité. La loi est adoptée par le Congrès le 26 mai 1830.
En septembre 1830, certains Choctaws signent le traité de Dancing Rabbit par lequel ils déclarent échanger leurs territoires du Mississippi contre des terres sur la bordure sud du Territoire Indien, un territoire réservé aux Indiens déplacés et qui correspond en gros à l’actuel Etat d’Oklahoma. Plusieurs milliers de Choctaws prennent la route de l’Ouest à l’automne 1830, dans des conditions effroyables. Environ 1 500 Choctaws trouveront la mort en route. Une partie de la nation choctaw réussit cependant à demeurer dans l’Est.
En mai 1831, sous l’impulsion du chef John Ross, les Cherokees déposent devant la Cour Suprême des Etats-Unis un recours contre le décret de déplacement. La Cour donne raison aux Cherokees et annule le décret, estimant que la nation cherokee est une entité distincte qui a le droit de se gouverner elle-même et n’a pas à se soumettre aux lois des Etats-Unis. Le président Jackson ignore l’arrêt de la Cour Suprême et déclare : "Maintenant que Marshall (le président de la Cour Suprême) a pris sa décision, qu’il la fasse donc appliquer ! "
En 1832, les Chickasaws, abandonnant leurs terres du Tennessee, partent aussi vers l’Ouest. Ils vont au Kansas, le Territoire Indien n’étant pas encore prêt à les accueillir. Les Choctaws leur céderont ensuite une partie de leur réserve.
Persuadés que toute résistance est inutile, des Cherokees, souvent les plus riches, conduits par Elias Boudinot, Stand Watie et John Ridge, acceptent le déplacement vers l’Ouest. Ils signent en 1835 le traité de New Echota par lequel ils déclarent céder leurs terres aux Etats-Unis. Ils partent dans d’assez bonnes conditions, emportant une grande partie de leurs biens et même leurs esclaves noirs. Ils s’installent dans l’est du Territoire Indien.
Cette même année voit la déportation des Creeks. Un premier contingent prend la route au début de l’été 1835. La chasse aux Creeks qui résistent s’intensifie. Certains parviendront à se réfugier chez les Cherokees. Un second groupe est rassemblé à l’automne et poussé vers l’Ouest, dans des conditions particulièrement rudes. Des bateaux qui les transportent sur le Mississippi font naufrage provoquant des centaines de morts. La moitié des 20 000 Creeks déportés trouve la mort sur les routes de l’exil, certainement le plus fort taux de mortalité enregistré sur ce qui sera appelé "la Piste des Larmes".
Jusqu’en 1838, le chef John Ross parvient à empêcher la déportation d’une grande partie des Cherokees. Mais début juillet 1838, l’ordre est donné d’expulser les Cherokees par la force. C’est la garde nationale de Georgie qui s’en charge. Les Indiens sont brutalement raflés chez eux, dans leurs champs, leurs ateliers, leurs boutiques, leurs écoles. L’Etat de Georgie met en loterie les propriétés des Cherokees. Des Blancs s’installent dans les maisons cherokees, s’emparent des terres, mais détruisent l’imprimerie du "Tsalagi Phoenix", le journal de la nation, ainsi que les écoles. Les soldats parquent les Indiens dans des enclos à ciel ouvert. Les captifs sont alors victimes des pires exactions de la part des soldats et de la population blanche. Plusieurs centaines de Cherokees mourront dans ces camps de concentration. Un premier groupe est emmené vers l’Ouest en août. Un second contingent, parti fin octobre, devra voyager en plein hiver. Un quart des Cherokees mourra durant cette déportation.
Environ un millier de Cherokees a réussi à se cacher dans les Smoky Mountains de Caroline du Nord. Ils constitueront la nation indépendante des Cherokees de l’Est.
C’est en 1832 que le président Jackson obtient de certains Séminoles la signature du traité de Payne Landing par lequel ils acceptent de vendre l’ensemble des territoires de la nation séminole pour la somme ridicule de 15 000 dollars. Les signataires, des hommes riches, propriétaires de plantations et d’esclaves, prétendant parler au nom de tous les Séminoles, se partageront le prix de la vente. Le traité enjoint à tous les Séminoles de partir pour les Territoire Indien dans un délai de trois ans.
Retranchés au cœur des marais de Floride, les Séminoles résisteront avec la dernière énergie à la déportation, conduits par des chefs charismatiques comme Micanopy, Wild Cat, Bowlegs, Arpeika et surtout Osceola. Fin 1838, ceux qui suivent le chef Micanopy font leur reddition et sont déportés vers l’Ouest. C’est seulement en 1841 que Wild Cat et les siens, à bout de résistance, se rendent et sont conduits enchaînés vers le Territoire Indien. Bowlegs, Arpeika et leurs clans, cachés dans les marécages, réussiront à demeurer en Floride.
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