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Hollier-Larousse, Jules

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Hollier-Larousse, Jules
Publié le:08/06/2008

Document Larousse (1909)


Jules Hollier-Larousse
Jules Hollier-Larousse
Dessin accompagnant la notice nécrologique de Jules Hollier-Larousse.

 

Présentation

Article du Larousse mensuel n° 29 de juillet 1909.

 

L'article

Hollier-Larousse (Jules-Edmond-Raphaël), libraire-éditeur, né à Toucy (Yonne) le 31 octobre 1842, mort à Paris le 13 mai 1909.

Il était le neveu du célèbre lexicographe Pierre Larousse, auteur du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle. Il fit au collège d'Auxerre d'excellentes études ; suivit quelque temps les cours de l'école d'agriculture de Grignon, puis se tourna vers le notariat, où il acquit en peu d'années une solide connaissance dés affaires.

Il avait vingt-sept ans lorsque Pierre Larousse fit appel à son dévouement ponr prendre la direc­tion administrative de son imprimerie de la rue Notre-Dame-des-Champs, et il eut à jouer, dans l'exécution des derniers volumes du Grand Diction­naire, un rôle actif et efficace Alors que Pierre Larousse, déjà miné par la maladie, sentait fléchir sa confiance et sa bonne volonté, devant les difficultés matérielles de la tâche entreprise, il eut le mérite de calculer avec sang-froid les chances de succès, d'apercevoir la réussite prochaine et de rendre à l'écrivain cette foi dans l'avenir de son œuvre qui devait lui permettre de la mener à bonne fin.

La guerre de 1870 interrompit la gestion de Jules Hollier. Toute préoccupation d'affaires ayant cessé sous le coup des événements qui se précipitaient, il s'engagea avec plusieurs camarades dans les francs-tireurs de la Seine, et fit le coup de feu dans la campagne de Sedan. Après la capitulation de cette ville, il réussit à s'échapper, passa en Belgique, revint à Paris, où. il se fit incorporer dans les bataillons de marche, et continua son service pendant le siège.

La Commune le retrouva à son poste de la rue Notre - Dame-des-Champs. Celte fois, c'est son imprimerie qu'il dut défendre. Les Fédérés avaient me­nacé P. Larousse d'y mettre le feu, afin d'incendier un couvent contigu, Jules Hollier dut s'employer de toute son énergie à les faire renoncer à ce projet. Il y réussit, sauvant ainsi de la destruction le tré­sor inestimable des manuscrits du Grand Diction­naire inachevé. Mais Pierre Larousse ne devait jamais se remettre de cette terrible émotion, et il fallut que son neveu, avec la collaboration de Bois­sière, puis de Deberle, assumât la tâche de terminer matériellement le grand ouvrage, dont il restait en­core trois volumes à publier à la mort du principal auteur, survenue en 1875. Il eut la satisfaction d'as­sister et de présider au succès final, aussi grand qu'il l'avait prévu, de la colossale entreprise.

Associé d'abord à la veuve du grand lexicogra­phe, Jules Hollier devait rester, jusqu'à sa mort, un des chefs de la maison Larousse, qu'il avait contri­bué à créer. Il apporta dans sa gestion, qui fut heureuse, des qualités précieuses de droiture et de prudence, un caractère juste et conciliant, une grande expérience des affaires et, pour tous ceux qui l'approchaient, une inlassable bienveillance. C'est un esprit solide et un excellent cœur qui disparaissent avec lui.

 

Émile MOREAU.

 

- - - Notes

Source :Larousse mensuel n° 29 de juillet 1909.