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Habitus naturel chez Thomas d'Aquin
L'habitus
Cette notion d'habitus est, en sociologie, rattachée à Norbert Elias (1897-1990) et à Pierre Bourdieu (1930-2002). Mais elle est issue d'une tradition philosophique remontant à l'antiquité.
Son sens est explicité dans la Somme théologique (1266-1273) en I-II, Q49-54. Il est défini dans la présentation de l'ouvrage comme étant : "une disposition stable à agir aisément, heureusement et pourtant librement en bien ou en mal, c'est-à-dire conformément ou non aux fins d'une nature." (Thomas d'Aquin, 1984, p.105)
Thomas d'Aquin, pour expliciter son propos, cite par exemple Averroès (1126-1198) qui, dans le Grand commentaire au Traité de l'âme précise que : "L'habitus est ce qui permet d'agir quand on veut." (Thomas d'Aquin, 1997, p.308). Ce à quoi Thomas d'Aquin répond que : "La santé est quelquefois à l'état d'habitus et pareillement, la maigreur et la beauté." (Id.)
Autrement dit, pour préserver sa santé, on va agir en fonction de ce qui nous est possible de faire et c'est en cela qu'elle est à l'état d'habitus.
Pour en savoir plus sur cette notion, il est possible de lire les questions qui y sont relatives dans la Somme théologique, à savoir :
Question 49 : La nature des habitus
Question 50 : Le siège des habitus
Question 51 : La génération des habitus
Question 52 : La croissance des habitus
Question 53 : La diminution et la destruction des habitus
Question 54 : La distinction des habitus
Bibliographie :
Thomas d'Aquin (1984) Somme théologique, vol.1 Paris : Editions du cerf
Thomas d'Aquin (1997) Somme théologique, vol.2, Paris : Editions du cerf