SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

Cheyennes (Guerre contre les)

Note moyenne : pour 5 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Cheyennes (Guerre contre les)
Publié le:06/07/2009

1863-1869


Devant l’afflux de colons sur les Territoires du Colorado et du Kansas, les chefs cheyennes Black Kettle, Lean Bear et White Antelope tentent de préserver la paix à tout prix. Mais les "Dog Soldiers", l’élite des guerriers cheyennes, conduits par Roman Nose et Tall  Bull sont déterminés à résister jusqu’au bout. A partir de 1863, ils attaquent des fermes et des établissements de colons. La population du Colorado exige que l’armée intervienne pour la protéger.

Au mois de mai 1864, Lean Bear et les siens sont à la chasse près de Ash Creek quand ils voient s’approcher un détachement de soldats qui se mettent aussitôt en position de combat. Lean Bear et un autre guerrier s’avancent vers les soldats en faisant des signes de paix. Lean Bear montre la médaille que le président Lincoln lui a donné. Pourtant le lieutenant George S. Eayre fait ouvrir le feu. Blessés, les deux Cheyennes sont désarçonnés et achevés au sol à coups de revolver. L’assassinat du chef pacifiste Lean Bear va intensifier la guerre contre les Blancs.


Sand Creek (29 novembre 1864)


Fin août 1864, le colonel John M. Chivington, un ancien pasteur méthodiste, forme pour une durée de cent jours une milice,  le 3ème régiment de cavalerie du Colorado, recrutant ses hommes parmi les pires citoyens de Denver.
Ignorant le danger qui les menace,  les chefs Black Kettle et White Antelope se mettent sous la protection du major Edward W. Wynkoop qui commande à Fort Lyon, l’assurant de leurs intentions pacifistes. Le 28 septembre, Wynkoop organise à Camp Weld, près de Denver, un conseil entre les Cheyennes pacifistes et les autorités militaires.  Les Indiens reçoivent l’assurance qu’ils ne seront pas inquiétés s’ils installent à Sand Creek un petit affluent de la rivière Arkansas. Un drapeau américain est donné à Black Kettle.
Jugé trop favorable aux Indiens, Wynkoop est remplacé en novembre par le major Scott J. Anthony. Celui-ci, avec la complicité du gouverneur Evans et du colonel Chivington, prépare un plan destiné à les anéantir. Il incite tous les Indiens qui campent autour de Fort Lyon à s’installer à Sand Creek.
A la fin novembre, les soldats de Chivington n’ont pu encore rencontrer d’Indiens et le terme de leur contrat approche. Le major Anthony autorise alors les Cheyennes de Sand Creek à aller chasser à plus de quatre-vingt kilomètres de là, privant le village d’une grande partie de ses défenseurs.
A l’aube du 29, les sept cent cinquante soldats de Chivington, ivres pour la plupart, se jettent sur le camp endormi. Avant de tomber, criblé de balles, le vieux chef White Antelope avait tenté de protéger des femmes et des enfants en les rassemblant autour du drapeau blanc et de la bannière étoilée qui flottaient sur la tente du chef. Black Kettle, blessé, parvient à s’échapper. Les soldats massacrent avec une rare sauvagerie plus de deux cents Cheyennes dont une majorité de vieillards, de femmes et d’enfants. Les femmes sont violées et éventrées. Les enfants sont découpés au sabre. Tous les Indiens sont scalpés et affreusement mutilés. Les soldats ont neuf tués, tombés pour la plupart sous le feu désordonné des leurs.
Les vainqueurs défilent triomphalement dans les rues de Denver, brandissant les scalps et d’affreux trophées. Sur la scène du grand théâtre, deux cents scalps et deux cadavres d’enfants sont présentés devant un public hurlant d’enthousiasme.
Une commission d’enquête gouvernementale aboutit à la destitution du colonel Chivington et à la dissolution de son régiment. L’un des officiers qui a témoigné pour confirmer les atrocités est abattu en pleine rue.
Ce massacre est un terrible choc pour tous les Indiens. La guerre est la seule issue possible. Les Cheyennes et  les Arapahos vont rallier les Lakotas dans la guerre de Red Cloud.


Beecher’s Island (17 septembre 1868)


En 1868, le général Philip H. Sheridan succède au général Winfield S. Hancock à la tête de la région militaire du Missouri. L’un de ses officiers, le major George W. Forsyth forme une troupe d’élite composée de cinquante vétérans des guerres  indiennes. Ce sont "les Eclaireurs de Forsyth". Très entraînés, armés de fusils à répétition, ils parcourent le Colorado et le Kansas à la recherche des Dog Soldiers, les guerriers d’élite des Cheyennes qui refusent le confinement dans les réserves du Territoire Indien.
Le 17 septembre, alors qu’ils campent sur l’Arikaree Creek, un petit affluent de la rivière Republican, ils sont accrochés par près de six cents guerriers indiens. Ce sont les Dog Soldiers  de Tall Bull et de Roman Nose, les Sioux de Pawnee Killer et des Arapahos. Les Blancs se retranchent dans une petite île au milieu de la rivière asséchée et creusent des tranchées. Après deux charges infructueuses, les Indiens reculent sous le tir meurtrier des assiégés. La troisième charge est conduite par le grand chef Roman Nose. Alors qu’il s’approche des retranchements ennemis, le chef des Dog Soldiers est mortellement touché. Il mourra dans la nuit.
Les Indiens décident alors d’affamer les hommes du major Forsyth. Pendant neuf jours, les Indiens assaillent sans répit les Blancs qui se trouvent à court de munitions et doivent même manger leurs chevaux. Cependant, deux éclaireurs ont pu se glisser à travers les lignes indiennes, rejoindre Fort Wallace et ramener des renforts. A l’arrivée des secours, les Indiens quittent les lieux. S’ils n’ont eu qu’une dizaine de tués, les Indiens ont subi une perte irréparable en la personne de leur plus grand chef de guerre.
Ce combat est pour les Blancs celui de "l’île de Beecher" en l’honneur du lieutenant Frederick Beecher qui y trouva la mort. Il est pour les Indiens, "le combat où Roman Nose a été tué".


Washita River (27 novembre 1868)


Le général Sheridan, fidèle à sa tactique favorite, avait mis sur pied une vaste campagne d’hiver destinée à chasser les Cheyennes du Kansas et de l’Oklahoma. C’est au lieutenant-colonel George A. Custer qu’il confie le soin de pourchasser les Indiens.
Partis de Camp Supply sur la Canadian River par un temps épouvantable, les éclaireurs osages de Custer suivent la piste de guerriers Dog Soldiers cheyennes qui reviennent d’un raid. Le 27 novembre, peu avant l’aube, ils découvrent un gros village dans la vallée enneigée de la Washita River. C’est celui du chef cheyenne Black Kettle qui s’était efforcé depuis toujours de maintenir les siens dans la paix. Black Kettle, qui voulait à tout prix éviter un massacre comme celui de Sand Creek, quatre ans auparavant, s’avance vers les soldats pour parlementer.
Au son de Garry Oven, la marche du régiment, les cavaliers de Custer chargent le village sur quatre colonnes. Ils abattent les gens sortant des tipis, massacrant sauvagement hommes, femmes et enfants qui fuient dans la neige. Black Kettle tente de fuir avec sa femme. Ils sont abattus au moment de passer la rivière. Cent quarante morts gisent dans la neige. Custer fait abattre les neuf cents poneys des Indiens. Pourtant, les soldats doivent se replier rapidement car d’importants renforts cheyennes et arapahos remontent la vallée. Vingt cavaliers conduits par le major Joel Elliot contiennent la vigoureuse contre-attaque indienne. Ils sont tués jusqu’au dernier. Les soldats de Custer emmènent plusieurs dizaines de femmes et d’enfants cheyennes qu’ils garderont prisonnier tout l’hiver à Camp Supply.
A la suite du massacre de Washita, Custer passe en conseil de guerre, non pour la brutalité de son attaque sur un village pacifique établi dans le Territoire Indien, mais parce qu’il a négligé de porter secours au groupe du major Elliot tombé aux mains des Arapahos.


Summit Spring (11 juillet 1869)


Après le massacre de Washita River, les "Dog Soldiers" cheyennes conduits par le chef Tall Bull intensifient leurs raids sur la Republican River. Ils capturent deux femmes blanches qu’ils comptent utiliser comme otages. Tall Bull décide de rejoindre les guerriers lakotas dans la vallée de la Powder River au Wyoming.
Le général Eugene A. Carr, avec trois cent cinquante soldats du 5ème régiment de cavalerie et cent cinquante éclaireurs pawnees conduits par Frank North, sont sur la piste des Indiens. Le célèbre Buffalo Bill guide les soldats. Par deux fois les guerriers cheyennes repoussent les attaques, mais ils sont rattrapés à Summit Spring. Les soldats investissent le camp, mais les guerriers cheyennes résistent, permettant aux femmes et aux enfants de fuir.
Tall Bull, retranché dans un ravin avec une douzaine de guerriers tient tête pendant plusieurs heures aux soldats et aux Pawnees. Tall Bull est tué, ainsi que tous ses compagnons. Le général Carr offre à Buffalo Bill le magnifique cheval du chef cheyenne.
Le lendemain, les soldats incendient le camp indien et tout ce qu’il contient. Les Cheyennes ont perdu plus de cinquante des leurs et l’un de leurs plus grands chefs de guerre. La résistance des "Dogs Soldiers" est définitivement brisée.