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Félix Le Clerc de Pulligny

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Félix Le Clerc de Pulligny
Publié le:08/06/2010


Château du Chesnay-Haguest, entiérement rebâti par le vicomte de Pulligny.
Château du Chesnay-Haguest, entiérement rebâti par le vicomte de Pulligny.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Félix Leclerc de Pulligny, ou Le Clerc de Pulligny, est né le 14 février 1821 à Paris (IIe arrondissement) et mort le 18 juin 1893 au château de Chesnay-Haguest, à Écos [1]. Il est enterré au Père-Lachaise à Paris. Le vicomte Félix Leclerc de Pulligny est un grand voyageur, archéologue [2], amateur de beaux-arts, sculpteur, peintre, ferronnier... et botaniste [3]. Il écrit différents ouvrages d'archéologie et de botanique, dont : L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute-Normandie et Six semaines en Algérie, ainsi que plusieurs autres études et de nombreux articles. Il est membre de la Commission d’inventaire des richesses d’art de France, restaure entièrement deux châteaux et plusieurs églises. Il organise ou participe à des lectures à la Sorbonne sur l'anthropologie et l'archéologie et des conférences scientifiques. Maire d'Écos, commandeur de l'ordre de Charles III d'Espagne et titulaire de plusieurs décorations françaises et étrangères, il est reçu par le président des États-Unis John Tyler et le pape Pie IX. Félix est officier de l'Instruction publique, correspondant et délégué du Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts en 1892 [4]. Il est aussi membre de plusieurs sociétés savantes [5].

 

Félix est le père de Jean Leclerc de Pulligny et le grand-père de la femme du comte Robert du Mesnil du Buisson historien, militaire et archéologue français, père du général du Mesnil du Buisson et beau-père de Jean-François Burgelin.

 

 

UNE LONGUE HISTOIRE (1400-2010)

 

Statue de Chrestienne Le Clerc
Statue de Chrestienne Le Clerc
Anguier. Musée du Louvre, Aile Richelieu - Rez-de-chaussée - Section 18a
© G. de RAMBAUD
G. de RAMBAUD
Le vicomte Félix Le Clerc de Pulligny est un membre de la famille Le Clerc de Pulligny, originaire  de Lorraine et figurant anciennement parmi la noblesse de ce duché, selon Le nobiliaire de Normandie [6]. On va retrouver au Louvre (et avant cela à Versailles) une statue de Chrétienne Le Clerc, fille de Pierre Le Clerc du Vivier. A l'origine, ce tombeau est érigé dans le couvent des Carmes-Déchaussés de Charenton. La statue, à présent au Louvre, accompagne celle de son mari, Robert Bailly (+1627), Président de la Chambre des comptes.

 

Quand Saffroy écrit : Les Le Clerc ont perdu leurs titres du fait des guerres de religion, il ne se trompe pas. Effectivement, Claude Le Clerc de Pulligny (1485-1562) est  écuyer, seigneur de Pulligny, Ceintrey, Voinémont, Malaucourt-sur-Seille, Chamagne, Érize-Saint-Dizier et Saint-Dizier. Mais à la génération suivante, ils doivent abjurer et obtenir de nouvelles lettres de noblesse. Cette noblesse est dite héréditaire, mais ils ne sont pas maintenus dans leur noblesse au XVIIIe siècle. La maison  se divise en trois branches :

 

* La branche aînée, avant d'êtres titrés comtes de Pulligny,  joue un rôle non négligeable dans l’histoire de la Révolution de 1789, notamment dans le Vendômois. Le grand-oncle de Félix,  Claude-Nicolas Leclerc, est député du Loir-et-Cher pendant la Révolution. Un autre grand-oncle est maire et juge. Il lutte avec acharnement contre les ennemis de la République. Le grand-père de Félix, René Leclerc (1743-1806)  rachète le château et les terres du marquis Mandat et se marie avec Marie-Adélaïde Georget d'Harnincourt (1747-1816), fille de Léonard Georget (1714-1777), membre de l'université de Paris, de l'Académie royale de chirurgie, maître chirurgien du roi en son artillerie et conseiller en l'Académie de chirurgie, seigneur d'Harnincourt. La grand-mère paternelle de Félix est la nièce de Robert Bunon (1702-1748), dentiste de Mesdames et de la Maison des Enfants du roi, un savant.

 

* La seconde branche, les Landremont, descend du célèbre peintre Jean Le Clerc. Son plus célèbre membre est le général de la 1ère république, Charles Hyacinthe Leclerc de Landremont.

 

* Les membres de la troisième branche, les Vrainville, seigneurs du Buisson, de Vrainville et de Fredeaux sont au XVIIIe seigneurs de Berg. L'actuel château, depuis 1911, sert de résidence privée à la famille grand-ducale du Luxembourg. La production de cette famille remonte à 1552. Elle est rejetée par  Caumartin en 1667. Elle passe à la seconde recherche en 1698. Leur blason est légèrement différent  : D'azur, au lion d'or placé au flanc dextre, lampassé et armé de gueules ; à senestre deux épées d'argent en sautoir : deux étoiles d'or, l'une en chef et l'autre en pointe [7]. Contrairement aux descendants des deux autres branches qui ne sont plus maintenus nobles et révolutionnaires en 1789, ils participent aux Assemblées de la noblesse et figurent sur les catalogues des gentilshommes. Deux Le Clerc de Vrainville sont arrêtés à Coucy pendant la Terreur avec d'autres nobles. L'avant-dernier Le Clerc de Vrainville combat dans l'armée de Condé et est marquis selon la Liste générale des pensionnaires de l'ancienne liste civile, avec l'indication sommaire des motifs de la concession de la pension, en 1833.

 

Le comte Augustin Leclerc fait porter Napoléon aux Tuileries au retour de l'ile d'Elbe.
Le comte Augustin Leclerc fait porter Napoléon aux Tuileries au retour de l'ile d'Elbe.
Archives Guy de Rambaud
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
L'auteur de la branche aînée, René a deux fils :

 

* Luc Leclerc (1780-1858), médecin, reçu par les formes nouvelles, maire et châtelain de la petite commune des Pins, puis professeur d''anatomie et de physiologie et médecin-chef de l'hôpital général de Tours. Luc se marie avec Emmanuelle du Chastel, fille de Pierre-Louis du Chastel et de Renée Marthe Beguin des Vaux,  le 13 septembre 1809 à Tours. Ils sont les parents de Frédéric Le Clerc et les grands-parents de la femme du colonel Ernest de Rambaud [8]. Celle-ci a un frère, Maurice Le Clerc (1864-1934), contrôleur civil en Indochine et a de nombreux descendants qui sont polytechnicien, agronome, ingénieur, pharmacien...

 

* Augustin Nicolas Leclerc est le père de Félix Leclerc de Pulligny. Il s’engage comme volontaire dans les armées de la Ière République fort jeune et fait partie des armées de Maine-et-Loire (Ouest). Nicolas parvient au grade d'adjudant-major. Mais il est blessé d'un coup de baïonnette au siège de Luxembourg, le 20 décembre 1794 et doit alors quitter le service et entre comme surnuméraire dans l'administration des Domaines, où il va rester 40 ans. En 1814 toutefois en tant qu'officier de la garde nationale de Paris, il se bat aux Buttes-Chaumont pour défendre la capitale de l'invasion. Puis, le 20 mars 1815, au petit matin, alors que Napoléon approche des Tuileries, Louis XVIII et toute la Cour quittent précipitamment le palais, jetant au feu des documents. Ils allument un incendie pendant que le peuple assiège la porte du pavillon de l'Horloge. Augustin Leclerc, qui commande le poste des Gardes nationaux, est le premier à proclamer le retour de l'empereur. Il fait croiser les baïonnettes au pied du grand escalier, éteindre le feu et accueille Napoléon, qu'il fait porter à l'intérieur du palais par ses gardes. Il devient chef du contentieux de la direction nationale de l'enregistrement et chevalier de la Légion d'Honneur. Par brevet du 4 février 1837 du prince de Genzano, Lorenzo Sforza-Cesarini, il se voit conférer le titre de chevalier de l'Ordre de l'Éperon d'or et de Comitessacri palatii et aulae lateranensis (= comte palatin). Ses titres sont confirmés par bulle papale en 1836.  Nicolas se marie avec Félicité Carlier des Essarts, fille de  Jean Carlier des Essarts, avocat au Parlement de Paris, procureur au Châtelet. Félicité est née en décembre 1782 et morte en 1824. Il meurt en 1838 à Paris.

 

Félix a un frère, le comte [9] Augustin Le Clerc de Pulligny (1818-1906), qui élève pendant 10 ans le fils de sa femme, Pauline Elizabeth de Fussey. Celle-ci est d'une maison originaire du Duché de Bourgogne, une des plus anciennes de ce Duché. Les Fussey prouvent leur noblesse par leurs grandes alliances avec les Maifons de Bourbon & de Montmorency... Mais du fait d'une mésalliance, elle a fils et ce Léon Ladureau, dit marquis de Belot, se marie avec Camille de Malaret, l’une des Petites Filles modèles. C'est Camille que l'on retrouve aussi dans Les Malheurs de Sophie. Elle est donc une des petites-filles de la comtesse de Ségur. Le beau-fils du frère de Félix la traite horriblement mal.

 

Jacques-Xavier Carré de Busserolle, sous le pseudonyme de J. de Château-Chalons, écrit en 1867, donc du vivant de Félix : Le Clerc, éc., sgrs de Pulligny (Lorraine, Touraine, Normandie, etc.). Le même auteur leur consacre une douzaine de pages dans Le Calendrier de la Noblesse de Touraine, de 1868. Selon cet historien, leurs lettres de noblesse sont déposéesaux archives de la préfecture du département de la Meurthe.

 

l'EUROPE À PIED (1838-1842)


Orphelin de mère à l’âge de trois ans, Félix Le Clerc de Pulligny est élevé par son père à Paris. Celui-ci acquiert la terre du Chesnay-Haguest, d’une contenance de 51 hectares, en 1831, un ancien fief et les ruines d’un château. Après de fortes études scientifiques et littéraires, il parcourt successivement une grande partie des états de l'Europe, souvent à pied, pour satisfaire son penchant pour la botanique, la géographie et les sciences naturelles. Félix Leclerc rentre en France et se fixe en Normandie.

 

SUR LES PAS DE FRÉDÉRIC LE CLERC (1842)

 

Frédéric Le Clerc
Frédéric Le Clerc
© Berthoir
FREDERIC LE CLERC 1810 – 1891 Par Françoise Tauty,Ingénieur de Recherches,Université François-Rabelais
En 1837, Frédéric Le Clerc, son cousin germain, part aux États-Unis, où l'on retrouve sa trace à Cincinnati dans l'Ohio, en juin et juillet 1837, puis à La Nouvelle-Orléans. Frédéric Le Clerc gagne le Texas en 1838, qui vient d’acquérir son indépendance face au Mexique. Il est le premier visiteur européen. Le 22 décembre 1838, Bretonneau, qui l'aime comme un fils, annonce à Velpeau : En revenant de la Nouvelle-Orléans chercher ses lettres, mon Texien y a pris la fièvre jaune et voilà qu'en face de la mort, qu'il a vue de près, les regrets de la famille devenant si vifs que d'un bond il nous arrive, en douze jours de New-York à Bristol... Béranger, ami de la famille de Bretonneau, est enthousiasmé par un manuscrit qu'il a écrit au Texas et lui propose de le faire imprimer. Finalement, Trousseau se charge de remettre le manuscrit à Buloz, Directeur de la Revue des Deux Mondes et de La Revue de Paris, avec une lettre de recommandation du poète. Le manus­crit de Frédéric sera imprimé par la Revue de Paris, écrit Armand Trousseau, c'est un recueil littéraire très estimé. Il aura à retoucher quelques détails un peu trop lâchés et que le bienveillant critique de la rue Chanoineau n'aurait pas dû laisser passer. Le manuscrit est imprimé dans La Revue des deux mondes, de mars et avril 1840, puis paraît sous la forme d'un ouvrage intitulé : Le Texas et sa Révolution dans lequel est décrite la révolution texane que livrèrent les texans contre le Mexique en 1836. Le Texas et sa révolution est dédié au second président de la République du Texas, Mirabeau Bonaparte Lamar. On retrouve dans les archives de Lamar une lettre de Le Clerc demandant la permission de lui dédier ce livre.

 

Le voyage et les recherches de Frédéric Le Clerc aux États-Unis vont donner des idées à Félix Le Clerc de Pulligny, qui est son cousin germain. En 1842, Félix Leclerc s'embarque pour l'Amérique muni de lettres de recommandations, pour l’Amérique, dont celles de l’ami de la famille François René de Chateaubriand (1768-1848). Il fait de longues escales en Angleterre, en Écosse et en Irlande. Le Clerc explore pendant cinq mois les territoires des Algonquins, Chippewas, Hurons, Iowas, Sioux... vivant de la propre vie des sauvages. Il est depuis son enfance un chasseur. Dans les forêts du Michigan et sur le bord des grands lacs, il écrira dans Six semaines en Algérie : j'ai combattu seul, autrefois, l'ours noir aux terribles griffes. Dans le Michigan, il se fait adopter par une tribu de chasseurs indiens. Une pipe est offerte, au vicomte Le Clerc de Pulligny, par un chef indien [10]. Il arrive à l'embouchure du Mississippi sur les bords du golfe du Mexique. Le Clerc voyage aussi au Canada et au Mexique et se blesse dans une reconnaissance des forêts de l'île de Cuba.

 

SON CHÂTEAU (1855-1870)


Château du Chesnay-Haguest, la chapelle restaurée par le vicomte de Pulligny
Château du Chesnay-Haguest, la chapelle restaurée par le vicomte de Pulligny
Scan d'une CPA
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Cet archéologue est aussi très artiste . Il compose sur des ruines d'une habitation du XIVe siècle, un beau château gothique moderne [11]. D'autres historiens affirment qu'il le fait construire selon ses plans [12]. Seules les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine prétendent qu'il s'agit d'une restauration [13]. Un guide Hachette  datant de 1867 nous présente son œuvre :

 

Sur le territoire de cette commune se trouve Le Chesnay, beau château de la fin du XVe s., que son propriétaire, M. de Pulligny, vient de reconstruire, restaurer et décorer lui-même de curieuses sculptures. Ce château est extrêmement intéressant à visiter. Le faite du bâtiment, immense bouquet de sculptures variées, sortant d'une délicieuse corbeille dont la base est la frise, est couronné par la statue de l'Ange gardien, haute de plus de 2 mètres. La chapelle est décorée de nombreuses sculptures. La tour de l'horloge offre un panorama de 70 lieues de tour. — Nous signalerons à l'intérieur : le vestibule terminé sous François 1ere (bel ameublement, sculptures de M. de Pulligny); le grand salon de la fin du xve s. (belle cheminée, plafond dessiné et peint par M. de Pulligny) ; la serre, salle à manger d'hiver, salon d'été du temps d'Henri III (fresques de M. Beaugrand) ; la salle à manger d'été, finie sous Henri II (nombreuses faïences, plafond de M. Guillaume) ; la cuisine du temps d'Henri II; le grand escalier, de l'époque de François Ier, la grande chambre à coucher (ameublement remarquable). Le second étage est moderne [14].

 

Château des Le Clerc de Pulligny à Écos, Le Chesnay-Haguest
Château des Le Clerc de Pulligny à Écos, Le Chesnay-Haguest
CPA
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
La reconstruction dure de 1855 à 1870 sur ses anciennes fondations. Pulligny le meuble et le décore dans le style de sa construction primitive, fin XVe siècle,  en utilisant les pierres des anciennes tours d'angle. Sculptant lui-même de ses mains, il est l’auteur d’un grand nombre de toiles comme son ancêtre Jean Le Clerc et peint même certains plafonds. Toutes les sculptures, peintures, ferronneries et jusqu'aux plombs repoussés et ciselés sont sortis des mains infatigables de Félix de Pulligny. Des milliers de signatures, inscrites sur le livre ouvert au Chesnay-Haguest pour les visiteurs, témoignent du puissant attrait que cette restauration si savamment traitée offre au public désireux de s'instruire [15]. Il y reçoit Alexandre Dumas [12].

 

Un album renfermant de superbes épreuves photographiques, que le Gouvernement a fait tirer de l'ensemble et des divers détails du château du Chesnay -Haguest, est réalisé à la fin des travaux [15].

 

Ses plantations de conifères d'espèces nouvelles importées de ses nombreux et lointains voyages font l'objet d'une intéressante communication accueillie avec faveur par les horticulteurs. Les plantations de ces espèces nouvelles sur les plateaux du Chesnay peuvent compter parmi les plus belles de Normandie, et obtiennent plusieurs médailles, dont une en argent, de la Société d'acclimatation de Paris, à l'Exposition universelle de Paris.

 

Mégalithe dessinée par Le Clerc de Pulligny
Mégalithe dessinée par Le Clerc de Pulligny
© Pulligny
L'art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie
Cet archéologue, outre la reconstruction de son château, forme des pièces d'eau et des îlots peuplés de serpents, de tortues et de crocodiles en ciment peint [11]. Dans le chapitre IV de son ouvrage, L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie, par le Vte de Pulligny, Félix veut rendre célèbre son domaine du Chesnay-Haguest, près d'Écos, en poétisant la contrée où il se trouve. Pour lui, c'est un centre druidique beaucoup plus important que celui des Carnutes, et, pour le démontrer, avec des blocs informes extraits du sol à une époque récente et abandonnés à cause de leur mauvaise structure, il crée des cromlechs qu'il reconnaît comme rares [16]. Pour compléter les attraits de ce parc, il manque, à ce spécialiste de la préhistoire, un dolmen. Pulligny, qui a étudié ces monuments en diverses régions, n'est pas embarrassé pour si peu. Les blocs de grès sont  nombreux dans les environs. Il choisit les plus beaux, les fait placer avec art : six montants supportent trois énormes tables, dont la dernière est inclinée sur le sol; l'illusion est parfaite. L'étendue des tables forme une longueur de 5 mètres sur 2m50 de largeur : en dessous, se trouve une galerie de 5 mètres de longueur sur 1m40 de largeur [11]. C'est le magnifique dolmen du Chesnay-Haguest, les cromlechs de Boury et d'Aveny, ainsi qu'un alignement à la Villeneuve, commune de Bus-Saint-Rémy. Pour les besoins de son imagination romantique, lorsqu'il manque de pierres sur place
pour sa démonstration, il les suppose enlevées, ou bien les faisait sortir de terre [16].

Pulligny ne se contente pas de supposer et de créer, il détruit les vieilles légendes. De la pierre branlante ou tournante d'Aveny, qui, de famille en famille, est toujours restée légendaire dans le pays, il fait
un menhir. Il reconnaît cependant qu'elle porte encore le nom
de pierre croulante ou branlante.

 

LE CLERC DE PULLIGNY (1860)

 

Fontaine du Chesnay-Haguest, oeuvre du vicomte de Pulligny.
Fontaine du Chesnay-Haguest, oeuvre du vicomte de Pulligny.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Félix Le Clerc de Pulligny se marie le 20 juillet 1849, à Paris, avec Sophie Huvé de Garel,  d'une famille d'architectes du roi célèbres [17].

 

Comme ses ancêtres, il fait de la politique. Élu conseiller municipal en 1846, il est maire de Civières de 1860 à 1872, avant de devenir maire d’Écos jusqu’à sa mort survenue en 1893. Mais il est connu non du fait de ses idées politiques, mais comme bienfaiteur du canton d'Écos. Il fait construire les écoles d'Écos, les halles, la mairie et la gendarmerie [12].

 

En 1857, il  voyage en Suisse et en Italie où il est reçu par le pape Pie IX (1792-1878), en visite privée à Rome.

 

Félix Leclerc et son frère Victor sont autorisés à ajouter à leur nom patronymique celui de Pulligny, et à s’appeler, à l'avenir, Le Clerc de Pulligny du fait d'un décret impérial (contre-signé par le garde des sceaux, ministre de La justice), du 20 juin 1860, portant ce qui suit :

 

*  Leclerc (Augustin-Victor), propriétaire, né à Paris, le 8 avril 1818, y demeurant,

* Leclerc (Félix-Augustin), propriétaire, né à Paris, le 14 février 1821, demeurant à Écos (Eure),


sont autorisés à ajouter à leur nom patronymique celui de Pulligny, et à s’appeler, à l'avenir, Leclerc de Pulligny
[18]. Donc, Jean Le Clerc de Pulligny, son fils  est né Le Clerc et ne reprend le nom complet de ses ancêtres qu’après ce décret. Toutefois, il ne faut pas confondre les Le Clerc de Pulligny et la famille de Pulligny éteinte à la fin du Moyen-âge et dont ils ne descendent que par les femmes.

 

ÉTUDE ET RESTAURATION DU PATRIMOINE (1861-1893)

 

Etude du vicomte Le Clerc de Pulligny sur la forteresse de Gisors.
Etude du vicomte Le Clerc de Pulligny sur la forteresse de Gisors.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Le Gouvernement fait réaliser un second album de photos qui est le recueil complet des monuments religieux ou civils restaurés aussi par  Félix Le Clerc de Pulligny, dans le canton d'Écos, ainsi que dans plusieurs  localités du département de l'Eure [15].

 

Pulligny restaure:

 

* en 1861, l’intérieur de l’église de Civières, ainsi que le mobilier, sont restaurés et complétés par ses dons. En particulier :

 

- réfection à neuf de la bannière de saint Martin et de saint Sébastien,

- peinture, restauration et dorure de tous les saints anciens et nouveaux,

- la chaire de style gothique,

- la grande verrière du chœur...

 

* de 1865 à 1868, le calvaire d’Aubigny, qui est béni le 25 juin 1868.

 

* L'église d'Écos  (1869),

 

* Celle de Fours (1870),

 

* L'église de Guiseniers en partie du XIIe siècle

 

* la Collégiale Notre-Dame à Vernon en 1871 [19].

 

Félix Leclerc de Pulligny dessine les plans du parc et du château de Fours-en-Vexin, pour le commandant Ernest Guillaume (1831-1884), son voisin et ami [12]. Une pierre gravée remercie Pulligny pour la rénovation complète du château de Fours en 1862.

 

Il  fait écrire sur le calvaire dit de La Croix-Trognon l’inscription Jubilé 1875-Pulligny.

 

A Pressagny-l'Orgueilleux, près de Vernon, Pulligny décrit une sépulture sous tumulus où les squelettes sont  disposés en cercle, les pieds au centre, en 1876 [20].

 

Félix Leclerc de Pulligny crée en 1876 le blason de la commune d’Écos : D'or aux deux fasces d'azur accompagnées de neuf coquilles de gueules ordonnées en orle 4, 2 et 3.

 

L'un des livres de Félix Le Clerc de Pulligny
L'un des livres de Félix Le Clerc de Pulligny
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Le vicomte Pulligny dans son L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie, par le Vte de Pulligny(1880, p. 251), prétend qu'un menhir par chez lui fut enlevé, en 1837, et transporté au cimetière municipal, à Rouen, pour former la sépulture de E. H. Langlois de Pont-de-1'Arche, ce qui est inexact, car c'est le second menhir de Grand-Couronne (Seine-Inférieure), la Pierre d'État, qui fut transporté dans ce cimetière pour cette tombe [20]. Toutefois les cinq cent cinquante pages de son L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie, par le Vte de Pulligny, qui a presque les allures d'un traité sur la matière, sont un travail utile. Le vicomte de Pulligny a le mérite de signaler plusieurs monuments mégalithiques jusque-là ignorés, et de faire connaître le résultat de fouilles importantes qui seraient  restées inaperçues [21]. Il décrit notamment les monuments mégalithiques de la vallée de l'Epte, peu connus avant lui [22].

 

Le congrès archéologique de France s'étonne des rares critiques et lui rend hommage :

 

Il y a quelques années, en 1879, la Société libre de l'Eure publiait un travail important de M. le vicomte
de Pulligny, sur L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie. Le sujet était vaste, et l'on n'est nullement étonné de voir sous ce titre un volume de cinq à six cents pages.
Cependant, dès son premier chapitre, l'auteur prend soin de nous prévenir que les limites qu'il s'impose
sont beaucoup plus restreintes :


* Le territoire qui nous occupe particulièrement aujourd'hui, dit-il, page 44, correspond à la partie de la France appelée Vexin, s'étendant de l'Oise à la mer et dont une région, circonscrite dans un triangle, ayant
Noyers et Gasny pour base et Guitry pour sommet, a reçu à cause de son escarpement le nom pittoresque
de Petite Suisse.


Bas-relief découvert dans l'église d'Ecos.
Bas-relief découvert dans l'église d'Ecos.
© Hélios Dujardin
Bulletin, Volumes 9-13 Par Société des Amis des Arts du Département de l'Eure
Il est fâcheux que l'auteur ait si bien tenu parole à son sous-titre. Nous regrettons que le département de
l'Eure tout entier n'ait pas fait l'objet d'une étude aussi complète que celle à laquelle il s'est livré sur
l'arrondissement des Andelys. Ceci soit dit d'ailleurs sans reproche, que M. de Pulligny ne s'en fâche pas. Et puis, quel auteur se plaindra jamais du public qui trouve qu'il n'a pas assez écrit ?
[22].


Certes les matériaux ne manquaient pas. La vallée de l'Eure lui fournissait ample matière à besogne , tout
aussi importante qu'intéressante.

 

En 1884, il est l’auteur d'une Étude archéologique sur la forteresse de Gisors  (numérisée sur Google-livres).

 

Félix fait des fouilles à Saint-Ouen de Rouen en 1885 [23].

 

On découvre en 1889, au commencement de l'été, en démolissant un hangar appliqué  contre la nef de l'église d'Écos, du côté nord, un bas-relief, qui est sûrement du XVe s.. Mais Pulligny, déjà très âgé, y voit Saint Louis partout pour la croisade et des religieuses de l'ancienne abbaye voisine d'Écos. Tout l'intérêt de cette sculpture réside donc dans  la beauté de son exécution [24].

 

L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878


Le Trocadero et le pont d'Iéna.
Le Trocadero et le pont d'Iéna.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Pulligny fait partie des exposants industriels, bien qu'il ne soit rien moins qu'un industriel. C'est un gentilhomme, un
artiste, un délicat, que nous retrouverons au Trocadéro dans un milieu plus conforme à ses goûts et  plus en rapport avec ses études
[15]. 

 

Félix Le Clerc de Pulligny envoie des objets d'art au Trocadéro. Il apparaît comme un homme d'intelligence et de savoir qui consacre sa fortune et ses loisirs au service d'une cause aussi noble que celle de l'art, aux yeux des personnes qui le rencontrent [15].

 

Exposition universelle de 1878. .
Exposition universelle de 1878. .
© Fougère
histoire-image.org.
Pulligny expose dans les classes 66, 83, 84, 86-90. Mais c'est au Trocadéro, parmi les objets d'art et de science,qu'il est vraiment à sa place. Il présente une série de silex, une hache de l'âge du bronze, des coffrets médiévaux, des serrures, des clés du XVe s., des ferronneries artistiques, un reliquaire, une écuelle, une tasse, un plat en argent massif, des  faïences du XVIIIe, une râpe à  tabac, de vieux Rouen, puis un plat de Moustiers orné des léopards de Normandie, surmontés de la couronne ducale, au sujet duquel Raymond Bordeaux (1821-1877) a écrit une savante dissertation [15].

 

Dans la galerie d'anthropologie, nous voyons des sujets de fabliaux, de chasse et de jeux, de scènes d'autrefois... les vitraux , les anciennes boiseries, les stalles, les bahuts, coffres, dressoirs, crédences couvertes de vieilles faïences, de riches aiguières, d'objets d'art de toutes sortes [15].

 

Si les historiens normands s'enthousiasment sur ses découvertes archéologiques, le public de l'exposition préfère son exposition au pavillon des abeilles qui porte pour enseigne : Insectes utiles et insectes nuisibles. Le chiffre de visiteurs dépasse les 25.000 par jour [15]. Ses méthodes ne plaisent pas à quelques apiculteurs qui voulaient s'installer n'importe où et n'importe comment. Il s'en explique dans la revue L'apiculteur. Il est secrétaire de leur association.

 

Parc du château du Chesnay.
Parc du château du Chesnay.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Dans une autre classe, Pulligny présente une exposition Poissons, crustacés, mollusques, au  château du Chesnay. Un plan en relief explique comment il a fait d'un marais insalubre une pisciculture moderne. Il montre aussi les différentes phases de l'éclosion artificielle, des photos des mousses et fougères rares, ses sources, sa rivière qui tombent en cascade, ses vastes étangs. Ce cours d'eau est orné de feuillages variés d'une flore exotique depuis longtemps acclimatée dans ses eaux. Ce plan est une œuvre qui va être appréciée des responsables de l'Exposition universelle de 1878. Il fait voir avec une netteté parfaite les travaux que  Pulligny a exécutés, la valeur qu'il a donnée à  un marais jusqu'alors inutile, et aussi la grâce qu'il a jeté dans un  coin de paysage jusqu'alors sans charme. Le jury lui décerne la médaille d'argent. Plusieurs ministres et nombreux élus visitent ses expositions et le félicitent à nouveau pour la qualité de son travail [15].

 

Le vicomte de Pulligny, la même année, demande à recevoir des œufs de Salmo fontinalis dans le cas où la Société dont il fait partie en attendrait encore d'Amérique [25].

 

En 1880, il fait un discours à l'Exposition des beaux-arts d'Évreux, qui est publié et il écrit aussi un guide pour cette exposition. Ajoutons à cela un Rapport à M. le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts sur l'exposition artistique d'Évreux; par le vicomte de Pulligny, président de la section des arts rétrospectifs.

 

Félix est aussi membre de la Société libre d'agriculture et des sciences de l'Eure. Il fait des conférences sur les résineux, notamment les séquoias, jusqu'alors pratiquement inconnus des Français.

 

CONGRES SCIENTIFIQUE EN ALGÉRIE (1881)


Six semaines en Algérie
Six semaines en Algérie
par le vicomte de Pulligny
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
La ville d'Alger est désignée pour lieu de réunion du Congrès scientifique en 1881. Pulligny quitte Paris, où il habite 5 rue de Vienne, dans la VIIIe arrondissement, le vendredi 1er avril, afin de pouvoir arriver le 14, jour fixé pour l'ouverture de la session.

 

Félix Le Clerc de Pulligny écrit dans Six semaines en Algérie :

 

J'avais ainsi l'avantage de consacrer prés de deux
semaines à la province d'Oran, de visiter celle d'Alger
entre les séances du Congrès, et de terminer par Constantine. Pour un Parisien tenant essentiellement à  voir beaucoup sans retourner sur ses pas, il était indispensable 
de suivre cette méthode : quinze jours dans chacun des trois départements formaient un total de six semaines, temps arrêté pour mon excursion.



Après avoir traversé la France et l'Espagne, je me suis embarqué à  Valence et, le 6 au matin j'étais en  vue de l'Afrique, puis de la ville d'Oran.  Bientôt le paquebot prend quai, et une multitude d'Arabes, aux costumes les plus variés, se précipitent à notre bord, les uns se disputant nos bagages, d'.autres nous poursuivant de leurs obsessions, tous parlant un idiome barbare incompréhensible.

 

Groupe d'hommes avec enfants. Arabes d'Algérie
Groupe d'hommes avec enfants. Arabes d'Algérie
© Anoyme
"Arabes sous la tente" Exposition universelle de 1889
Ainsi commence son  voyage d’étude en Afrique du nord, dont parle An Empire of Facts - Colonial Power, Cultural Knowledge, and Islam in Algeria, 1870–1914  [26]  et L'Algérie dans la littérature française: essai de bibliographie méthodique et raisonnée jusqu'à l'année 1924 et que donnent comme références un certain nombre d'ouvrages eux aussi très récents [27]. Même si son travail est celui d'un étranger transporté dans un milieu qui étonne, la relation de ce voyage est abondante et sincère. D'ailleurs, il ne s'en tient pas à ces premières réflexions qui reflètent les idées des hommes de son temps et est émerveillé en découvrant la beauté de cette ville encore non coloniale en 1881 :


Cependant Oran, avec sa vieille citadelle suspendue, comme un nid d'aigle au flanc d'une haute falaise, nous sourit derrière une allée de beaux platanes, entremêlés de figuiers élastiques, aux branches chargés de fleurs d'éphémères grimpants (tradescantia) ou de grandes convolvulacées (ipomoea leari) aux splendides corolles du bleu le plus pur.


Entourés de notre cortège bariolé nous atteignons la place principale et, après avoir choisi un gîte convenable, il m'est enfin permis de contempler à l'aise cette population si nouvelle pour moi.



Cpa musée du Bardo (Alger)
Cpa musée du Bardo (Alger)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Il y avait là  des hommes des races les plus variées : les uns au front saillant, d'autres à la mâchoire
fuyante, avec oscillation de la courbe frontale entre 900 et 990 mm ; ici le type berbère ; là  le maure, le juif,
l'arabe pur, le bédouin ; celui-ci de Mascara, celui-là de Mostaganem, de Milianah, de Tlemcen ; puis de
beaux nègres du Soudan et de la Nigritie, tranchant par le noir d'ébène de leur peau sur les tons jaunes,
 bruns ou bistres. Pas un mot de français, mais chacun, ravi de l'étonnement peint sur mon visage, me jetait en passant le nom de sa tribu, que j'inscrivais sur mon carnet, après avoir pris note de sa conformation et de son costume. Grâce au bon vouloir de tous ces braves gens, je fus rapidement familiarisé avec les principaux types arabes de la province de l'Ouest, et je me suis facilité bien des fois, depuis, d'avoir débuté sur la terre d'Afrique par cette étude indispensable à tout voyageur sérieux.

 

Pulligny commence son long voyage en Algérie et en Tunisie. Il étudie les ruines de l’antiquité et les monuments bâtis depuis la conquête musulmane, mais aussi la faune, la flore et les peuples de ces nouvelles colonies à peine pacifiées. Ce voyage se fait en chemin de fer, en diligence, sur le dos de mulet et sur le dos de chameau. Il longe le lac Sebkha d'Oran et part à Aïn Témouchent, la perle de l'Oranie, mais il ne fait pas du tourisme et nous dit qu'elle fut construite sur l'emplacement de Timici Civitas et nous parle de Pline. Tlemcen et la mosquée Sidi-Bou-Médine l'intéressent beaucoup plus. Les empreintes de mains imprégnées de sang d'agneau sur le blanc des murailles sont, selon une tradition, empruntées aux juifs. Ils s'intéressent là encore aux types ethniques et aux costumes, mais les marchés et les cafés maures avec ses hommes étendus sur des bancs l'étonnent encore plus. Félix vit plusieurs jours à Tlemcen chez le peintre orientaliste Gustavo Simoni (1846-1926) et assiste avec lui à des danses rituelles de la secte des Aïssawas [28].

 

Cpa : un forêt de cèdres à côté de Blidah.
Cpa : un forêt de cèdres à côté de Blidah.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Pulligny grâce au général Louis,  commandant la subdivision de Tlemcen, quitte la ville. Il écrit :

 

J'ai toujours eu pour principe en voyage d'explorer un pays nouveau sous tous ses aspects. Il n'était donc
guère possible de venir en Afrique sans chercher au moins à  voir quelque grand fauve. Tous les jours, les
animaux sauvages fuient devant notre civilisation envahissante.

 

Dans les forêts de montagne de Taterni et d'Afir, à défaut de lion, avec deux officiers il chassent les hyènes. Cependant, l'une des dernières panthères d'Afrique du Nord rôde, mais heureusement il n'arrive pas à la tuer. Pulligny n'en n'est pas mécontent.

 

Cpa de Lambaesis
Cpa de Lambaesis
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Contrairement à la plupart des premiers Français, comme Maupassant, qui découvrent l'Algérie, il ne tient pas des propos antisémites. Il constate que les Juifs sont considérés d'une façon dédaigneuse par les races autochtones de l'Algérie.

 

Pulligny va aux grottes des Ahl-el-Oued,  aux cascades d'El-Ourit,aux gorges de la Chiffa et  au ruisseau des Singes. A Blidah, il assiste à la fête du bois sacré.

 

Le 14 avril 1881, le Congrès scientifique français se réunit à Alger. Mais avant cela, l'un des commissaires lui offre des armes kabyles et l'emmène à Boufarik dans la plaine de la Mitidja.

 

Pulligny revient au congrès et participe aux travaux, mais la ville indigène l'intéresse plus que ces bavardages sur les progrès de la science. Le maire d'Alger lui permet d'assister à des cérémonies religieuses des Aïssawas. Assistant au spectacle d'un charmeur de serpents, il se lève et demande en vain à voir si le serpent est une vipère ou une couleuvre. Il assiste à d'autres fêtes musulmanes, à des danses traditionnelles, des fantasias et un combat de taureaux.

 

Dolmen à Roknia-Guelmen
Dolmen à Roknia-Guelmen
© anonyme
http://jahiliyyah.files.wordpress.com/2009/08/dolmens-de-roknia-guelma.jpg
Le vicomte visite la Grande Kakylie, Rouïba, Tizi-Ouzou. Partout où il voyage il se présente et les autorités locales lui fournissent un guide local. Il part de là et va à Bougie et aux gorges du Châbet. Il voyage souvent à dos de mulet avec des selles très inconfortables. Les mulets adorent marcher le long des précipices et pas de l'autre côté des sentiers de montagne. Ils rencontrent des tribus de Berbères aux cheveux roux et aux yeux bleus.

 

Le grand voyageur s'intéresse à la faune et la flore, mais aussi aux traditions culinaires, la chasse aux vautours ou aux bains mauresques. Il s'arrête à Sétif et à Constantine. Il découvre des édifices mégalithiques, le mausolée des rois de Numidie, la ville romaine de Lambaesis, sans oublier les forêts de cèdres de l'Aurès.

 

A Constantine, il apprend que les Kroumirs marchent sur Biskra. Félix ne s'affole pas comme les touristes qui veulent regagner la France. Il est armé et peut prendre une diligence pour continuer son périple. Ils vont jusqu'à l'oasis d’El Kantar. La piste est déserte. Seul un lion fait peur aux chevaux. De cet oasis, ils vont à celui d’El-Outaïa, puis à Biskra. La vue du désert le fascine, les voyages sur les chameaux , les jongleurs soudaniens et les charmeurs de najas. Il est reçu chez un caïd et se régale avec un couscous vraiment royal.

 

En chemin de fer il va à Bône. Pulligny s'intéresse au dolmen de Roknia. Mais c'est pour l'heure de dire adieu à l'Afrique. Il écrit :


Du haut du mausolée de Saint Augustin, suspendu sur les ruines d’Hippone, je dis un dernier adieu à cette terre d’Afrique qui nous fut si hospitalière; j’envoie un souvenir à la vaillante armée à qui nous devons la conquête et la possession pacifique de notre chère colonie; et, remerciant du cœur tous ceux qui nous ont témoigné tant de sympathie et nous ont facilité l’accomplissement de notre long voyage… .

 

Félix ramène d'Afrique du Nord une quantité incroyable de cadeaux, d'animaux empaillés, de mollusques, de crustacés, d'insectes... Il publie Six semaines en Algérie en 1881 et ce livre est réédité en 1884.

 

L'Histoire de la littérature coloniale en France écrit qu'il y a pour l'Algérie de très nombreux récits d'exploration souvent bien faits et joliment illustrés. Parmi les meilleurs, signalons les carnets de Ch. Jourdan... de Pulligny.. Parfois, Félix est le premier qui décrit un monument. On parle de son voyage d'étude en Algérie et de ses livres en dehors de nos frontières. Par exemple dans : Jahresberichte der Geschichtswissenschaft, de Fritz B. Abraham et dans Archiv für Anthropologie, Völkerforschung und kolonialen Kulturwandel.

 

LA FIN DE SA VIE


Comte Félix Leclerc de Pulligny
Comte Félix Leclerc de Pulligny
Archives Guy de Rambaud
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Félix Le Clerc de Pulligny est officier de l'Instruction publique, en 1876, correspondant et délégué du Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts en 1892 [4]. Il est aussi membre de plusieurs sociétés savantes [5].

 

Le jeudi 1er avril 1880, la Revue des sociétés savantes de la France et de l'étranger écrit : Le vicomte de Pulligny, membre de la Société libre d'agriculture, sciences et art de l'Eure donne lecture d'un projet de vulgarisation des sciences préhistoriques et géologiques dans les écoles communales. M. le vicomte voudrait que les instituteurs communaux entreprissent d'initier leurs élèves aux éléments de l'archéologie préhistorique, dont il est l'un des fervents apôtres. Nous ne discuterons pas ici le projet de M. le vicomte de Pulligny qui paraît prématuré, mais nous n'oublierons pas de rappeler que l'on doit à ce savant un livre important intitulé : L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie. C'est un magnifique ouvrage de 600 pages, enrichi de nombreuses illustrations. Après cette lecture le ministre a levé la séance et a félicité le vicomte de Pulligny...  [29].

 

Le ministre, c'est Jules Ferry, qui semble avoir beaucoup apprécié ses recherches. Il est vrai que dans le même temps, Félix Le Clerc de Pulligny va essayer de développer l'instruction publique . Il installe par exemple à ses frais dans les communes des bibliothèques scolaires. Il reçoit les palmes d'officier d'instruction publique, et est médaillé de l'Encouragement à l'instruction populaire en 1879 du temps du ministère de Jules Ferry  (4 février 1879 au 23 septembre 1880).

 

Jean Leclerc de Pulligny, polytechnicien
Jean Leclerc de Pulligny, polytechnicien
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Maire d’une commune rurale, et propriétaire terrien, il préside en 1876 le comice agricole de l’arrondissement des Andelys. Il s’intéresse à la lutte contre le phylloxéra et à la culture des résineux. Le vicomte de Pulligny s'intéresse à tout. Il va jusqu'à expliquer,  lors des travaux de la Société des agriculteurs de France, qu'il est facile d'éloigner les bandes de corbeaux qui se jettent sur les terres ensemencées [30].

 

Plus sérieusement, Pulligny organise des expositions, notamment dans son château. Il est membre de différentes associations et de la commission d’inventaire des richesses d’art de France. Pulligny est à l’origine de lectures à la Sorbonne sur l'anthropologie et l'archéologie et écrit régulièrement des articles dans les journaux.


Comme ses ancêtres, il fait de la politique, mais il est juste un élu local. Élu conseiller municipal en 1846, il est maire de Civières de 1860 à 1872, avant de devenir maire d’Écos jusqu’à sa mort, survenue en 1893.



Félix Le Clerc de Pulligny est en relation avec beaucoup de notables locaux, mais à Paris, en 1879, il habite 5 rue de Vienne et reçoit beaucoup. Son travail est très apprécié en France et à l'étranger. Félix reçoit de nombreuses décorations, en particulier : commandeur de l'ordre de Charles III d'Espagne [31], en 1875, officier du Nizam, chevalier de la légion d'honneur (n°1531037), en 1884...

 

Il est dit à tort chef actuel de la famille en 1873 [32]. Comme son frère aîné, le comte Augustin Le Clerc de Pulligny et sa belle-sœur, lui et sa femme signent le contrat de mariage de Marguerite Le Clerc, leur cousine, fille de Frédéric Le Clerc et du colonel d’état-major, Ernest de Rambaud en 1868. Celui-ci, petit-fils d’Agathe de Rambaud est polytechnicien, comme son fils, Jean Leclerc de Pulligny.

 

A la fin  de sa vie, Félix Le Clerc de Pulligny est correspondant et délégué du Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts en 1892.

 

Félix Le Clerc de Pulligny est décédé le 24 juin 1893 en son château du Chesnay. Il laisse après sa mort un domaine de 143 hectares, suite à une série d’acquisitions. Il laisse aussi le souvenir d’un grand bienfaiteur pour le canton d'Écos et d’un homme passionné, certes parfois original, mais en avance sur son temps. Il est inhumé dans le cimetière du Père Lachaise à Paris.

 

Son fils, Jean Leclerc de Pulligny,  place, non loin d'un ancien cimetière gallo-roman, dans le parc du château, une stèle où sont placées cinq sculptures membres de la famille de Pulligny, en costume de la Renaissance, sculptures de son père [33].


SA DESCENDANCE


CPA d'un calvaire élevé en 186o par le comte de Pulligny à la mémoire de sa belle-soeur.
CPA d'un calvaire élevé en 186o par le comte de Pulligny à la mémoire de sa belle-soeur.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Le 20 juillet 1849, Félix Le Clerc de Pulligny se marie à Paris avec Sophie Huvé de Garel, née à Vesly le 6 mars 1829 et décédée le 13 janvier 1900 à Paris. Elle est la fille du comte Alexandre Huvé de Garel, grand propriétaire terrien issu d’une famille d’architectes du roi [17] et de Caroline Thibault de La Carte, fille du marquis de la Ferté-Senneterre, descendant du maréchal Henri de La Ferté-Senneterre. Ses beaux-parents sont séparés de biens, peut-être du fait qu’Alexandre Huvé de Garel devient copropriétaire de l'Opéra-Comique avec Jean François Boursault-Malherbe [34]. Il est l’auteur d’un Projet d'une nouvelle organisation et d'une association mutuelle pour l'Opéra-Comique [35]. Les Huvé de Garel portent : D’argent, à un chevron d'azur accompagné de 3 merlettes de même.

De cette union, naissent six enfants, dont trois vont mourir jeunes [36]  :

 

 * Henriette  Le Clerc de Pulligny (1850-1937) se marie le 16 août 1873 avec Manuel Thomas de Gessler (1848-1904), fils d’Alexandre de Gessler, Conseiller d'État du Tsar, consul général à Cadix et écuyer et de Marie Aurore Shaw. Ce musicien et architecte habite au château du Chesnay-sur-Écos en 1878  [37]. Il est le frère de Luisa Moreau de La Tour, femme d'un capitaine d'infanterie, commandeur de l'Ordre du Christ, au Portugal. Il est également le frère de la femme du représentant du Peuple en 1871, sénateur de 1876 à 1880 et député de 1885 à 1886 orléaniste, Charles Lambert de Sainte-Croix. Paul de Beauchesne fait une esquisse de Jeanne et Henriette Le Clerc de Pulligny, lors d’un cotillon donné au château de Fours, le 17 novembre 1881 [38]. En 1877, une nouvelle variété de clématite à très grandes fleurs est baptisée Mademoiselle Henriette de Pulligny [39].


 * Jeanne Leclerc de Pulligny (1854-1942) se marie le 6 avril 1885, à Écos, avec Saint-Ange Darde (1856-1893), alors capitaine de cavalerie. Elle aussi donne son nom en 1877 à une nouvelle variété de clématite baptisée Mademoiselle Jeanne de Pulligny [40]. Le Conservateur de l'Eure, s'intéressant à la vie des familles d'élus de droite écrit que Jean et Jeanne de Pulligny, deux fleurs écloses sur une même tige, et s'épanouissant à l'abri d'une même tendresse, faisaient ensemble leur première communion... [41].

 

* Jean Leclerc de Pulligny

 

SON ŒUVRE


 * L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie, par le Vte de Pulligny
 * Rapport sur les conifères cultivés au Chesnay-sur-Écos (Eure), par M. le Vte de Pulligny, Paris E. Martinet janvier 1875.
 * Évreux, exposition artistique, rapport à M. le ministre de l'Instruction publique et des beaux-arts, par le Vte de Pulligny, Évreux C. Hérissey 1880

* Six semaines en Algérie, : notes de voyage d'un membre du Congrès scientifique tenu à Alger (avril 1881), Paris : Vve A. Morel, 1881 (plusieurs éditions)

* Étude archéologique sur la forteresse de Gisors (numérisée sur Google-livres)

 

NOTES ET RÉFÉRENCES


 1. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, de Société archéologique de Touraine, p.541; Louis Paris, État présent de la noblesse française, 1866, p. 1183.

2. Héraldique et généalogie, 1991. Référence de l'article IV.1434 ; Nobiliaire de la Lorraine et du Barrois, Ambroise Pelletier, Félix Collin de Paradis, Henri Lepage, Léon Germain de Maidy, Paul Lallemand - 1974, p. 143 + Magie, sorcellerie et fantastique en Normandie: des premiers hommes à nos jours - p. 17, de René Le Tenneur - 1979  + Congrès archéologique de France: de Société française d'archéologie – 1840, p. 362 + Polybiblion: Revue bibliographique universelle - p. 82, de Société bibliographique (France) - 1893 + L'Art préhistorique dans l'Ouest et notamment en Haute Normandie, par le Vte de Pulligny,  numérisé par la Gallica.
3.  Bulletin mensuel de la Société d'acclimatation, de Société d'acclimatation, 1871, page 142, Annuaire des cinq départements de la Normandie, de Association normande, Caen. v.61 1894, p.56 + Rapport sur l'importation en Algérie des plants d'arbres fruitiers ou forestiers venant de France. 1875. Voir Leclerc de Pulligny Librairie française catalogue général des ouvrages en vente au 1er janvier... de Cercle de la librairie, 1931.

4. Bulletin - Société des amis des arts du département de l'Eure, 1893, t.9, p.55.

5. Catalogue général de la librairie française....  [Tome I-XI]. 1876-1885, I-Z / par Otto Lorenz..., O. Lorenz (Paris).

6. Nobiliaire de Normandie. [Tome 1] / publié par une société de généalogistes, avec le concours des principales familles nobles de la province ; sous la dir. de É. de Magny, librairie héraldique d'A. Aubry (Rouen), Lebrument, A. Massif 1863-1864.

7. Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, ou, Recueil de preuves, mémoires et notices généalogiques, servant à constater l'origine, la filiation, les alliances et lés illustrations religieuses, civiles et militaires de diverses maisons et familles nobles du royaume, P Louis Lainé, 1839.

8. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, La Société, 1866, pp. 541/542.

9. V.2 de Notices généalogiques, Henry de Woelmont (baron), Henry de Woelmont (baron), 1923, p.420 et Bulletin des lois de l'Empire français, Volume 16, Imprimerie nationale, 1861, p.419.

10. L'ethnographie, Numéros 41-45, Société d'ethnographie (Paris, France),  Gabalda 1943, p.84

11. INVENTAIRE DES MENHIRS ET DOLMENS DE FRANCE,  89 DOLMENS RÉCENTS FABRIQUÉS PAR DES ARCHÉOLOGUES

12. Gentilhommières des Pays de l'Eure, Franck Beaumont, Philippe Seydoux, Marthe Perrier - 1999, p.121.

13. Mémoires de la Société d'archéologie lorraine,  Musée lorrain (Nancy),  A. Lepage (Nancy), G. Crépin-Leblond (Nancy), R. Wiener (Nancy), Société d'archéologie lorraine (Nancy), 1893 (SER3,VOL21 = T43)., p.33 et 34n.

14. Normandie, Collection des guides-Joanne,  Adolphe Laurent Joanne, L. Hachette et cie, 1867, p. 117.

15. Le département de l'Eure à l'Exposition universelle de 1878, Fortier, Charles, Paris Universal Exposition of 1878, Évreux, C. Hérissey 1879.

16. Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, 1908, T.16.

17. Une famille d'architectes du roi, les Huvé : Huvé de Garel et de Boinville, Chartres, Mantes, Paris, Vesly-en-Vexin…, de Robert du Mesnil du Buisson et Catalogue des gentilshommes en 1789 et des familles anoblies ou titrées... , La Gutenberg 1958, p.112.

18. Dictionnaire des familles qui ont fait modifier leurs noms depuis 1803 jusqu'en 1865, contenant les noms, prénoms, professions et lieux de naissance de chaque individu cité,Buffin (secrétaire de mairie à Beaujeu), H. Delaroque (Paris), 1877, p. 71.

19. Le vicomte (Félix Leclerc) de Pulligny (1821 - 1893). - Monuments et sites de l'Eure, 1er trim. 1 994, p. 14-16.

20. Le menhir de la basse Crémonville, commune de Saint-Cyr du Vaudreuil (Eure), L. Coutil lien Bulletin de la Société préhistorique française  lien  lien Année   1924   lien Volume   21   lien Numéro   2   lien pp. 65-67.

21.Louis Régnier, LES ÉTUDES HISTORIQUES dans le département de l'Eure, de 1860 A 1889, Caen Delesques 1891.

22. Congrès archéologique de France. Séances générales de la Société pour la conservation des monuments historiques de la France; 1846-1904,

23. Fouilles à Saint-Ouen de Rouen. In-4°, 14 p. planches. Extrait de la Revue de l'Art chrétien, 3 vol., 1885. PULLIGNY (le Vie. de).

24. Bulletin, Volumes 9-13, Société des Amis des Arts du Département de l'Eure, C. Hérissey, 1894.

25. La Terre et la vie, p.869, 1878.

26. Cambridge University Press 9780521516549 - An Empire of Facts - Colonial Power, Cultural Knowledge, and Islam in Algeria, 1870–1914 - By George R. Trumbull IV 

27. L'Algérie dans la littérature française: essai de bibliographie méthodique et raisonnée jusqu'à l'année 1924, Charles Tailliart, Slatkine, 1998

28. Les orientalistes de l'école Italienne, Caroline Juler - 1994 - Exoticism in art.

29. Revue des sociétés savantes de la France et de l'étranger / publiée sous les auspices du Ministère de l'instruction publique et des cultes,   (Paris),   1881 (SER7,T4).

30. Comptes rendus des travaux de la Société des agriculteurs de France, Volume 9, p. 242, Société des agriculteurs de France - 1879.

31. Ordre crée en 1771 par Charles III, cinq classes.
32. État présent de la noblesse française, contenant le dictionnaire de la ...de Noblesse française – 1873, page 1069.

33. Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, Impr. nationale (Paris), Ernest Leroux (Paris), Comité des travaux historiques et scientifiques (Paris) 1925, p.200 et Revue des sociétés savantes de Haute-Normandie, Numéros 13-16, 1959, p.74.

34. Dictionnaire des théâtres parisiens au XIXe siècle, les théâtres et la musique, page 329, de Nicole Wild, 1989.

35. Signé : A. Huvé de Garel. Seller, mai 1830.

36. S. Bontron, JC Huvé, un architecte des Lumières, tab. 5.

37. Comptes-rendus de la ... session, de Association française pour l'avancement des sciences.

38. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux.... 1951, p.202.

39. Annales, page 110, de Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres du département de la Loire, industrie Société d'agriculture, sciences arts et belles-lettres du département de la Loire, 1910 + Mitteilungen Der Deutschen Dendrologischen Gesellschaft, de Deutsche Dendrologische Gesellschaft, no.15-17 1906-1908, p.233 .

40. Mitteilungen Der Deutschen Dendrologischen Gesellschaft, p. 235,  Deutsche Dendrologische Gesellschaft, 1892.
41. Le Conservateur de l'Eure, page 282, 1872


 Le Vicomte de Pulligny, 1821-1893, Patrick Olivier,  P. Olivier, 1993.