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Chapelet du pape Pie VII, vers 1800
Agate et cuivre doré
L . 0,40 m
Historique : donné par Pie VII au docteur Balthazar Claraz , 1812 ; don des familles Corriol, Giraudot, Van Straaten, descendantes du docteur Balthazar Claraz, 2002
Bibliographie : La revue du Louvre et des musées de France, 2003-3, Acquisitions, n°35, p.99
Fontainebleau, Musée national du château, inv. F 2002.4
Par son histoire, comme par sa composition, ce chapelet est un objet unique. Il a été donné par Pie VII, en juin 1812, au docteur Balthazar Claraz (1763-1839) qui l'accompagna depuis le Mont-Cenis, lors de son transfert de Savone à Fontainebleau. Seule " richesse " emportée alors par le pape, selon ses propres termes rapportés par le docteur Claraz (1), ce chapelet comporte six dizaines au lieu des cinq habituelles. Il correspond à un chapelet dit de sainte Brigitte, mis en honneur par la sainte au Moyen Age et approuvé par Léon X, en 1515. Pie VII, issu de l'ordre des Bénédictins, semble avoir eu une dévotion particulière pour sainte Brigitte.
Le chapelet répond par ailleurs au type des chapelets pontificaux qui étaient distribués à la fin du XVIII é siècle, comme en témoigne la description faite par le célèbre amateur et ami de Fragonard, le financier Bergeret de Grancourt, qui en reçut un lors de sa visite à Rome au pape Clément XIV, le 20 juin 1773 : " Ces chapelets sont de jaspe, avec un gland et petite médaille d'or au bout (2). " La médaille suspendue au gland de fils dorés du chapelet donné par Pie VII est ornée sur la face d'un profil du Christ nimbé et sur le revers de celui de la Vierge également nimbée.
La venue du pape en France fut l'occasion de multiplier l'usage des chapelets. Durant son séjour parisien, certains marchands qui en faisaient le commerce en débitèrent, aux dires de Constant, premier valet de chambre de l'Empereur, " plus de cent douzaines par jour " et les personnes qui se présentaient à l'audience du Saint-Père, ou qui se pressaient autour de lui, dans sa sortie, faisaient bénir des chapelets pour elles-mêmes, pour tous leurs parents et pour leurs amis de Paris ou de la province. Les cardinaux en distribuaient aussi une incroyable quantité, dans leurs visites aux divers hôpitaux, aux hospices, à l'hôtel des Invalides, etc. On leur en demandait même dans leurs visites chez des particuliers (3) ".
Amaury Lefébure
Conservateur général du Patrimoine, directeur
du Musée national du château de Fontainebleau
1. Docteur Louis Guilland, Un épisode de la vie du Dr Claraz, médecin à Termignon, département de la Savoie, canton de Lanslebourg, arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne. Notes particulières et inédites sur la translation de Pie VII de Savone à Fontainebleau, Chambéry, 1878, p. 14
2. Bergeret de Grancourt.Voyage d'Italie. 1773-1774. Avec les dessins de Fragonard (Introduction et notes de Jacques Wilhelm, conservateur adjoint du musée Carnavalet). Paris, 1948.p.119.
3. Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'Empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour,t.I,Paris,s.d.(1910 ?), pp.385-386.
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