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Deux polonaises insolites de la première période (1825-1830)
Cette polonaise fut composée en 1826 (à l’age de 16 ans) à l’occasion du départ d’un condisciple, Guillaume Kohlberg (d’où son sous-titre d’’Adieu’ figurant dans certains catalogues)
Dans d’autres catalogues, elle est reprise avec l’intitulé : ‘Gazza ladra’ parce qu’elle développe des variations sur un air de l’opéra ‘La pie voleuse’ que Rossini a composé en 1817.
Pour être complet sur sa numérotation : Elle est reprise parmi ses opus posthumes. Elle prend parfois le numéro d’Op.13. Mais d’autres numérotations lui sont appliquées : KK IVa n° 5 ou encore CT. 164.
: Polonaise est le nom français donné à la danse ‘Krakowiak’, qui comporte un rythme en 3 temps, d’allure modérée. Elle est d’ailleurs plus souvent ‘marchée’ que vraiment dansée. Elle accompagne notamment les futurs mariés et leur suite lorsqu’ils se rendent à l’église ou lorsqu’ils en reviennent. Elle contient peut-être aussi les prémisses de la fête nuptiale qui va suivre. Chopin a développé de nombreuses polonaises, qu’on peut regrouper en trois périodes. Les premières reprennent les éléments folkloriques qui viennent d’être décrits et constituent des pièces légères et souvent très agréables à écouter. Mais très vite Chopin va insuffler à ses Polonaises un climat de passion et de nostalgie à l’égard de sa Pologne natale qu’il a du quitter juste avant l’insurrection de Varsovie (1830-1831) cruellement réprimée par l’occupant russe. Plus tard enfin elles deviendront des œuvres musicales très personnelles et très construites à un point tel qu’on peut considérer certaines comme des chefs d’œuvre de composition et d’harmonie.
Pour l'écoute de cette oeuvre, c'est l'interprétation de Stéphanie qui vous est proposée, notamment parce que son doigté est très clair. Elle peut-être retrouvée en l'appelant dans l'espace ci-contre 'Site Internet'. Sa durée est de 5'23''.
L’œuvre débute par un thème élégant, avec une connotation parfois légèrement sombre, très caractéristique de Chopin dans la période de ses premières polonaises.
Quelques descentes de gamme sont interprétées comme pour familiariser notre oreille à la tonalité de l’œuvre en si bémol mineur. Remarquez les 3 premières notes qui précèdent le temps fort de la mesure suivante. C’est un signal de mise en route du cortège.
[Le lecteur, désarçonné par les fragments de partition, pourra les 'écouter' en réduisant et en juxtaposant les fenêtres selon la procédure que voici:
1. Dans la vidéo d’exécution de la musique, remonter la minuterie et le curseur temporel juste au dessous de son portail (négligeant ainsi l'image) et descendre toute cette fenêtre jusqu’au tiers inférieur de l’écran.
2. Remonter la base de la fenêtre du commentaire de façon à juxtaposer les deux fenêtres à l’écran.
3. Le curseur temporel permettra de retrouver dans le déroulement de l’oeuvre le moment (en minute et en seconde) du passage de la partition qui est bien souvent indiqué dans le commentaire]
Une mélodie légère dans le registre des aiguës :
Le pianiste entreprend alors de nombreuses variations sur ces mélodies avec une abondance de notes et de fioritures, avec des changements de rythmes et donc d’ambiances. L’aboutissement de certaines phrases est joué avec 2 ou 3 notes qui précèdent la note principale (appogiature).
Puis dans la section médiane, appelée généralement ‘Trio’ (1’32), deux mélodies plus dépouillées sont accompagnées par des accords répétés.
La deuxième mélodie est elle aussi quelque peu plus sombre, mais la mélancolie est de courte durée ; le retour à la première mélodie rétablit très vite la bonne ambiance. (Des mélodies faciles à mémoriser qui proviennent donc l’opéra La Pie Voleuse de Rossini.).
La troisième section est une reprise de la première et son atmosphère heureuse et ‘gambadante’ fait oublier les moments d’appréhension.
La simplicité des mélodies, les effets ingénieux de chacune des variations font de cette Polonaise un divertissement, léger sans doute, mais pleine de surprises très agréables.
Chopin a composé cette Polonaise en 1825. Il avait quinze ans.
C'est l'interprétation de Vladimir Ashkenazy qui vous est proposée, d'une durée de 5'30": Elle peut être retrouvée en l'appelant dans l'espace ci-contre 'Site Internet'.
Cette oeuvre présente des effets très originaux obtenus par un jeu subtil des doigts sur le piano. C'est une musique qui tintinnabule. Et le jeux des clochettes dans les aiguës est des plus réussi. En voici la portée:
Un véritable enchantement!