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Concilier environnement et progrès pour un développement humain durable

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Concilier environnement et progrès pour un développement humain durable
Publié le:31/03/2009

Les actions de coopération décentralisée à Timkit et Tidoua, douars du Haut-Atlas marocain


            L'environnement est tout ce qui nous entoure. Il est constitué des paysages ruraux et urbains. Le progrès désigne généralement une amélioration. Les nouvelles technologies de la communication et de l’information sont par exemple emblématiques des améliorations informatiques. Pourtant, les progrès de l'ère industrielle depuis le dix-huitième siècle (installation d'importantes usines) créent des pollutions qui mettent en danger l'environnement. Comment réconcilier alors environnement et progrès ? Les actions de développement durable tentent de répondre à cette question. Les progrès mis en œuvre dans ce cadre doivent respecter à la fois les sociétés, les économies et les écosystèmes. Le collège de Laroquebrou, situé à l’Ouest du Cantal, sur les marges du Massif central, étudie actuellement l’Action Haut-Atlas, un projet de développement économique et solidaire en faveur de deux hameaux marocains. Les acteurs de cette  coopération décentralisée sont les associations communautaires de Timkit et Tidoua,  François Carton (initiateur du projet en 2007) et le Secours populaire du Cantal.

              Ils travaillent ensemble pour développer en priorité l’éducation (volet social), l’accès à l’eau et le reboisement (volets environnemental et économique) des deux douars marocains.

 

              L'école apprend aux jeunes à lire, écrire, compter, raisonner. D'autre part, plus une personne est instruite et cultivée, mieux elle peut accéder au métier dont elle a envie. En France, il est facile d'aller à l'école. L'Etat, le Conseil général mettent tout en œuvre pour que les collégiens travaillent dans de bonnes conditions (salaires des professeurs, entretien des bâtiments, organisation des transports…).

              Les enfants de Timkit et Tidoua n'ont pas accès à l'école publique. L'instruction est organisée par des associations, qui manquent parfois de moyens pour des actions de long terme.

              L’Action Haut Atlas soutient depuis juin 2008 l’école à Timkit et Tidoua. Elle a pris la suite de la fondation marocaine Zakoura Education. Son principal but est de pérenniser le cadre d’enseignement (cf blog Action Haut-Atlas).

 

              Nous habitons un pays riche. Nous avons accès à l’eau facilement : il suffit d’ouvrir un robinet. Les réseaux souterrains qui amènent l’eau sont complexes, immenses. Leur entretien nécessite beaucoup d’argent. L’eau est énormément utilisée, pour de multiples fonctions : boire, cuisiner, chauffer, laver, irriguer, produire de l’énergie.

              La situation est tout autre à Timkit et Tidoua. Ces douars se situent sur sol calcaire, ce qui explique la perméabilité des roches et la rareté des sources. Cependant, chaque foyer dispose d’un réservoir d’eau de ruissellement (cf film du blog, 6ème mn).

            Le projet 2010-2011 prévoit 43 700 € pour l’amélioration des captages et réserves d’eau. Elle concernerait avant tout les lieux de vie collective (écoles, mosquée, abreuvoirs). La main d’œuvre locale mènerait l’opération. Il est important en effet que le développement soit mené conjointement par des acteurs extérieurs et des habitants. Les évaluations seraient de même conduites par les représentants des associations locales et le chargé de mission du Secours populaire (1 à 2 visites annuelles).

 

             Le « bois d’œuvre et d’industrie » représente plus de 80 % des usages aux Etats-Unis, en Europe, au Moyen-Orient… (Documentation photographique n°8053). Cela signifie que les pays riches le consomment sous forme de produits finis (mobilier notamment), et bénéficient d’autres sources d’énergie comme le gaz naturel. Dans notre quotidien, le bois n’est pas une ressource vitale.

            Une nouvelle fois la situation est inverse dans le Haut-Atlas marocain, comme dans la plupart des régions du monde considérées comme pauvres. Le bois de feu y est utilisé à plus de 80%. Il s’agit de bois de chauffage ou de cuisine. La question de la déforestation se pose à Timkit et Tidoua du fait du surpâturage ovin-caprin. Les troupeaux, seule ressource économique, piétinent et broutent les jeunes arbres qui ne peuvent se développer.

            Le reboisement favorisé par l’Action Haut Atlas a plusieurs buts. Une parcelle de culture du chêne de 5 ha près de l’école constituerait un laboratoire pour l’éducation à l’environnement. Les travaux de reboisement effectués par les habitants constitueraient un revenu de substitution au pastoralisme, ainsi que l’aide au développement de l’apiculture, de l’artisanat. Enfin, les parcelles privées sont prévues pour jouxter les maisons côté Nord, formant une barrière naturelle contre les vents froids.

   

Les trois domaines évoqués (école, eau, forêt) sont les axes prioritaires de l’Action Haut-Atlas. Celle-ci favorise le développement durable dans la mesure où l’accent est mis sur le développement local, de long terme et systémique (les différents volets se répondent les uns les autres).

Ce projet se heurte bien sûr à certaines limites. Il est difficile notamment pour des organismes non gouvernementaux de trouver des financements. De plus, la situation reste fragile à Timkit et Tidoua. Des chutes de neige exceptionnelles en février 2009 posent ainsi la question de la survie même des villages, étant donné qu’une partie importante du bétail est morte de faim.

Néanmoins, les difficultés peuvent être dépassées par la légitimation de plus en plus réelle des acteurs associatifs, principalement depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992. D’autre part, le développement durable ne prétend pas faire de miracle. Ses actions cherchent à partir des contextes locaux pour faire avancer la situation à petits pas. Continuer à s’informer des réalités évolutives sans cesser de se remettre en question est aussi un comportement susceptible de (ré)concilier environnement et progrès.

 

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