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Importante confédération indienne de Géorgie et d'Alabama
Les Creeks étaient la nation la plus puissante du Sud-Est. La révolte des Creeks "Bâtons Rouges" échoue et la tribu perd peu à peu ses terres. En 1835, ils doivent s’exiler en Territoire Indien. Ils occupent actuellement des terres sous statut fédéral dans l’est de l’Oklahoma.
Leur véritable nom est "Muskogee". Ils sont probablement, comme les autres grandes nations du Sud-Est, les descendants directs des constructeurs de "mounds".
Les Creeks constituent l’une des "Cinq Nations Civilisées".
La confédération creek était constituée d’une cinquantaine de villes avec leurs villages satellites. Chaque ville avait ses chefs élus, appelés "micco", assistés par un conseil des anciens. Les chefs des villes pouvaient se réunir en un Grand Conseil de la Nation Creek. Des tribus comme les Mobiles, les Alabamas, les Coushattas étaient liées à la confédération creek. A leur apogée, le territoire creek s’étendait du nord de la Floride au sud du Tennessee.
La ville creek avait tous les caractères d’une véritable cité. Elle comportait une vaste place entourée de bâtiments communautaires au centre de laquelle un feu brûlait en permanence, ainsi qu’un terrain de jeu de balle où l’on pouvait aussi danser et donner des spectacles.
Chaque habitation se composait de plusieurs petits bâtiments, cuisine, pièce de réunion, chambres, entrepôt, entourant une cour intérieure et un jardin potager cultivé par les femmes. Les maisons creeks étaient rectangulaires avec des murs plâtrés, un toit à pignon recouvert de chaume. Les habitations étaient alignées le long de rues se coupant à angle droit. Autour de la ville s’étendaient des champs communautaires où l’on cultivait maïs, patates douces, haricots, citrouilles, melons, tournesol. Etant donné le développement de l’agriculture dans l’économie creek, la chasse et la pêche étaient de moindre importance. Les hommes travaillaient aux champs, y compris les chefs qui se devaient de donner l’exemple. Une partie des récoltes allait dans les entrepôts familiaux, tandis que le reste était gardé dans des greniers collectifs et utilisé pour nourrir les guerriers, les hôtes, les indigents, ou bien en cas de disette.
L’unité de base de la société creek était le clan familial. Les enfants appartenaient au clan de leur mère. On ne pouvait se marier dans son propre clan.
Les Creeks célébraient de nombreuses cérémonies, pour la plupart en relation avec l’agriculture. La principale était la Fête du Maïs Vert qui avait lieu en août, quand les épis de maïs commençaient à se former, promesse de la future récolte qui aurait lieu en octobre. C’était un rituel de renouveau : les gens procédaient à un grand nettoyage, les maisons étaient réparées. A la suite d’une période de jeûne se déroulait un grand festin où du maïs nouveau et de la viande de cerf étaient consommés. On rallumait le Feu Sacré et chaque foyer venait y rallumer son propre feu. La fête se poursuivait par des danses, des parties de jeu de balle. Puis toute la communauté se baignait dans la rivière pour se purifier. Toutes les offenses, les querelles devaient être oubliées.
Vers 1540, l’expédition d’Hernando de Soto traverse le territoire creek. La richesse des villes creeks, le nombre de leurs habitants impressionnent les Espagnols qui ne s’y attaquent pas.
La position centrale occupée par les Creeks, leur puissance feront d’eux, pour les Européens, des alliés très convoités. A la fin du XVIIè siècle, armés par les Anglais, les Creeks combattent les Espagnols, les Français et leurs alliés indiens. Pourtant, en 1712, ils font la paix avec les Français et les Choctaws.
En 1715, les Creeks se joignent à la révolte des Yamassees, excédés par les empiétements des Anglais sur leur territoire. Pour se venger, les Anglais ravagent les villages creeks, tuant les hommes et vendant les femmes et les enfants comme esclaves. Les chefs creeks sont contraints de demander la paix en 1717.
A partir de 1738, de terribles épidémies de variole apportées par les Blancs ravagent les nations indiennes. Les Creeks ne sont pas épargnés.
Les Anglais livrent des armes aux Creeks qui sont à ce moment menacés par les Cherokees. Les Creeks détruisent plusieurs villes cherokees. Mais les deux nations se réconcilient en 1753, s’unissant contre Français et leurs alliés Choctaws.
Une partie de la nation creek va bientôt se trouver entraînée dans la guerre contre les Anglais.
En juillet 1776, le chef cherokee Dragging Canoe, opposé à la vente des terres indiennes, attaque les colonies de Caroline et de Georgie, pendant que des colons ravagent les villages cherokees. Solidaires des combattants cherokees, les Creeks leur donnent asile, s’attirant la colère des Anglais.
Le grand chef des Creeks est à ce moment McGillivray, un métis. C’est un homme épris de paix, mais décidé à défendre son peuple. Avec plusieurs centaines de guerriers creeks, il apporte son aide à Dragging Canoe et à ses "Chickamaugas" qui résisteront jusqu’en 1788.
Les Etats-Unis qui ont conquis leur indépendance veulent punir les Creeks pour ne pas les avoir soutenus contre les Anglais. Ils s’emparent d’une grande partie des terres creeks par un "traité" signé en 1790. Mais bientôt les colons américains s’installent sur le peu de terres qui restent aux Creeks. Mc Gillivray réussit à expulser pacifiquement les colons installés illégalement sur les terres creeks, puis il se rend auprès du président George Washington pour demander sa protection contre l’invasion des colons de Georgie. Il ne l’obtient pas. Pour toute réponse, le gouvernement envoie chez les Creeks un agent pour les surveiller. Mc Gillivray meurt en 1793. En 1802, les Creeks doivent céder de nouvelles terres et les empiétements des Blancs reprennent de plus belle.
En 1813, l’armée américaine cherche à s’ouvrir un passage à travers le territoire creek pour attaquer les Espagnols installés en Floride. Une majorité de Creeks estime que le moment est venu de réagir pour chasser les Blancs. C’est ainsi que débute l’un des conflits les plus sanglants du Sud-Ouest, la guerre des Bâtons Rouges.
La révolte des Bâtons Rouges finit par échouer. Le général Andrew Jackson impose aux Creeks vaincus et en proie à la famine un traité qui leur retire pratiquement tout ce qui leur reste de terres. Les Américains construisent des forts en plein territoire creek et font la chasse aux "criminels de guerre" indiens afin de les pendre ou de les emprisonner. Plus de mille combattants bâtons rouges se réfugient en Floride où ils continuent la lutte aux côtés des Seminoles.
L’idée de déporter les Creeks à l’ouest du Mississippi commence à se faire jour dans l’opinion américaine. En 1828, Andrew Jackson, le grand tueur d’Indiens, est élu président des Etats-Unis. En mai 1830, le Congrès des Etats-Unis décide la déportation vers l’ouest des nations indiennes vivant à l’est du Mississippi.
A l’été 1835, une partie des Creeks se résigne à partir vers le Territoire Indien. Ceux qui ont choisi de rester sont déportés de force. Il sont chassés de chez eux avec la dernière brutalité par des colons constitués en milices, leur bétail est volé, leurs récoltes pillées. Ceux qui résistent sont abattus. Deux mille Creeks réussissent pourtant à fuir et se réfugient chez les Cherokees.
A l’automne, les Creeks du sud, que la déportation n’a pas encore touchés, se révoltent. Ils tuent des fermiers blancs, et poussés par la faim, pillent des entrepôts. L’armée leur donne la chasse. Les prisonniers enchaînés, accompagnés de leur familles, sont mis dans les convois qui partent vers le Territoire Indien. Des milliers de Creeks se cachent encore dans les forêts et les marais. La chasse aux Creeks survivants est organisée dans tout l’état d’Alabama. Des hommes sont pendus, les femmes et les enfants vendus comme esclaves.
Plus de vingt mille Creeks prennent la route de l’ouest. Leur "Piste des Larmes" sera extrêmement meurtrière. Près de la moitié d’entre eux y trouveront la mort par la faim, le froid, l’épuisement, les maladies et les exactions de toutes sortes dont ils sont l’objet.
Les survivants de la nation creek, regroupés en Territoire Indien, retrouvent peu à peu la paix et une certaine prospérité.
Quand éclate la Guerre de Sécession en 1861, les Confédérés sudistes promettent aux nations indiennes exilées une situation avantageuse au sein de la Confédération. Une majorité de Creeks rejoint les rangs confédérés. Ceux qui refusent de s’engager dans la guerre sont attaqués par des éléments confédérés. Ils sont contraints de fuir en plein hiver, dans des conditions épouvantables, avec leurs familles et leurs anciens esclaves noirs. Avec des Seminoles, des Cherokees et des Chickasaws en fuite, ils atteignent le Kansas contrôlé par les Nordistes.
L’armée du Nord recrute les hommes pour former un régiment de volontaires indiens qui doivent combattre leurs frères engagés dans l’armée confédérée. La nation creek est à nouveau divisée par les conflits et la haine. En 1866, les Creeks doivent céder aux Etats-Unis toute la partie ouest de leur territoire afin d’y loger de nouvelles nations indiennes déportées.
Les Creeks, comme les autres nations du Territoire Indien, auront bientôt à faire face à une autre menace : la convoitise que leur vaste territoire inspire aux colons blancs. En 1889, les Creeks, soumis à d’énormes pressions et craignant de tout perdre s’ils résistent, acceptent de vendre une partie de leur territoire qui sera "ouvert à la Civilisation", c’est-à-dire à l’installation des colons.
En 1898, le "Curtis Act" voté par le Congrès dissout les gouvernements tribaux des nations indiennes du Territoire d’Oklahoma. En 1899, la loi Dawes sur le partage des terres indiennes en propriétés privées est appliquée aux terres des Creeks, malgré leurs efforts pour s’opposer au démantèlement de leurs terres tribales. En effet, la loi permet aux propriétaires indiens de vendre leurs terres. Poussés par la misère, le découragement et les spéculateurs blancs, beaucoup de Creeks cèdent leurs propriétés.
Depuis l’installation des Creeks en Territoire Indien, des leaders "full blood" comme Opothle Yahola, Harjo Sands mènent la résistance, préconisant un retour à l’organisation tribale traditionnelle et la restauration des coutumes creeks. En 1867, Isparheche avait recréé une société de guerriers creeks.
Durant les dernières années du XIXè siècle, Chitto Harjo et ses partisans s’opposent vigoureusement à l’application de la loi Dawes au territoire creek, allant jusqu’à user de violence contre les Creeks qui s’y soumettent et contre les colons installés sur les terres creeks. En 1901, c’est la révolte des "Crazy Snakes", rapidement étouffée. Le démantèlement du territoire creek se poursuit. En 1907, quand l’Oklahoma devient un état, la Nation Creek est dissoute.
La nation creek, qui a repris le nom de Muskogee, a cependant pu garder dans l’est de l’état d’Oklahoma des terres protégées par un statut fédéral.
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