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Officier général américain
Après avoir âprement combattu les Sioux et les Cheyennes et traqué les Apaches, le général Crook sera l’un des rares officiers généraux à intervenir en faveur des Indiens. En 1879, il défend les Poncas de Standing Bear, et obtient en 1888 une amélioration du sort des déportés apaches de Floride.
Né près de Dayton dans l’Ohio, George Crook est le condisciple à l’Académie militaire de West-Point du futur général Philip H. Sheridan.
Il prend part avec Sheridan à la guerre contre les Yakimas, puis à celle de la Rogue River dans le Territoire de l’Oregon. Après la Guerre de Sécession, toujours sous les ordres de Sheridan, il retourne dans le nord-ouest combattre les Paiutes.
En juin 1871, il est envoyé dans le Sud-Ouest pour soumettre les Apaches. Pendant sa campagne du Tonto Basin, dans l’ouest du Territoire d’Arizona, il met en place une nouvelle stratégie qui consiste à utiliser largement des auxiliaires indiens pour traquer les Apaches et à munir ses troupes de convois de mules plus mobiles que les lourds chariots.
En mars 1875, Crook est promu brigadier général et transféré dans la région militaire de la Platte. L’année suivante, durant la guerre des Black Hills conduite par le général Sheridan contre les Lakotas, les Cheyennes et les Arapahos, il est chargé d’organiser une campagne d’hiver dans la région de Powder River au Wyoming.
Le 17 mars 1876, sur la Powder River, l’avant-garde de Crook conduite par le colonel John J. Reynolds détruit le camp du Cheyenne Two Moons. La contre-attaque indienne laisse Crook incapable de poursuivre la campagne. Ayant reconstitué ses forces, il reprend la route du nord, mais, le 17 juin, il est à nouveau arrêté dans sa progression sur la Rosebud River par les guerriers de Crazy Horse. Obligé de se replier sur Fort Fetterman, il ne repart qu’en août, sans avoir pu soutenir la campagne du général Terry, tragiquement terminée sur les bords de la Little Bighorn River le 25 juin 1876.
Ses hommes s’épuisent en marches incessantes et les Indiens restent introuvables. Le 9 septembre, à Slim Buttes, dans le sud du Territoire du Dakota, l’avant-garde de Crook, sous les ordres du capitaine Ansom Mills détruit le camp du chef oglala American Horse. C’est la seule victoire de l’armée pendant cette désastreuse campagne. C’est en mai 1877, à Fort Robinson, qu’il reçoit la reddition de Crazy Horse. A l’automne 1878, il commande les soldats qui traquent les Cheyennes de Dull Knife et Little Wolf pendant leur longue marche entre le Territoire Indien et le Montana.
En 1882, Crook retourne en Arizona, car les guerriers de Geronimo ont repris leurs raids de part et d’autre de la frontière mexicaine. Utilisant ses fidèles éclaireurs apaches, celui qu’ils appellent "Nantan Lupan", ( "Le Renard Gris") obtient du gouvernement le droit de "hot pursuit", l’autorisation pour les soldats des deux pays de poursuivre les bandes apaches par-delà la frontière. Il finit par rencontrer Geronimo au Canyon de los Embudos, au Mexique, le 25 mars 1886, pour négocier une reddition. Mais Geronimo s’enfuit à nouveau. Sheridan accuse Crook de complaisance et de manque de fermeté à l’égard des Apaches. Crook est muté en juin 1886 dans la région militaire de la Platte et remplacé en Arizona par le général Nelson A. Miles.
S’il a longtemps et durement combattu les Indiens, Crook a aussi appris à les connaître et à les respecter. Dès 1879, il s’était insurgé contre "la cruauté inutile" dont on avait fait preuve contre les Cheyennes du Nord. La même année, il s’est battu pour que les Poncas de Standing Bear ne soient pas renvoyés en Territoire Indien.
Usant de son influence, il parviendra en 1888 à faire transférer les Apaches Chiricahuas de Floride en Alabama. Jusqu’à la fin de sa vie, il tentera, en vain, de les faire revenir dans leur pays. Il meurt à Chicago, le 21 mars 1890.