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Chef des Apaches-Chiricahuas
Geronimo est né à No-Doyohn Canyon, près de la ville actuelle de Clifton en Arizona. Il appartient au clan des Apaches Bedonkohes, un clan des Chiricahuas. Son nom est Goyahkla. Il est de taille moyenne, plutôt trapu, avec un regard vif et inquisiteur. Une blessure reçue au visage lui tord la bouche en un rictus permanent.
En juin 1858, sa mère, sa femme Alope et ses trois jeunes enfants sont massacrés par les "rurales" du général mexicain Carrasco, alors que les hommes du village ont été invités à une fête par les habitants de Janos. Terriblement affecté par la perte des siens, il gardera toute sa vie une haine implacable des Mexicains et sa vie ne sera qu’une longue vengeance. L’année suivante, après l’attaque par les Apaches de la petite ville d’Arispe dans l’Etat de Sonora le jour de la Saint Jérôme, les Mexicains lui donneront le nom de Geronimo.
Il rejoint bientôt Cochise le grand chef chiricahua dans la lutte contre les envahisseurs du pays apache, Mexicains aussi bien qu’Américains. Il sème la terreur et la mort dans les villages de l’état de Sonora et du territoire d’Arizona. Le 15 juillet 1862, il participe aux côtés de Cochise et de Mangas Coloradas à la bataille d’Apache Pass contre les soldats du général James H. Carleton. Avec Cochise, il emmène Mangas Coloradas blessé jusqu'à Janos, à plus de deux cent cinquante kilomètres, pour le faire soigner. Pendant les années qui suivent, Geronimo lance des raids incessants de part et d’autre de la frontière mexicaine. Fort de son pouvoir spirituel, il est l’âme de la résistance apache.
En 1874, le gouvernement décide de transférer tous les Apaches vers la réserve de San Carlos, un territoire insalubre et sans ressources au bord du Rio Gila. Les Chiricahuas y sont envoyés en 1876, mais Geronimo et les siens refusent.
Le 21 avril 1877, l’agent de la réserve, John P. Clum, accompagné de quatre-vingt policiers apaches, s’empare de Geronimo sur la réserve d’Ojo Caliente (Warm Springs) et le conduit enchaîné à San Carlos. Il s’enfuit l’année suivante et se réfugie au Mexique, puis rejoint Victorio qui, échappé lui aussi de la réserve, pille les villages mexicains du Sonora. Pourchassé sans relâche des deux côtés du Rio Grande, Geronimo comprend qu’il ne peut poursuivre la lutte et, en 1879, pour épargner des souffrances aux siens, il accepte de s’installer à San Carlos.
En juin, Crook, contraint de démissionner, est remplacé par le général Nelson A. Miles. Pendant tout l’été, les cinq mille soldats de Miles parcourent sans succès les montagnes à la recherche des trente-huit derniers guerriers de Geronimo et de leurs familles. Le lieutenant Charles B. Gatewood, seulement accompagné de deux scouts apaches, réussit à persuader Geronimo de se rendre. C’est au général Miles que Geronimo fait son ultime reddition le 3 septembre 1886 contre la promesse de pouvoir revenir dans son pays après seulement deux ans de détention en Floride.
On l’envoie, avec les survivants de son peuple, à Fort Pickens, en Floride. Deux ans plus tard, on décide de transférer les Apaches en Alabama à Mount Vernon Barracks. Geronimo, toujours considéré comme prisonnier de guerre, est envoyé avec les siens à Fort Sill en Oklahoma en 1894. Il y mène la vie d’un petit fermier. Il gagne un peu d’argent en fabricant de menus objets qu’il vend aux touristes. En 1903, il reçoit le baptême.
Les dernières années de sa vie sont pleines de tristesse et de désillusion. Il supplie, en vain, qu’on le laisse, lui et son peuple, retourner en Arizona. Le 5 mars 1905, il participe à la parade qui suit l’élection du président Theodore Roosevelt.
Geronimo meurt de pneumonie à Lawton près de Fort Sill, le 17 février 1909. A l’un de ses proches qui assiste à ses derniers moments, il dit son regret de ne pas être mort au combat et son désespoir de n’avoir jamais revu les Chiricahuas Mountains.
La tombe de Geronimo est profanée en 1918, plusieurs ossements sont volés. Harlyn Geronimo, l'arrière-petit-fils du grand chef apache se bat pour que les restes de son ancêtre soient rendus à son peuple.