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1er médecin en chef de l'asile d'aliénés du Mans.1806-1896
Lorsque l'on parle psychiatrie dans la Sarthe on ne peut manquer d'évoquer Etoc Demazy au Mans
Si on connait bien l'asile de la Sarthe, l'asile de fous, d'aliénés, l'hôpital psy ou "derrière la gare" on connait moins bien le personnage qu'était Etoc Demazy 1er médecin en chef de cet établissement.
Gustave François Etoc né le 30 Juillet 1806 au Mans de François Etoc, pharmacien et de Luce Louise Demazy.
1830 il est reçu premier au concours des internats de Paris, deux ans après il est interne à la Salpêtriére. il s'occupe activement des maladies mentales. Il y consacrera d'ailleurs toute sa vie
1837 le voit devenir honorable correspondant à l'académie de médecine
12 juin 1838 il est alors agé de trente et un ans, il s'unit avec Marie Modeste Cattois, 19 ans, fille mineure de Jules Cattois, propriétaire et de Modeste Leroy, demeurant rue Montoise
16 Mai 1846, Décès de Etoc Demazy François, pére, ancien pharmacien, historien et biographe. Il avait fait de l'histoire du Maine l'objet principal de ses recherches. Il fut très souvent appelé à la présidence de la société d'agriculture sciences et arts du Mans
Septembre 1847, Décès de Mme Demazy, mére
Après 1854 il fut médaillé d'honneur, nommé chevalier
26/12/1859- M.Etoc Demazy, médecin de l’asile d’aliénés du Mans, adresse à la société médico-psychologiqueune lettre de remerciements à l’occasion du titre de membre correspondant qui vient de lui être conféré. (Annales médico psychologiques
14 Aout 1865, par décret il fut nommé dans l’ordre impérial de la Légion d'honneur au grade de chevalier
13 Novembre 1893, la médecine mentale française perd l'un de ses doyens. Dans sa quatre-vingt-huitième année, Il décéde au Mans
L’homme qu'il deviendra est d'un caractère déterminé et consacre l'ensemble de sa carrière à cet établissement jusqu'en 1872. Pendant près de quarante ans Etoc Demazy, élève de Ferrus et Jean-Étienne Esquirol, est resté à la tête de l'asile. Méthodique, ordonné, parfois rigoriste il est décrit par tous, d'un abord froid, réservé mais toujours bienveillant. D’un naturel timide et sans expansion il est décrit par tous ceux qui l'approchaient comme faisant preuve d'une inaltérable douceur et d'égale humeur. Sévère pour lui-même il était plein d'indulgence pour les fautes des autres. On découvre bien vite que ce savant aux allures froides était en même temps un philanthrope, un esprit d'élite qui s'intéressait à tous les grands problèmes sociaux et humanitaires de cette époque. Les dernières années de sa vie, jusqu'à la dernière heure, "l'asile" restera son unique préoccupation. C’était son œuvre, il ne voyait pas d'intérêts supérieurs aux intérêts de ceux qui souffrent!
Il publia de nombreux travaux dans divers recueils et revues et une étude très remarquable sur le suicide
Attaché près de quatre années aux Hospices de Bicêtre et de la Salpêtrière il se livre à l'étude de "la stupidité considérée chez les aliénés" (Paris 1833). Sa thèse de doctorat sur le sujet fut un véritable événement scientifique.
1832 lors de la terrible épidémie de Choléra, il se consacre pleinement à la lutte contre ce fléau, allant jusqu'à braver la contagion et accompagnant les cholériques. Il sera récompensé pour son courageux dévouement par une médaille d'honneur.
En 1834 il devient médecin en chef de l'asile départementale de la Sarthe. Avec son esprit sérieux, réfléchi, sa persévérance, son intelligence, ses succès dans les concours, il aurait pu aspirer à de plus hautes fonctions que peut donner le milieu médical. Il revient donc dans sa ville natale.
Occupant ses fonctions avec conscience et dévouement, il organise le service médical. Son temps, il le donne en soins à ses pensionnaires. Ses loisirs il les occupent en préparant de nombreux travaux scientifiques qu'il publie dans de nombreuses revues médicales ou brochures. Devenant président de la commission de surveillance de l'asile. Membre de plusieurs sociétés savantes de l'époque; correspondant de l'académie royale, Membre de la société phrénologique de Paris, membre de la société d'agriculture sciences et arts du Mans et vice-président du conseil départemental d'hygiène et de salubrité de la Sarthe. Il faut y ajouter ancien président du comité de protection des enfants. Membre fondateur de l'association médicale de la Sarthe, pendant cinquante ans il en fit
partie. Et partout la même attention, le même intérêt pour chacun, Altruiste jusqu'à l'âme, qu'il avait très pieuse. Il mène également sa vie privée avec la même rigueur.
Messieurs,
L'administration (le l'asile publiques aliénés de la Sarthe, à laquelle M. Etoc-Demazy a été attaché depuis si longtemps et par des liens si étroits, n'a pas voulu laisser se refermer cette tombe sans que lu voix d'un des siens ne s'élevât pour adresser un suprême hommage de gratitude et de respect à la mémoire de son vénéré doyen.
Depuis 1834, la vie de Mr. Etoc-Demazy a été si intimement liée à l'existence même de l'asile, qu'il est permis de dire que faire sa biographie, c'est faire en même temps l'historique de cet établissement.
En le perdant, l'asile de la Sarthe perd donc le principal organisateur de tous ses services, c'est à dire son véritable fondateur, sa mort est pour nous l'occasion d'un deuil de famille, car si nous n'étions pas unis a lui par les liens du sang, il était du moins considéré parmi nous tous comme le doyen, le patriarche de cette famille administrative qui. pendant cinquante-huit ans, a collaboré avec lui au développement de l'œuvre qui fut la préoccupation constante de toute sa vie.
Quand on jette un regard sur l'ensemble de cette carrière si longue, si laborieuse, si honorablement remplie, on est tout d'abord frappé par la merveilleuse unité qui s'en dégage. C'est une vie de savant consacrée tout, entière aux labeurs persévérants d'études spéciales dont son auteur n'a jamais voulu se laisser distraire. En effet, dans cette carrière si longue, pas un écart, pas un seul entraînement en dehors de la voie choisie et poursuivie sans défaillance. C'est eu vain qu'autour de ce spécialiste acharné à sa tâche se déroulent les événements les plus tragiques de notre histoire, que s'agitent les passions politiques les plus violentes, que les gouvernements s'écroulent. Etoc-Demazy reste inébranlable en dehors et au-dessus des partis, à l'écart des agitations passionnées de la foule, ne s'arrachant à ses chères études que juste le temps nécessaire pour soigner les cholériques de 1832 et les blessés de l'année terrible.
C'est bien le Junstum ac tenacem propositi virum d'Horace, et l'on ne sait ce qu'il faut le plus admirer en lui, on de son inébranlable constance ou de son imperturbable sang-froid. De 1834 à 1873, c'est-à-dire pendant près de quarante ans, M. Etoc-Demazy resta à la tête du service médical de l'asile, et tous les hommes compétents qui ont connu l'établissement à cette époque s'accordent a déclarer qu'il pouvait être pris pour modèle.
Pendant ces quarante années d'exercice actif, M. Etoc-Demazy publia de nombreux travaux dans divers recueils et revues et une étude fort remarquable sur le suicide qui fut éditée chez M. Mounoyer.
En dehors de la direction médicale de l'asile, il rendit encore do nombreux et précieux services. C'est ainsi qu'il fut nommé médecin des épidémies de 1837 à 1856 et qu'il obtint pour ce service une médaille d'argent après avoir obtenu une médaille d'honneur pour avoir soigné les cholériques eu 1832.
Il a été vice-président du Conseil d'hygiène de la Sarthe et président de la Commission de surveillance de l'asile des aliénés, président du Conseil consultatif de la médecine cantonale et membre correspondant de l'Académie de médecine; puis il obtint la croix de la Légion d'honneur en 1865. A ces divers titres, il faut ajouter ceux d'ancien président du Comité de protection des enfants du premier âge. et sur la fin de sa carrière il fut successivement nommé,à mesure que son âge le forçait à abandonner ses fonctions, médecin on chef honoraire de l'asile ; vice-président honoraire du Conseil départemental d'hygiène ; président honoraire de la Commission de surveil-
lance de l'asile. '
Enfin, en 1886, sur la demande des membres de la Commission de surveillance de l'asile, composée de MM. Babillard, Leporebé, Lebert et Vérité-Bidault, M. Etoc-Demazy obtint la croix d'officier de la Légion d'honneur, digne et légitime couronnement d'une carrière si bien remplie.
Pendant les dernières années de sa vie, ne pouvant plus se livrer à ses travaux scientifiques, il avait concentré toutes les ressources do son activité intellectuelle sur l'asile qu'il considérait à juste titre comme son œuvre.
Quelle joie lorsqu'il apprenait que le Conseil général avait voté des fonds pour la réalisation d'un projet d'amélioration depuis longtemps caressé !
Quelle déception lorsque l'Assemblée départementale avait refusé des crédits jugés par lui nécessaires! Et quels regrets pour ce noble vieillard qui, au déclin de la vie, ne voyait pas d'intérêts supérieurs aux intérêts de ceux qui souffrent
Jusqu'à sa dernière heure, l'Asile resta son unique et constante préoccupation, et quelques jours avant sa mort, sentant sa fin prochaine, il me disait d'une voix mourante : « Je ne verrai plus l'asile, je mourrai avant d'avoir vu l'achèvement de nos travaux d'amélioration. » Ce fut la grande douleur de ses derniers moments.
Sa famille perd en lui un de ses membres les plus honorables et les plus éminents; la cité qui l'a vu naître une de ses illustrations, et l'asile, le plus sûr et le plus fidèle de ses amis.
Mais, du moins, pour nous, si cruelle que soit cette perte, elle ne sera pas irréparable et sans consolations, car, si la dépouille mortelle d'Etoc-Demazy va reposer dans sa dernière, demeure, ses œuvres, son exemple, son esprit de discipline, son souci du devoir lui survivront et nous saurons en conserver précieusement le souvenir.
Adieu donc, cher et vénéré maître, reposez en paix, nous gardons de vous le plus précieux de vous-même, et nous continuerons l'œuvre qui vous tenait tant au cœur, qui fut la grande œuvre de votre vie et dont le développement progressif se poursuivra, nous l'espérons, sans entraves, sous l'égide protectrice de votre mémoire illustre et respectée.