SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

Ethos

Note moyenne : pour 4 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Ethos
Publié le:28/12/2009

Terme de musique


Ethos : N. masc., appliqué dans l'antiquité dans un contexte musical à des objets musicaux divers pour qualifier leur aspect "éthique".

 

 

Afin de saisir les raisons d'utilisation de ce terme dans des contextes musicaux, il importe de prendre connaissance de l'évolution sémantique d'"ethos" dans les textes anciens. C'est la raison pour laquelle l'incursion dans le domaine des phénomènes sonores n'interviendra qu'en temps voulu et non dès le commencement.

 

 

Les effets de la musique de Dionysos
Les effets de la musique de Dionysos
Danse des ménades
Ferrare, Museo archeologico nazionale

 

 

 

 

 

 

 


HOMÈRE ET LES POÈTES GRECS

 

 


Contrairement à ce qui peut être parfois dit, le terme ethos n'est pas difficilement traduisible : c'est simplement un terme ancien qui recouvrait diverses significations. On peut constater que le poète à qui l'on attribue l'Iliade et l'Odyssée, Homère, l'emploie sous la forme plurielle dès le IXème siècle avant notre ère en tant que "séjour habituel", "lieux familiers", ou "demeure", sous l'orthographe ethea, désignant des lieux fréquentés par les animaux[1]. Le terme "habituel" accolé ci-dessus à "séjour" comme proposition de traduction d'ethos ne doit pas être oublié : Frédérique Woerther dit à ce sujet que chez Homère, ethos désigne avant tout un rapport au sujet, qui implique l'idée d'"habitude"[2]. Les Travaux et les jours d'Hésiode proposent le substantif pluriel ethea pour désigner un lieu de séjour, applicable aux êtres humains et non uniquement aux animaux comme c'était le cas chez Homère[3]. Deux autres acceptions d'ethos se trouvent aussi chez Hésiode qui l'emploie au singulier[4] dans le sens de "caractère"[5], et au pluriel dans celui de "coutumes" et d'"habitudes"[6]. Le singulier ethos  conservera ce sens d'"habitudes", désignant alors les "mœurs" comme c'est le cas dans l'Agamemnon d'Eschyle[7]. Pindare emploie le terme ethos à plusieurs reprises dans ce qu'il nous reste de ses écrits. Une occurrence se situe dans les Odes Olympiques (XI, 20), et recouvre le sens donné par Homère de "repaire" pour les animaux, cette fois-ci au singulier. Dans ces mêmes Odes (XIII, 13), il prend le sens de "fond naturel" ; on rencontre aussi ce terme dans ses Odes Néméennes (VIII, 34) en tant que "manière d'être", ou "penchants".
C'est dans les Élégies de Théognis que ethos est employé dans le sens de "caractère", acception déjà rencontrée chez Hésiode[8]. Notons que, orthographié avec un epsilon (ε [e bref]), et non pas avec un êta (η [e long]), ethos (au singulier), conserve le sens proposé par Hésiode de "coutume" dans le Philoctète de Sophocle[9] et celui d'"habitudes" dans la Cyropédie de Xénophon[10]. Empédocle employait le terme ethos dans le sens de "nature", c'est-à-dire de "caractère propre"[11], cette traduction le rendant ici synonyme de phusis, "nature", terme qui sera employé par Aristote pour définir l'aspect éthique de certaines harmonies[12], et correspondant au latin natura qui sera employé à partir du Moyen Age dans ce sens[13]. L'acception de "caractère" relevée chez Hésiode et Théognis se retrouve dans des fragments attribués à Démocrite, le 57 et le 192, où "caractère" fait référence à une "disposition morale".

 

 

De Platon aux théoriciens de la musique et musicographes des IIème et IIIème siècles

 

 


Platon emploie plusieurs acceptions du terme ethos. Parmi les nombreuses occurrences de ce terme dans ses dialogues[14], on le trouve employé au singulier (datif) ethei dans son Timée pour désigner un "lieu de séjour habituel"[15], comme le fit Pindare. La même forme se trouve dans sa République, en tant que "manière d'être"[16], toujours similaire à l'emploi de Pindare, et en tant que "caractère" dans le Gorgias[17]. L'acception adoptée dans les Lois (ethôn, génitif pluriel) est celle de "mœurs"[18], correspondant à l'emploi qu'en faisait Eschyle[19] ; cette forme génitive plurielle se trouve dans ce même dialogue en tant que "dispositions morales"[20], dont les chants des hommes d'âge mûr et les mythes racontés par les hommes âgés sont l'expression. Il s'agit ici, semble-t-il, de la première association historique du terme ethos à la musique, nous renseignant sur le fait que les chants[21] sont l'expression de dispositions morales. Les Lois nous renseignent aussi sur l'emploi d'ethos avec un epsilon (ε) mentionné précédemment : le datif pluriel êthesin est employé dans le sens d'"habitudes", renvoyant exactement à l'acception de Xénophon, et se distingue d'éthesin (avec un êta [η]), associé, ici, à trópon. Trópon éthesin est traduit par Luc Brisson et Jean-François Pradeau par "dispositions morales"[22], comme éthesin seul. Une nuance pourrait être apportée à cette traduction, en ajoutant "type" de dispositions morales[23]. Une autre association d'ethos avec la musique chez Platon se trouve toujours dans les Lois. L'étranger d'Athènes, en discussion avec Clinias, dit que chaque exécutant d'un chœur s'exprime, d'une part, par sa faculté d'imitation (mímesis), et d'une autre par son ethos, c'est-à-dire son caractère[24]. La similarité que Platon accorde aux termes ethos, "caractère", et exis[25], "disposition de l'âme", doit être notée : lorsqu'il est question, dans les Lois, de l'ethos désignant la qualité de l'âme « faible devant les plaisirs de l'amour », ce terme ethos est repris plus loin par exis[26].

 

Une vision générale de l'emploi d'ethos par Aristote[27] amène à conclure qu'ethos possède dans ses écrits une signification unique : celle de "caractère". Une étude approfondie permet de nuancer cette conclusion. L'Histoire des animaux emploie effectivement ethos en tant que "caractère", mais subsume sous l'ethos des termes comme noûs[28] ou phrónesis[29], termes qui relèvent dans les Éthiques[30] de la sphère de la diánoia[31] – faculté que n'ont pas les animaux, étant donné qu'ils sont dépourvus de raison – et non de l'ethos[32]. Cet emploi est métaphorique, et sa présence dans l'Histoire des animaux serait un anthropomorphisme[33]. Ces termes qui permettent de qualifier l'ethos de l'animal sont communs à l'animal et à l'être humain, mais renvoient à des capacités homonymes ; par exemple, la douceur de l'être humain n'est pas celle d'un éléphant[34]. L'ethos désigne ainsi dans le corpus biologique d'Aristote le caractère psychologique propre à une espèce animale[35]. En ce qui concerne les Éthiques, les emplois d'ethos sont bien plus spécialisés. Appliqué à l'être humain, l'ethos est « la qualité de la partie irrationnelle de l'âme obéissant, qui est acquise par l'exercice répété de certaines actions [...][36] ». L'ethos peut aussi désigner « le comportement ou la façon d'être d'une personne sans que soit nécessairement impliquée une valeur morale[37] ». Dans sa Rhétorique, lorsqu'Aristote dresse la liste des preuves inhérentes au discours, il emploie le terme ethos dans le sens de "caractère moral" en parlant de l'ethos de l'orateur, élément amenant la persuasion au discours avec le pathos et le logos[38]. L'ethos y est considéré comme une force de persuasion majeure[39]. Dans sa Poétique, l'ethos est une réalité susceptible d'être représentée par une activité mimétique telle que la poésie[40]. La musique est considérée dans les Politiques comme l'une de ces activités mimétiques, tout comme le disait Platon[41], étant ainsi capable d'affecter de manière passagère l'ethos de l'auditeur :  « Et surtout dans les rythmes et les mélodies il y a des objets ressemblant de près à la nature véritable de la colère, de la douceur, mais aussi du courage, de la tempérance ainsi que de tous leurs contraires et des autres <dispositions> éthiques (c'est évident d'après les faits, car notre âme est bouleversée quand nous entendons de tels <morceaux>)[42]. »  Il n'est toutefois question ici que de musique pouvant influencer l'ethos de l'auditeur, et non de musique possédant en soi un ethos particulier. C'est lorsqu'il présente des caractérisations "éthiques" d'harmonies qu'Aristote emploie le terme ethos comme intrinsèque à une de ces harmonies :  « A propos de <l'harmonie> dorienne, tous sont d'accord qu'elle est la plus régulière et celle qui a avant tout un caractère <exprimant> le courage[43]. » Cet emploi unique chez Aristote de par son attribution à un objet musical, ne se retrouve, semble-t-il, chez aucun de ses prédécesseurs et dans aucun autre passage du corpus aristotélicien.


Aristoxène de Tarente[44], disciple d'Aristote, utilise le terme ethos à cinq reprises[45] dans ses Éléments harmoniques. Lorsqu'il traite du genre enharmonique, il nous parle de son ethos qui est, selon lui, "dérobé" lorsqu'il est mélangé avec le genre chromatique, attribuant à un objet musical, ici un genre, un ethos :  « Lorsqu'ils travaillent sur l'enharmonique, ils le font toujours approcher du chromatique et lui dérobent ainsi son caractère moral[46]. » La deuxième occurrence d'ethos chez Aristoxène se trouve dans le second livre[47], mais n'est pas appliquée à un objet musical, nous disant ici que l'harmonique[48] permet d'améliorer le caractère (l'ethos) de celui qui en connaît les éléments[49]. La troisième, au pluriel sous la forme ethè[50] est située à la phrase suivante, et fait référence, selon Charles-Émile Ruelle, aux mœurs[51], et selon Henry Stewart Macran, aux caractères moraux[52] ; quoi qu'il en soit, cette occurrence n'est pas appliquée à un objet musical. La quatrième occurrence doit certainement être traduite par "habitude", c'est en tout cas ainsi que nous la comprenons, en ne suivant pas les traductions de Charles-Émile Ruelle et Henry Stewart Macran par "opinion"[53], sens non-répertorié dans les significations d'ethos. Ethos est utilisé plus loin[54] pour désigner le caractère du genre chromatique, étant ici utilisé comme lors de la première occurrence que nous avons relevé[55].    

 

 Il faudra, semble-t-il, attendre les IIème/IIIème siècles pour que ethos soit appliqué de manière apparemment systématique à des objets musicaux dans des écrits consacrés ou non à la musique tels le traité attribué à Plutarque[56], le Banquet des Sophistes d' Athénée[57], ou dans le traité de musique d'Aristide Quintilien[58]. La disparition progressive de la langue grecque comme vecteur de la transmission du savoir dès la fin de l'Antiquité tardive fit que le terme grec ethos ne se retrouvera plus au cours des siècles à venir. Les traités de musique - quasiment tous rédigés en langue latine - utiliseront au Moyen Age et à la Renaissance les termes natura (certainement en référence à Aristote comme nous l'avons précédemment relevé), proprietas et qualitas[59] pour qualifier le caractère intrinsèque d'un objet musical.

 

C'est à la fin du XIXème siècle que la locution "ethos des modes" sera utilisée pour la première fois par François-Auguste Gevaert dans son Histoire et théorie de la musique de l'Antiquité éditée en deux volumes en 1875 et 1881[60], première occurrence d'une locution qui deviendra courante au XXème siècle.

 


Fabien Delouvé
Université Paris 8


NOTES

 


[1] Odyssée, 14, 411 ; Iliade, 6, 511.

 

[2]  Ce point est la conclusion à son étude sur les dérivés d'ethos que sont aethéssein et etheios dans l'œuvre d'Homère (WOERTHER, Frédérique : L'ethos aristotélien : genèse d'une notion rhétorique. Édité par Vrin, collection Textes et Traditions, Paris, 2007. Cette étude concerne les pp. 25 - 32, cette conclusion apparaissant à la page 32).

 

[3]  Voir par exemple Les travaux et les jours, 167 - 168 ; 220 - 223.

 

[4] Il s'agirait de la première apparition historique d'ethos au singulier (WOERTHER, Frédérique : Op. cit., page 33).

 

[5] Les travaux et les jours, 67 - 68 et 78.  Ceci contredit Warren Anderson qui disait que cette acception n'était valable qu'à partir d'Héraclite, Hésiode ayant vécu au moins deux siècles avant Héraclite (ANDERSON, Warren : Ethos in "The New Grove Dictionary of Music and Musicians" Volume 6. Édité par Stanley Sadie, Macmillan publishers limited, London Grove's dictionaries of music in., Washington, DC Peninsula publishers limited, Hong Kong, 1980, pp. 282 - 287, p. 282).

 

[6] Ibid., 135 - 137.

 

[7] 728.

 

[8] 213.

 

[9] 894.

 

[10]  1, 6, 33.

 

[11] Fragment 17.

 

[12] Les politiques,  VIII, 5, 1340a - b, section 22. [

 

13] On trouve cette traduction par natura dans diverses éditions tels que Aristotelis de republica libri VIII. Interprete et enarratore Jo. Genesio Sepulveda. Édité par Michel de Vascosan, Paris, 1548, p. 252 (... cum ipsa statim concentuum natura discrimen existat ...), ou Libri politicorum in Opera Aristotelis cum commento Averrois, p. 564 [pagination proposée par nous-mêmes, étant inexistante dans l'édition], Venise, par Andree de Asula et Bartholomeus Alexandrinus, 1483 (Mox enim armoniarum distat natura ... [cette traduction des Politiques semble être celle de référence au Moyen Age puisqu'on la retrouve telle quelle chez Albert le Grand (1200 - 1280) (Alberti Magni Opera omnia. Volume 8 : Politicorum Lib. VIII. Édité par Auguste Borgnet, Paris, 1891, p. 803)]).
     La traduction par natura du terme phusis semble être courante au moins depuis Cicéron, puisque lorsqu'il traite de la notion de phusis chez Anaximandre, il traduit bien ce terme par natura : … is enim [Anaximander] infinitatem naturae dixit esse, e qua omnia gignerentur([Anaximandre] dit, en effet, que l'infinité de la nature est ce dont toutes choses sont engendrées) (Academicorum reliquiae cum Lucullo. Recognovit O. Plasberg. Édité par B. G. Teubner, Stuttgard, 1980 [1922], II, 118, p. 85 ; traduction française par Marcel Conche in ANAXIMANDRE : Fragments et témoignages. Texte grec, traduction, introduction et commentaire par Marcel Conche, Professeur émérite à la Sorbonne. Presses Universitaires de France, Paris, 1991, p. 85).

 

[14] Thomas Mitchell dans son Index Graecitatis Platonicae (Tome I, édité à Oxford, 1832, pp. 328 - 329) recensait 70 occurrences de ce terme dans l'ensemble des écrits de Platon (Gorgias, 2 occ. ; République, 12 occ. ; Lois, 35 occ. ; Epinomis, 1 occ. ; Lettres, 10 occ. ; Lysias, 1 occ. ; Politique, 4 occ. ; Banquet, 2 occ. ; Timée, 1 occ. ; Phèdre, 2 occ.). Frédérique Woerther en dénombre 140 (Banquet, 4 occ. ; Cratyle, 2 occ. ; Critias, 1 occ. ; Gorgias, 2 occ. ; Lois, 60 occ. ; Lysis, 1 occ. ; Phédon, 1 occ. ; Phèdre, 3 occ. ; Politique, 8 occ. ; République, 33 occ. ; Timée, 1 occ. ; Lettres, 14 occ.).

 

[15] Timée, 42e.

 

[16] République, III, 400d. Voir aussi les Lois X, 901a pour cette acception.

 

[17] Gorgias, 513b et c. Ce sens est aussi présent au livre X, 604e de la République.

 

[18] 659c. Voir aussi III 695e, X 896c, et XI 930a pour la même acception.

 

[19] Notons que Eschyle l'employait au singulier, tandis que Platon le fait au pluriel.

 

[20] Ibid., II, 664d. Cette acception de "dispositions morales" associée au chant se trouve aussi à la fin de la page 669b (livre II) du même texte.

 

[21] Ôdé.

 

[22] Lois, XII, 968c - d, (Les lois. Nouvelle traduction, introduction et notes par Luc Brisson et Jean-François Pradeau. Deux volumes. Ouvrage traduit avec le concours du Centre national du Livre. GF Flammarion, Éditions Flammarion, Paris, 2006, p. 297). Cet emploi se trouve aussi à la page 951b au même cas.

 

[23]  Trópos peut effectivement signifier "type", "manière" ou "façon" (Eschyle, Euménides, vers 192 ; Platon, Phèdre, 270d), faire référence à un objet musical qu'est une des transpositions du systema teleion, et peut aussi être considéré comme synonyme de certaines acceptions d'ethos, signifiant "mœurs", "habitudes" ou "caractères" (Xénophon, Cyropédie, VIII, 3, 21 ; Anabase, VII, 4, 17 ; Platon, République, 329d). La présence de trópos auprès d'éthesin vient donc certainement renforcer la locution "dispositions morales" dans les Lois.  

 

[24] Lois, II, 655d - e.

 

[25] Cette similitude d'emploi a été notée par Frédérique Woerther, p. 108 de l'op. cit.

 

[26] Lois, 649e - 650a, p. 113 de l'op. cit.. Exis apparaît en 650b comme reprise d'ethos.

 

[27] Dont Frédérique Woerther dénombre 255 occurrences dans ses écrits (p. 320 de l'op. cit.).

 

[28] La faculté de penser.

 

 [29] L'action de penser.

 

[30] Éthique à Nicomaque et Éthique à Eudème.

 

[31] La faculté de réfléchir.

 

[32] WOERTHER, Frédérique, p. 133 de l'op. cit.

 

[33]  LABARRIÈRE, Jean-Louis : L'intelligence et la vie des animaux selon Aristote. Édité par A.N.R.T, Université de Lille III, 1998, p. 50 : La métaphore, si métaphore il y a, ne renvoie pas à la faculté elle-même, mais tout au plus aux noms dont on se sert, parce qu'il faut bien parler, pour désigner ses effets. Autrement dit, phronèsis peut bien être une métaphore, mais cette faculté, et c'est en fin de compte tout ce qui importe, car si Aristote gratifiait certains animaux de phronèsis sans mentionner l'existence d'une telle faculté naturelle, alors nous ne pourrions pas sortir du registre métaphorique et de l'anthropomorphisme qui lui est lié.

 

[34] La douceur de l'éléphant est évoquée dans l'Histoiredes animaux, 489a.

 

[35] WOERTHER, Frédérique, pp. 143 - 145 de l'op. cit.

 

[36] Ibid., page 173.

 

[37] Ibid.

 

[38] Rhétorique, I, 2, 1356a (1 - 4). [

 

39] Ibid.

 

[40] La poiésis. Poétique, IV, 1448b.

 

[41] République III, 401d.

 

[42] Politiques, VIII, 1340a 18, (traduction et présentation par Pierre Pellegrin. GF Flammarion, 1993, p. 532).

 

[43] Politiques, VIII, 12, 1342a, pp. 544 - 545 de l'op. cit.

 

[44]  C. 375/360 av. J.-C.
    Auteur des Éléments harmoniques (Harmoniká stoicheía), premier véritable traité de musique qui nous soit parvenu. Voici ce que nous en dit la Souda, lexique encyclopédique certainement rédigé par un groupe d'érudits vers la fin du Xème siècle : Aristoxène, fils de Mnesios également nommé Spintharos, est un "musicien" de Tarente en Italie. Installé à Mantinea, il devînt philosophe et fit preuve d'un grand talent en se penchant sur l'art des Muses en tant qu'élève de son père et de Lampros d'Erythrée puis de Xénophile le Pythagoricien et enfin d'Aristote. [Aristoxène] couvrit d'insultes ce dernier après sa mort car il avait nommé Théophraste à la tête de l'école malgré la haute estime portée par les disciples d'Aristote envers Aristoxène. Il prospéra à l'époque d'Alexandre et dans les années suivantes, ayant été vers la cent-onzième Olympiade un contemporain de Dicéarque de Messène. Il a écrit sur la musique et la philosophie, ainsi que l'histoire, mais aussi sur chaque aspect de la culture ; ses livres sont au nombre de quatre cent cinquante trois (Suidae lexicon. Texte édité par Ada Adler. Édité à Stuttgard par B.G. Teubner, Tome I, 1928, livre alpha, section 3927 [notre traduction est basée sur celle, en anglais, de Gregory Hays]).
    Il est considéré comme l'un des premiers théoriciens qui dénigre l'importance des rapports numériques en leur préférant l'expérience sensitive (WALKER, Daniel Pickering : La tradition mathématico-musicale du platonisme et les débuts de la science moderne, pp. 248 - 260 in Platon et Aristote à la Renaissance. XVIème colloque international de Tours, "De Pétrarque à Descartes", fondateur : Pierre Mesnard, Direction : Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance, numéro XXXII, Paris, 1976, p. 252). Ses Éléments harmoniques eurent une influence profonde sur les théoriciens ultérieurs, et seront maintes fois cités et traduits au Moyen Age et à la Renaissance (voir par exemple le traité édité à la fin du XVIème siècle, Il patricio overo de tetracordi armonici di Aristosseno parere et vera dimostratione d'Ercole Bottrigari publié en 1593 à Bologne, ou encore la traduction latine de ses Éléments harmoniques de 1562 (Aristoxeni Musici Antiquissimi Harmonicorum Elementorum Libri III. Cl. Ptolemaei Harmonicorum, seu de Musica Lib. III. Aristotelis de obiecto Auditus fragmentum ex Porphyrij commentarijs. Omnia nunc primum latine conscripta & edita ab Ant. Gogauino Grauiensi. Cum privilegiis. Édité par Vincentius Valgrisius, Venise, 1562).

 

[45]  Et non à trois comme il est indiqué dans l'index aux Éléments harmoniques de l'édition de Henri Stewart Macran (The Harmonics of Aristoxenus. Edited with translation notes, introduction and index of words by Henry Stewart Macran, M. A., Fellow of Trinity College, Dublin, and Professor of Moral Philosophy in the University of Dublin. Édité par Clarendon Press, Oxford, 1902, p. 298).

 

[46] Éléments harmoniques d'Aristoxène. Traduits en français pour la première fois d'après un texte revu sur les sept manuscrits de la Bibliothèque Nationale et sur celui de Strasbourg, par CH.-Ém. Ruelle, Rédacteur au Ministère de l'Instruction Publique. Édité par Pottier de Lalaine, Paris, 1871, livre I, chapitre 13, fin de la section 78, p. 34. Henry Stewart Macran préfère rendre ethos par "caractère éthique" (op. cit., p. 181 : ... and that when the enharmonic is introduced, , it is approximated to the chromatic, while the ethical character of the music suffers a corresponding deflection [Macran utilise une numérotation différente des chapitres, sections et sous-sections ; ce passage correspond dans sa version au I, 23, 8-10]).

 

[47] II, 1, 3 de la traduction de Charles-Émile Ruelle.

 

[48] L'harmonique regroupe selon Aristide Quintilien tout ce qui touche aux sons, aux intervalles, aux systèmes, aux genres, aux tons, aux modulations et à la composition mélodique.

 

[49] P. 48 de la traduction française (II, 31, 4-7, p. 188 de l'édition de Macran qui traduit ici ethos par "nature morale").

 

[50] Nominatif pluriel.

 

[51] C'est mal comprendre les explications démonstratives où nous avons de traiter de chacune des mélopées ; c'est mal comprendre surtout ce point essentiel que toute mélopée est nuisible, telle autre profitable aux mœurs.

 

[52] This mistake is due to their having run away with such phrases in our preamble as we aim at the construction of every style of melody, and with our general statement, on class of musical art is hurtful to the moral character [...].

 

[53]  P. 64 : Si donc les musiciens appelées harmoniciens sont arrivés à cette opinion par leur ignorance, on ne devra pas les taxer d'absurdité, seulement il faut que cette ignorance soit bien grande et bien robuste ; p. 195 : Now, if the Harmonists, as they are called, have in their ignorance seriously entertained this view, while there is nothing preposterous in their motives, their ignorance must be profound and invincible.
     Doxa est le terme à traduire par "opinion", et non ethos.

 

[54] II, 48, 17.

 

[55] P. 77 de la traduction française : Il y avait division chromatique tant que l'on pouvait y reconnaître le caractère chromatique ; et 201 de la traduction anglaise : Likewise it constitute a class Chromatic to embrace all cases in which the Chromatic character is apparent.

 

[56] Sections 11 ; 19 ; 20 ; 32 et 36.

 

[57] Livre XIV, 19, 624e, où Athénée rapporte des caractérisations selon Héraclide du Pont ; ou bien la section 20, 625b.

 

[58] I, 6 ;  I, 12 ; II, 12.

 

[59] L'emploi le plus fréquent reste natura, et notons que qualitas n'est utilisé que dans certaines écoles italiennes ayant subi l'influence des traités de Marchettus de Padoue rédigés au XIVème siècle (influence des notions qui y sont développées et de la terminologie employée).

 

[60] GEVAERT, François Auguste : Histoire et théorie de la musique dans l'Antiquité. Deux tomes. Édités par Annoot-Braeckman, Gand, 1875 - 1881, premier tome, livre II, chapitre II, page 202 : Constatons d'abord qu'il est certains points par où le sentiment moderne confine sans intermédiaire au sentiment antique. Nous n'en pouvons donner une preuve plus frappante que la classification de l'éthos des modes, par rapport à leur terminaison finale sur la tonique, sur la dominante ou sur la tierce.

Auteur de l'article
fabien delouvé fabien delouvé Voir sa fiche
Ajouter à mes favoris Envoyer un message
Plan de l'article
À voir aussi dans les contributions
Médias
  • Les effets de la musique de Dionysos