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Comanche

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Comanche
Publié le:02/05/2009

Peuple indien des plaines du sud des Etats-Unis


Le grand peuple des plaines du sud

 

Les Comanches parlent une langue proche de celle des Utes et des Shoshones dont ils se seraient séparés au XVIIè siècle pour s’éloigner vers les Plaines du Sud.
Le nom "comanche" viendrait de l’espagnol "camino ancho" (grand chemin) ou bien d’un mot ute signifiant "ennemi". Ils s’appelaient eux-mêmes "Ne-me-ne" (le peuple).
Souvent appelés les "Seigneurs des Plaines du Sud", les Comanches comptent une dizaine de tribus distinctes dont les principales sont, au nord les Kwahadis et les Yamparikas, et les Penatekas au sud. Forts de trente mille à quarante mille personnes au XVIIIè siècle, les Comanches constituaient l’une des nations les plus nombreuses et les plus puissantes d’Amérique du Nord.

Le peuple du cheval


C’est à la fin du XVIIè siècle que les Comanches acquièrent les chevaux. Toute leur vie s’en trouvera profondément modifiée. Ils ont été probablement les premiers Indiens à capturer et dresser des chevaux sauvages. Vers 1720, les tribus comanches atteignent la région de l’actuel Kansas. Durant tout le XVIIIè siècle, grâce au cheval qu’ils maîtrisent parfaitement et qu’ils possèdent bientôt en grand nombre, les Comanches parcourent les Plaines du Sud, chassant et guerroyant, du nord du Mexique jusqu’à l’actuel Colorado, de l’Oklahoma au Texas.
Les Comanches ont été les plus brillants cavaliers d’Amérique du Nord. Garçons et filles étaient mis à cheval dès l’enfance. Les filles devenaient aussi habiles que les garçons et il n’était pas rare de voir des jeunes filles comanches poursuivre le gibier aux côtés des hommes. A l’adolescence, le jeune comanche utilisait ses talents équestres à la chasse et à la guerre. Ses prouesses à cheval et son endurance étaient stupéfiantes. Pour leur adresse au combat et aussi leur cruauté, les combattants comanches étaient très redoutés.
Les Comanches menaient une vie nomade, vivant toute l’année sous des tipis de peau, chassant le bison et l’antilope, se déplaçant aisément avec leurs troupeaux de chevaux qui constituaient leur principale richesse.

Premiers contacts avec les blancs

 

Les premiers Européens que rencontrent les Comanches sont les Espagnols qui au XVIIè siècle s’installent au Texas. Les tentatives pour implanter des missions catholiques en pays comanche se heurtent à une forte résistance. Seule la mission de San Antonio parvient à se développer.
Au milieu du XVIIIè siècle, les Comanches repoussent vers l’ouest les Apaches Lipans et Jicarillas. En 1786, ils s’engagent à protéger les établissements espagnols contre les raids apaches. A cette époque, ils prennent l’habitude de piller les tribus agricoles du sud en particulier les Pueblos de l’actuel Nouveau-Mexique.
Vers 1790, après les avoir combattus quelques temps, les Comanches font alliance avec les Kiowas venus du nord.
En 1834, un régiment de dragons américains commandé par le colonel Henry L. Dodge prend contact avec des Comanches au confluent de la Red River et de la Washita River. Le peintre George Catlin assiste à la rencontre, impressionné par la prestance et l’assurance des Comanches.
En 1835, quand la République du Texas se proclame indépendante du Mexique, les Comanches signent avec les Etats-Unis un traité qui autorise les colons américains à travers leurs territoires de l’Arkansas et du nord du Texas. Mais le déferlement des colons inquiète bientôt les Indiens. Comanches et Kiowas lancent des raids contre les fermes et les ranchs, attaquent les voyageurs sur la Piste de Santa Fé. Ils tuent les hommes, s’emparent du bétail et des chevaux et emmènent de nombreux captifs qu’ils rendent contre rançon. Des enfants blancs sont adoptés par des familles comanches, comme la jeune Cynthia-Ann Parker, la mère du futur Quanah. Le Mexique encourage les raids comanches contre les Américains. En 1838, des Comanches anéantissent une équipe d’arpenteurs venus préparer l’installation de nouveaux colons.
Sam Houston, président de la République du Texas, reconnaît les droits des Indiens et promulgue une loi qui interdit de les abattre à vue comme cela se fait couramment. Mais son successeur Lamar n’a pas ces scrupules. Il fonde les "Texas Rangers" dont le rôle officiellement reconnu est de tuer les Comanches partout où ils les rencontrent. Le 15 février 1839, des Texas Rangers conduits par des scouts lipans s’avancent dans la vallée de San Saba et surprennent un village comanche. Ils abattent une trentaine de personnes dont des femmes et des enfants. Raids et représailles se multiplient. En 1840, Comanches et Kiowas s’allient avec les Cheyennes et les Arapahos pour défendre les Plaines du Sud contre l’invasion blanche.

San antonio (1840)


Le 19 mars 1840, douze chefs des Comanches Penatekas arrivent à San Antonio pour des négociations, suivis de nombreux guerriers qu’accompagnent des femmes et des enfants. Les Blancs exigent des chefs la restitution des deux cents prisonniers qu’ils sont censés détenir. Les Penatekas déclarent que la majorité de ces captifs sont dispersés dans les différentes tribus comanches. Certains sont intégrés à des familles comanches et il n’est pas question de les rendre. L’officier qui conduit la rencontre donne l’ordre d’arrêter les chefs. Les Comanches se défendent et tuent deux soldats. L’officier fait ouvrir le feu sur les prisonniers qui sont tous abattus. Les guerriers restés à l’extérieur des bâtiments engagent aussitôt le combat avec les soldats, s’efforçant de protéger la fuite de leurs familles. Trente-cinq Comanches trouvent la mort, tandis que trente deux femmes et enfants sont capturés. La plupart des prisonniers blancs que détiennent les Penatekas seront mis à mort. Quelques dizaines seront cependant libérés en échange des prisonniers comanches.

guerres dans les plaines du sud


Les Comanches n’oublieront pas la trahison de San Antonio. Dans l’été 1840, conduits par le chef Buffalo Hump, ils font appel à leurs alliés kiowas pour piller les petites villes de Victoria et de Linnville sur la côte texane, faisant des dizaines de morts. En octobre, les Texans lancent une série de raids très meurtriers sur les villages comanches, notamment à Red Fork où ils massacrent plus de cent-vingt Indiens. Pendant les années 1840, les Texas Rangers du capitaine John C. Hays attaquent tous les villages comanches qu’ils rencontrent. Les Indiens n’en continuent pas moins leurs actions de harcèlement contre les établissements blancs et le long de la Piste de Santa Fé. En septembre 1846, des raids comanches sont signalés dans les états de Durango et de Chihuahua, au nord du Mexique.
Le rattachement du Texas au Etats-Unis en 1845 et la victoire américaine sur le Mexique en 1848 provoquent l’entrée massive de colons américains sur le territoire comanche. La découverte de l’or en Californie amène des dizaines de milliers de pionniers sur la Piste de Santa Fé qui coupe en deux le territoire comanche. Les Etats-Unis construisent une série de forts entre la Red River et le Rio Grande afin de protéger la piste. En 1849, des épidémies de choléra apportées par les Blancs ravagent les tribus comanches et kiowas. Après le passage des épidémies, les Comanches étaient encore environ quinze mille.
Une tentative est faite en 1854 pour installer les Comanches sur la réserve de Brazo River. Ne pouvant se plier à la vie de la réserve, les Comanches et les Kiowas s’enfuient.
En septembre 1858, des Comanches du clan de Buffalo Hump campent sur la réserve wichita près de Rush Spring, en Territoire Indien. Des éléments du 2ème régiment de cavalerie renforcés de Texas Rangers pénètrent sur la réserve et se jettent sur le camp comanche qui compte cinq cents habitants. Une soixantaine de Comanches sont tués. En mai 1859, l’armée repère de camp de Buffalo Hump à Crooked Creek, dans le sud du Kansas. Les tipis sont dressés dans un ravin, protégés par une forte palissade. Après une journée de combat acharné, les Comanches se retirent. Cinquante guerriers ont été tués et une trentaine de femmes et d’enfants capturés. Dans un campement comanche dévasté en décembre 1860 par les Texas Rangers sur la Pease River, une jeune femme blonde est capturée avec son bébé. Il s’agit de Cynthia-Ann Parker, l’épouse du chef Peta Nocona et la mère du jeune Quanah. Rendue à sa famille, elle se laissera mourir de chagrin.
La Guerre de Sécession marque un allégement de la pression militaire sur les nations indiennes.
Après le massacre des Cheyennes du chef Black Kettle à Sand Creek en novembre 1864, Comanches et Kiowas, auxquels se joignent souvent les Arapahos et les Cheyennes, ainsi que des Lakotas venus du nord, mènent des raids contre les fermes et les ranchs du Kansas et du Colorado, coupent à plusieurs reprises la Piste de Santa Fé, menaçant même la ville de Denver. Mais les combattants indiens s’épuisent. Les chasseurs blancs massacrent les bisons à un rythme effréné, et l'approvisionnement des tribus devient de plus en plus difficile.

"un bon indien est un indien mort"

 

En 1867, les nations indiennes du sud acceptent de négocier le traité de Medicine Lodge Creek qui prévoit leur installation en Territoire Indien. Les Comanches et les Kiowas se partagent la réserve de Fort Sill. En 1868, à Fort Cobb, Le général  Philip Sheridan rencontre les chefs comanches. C'est au chef Tosawi qui se présente à lui en disant "Tosawi, bon Indien" que Sheridan fait cette réponse  : "Les seuls bons Indiens que j'ai jamais vu étaient  morts". Avec le temps, ces paroles furent immortalisées dans un aphorisme resté célèbre : "Un bon Indien est un Indien mort", justifiant l'extermination des Indiens.

Quanah parker


Mais les Comanches Kwahadis, parmi lesquels se distinguera bientôt le jeune chef Quanah, refusent la vie confinée et humiliante de la réserve et continuent à s’opposer à l’invasion de leurs terres, rejoints par d’autres clans comanches ainsi que par de nombreux Kiowas et Cheyennes. La rapide diminution des bisons met en péril l’existence même des tribus. Les chasseurs blancs n’hésitent pas à abattre des bisons et voler des chevaux sur les réserves du Territoire Indien. Le 27 juin 1874, un important parti de guerriers comanches conduit par Quanah, ainsi que des Kiowas, des Cheyennes et  des Apaches, donne l’assaut au quartier général des chasseurs de bisons à Adobe Walls, au nord-ouest du Texas. Le fortin résiste et les Indiens doivent se retirer.
Le dernier combat livré par les guerriers comanches et leurs alliés se déroule dans le canyon de Palo Duro en septembre 1874 où, après une résistance acharnée, les Indiens laissent derrière eux de nombreux morts, des prisonniers et tous leurs chevaux.
Cette campagne sera connue comme la Guerre de la Red River. Pourchassés sans relâche, mourant de faim, les derniers défenseurs des Plaines du Sud doivent faire leur reddition et se résigner à la vie de la réserve. Quanah et les Kwahadis se rendent en juin 1875.
A ce moment la nation comanche compte moins de mille six cents personnes.

le territoire indien


Les Comanches ont une réserve qu’ils partagent avec les Kiowas au sud-ouest du Territoire Indien. En 1894, ils y accueillent les Apaches-Chiricahuas de Geronimo qui avaient été déportés en Floride.
Quanah, qui a pris le nom de Parker, celui de sa mère, s’efforce d’organiser l’économie de la réserve autour de l’agriculture et de l’élevage.
A la fin du XIXè siècle, sous l’influence de Quanah Parker, les Comanches commencent à utiliser à des fins religieuses le peyote, un cactus hallucinogène originaire de la vallée du Rio Grande. Le culte du peyote, qui deviendra à partir de 1918 la "Native American Church", se répand rapidement dans la population indienne des réserves.
Les Comanches partagent toujours avec leurs alliés kiowas et les Apaches demeurés en Oklahoma un territoire placé sous statut fédéral dont la ville principale est Lawton. Ils y vivent toujours d’élevage, d’un peu d’agriculture et de royalties versées par les compagnies qui exploitent des mines sur leur territoire.